santé primaire et services communautaires

La vision d’avenir en matière de santé primaire (Our vision for primary and community care) publiée par le Département de santé anglais. On y met l’accent sur

  1. la promotion de la santé, particulièrement avec un grand programme d’évaluation (assessment) de la santé cardiovasculaire des 40-74 ans déployé par les omnipraticiens mais aussi les pharmaciens et autres services;
  2. l’amélioration de la qualité, mesurée en termes d’effets sur la santé plutôt que de procédures effectuées;
  3. les choix offerts aux usagers : choix de la clinique (le financement suivant le client); choix de plans de services individualisés pour les malades chroniques; et expérimentation d’un « budget santé ».

Il est question d’une meilleure articulation entre les services de santé et sociaux (tiens tiens…); d’ici 2010 toutes les personnes souffrant d’une maladie chronique (y compris les personnes avec problèmes de santé mentale) devraient se voir offrir un plan personnalisé de services adapté à leurs choix et préférences (tailored packages of care to meet their individual requirements and wishes). Des expériences dans le domaine des services sociaux où l’on a donné plus de pouvoir aux bénéficiaires sur leur « budget de services » incitent à développer des projets pilotes semblables dans le domaine des services de santé.

Experience with direct payments and individual budgets in social care has shown the benefits of giving people greater say over how public resources are used to provide their individual care. We want to test if we could achieve the same benefits for people with complex but predictable health and social care needs. We will work with patient groups to pilot individual budgets to allow people with long-term conditions greater control over how NHS funds are used. Extrait de What it means for local governments. (pdf) (Voir section 4.30 du document principal – pdf) [voir aussi éditorial du BMJ]

illusoire productivité

A sustainable company is not a collection of « human resources. » It is a community of human beings. Its strength resides in its people, its culture, and the goodwill it has built up among its customers and suppliers. So, as workers and middle managers have been departing these companies, they have taken with them not only much critical information, but often also the hearts and souls of their enterprises.

Henry Mintzberg, The Globe and Mail

Pendant des décennies les entreprises, américaines dans le cas de cet article de Mintzberg, ont pu accroître leur productivité (à court terme) en pressant leurs ressources humaines… L’image utilisée par l’auteur : la compagnie qui mettrait à pied la totalité de son personnel sauf les services de l’expédition et de l’entrepôt, aurait, tant qu’il y aurait des stocks, une productivité remarquable !

Je ne sais trop pourquoi (mon obsession sans doute) ça m’a fait penser à l’évolution récente des CSSS-CLSC : des structures réputées plus productives, mais ne risque-t-on pas de perdre l’âme des CLSC ? C’est ce que prétendent les opposants à cette réforme depuis les débuts… mais je ne crois pas que ce soit la structure en soi. Les « vieux » CLSC étaient déjà lourds et n’étaient pas mieux placés que les actuels CSSS pour éviter, notamment, la perte de leur « âme » avec les départs à la retraite… Et ils n’étaient pas, non plus, très bien placés pour relever les défis d’une première ligne vraiment intégrée (avec des services médicaux) et connectée avec les deuxième et troisième lignes. Ce qui faisait l’âme des CLSC ? Une certaine proximité, accessibilité, ouverture à l’endroit des citoyens, des ressources et réseaux non professionnels… Cette ouverture qui était sans doute plus facile, allant de soi, dans les débuts de ce réseau – où il fallait tout inventer – mais qui relevait aussi d’une philosophie mettant en jeu, donnant une place au pouvoir du citoyen sur sa santé.

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demain, Al Gore

Al Gore will issue a major challenge, essentially pressing the « reset » button on how we think about energy and climate, and how we can create prosperity in America.

Dans le cadre de sa campagne We can solve it

explorations urbaines

Urban Travel, parmi plusieurs sites spécialisés dans la couverture -découverte de lieux abandonnés (hôpitaux, usines désaffectées). Où sont les chantiers, les parties de la ville actuellement en « recyclage » ? Griffintown ?

