{"id":11163,"date":"2026-08-04T19:26:49","date_gmt":"2026-08-04T23:26:49","guid":{"rendered":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/?page_id=11163"},"modified":"2026-08-06T19:27:25","modified_gmt":"2026-08-06T23:27:25","slug":"medias-parasociaux-boyd","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/medias-parasociaux-boyd\/","title":{"rendered":"Les m\u00e9dias sociaux sont d\u00e9sormais des m\u00e9dias parasociaux"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Traduction de <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/20563051261437487\">Social Media Is Now Parasocial Media<\/a> par <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/20563051261437487?ref=made-not-found-by-danah-boyd.ghost.io#con\">danah boyd<\/a> dans <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/home\/SMS\">Social Media + Society<\/a> le 16 avril 2026.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque les professionnels utilisaient le terme \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb pour d\u00e9crire les outils Internet apparus au milieu des ann\u00e9es 2000, ils donnaient un nom aux types de plateformes et de protocoles qui permettaient aux gens de socialiser avec leurs amis et leurs communaut\u00e9s d\u2019int\u00e9r\u00eat gr\u00e2ce aux technologies num\u00e9riques. Vingt ans plus tard, les utilisateurs des m\u00e9dias sociaux sont bien <strong>plus enclins \u00e0 faire d\u00e9filer leur fil d\u2019actualit\u00e9 qu\u2019\u00e0 publier du contenu<\/strong> \u2013 et ce contenu qu\u2019ils consomment est souvent produit de mani\u00e8re strat\u00e9gique et s\u00e9lectionn\u00e9 par des algorithmes. Dans cet essai, je soutiens que l\u2019essence m\u00eame des m\u00e9dias sociaux a chang\u00e9. Pour analyser plus efficacement ce \u00e0 quoi nous assistons, nous devons cesser de pr\u00e9sumer que ces outils sont des \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb et commencer \u00e0 reconna\u00eetre qu\u2019il s\u2019agit d\u00e9sormais de \u00ab m\u00e9dias parasociaux \u00bb. Cela soul\u00e8ve de nouvelles questions sur la socialit\u00e9 m\u00e9diatis\u00e9e par le num\u00e9rique, sans parler de la politique et de la gouvernance de ces plateformes.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, de nombreux termes circulaient pour d\u00e9crire les technologies que nous appelons aujourd\u2019hui les m\u00e9dias sociaux. Le terme \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb est apparu pour la premi\u00e8re fois dans les ann\u00e9es 1990, mais il \u00e9tait alors utilis\u00e9 pour d\u00e9signer le contenu partag\u00e9 plut\u00f4t que comme \u00e9tiquette d\u00e9crivant des protocoles et des services tels que Usenet ou AOL. Ce n\u2019est que des ann\u00e9es plus tard que le m\u00e9dium est devenu le message.<sup id=\"mfn-content-000000000000083f0000000000000000_11163-1\" class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"000000000000083f0000000000000000_11163\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000000000083f0000000000000000_11163-1\">1<\/a><\/sup><span role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">Il s\u2019agit d\u2019un hommage \u00e0 <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/20563051261437487?ref=made-not-found-by-danah-boyd.ghost.io#bibr39-20563051261437487\">Marshall McLuhan (1964)<\/a>, qui a utilis\u00e9 l\u2019expression \u00ab le m\u00e9dium est le message \u00bb pour souligner que la plateforme est plus puissante que le contenu qu\u2019elle h\u00e9berge.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au lendemain de l\u2019effondrement de la bulle Internet, les passionn\u00e9s des communaut\u00e9s en ligne cherchaient des termes permettant de saisir ce qui rendait si particuli\u00e8res ces relations sociales m\u00e9diatis\u00e9es par Internet. