territoire et responsabilité

La dernière livraison du bulletin Infolettre publié par la chaire GETOS pousse une réflexion intéressante sur la question du territoire et de la responsabilité populationnelle des CSSS. Un autre article du même bulletin présente l’Initiative sur le partage des connaissances et le développement des compétences (IPCDC) et son offre de services en matière de développement des compétences : microprogramme en santé publique; formation sur le soutien au développement des communautés, etc. Ce dernier programme est une formation destinée aux cadres et professionnels qui travaillent sur les plans local et régional et qui sont appelés à promouvoir et à soutenir des initiatives visant la création de milieux de vie favorables à la santé et au bien-être. C’est pas une mauvaise idée, en effet, puisqu’on donne de plus en plus aux cadres des mandats d’intervention dans les milieux (participation à des concertations sectorielles ou intersectorielles, négociations d’ententes de services avec des partenaires…), de s’assurer qu’ils ont la formation nécessaire.

Dans ce même bulletin le Dr Jean Rochon signe un court texte sur trois notions du territoire qui se sont superposées avec le temps : comme zone géographique de distribution, comme frontière d’imputabilité et comme population. Dans ce dernier cas, les limites peuvent changer selon les problématiques. « [L]es types de problèmes ou de risques et la nature des déterminants de santé dictent pour les programmes de santé et de services sociaux des regroupements divers au sein de la population qui peuvent transcender les périmètres territoriaux. »

L’article principal du bulletin, par Louise-Hélène Trottier, présente la responsabilité populationnelle des CSSS en termes d’enjeux territoriaux et de gouvernance locale. Continuer la lecture de « territoire et responsabilité »

état de santé ? ou de santé publique ?

Si nous devions, un jour, mettre en place un système de mesure de l’état de santé des populations locales, par le biais de sondages et autres sources de données, ce système devrait non seulement mesurer les éléments comportementaux et sociologiques habituellement utilisés pour décrire les facteurs de risques associés aux maladies surveillées, mais aussi identifier les caractéristiques des milieux de vie et micro-milieux qui reflètent les choix et les ressources misent en œuvre par leurs habitants pour faire face à leurs besoins sanitaires et  sociaux.

Une telle approche, que je qualifierais humblement d’écosystémique, nous permettrait non seulement de questionner des individus mais de qualifier des milieux de vie qui sont des « filtres » qui attirent certaines personnes ayant des besoins ou des moyens particuliers, ceux-ci étant souvent corrélés aux maladies chroniques que nous désirons « pister ».

Quand je parle de milieux de vie et que je pense aux personnes âgées vulnérables (hors des CHSLD), je pense aux HLM pour aînés, aux ensembles d’habitations de type OBNL… mais aussi, surtout dirais-je, aux petites et moyennes résidences privées offrant des services aux aînés. Pourquoi « surtout » ? Continuer la lecture de « état de santé ? ou de santé publique ? »

Internet et santé : deux jours aux JASP

La première journée commençait par une présentation dynamique et informée de Christine Thoër, professeur au département de communication sociale et publique à l’UQAM et chercheur au GRMS (Groupe de recherche Médias et santé), groupe qui vient incidemment de publier un bouquin (disponible in extenso en ligne) : Les médias et la santé, de l’émergence à l’appropriation des normes sociales. L’ASPQ et le GRMS, principaux organisateurs de ces deux journées thématiques, ont publié un numéro spécial de la revue française Santé publique, reprenant les principales conférences de ce colloque. Malheureusement, il semble y avoir un petit problème technique avec Vous pouvez consulter ce numéro « hors-série ».

…pour « seulement » 5 € chaque article ! Ce n’est pas comme ça que j’avais d’abord interprété l’annonce sur la page d’accueil de la revue : «Les articles peuvent y être téléchargés en texte intégral».

Je ne tenterai pas ici de résumer des présentations qui seront d’ici peu disponibles sous forme de vidéos sur le site (des JASP ou du GRMS ?), j’insisterai plutôt sur les enjeux qui, selon ma lunette d’intervenant du réseau de première ligne, ont été mis en lumière.

Tout d’abord, les questions de santé intéressent les internautes. Avec leurs millions de visiteurs par mois, des sites comme passeportsanté et doctissimo sont là pour le prouver. Continuer la lecture de « Internet et santé : deux jours aux JASP »

des tonnes de données

on peut encore tracer des cartes des recensements

Les données des recensement sont encore accessibles, mais pas les données sur l’utilisation des services… non.