J’ai malheureusement manqué mon coup avec Hochelaga-Maisonneuve… où des usines importantes pour l’histoire de ce quartier ont été soit rasées (Lavo, Vickers…) ou radicalement transformées (Am-Can, Angus).

cliniques réseau et GMF vus par l'agence de Montréal

Document synthèse (4 pages); Orientations pour le développement des GMF et des cliniques réseau intégrés, par Yanick Jodoin, Agence de la santé et services sociaux de Montréal, 66 pages, 25 mars 2008.

Un document intéressant, faisant le tour de la question… sauf peut-être en ce qui concerne la mobilisation citoyenne dont on reconnait qu’elle constitue un facteur de santé sans pour autant l’intégrer dans le plan de développement : c’est une affaire qui se passe entre professionnels. Pourtant une approche basée sur une telle mobilisation me semble la seule possible, dans les régions où le recrutement de médecins pour une pratique familiale (à la base même des GMF) semble difficile. Je serais moi-même praticien en quartier défavorisé et j’y penserais à 2 fois avant de signer un contrat qui m’impose de réaliser 70% de ma pratique en rendez-vous avec des clients inscrits. De là l’attrait de pouvoir rassembler, organiser des citoyens intéressés… comme partenaires d’une telle aventure, d’un tel contrat.

participation sportive et cohésion sociale

En cherchant sur le thème de cohésion sociale je suis tombé à plusieurs reprises sur ce rapport d’une recherche faite en 2005 portant sur Les avantages socioéconomiques de la participation sportive au Canada (pdf). Malgré un surtitre à donner de l’urticaire à tous les nationalistes québécois (Renforcer les canadiens le Canada) – après tout c’est le Conference Board du Canada qui en est l’instigateur – le fait qu’on y mesure les effets non seulement sur la santé physique mais aussi les effets sociaux et économiques peut en faire un outil dans la besace de ceux qui veulent argumenter des projets de promotion de la santé par la pratique de l’activité physique en inscrivant ces projets dans une approche de développement social… Non ? Et puis, une citation en provenance d’une étude du Conference Board dans un projet soumis à la fondation Chagnon (ou son programme) ne peut pas faire de mal ! 😉

rapport Castonguay

J’ai eu, comme beaucoup d’autres, l’impression que ce rapport avait été « tabletté » dès sa sortie… mais quelques personnes influentes m’ont affirmé qu’il n’en serait rien, à tout le moins pour les recommandations moins sujettes à controverses que la reconnaissance des pratiques médicales hors du réseau public.

Après avoir lu avec attention les quelques 300 pages du rapport Castonguay, En avoir pour notre argent, j’y ai trouvé (entre autre) la réitération de points de vue qui ont fait l’objet de plusieurs rapports et comités de travail depuis une dizainne d’année : rapport Ménard, rapport Clair

L’accent is sur l’évaluation de la performance, l’innovation, l’allègement des contraintes bureaucratique… la recommandation que le ministère de la Santé et des Services sociaux ne donne plus dans la micro-gestion mais bien dans l’orientation stratégique et l’évaluation de l’atteinte des résultats… ce n’est pas la première fois quon entend ça !

Certaines recommandations visant à générer des revenus supplémentaires pour le réseau sans pour autant augmenter les impôts ni imposer de ticket modérateur : cotisation annuelle d’adhésion à sa clinique de médecine familiale, promouvant l’appartenance et le sentiment d’engagement mutuel… ou encore des frais imposés au moment du rapport d’impôt en fonction de l’usage de certains services (un ticket pondérateur ?) lorsqu’on les additionne risquent de faire grincer des dents ! Surtout que les personnes qui se rendent (par exemple) consulter un médecin à l’urgence seront souvent celles plus fragiles, plus pauvres (les personnes à plus haut revenus sont plus nombreuses à avoir un médecin de famille) et qu’on pénaliserait financièrement sous prétexte de les éduquer. Encore si les médecins de famille étaient faciles à trouver !