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, la plupart des termes qui tentaient de cerner des pratiques ou des outils \u00e9taient contest\u00e9s, principalement par les blogueurs ou parmi les participants aux communaut\u00e9s en ligne m\u00eames que l\u2019on tentait de d\u00e9crire. Les universitaires tentaient de mettre en avant des termes comme \u00ab informatique sociale \u00bb, apparu une d\u00e9cennie plus t\u00f4t pour d\u00e9crire \u00ab tout type d\u2019application informatique dans laquelle un logiciel sert d\u2019interm\u00e9diaire ou de point central pour une relation sociale \u00bb (Schuler, 1994). Les experts en technologie ont tent\u00e9 de promouvoir le terme \u00ab Web 2.0 \u00bb pour d\u00e9signer le large \u00e9ventail de nouveaux sites Web, mais le grand public n\u2019a jamais adopt\u00e9 cette \u00e9tiquette de geeks. Clay Shirky (2003) a invent\u00e9 le terme \u00ab logiciel social \u00bb en soutenant que \u00ab les logiciels devraient, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, renforcer et am\u00e9liorer les liens humains plut\u00f4t que de les entraver \u00bb. Son terme a trouv\u00e9 un \u00e9cho chez certains, mais les blogueurs n\u2019ont jamais per\u00e7u leurs propres pratiques sous cet angle (boyd, 2007a). Bien s\u00fbr, personne ne s\u2019entendait non plus sur ce qu\u2019\u00e9tait exactement le blogue (boyd, 2006).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 a \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode exaltante pour ceux qui voyaient le potentiel d\u2019Internet en tant qu\u2019outil de connexion et de cr\u00e9ativit\u00e9. Je faisais partie de ceux qui passaient des heures \u00e0 des conf\u00e9rences et dans des discussions en ligne \u00e0 essayer de trouver les mots pour saisir ce que nous faisions en combinant socialit\u00e9 et production de contenu. Nous cherchions \u00e0 identifier des termes permettant de d\u00e9crire \u00e0 la fois les pratiques elles-m\u00eames et les outils qui permettaient aux gens de partager du contenu afin d\u2019entrer en contact avec les autres. Le \u00ab contenu g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les utilisateurs \u00bb prenait de nombreuses formes, les gens produisant et diffusant du texte, de l\u2019audio (aussi appel\u00e9 \u00ab blogues audio \u00bb ou balado), des images, des liens et des m\u00e8mes (Burgess et Green, 2009\/2016; Shifman, 2013\/2014). Mais ce qui importait vraiment, c\u2019\u00e9taient les r\u00e9seaux personnels qui se d\u00e9veloppaient (Baym, 2010). Les pratiques des anciens m\u00e9dias et celles des nouveaux convergeaient (Jenkins, 2008). Des termes comme \u00ab Pro-Am \u00bb (pro-amateur), \u00ab prosommateur \u00bb et \u00ab produsage \u00bb \u00e9taient sur toutes les l\u00e8vres (Bruns, 2009). La notion de \u00ab culture participative \u00bb a \u00e9t\u00e9 mise en avant pour souligner que les gens n\u2019\u00e9taient pas simplement des consommateurs passifs, mais des contributeurs actifs (Jenkins et al., 2015). Nous n\u2019utilisions pas seulement les m\u00e9dias pour socialiser; nous socialisions sur les m\u00e9dias, par le biais des m\u00e9dias et en utilisant les m\u00e9dias.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s les d\u00e9buts d\u2019Internet, les communaut\u00e9s en ligne se formaient souvent de mani\u00e8re d\u00e9centralis\u00e9e. De nombreux participants h\u00e9bergeaient leurs propres sites Web et s\u2019int\u00e9graient \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me gr\u00e2ce \u00e0 des normes comme le RSS et les interfaces de programmation d\u2019applications (API), qui permettaient aux gens de consommer le contenu d\u2019autrui \u00e0 l\u2019aide des outils de leur choix. Certes, il existait des plateformes contr\u00f4l\u00e9es par des entreprises (p. ex., AOL), mais Internet prosp\u00e9rait gr\u00e2ce \u00e0 des outils d\u00e9centralis\u00e9s comme Usenet, qui n\u2019\u00e9tait rien de plus qu\u2019un protocole reliant des serveurs. Vers le milieu des ann\u00e9es 2000, la forte croissance des communaut\u00e9s en ligne s\u2019est concentr\u00e9e autour de sites Web populaires \u2013 appel\u00e9s plus tard \u00ab plateformes \u00bb \u2013 comme Friendster, MySpace, Flickr et Digg, o\u00f9 les gens pouvaient partager du contenu sans avoir \u00e0 h\u00e9berger leurs propres outils. Les plateformes \u00e9taient plus simples \u00e0 utiliser que les protocoles, mais