L’adresse du site régional a changé, dès 2011 ou 2012 :

Espace montréalais d’information sur la santé
http://emis.santemontreal.qc.ca

{les liens de 2010 ne sont plus valides}
Le Carrefour montréalais d’information sociosanitaire vient de mettre à jour plusieurs de ses tableaux de bords et tableaux interactifs :

  • Un nouveau tableau de bord sur les indicateurs stratégiques du plan d’action en santé mentale est maintenant disponible.
  • L’année financière 2006- 2007 a été intégrée aux tableaux de bord PALV (Personnes en perte d’autonomie liée au vieillissement) et Services posthospitaliers.
  • Mise à jour PALV – En plus de l’année financière 2006-2007, des indicateurs relatifs à l’hébergement ainsi qu’aux services fournis par le CLSC sont disponibles jusqu’en 2008-2009.
  • Trois nouveaux indicateurs de satisfaction ont été intégrés au tableau de bord PALV de l’année financière 2007-2008 pour les usagers recevant des soins à domicile, leurs proches aidants et les personnes hébergées en CHSLD.
  • Les données 2008-2009 ont été ajoutées dans les tableaux statistiques sur les dépenses dans le réseau montréalais .

Malheureusement les données du tableau de bord PALV ne comprennent que 4 variables pour la dernière année… souhaitons que les autres s’ajouteront graduellement.

De manière générale, les données sont plus riches et manipulables sous forme de tableaux statistiques

Ainsi on apprend que si 17 703 Montréalais ont été (nouvellement) diagnostiqués comme ayant une dépression majeure par des omnipraticiens durant l’année 2006-2007, seulement 10 % (1708) ont été suivis avec continuité par l’omnipraticien. Plus de 60 000 montréalais ont cependant été traités (en clinique, en hôpital, en CLSC…) dans le réseau public durant la même année pour dépression majeure ou autre trouble de l’humeur.

trop d’orientations ?

Je me suis demandé : à quelles orientations une équipe d’intervenants auprès des familles et des jeunes devait répondre dans son travail ? J’ai trouvé quelques documents récents (depuis 2007 seulement) définissant les orientations à suivre pour l’intervention auprès des jeunes et des enfants…

plan 2010-2015 de l’Agence de Montréal

Première ligne forte, meilleure accessibilité aux services, meilleure gestion des maladies chroniques, intervention précoce, suivi des grandes transformations et réduction des inégalités sociales.

On retrouve sur le site de l’Agence le Bilan 2006-2010, une version « faits saillants » du bilan, le document de consultation sur la planification stratégique 2010-2015 (63 pages).

Une série de rencontres de consultation s’amorce (syndicats, organismes communautaires, commissions régionales, établissements, tables spécialisées…) en mars, avril. Quinze groupes de discussions seront aussi organisés en mars : un par territoire de CSSS et trois groupes anglophones.

Encore une fois, on promet de développer la première ligne, de faire travailler ensemble tous ces professionnels afin de répondre aux besoins grandissants d’une population vieillissante et susceptible de souffrir de plus en plus d’affections chroniques… Mais comment peut-on décemment proposer de telles perspectives sans soulever une seule fois la question de la rémunération à l’acte des médecins ? Croit-on sincèrement qu’on pourra s’occuper, enfin, des personnes d’une manière concertée et efficace alors qu’une partie centrale, essentielle, du système est orientée, incitée à passer le moins de temps possible avec chaque cas. J’espère que cette question sera soulevée avec assez de force lors des forums et groupes de discussions.

le bien-être : 1,2 millions de répondants

Qu’est-ce que le progrès, et comment devrait-on mesurer le bien-être d’une population ? L’OCDE a organisé deux grandes conférences sur le sujet, et l’année dernière, le Président Sarkozy de la France a créé une commission de premier ordre pour faire rapport sur ces questions [GB: j’en parlais ici]. Ce grand débat reflète le fait que la hausse du revenu national n’a pas apporté l’amélioration de la qualité de vie que beaucoup attendaient, et des enquêtes aux États-Unis ne montrent aucune augmentation du bonheur au cours des 60 dernières années. Ces enquêtes reposent sur une évaluation subjective du bien-être, et il est raisonnable de se demander si ces réponses sont des mesures fiables de la qualité de vie, telle que les gens la vivent. Oswald et Wu ont fait un un test intéressant. Continuer la lecture de « le bien-être : 1,2 millions de répondants »

le privé dans la santé

J’ai déjà parlé ici du document portant le même nom. Voici maintenant la conférence tenue en novembre dernier. À noter, une dizaine de vidéos des interventions (et quatres pdf) sont disponibles sur cette page.

Cette grande conférence de l’Institut de recherche en santé publique (IRSPUM), organisée en collaboration avec le RRSPQ, le Groupe SOLIDAGE , et la Chaire GETOS FCRSS/IRSC, a réuni une dizaine de conférenciers pour discuter des réformes de services de santé au Canada, au Québec, aux États-Unis et en Europe, et de leur financement. Près de 250 personnes y ont pris part. [Bulletin Santé pop]

formation médicale

Un rapport sur l’avenir de l’éducation médicale au Canada, (pdf – 54 pages) par l’Association des facultés de médecine du Canada. On y met en valeur l’inscription de la formation dans les « milieux communautaires » et non seulement dans les universités et hôpitaux universitaires… l’importance de la prévention et la santé publique, de la pratique généraliste… le travail de concert avec les autres professions de la santé…

Mais pas un mot sur le mode de financement de ces pratiques médicales dont la nature (paiement à l’acte) contredit et réduit les chances de mise en œuvre de toutes ces belles intentions.