Mais la recommandation qui m’a le plus accroché : d’ici 5 ans donner en concession (? privatiser) tous les CHSLD actuellement gérés par le réseau public ! Continuer la lecture de « rapport Castonguay »

un pont de plus vers Laval ? ou un nouveau gouvernement à Québec ?

Finalement, s’il n’y avait pas de nouveau pont vers Laval , peut-être serait-il possible d’éviter d’ajouter des voies sur Notre-Dame et pourrait-on concentrer les investissements dans l’amélioration de l’offre de transport en commun pour réduire la congestion !?

On pourrait créer un pont pour rails seulement… et venir brancher ce parcours sur celui qui doit être développer vers l’est (voir le plan régional de transport). Ce plan qui a fait l’objet d’une large consultation en août et septembre dernier qui permettait à la ville de « Prendre le virage vert« . Mais « la modernisation du boulevard Notre-Dame apparaît toutefois comme un nuage noir au-dessus de ce plan vertueux, a-t-il signalé. »

Comme disait le maire « Toutes ces recommandations sont interdépendantes ». C’est probablement pour ça que la rue Notre-Dame continue de prévoir doubler son appel d’automobiles et que la voie de service rapide d’autobus prévue sur l’aninne emprise de chemin de fer dans le sud-est n’est prévue que pour un avenir « à déterminer ».

On ne peut dire que le plan régional manque de courage… mais il a sans doute fallu faire des compromis avec le ministère du Transport, qui a dit à plusieurs reprises dans sa négociation obligée avec la Ville que s’il n’y avait pas d’ajout de voies automobiles dans le plan de réfection de la rue Notre-Dame, il n’y avait pas de raison pour lui d’investir. Autrement dit ce qui manque au plan régional de transport c’est un plan national ! Et ce n’est pas avec « l’obligation » faite au ministère comme 5e condition à l’acceptation de son plan de réfection de la rue Notre-Dame que nous aurons bientôt un tel plan:

Le ministre des Transports doit déposer auprès du ministre de l’Environnement une étude dans
laquelle il proposera les moyens visant à améliorer l’offre de transport alternative à l’automobile
sur l’Île de Montréal. Cette étude doit être déposée au plus tard cinq ans suivant la mise en
service de la rue Notre-Dame modernisée

Comment se fait-il que cette « étude » ne soit pas encore faite ?? 5 ans après la mise en service… ça veut dire quoi, dans dix ans ? Les résultats d’une étude ! Et pour la mise en oeuvre, il faudra encore… 20 ans ? On dirait vraiment que le ministère du Transport ne vit pas sur la même planète que nous… Il y aurait là de quoi distinguer un prochain gouvernement du Québec qui ferait arriver ce ministère au XXIe siècle. Continuer la lecture de « un pont de plus vers Laval ? ou un nouveau gouvernement à Québec ? »

un site qui risque de disparaître

Le site du Réseau canadien de la santé disparaîtra le 31 mars prochain, permettant au gouvernement canadien d’économiser 7 millions. Et d’éponger sans doute une partie de la facture qui risque d’être plus salée que ça pour un site, Healthy Canadians, où il semble plus  facile de publier des photos de ministres concervateurs..

Une nouvelle que publiait le Globe&Mail ce matin, sous la plume de Andre Picard.  (Il ne me sert à rien de faire un lien vers l’article, car il est réservé aux abonnés, qui doivent payer aussi cher que l’abonnement papier pour avoir accès à ces articles, qui pourtant rapporteraient leur part de « hits » s’ils étaient à accès libres.) Cette décision du gouvernement conservateur de couper les fonds à une initiative de l’Agence de santé publique du Canada pour investir dans un site faisant plus directement la promotion de ses politiques est vraiment de courte vue. Pour un gouvernement qui a dégagé un surplus de… 17 milliards $ ?