le contr\u00f4le s\u2019en trouvait centralis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai assist\u00e9 de pr\u00e8s \u00e0 l\u2019essor de ces nouveaux sites Web \u00e0 vocation sociale. Au fur et \u00e0 mesure de leur d\u00e9veloppement, j\u2019ai tent\u00e9 de comprendre ce que les gens en faisaient par le biais de mon blogue et lors de conf\u00e9rences. Au d\u00e9part, j\u2019ai d\u00e9crit des sites comme Friendster comme des \u00ab r\u00e9seaux sociaux publiquement articul\u00e9s \u00bb (boyd, 2004). Comme on pouvait s\u2019y attendre, personne n\u2019a repris cette appellation. Nicole Ellison et moi avons fini par opter pour \u00ab sites de r\u00e9seaux sociaux \u00bb (boyd &amp; Ellison, 2007) avant que le consensus ne s\u2019oriente vers \u00ab sites de r\u00e9seautage social \u00bb. Bien que fascin\u00e9e par le langage utilis\u00e9 par les autres, j\u2019ai appris que l\u2019invention de termes n\u2019\u00e9tait pas mon fort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Beaucoup de gens croyaient sinc\u00e8rement que ces outils permettraient aux individus de s\u2019exprimer de mani\u00e8re significative, d\u2019entrer en contact avec des personnes partout dans le monde et de contribuer \u00e0 renforcer la d\u00e9mocratie (Papacharissi, 2010\/2011). D\u2019autres s\u2019int\u00e9ressaient davantage \u00e0 la mani\u00e8re dont les m\u00e9dias sociaux num\u00e9riques renfor\u00e7aient les liens physiques (Humphreys, 2007). J\u2019\u00e9tais particuli\u00e8rement fascin\u00e9e de voir des adolescents adopter les sites de r\u00e9seaux sociaux de fa\u00e7ons inattendues et cr\u00e9atives pour contrecarrer les contraintes quotidiennes auxquelles ils \u00e9taient confront\u00e9s (boyd, 2007b, 2014; Marwick &amp; boyd, 2011a). Ce que les jeunes faisaient en ligne \u00e9tait inspirant. Et c\u2019\u00e9tait tr\u00e8s convivial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le terme \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9merger pour d\u00e9crire l\u2019ensemble plus large de services cr\u00e9\u00e9s au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, peu apr\u00e8s que Twitter eut fait sensation lors de la conf\u00e9rence South-by-Southwest (SXSW) Interactive de 2007 (Burgess &amp; Baym, 2020). D\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, quelque part, dans la couverture m\u00e9diatique de la mont\u00e9e en popularit\u00e9 de Twitter, \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb est devenu le terme sur lequel les journalistes, les blogueurs et le public se sont mis d\u2019accord pour d\u00e9crire l\u2019ensemble des sites Web comme Twitter, Facebook et YouTube que les gens utilisaient <strong>pour entrer en contact avec d\u2019autres en publiant du contenu sur leur vie<\/strong>. J\u2019attribue \u00e0 l\u2019horrible terme \u00ab microblogage \u00bb le fait d\u2019avoir brouill\u00e9 la distinction entre le blogage et les r\u00e9seaux sociaux. Au cours de la d\u00e9cennie suivante, l\u2019expression \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb a englob\u00e9 tous les autres termes. Elle a \u00e9galement englob\u00e9 la pratique m\u00eame que ce terme visait initialement \u00e0 d\u00e9signer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n\u2019\u00e9tait pas in\u00e9vitable que quelques entreprises cr\u00e9ent un petit nombre de \u00ab plateformes \u00bb qui domineraient les pratiques vari\u00e9es que nous imaginions repr\u00e9sent\u00e9es par le terme \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb, mais c\u2019est pourtant ce qui s\u2019est produit. Lentement, mais s\u00fbrement, <strong>la plupart des plateformes de m\u00e9dias sociaux ont d\u00e9p\u00e9ri tandis qu\u2019une poign\u00e9e d\u2019entreprises et de plateformes devenaient dominantes<\/strong> et utilisaient \u00e0 la fois la technologie et les politiques pour fid\u00e9liser leurs utilisateurs (Gillespie, 2010). Il n\u2019\u00e9tait pas non plus in\u00e9vitable que les entreprises exploitent la communaut\u00e9 et la socialit\u00e9, mais c\u2019est ce qu\u2019elles ont fait (van Dijck et al., 2018). De plus, il n\u2019\u00e9tait pas in\u00e9vitable que <strong>ces entreprises transforment ces plateformes en nouveaux canaux de consommation passive <\/strong>o\u00f9 seul un petit nombre d\u2019utilisateurs contribuait au contenu, mais c\u2019est pourtant ce qui s\u2019est produit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les pratiques qui d\u00e9finissent les m\u00e9dias sociaux en 2026 sont extr\u00eamement diff\u00e9rentes de celles que nous tentions de documenter vingt ans plus t\u00f4t. Le terme \u00ab social \u00bb dans \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb est peu \u00e0 peu devenu un terme impropre. En <strong>2006<\/strong>, la plupart des personnes qui se connectaient aux grandes plateformes publiaient du contenu parce qu\u2019<strong>elles co-construisaient des espaces conviviaux<\/strong> pour profiter de la compagnie des autres. En <strong>2026<\/strong>, la publication de contenu a diminu\u00e9 (John, 2024); la plupart des utilisateurs des m\u00e9dias sociaux <strong>pr\u00e9f\u00e8rent faire d\u00e9filer du contenu \u00ab amateur \u00bb plut\u00f4t que de publier leurs propres mises \u00e0 jour<\/strong> spontan\u00e9es \u00e0 l\u2019intention de leurs amis. La qualit\u00e9 des contenus diffus\u00e9s sur les m\u00e9dias sociaux est d\u00e9sormais \u00e9labor\u00e9e de mani\u00e8re plus strat\u00e9gique, s\u00e9lectionn\u00e9e de fa\u00e7on plus intentionnelle et plus professionnelle. Les utilisateurs <strong>ont d\u00e9sormais de la chance s\u2019ils parviennent \u00e0 apercevoir des contenus personnels publi\u00e9s par leurs amis<\/strong> au milieu des contenus soign\u00e9s cr\u00e9\u00e9s par les annonceurs et les cr\u00e9ateurs strat\u00e9giques qui dominent les fils d\u2019actualit\u00e9 de la plupart des gens. Ce qui devient \u00ab viral \u00bb est d\u00e9sormais souvent fabriqu\u00e9 en laboratoire, con\u00e7u pour plaire (Hund, 2023; Mears, 2023). Compte tenu de l\u2019\u00e9volution des diff\u00e9rentes plateformes, cela est logique. Dans un monde r\u00e9gi par les algorithmes, le contenu hautement soign\u00e9 est r\u00e9compens\u00e9. Bienvenue dans l\u2019\u00e8re des influenceurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les principales plateformes de m\u00e9dias sociaux am\u00e9ricaines ont toujours \u00e9t\u00e9 g\u00e9r\u00e9es par des soci\u00e9t\u00e9s, mais la poursuite d\u2019une croissance \u00e9conomique financiaris\u00e9e visant \u00e0 satisfaire les investisseurs a conduit ces entreprises \u00e0 d\u00e9tourner leurs plateformes de leur vocation sociale (Srnicek, 2019). Les interactions sociales entre amis sont loin d\u2019\u00eatre aussi rentables que de convaincre les utilisateurs de consommer de plus en plus de contenu m\u00e9diatique soign\u00e9. La socialit\u00e9 n\u2019est pas aussi facilement transformable en actif que les m\u00e9dias, qui eux-m\u00eames ne peuvent \u00eatre transform\u00e9s en actifs que jusqu\u2019\u00e0 un certain point (Birch et Muniesa, 2020). En exposant sa th\u00e9orie de l\u2019\u00ab enshittification \u00bb, Cory Doctorow (2025) d\u00e9crit un ph\u00e9nom\u00e8ne en trois \u00e9tapes qui illustre \u00e0 quoi ressemblent les plateformes \u00e0 mesure qu\u2019elles sont transform\u00e9es en actifs. Premi\u00e8rement, les plateformes attirent les utilisateurs gr\u00e2ce \u00e0 un excellent service. Deuxi\u00e8mement, une fois ces utilisateurs fid\u00e9lis\u00e9s, les entreprises commencent \u00e0 les exploiter au profit de leurs clients d\u2019affaires, notamment les annonceurs. Troisi\u00e8mement, une fois que ces clients d\u2019affaires sont eux aussi fid\u00e9lis\u00e9s, les entreprises exploitent \u00e0 la fois les utilisateurs et les clients d\u2019affaires pour satisfaire les investisseurs. (Dans sa quatri\u00e8me \u00e9tape, les plateformes disparaissent.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2026, bon nombre de grandes plateformes de m\u00e9dias sociaux nous semblent r\u00e9pugnantes, car nous sommes en plein c\u0153ur de la troisi\u00e8me \u00e9tape de l\u2019\u00ab enshittification \u00bb. Les plateformes de m\u00e9dias sociaux d\u2019aujourd\u2019hui ne sont plus ax\u00e9es sur les activit\u00e9s sociales. Au contraire, <strong>la plupart des plateformes nous offrent un moyen de diffusion et nous invitent \u00e0 apprendre \u00e0 manipuler les algorithmes <\/strong>afin que nous puissions, nous aussi, cr\u00e9er des actifs pour les grandes soci\u00e9t\u00e9s (Cotter, 2019). Comme l\u2019\u00e9chelle est valoris\u00e9e dans cette \u00e9conomie des plateformes, on nous encourage \u00e0 soigner notre image dans la qu\u00eate de la renomm\u00e9e et de l\u2019attention. Nous pouvons encore, en th\u00e9orie, cr\u00e9er du contenu pour nos 15 amis, mais rien ne garantit qu\u2019ils verront ce que nous publions. Pour \u00eatre r\u00e9ellement vus, nous devons y mettre du n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien s\u00fbr, pour beaucoup de gens, il n\u2019est pas \u00e9vident de savoir si cela vaut la peine de s\u2019adapter \u00e0 l\u2019algorithme. Pour bon nombre d\u2019entre eux, les avantages de plaisanter avec des amis sur les m\u00e9dias sociaux ne semblent pas compenser les risques potentiels li\u00e9s \u00e0 la vie priv\u00e9e, \u00e0 la r\u00e9putation et aux relations sociales. Il est plus facile de faire d\u00e9filer le fil d\u2019actualit\u00e9. Envoyer des vid\u00e9os amusantes \u00e0 des amis par texto semble plus s\u00e9curitaire que de les republier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En raison de ces changements, nous vivons d\u00e9sormais dans un monde de m\u00e9dias parasociaux. Les relations parasociales sont des liens unilat\u00e9raux, dans lesquels les individus <strong>suivent de pr\u00e8s la vie et les faits et gestes de personnes \u2013 comme les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s <\/strong>\u2013 qui ne les connaissent pas et ne ressentent aucune pression \u00e0 leur rendre la pareille. Dans un monde parasocial, les gens consacrent leur attention et leurs \u00e9motions \u00e0 suivre les drames d\u2019individus qui existent \u00e0 distance. Les relations parasociales peuvent \u00eatre \u00e9motionnellement intenses, mais elles ne produisent pas le genre de tissu social qui nous ancrent lorsque nous traversons des moments difficiles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La parasocialit\u00e9 n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau, mais son \u00e9volution est \u00e9troitement li\u00e9e aux m\u00e9dias (Horton &amp; Wohl, 1956). <strong>Les m\u00e9dias de masse<\/strong> \u2013 des magazines \u00e0 la radio en passant par la t\u00e9l\u00e9vision \u2013 ont <strong>amplifi\u00e9 la visibilit\u00e9 d\u2019artistes, de vedettes du sport, de mondains et de politiciens, les transformant en c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s<\/strong> que le public pouvait observer. Au d\u00e9part, les m\u00e9dias sociaux ont cr\u00e9\u00e9 un pont, permettant aux c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s d\u2019entrer en contact avec leurs admirateurs et de para\u00eetre plus authentiques (Baym, 2018). Et il y a toujours eu des gens qui utilisaient ces plateformes pour se mettre en sc\u00e8ne devant divers publics (Hogan, 2010). Les plateformes de m\u00e9dias sociaux ont \u00e9galement permis \u00e0 des \u00ab micro-c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s \u00bb de se positionner pour attirer l\u2019attention (Marwick et boyd, 2011b; Senft, 2008). Conscientes du potentiel \u00e9conomique de ces pratiques \u00e9mergentes, les entreprises de m\u00e9dias sociaux ont encourag\u00e9 les \u00ab cr\u00e9ateurs \u00bb \u00e0 devenir des \u00ab influenceurs \u00bb en exploitant les algorithmes (Abidin, 2018; Duffy, 2022; Marwick, 2015).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La combinaison des algorithmes, des influenceurs et de la cupidit\u00e9 des entreprises a contribu\u00e9 \u00e0 transformer les m\u00e9dias sociaux, qui \u00e9taient auparavant un espace convivial o\u00f9 les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s et les cr\u00e9ateurs pouvaient interagir aux c\u00f4t\u00e9s des utilisateurs ordinaires, en <strong>plateformes hyper-contr\u00f4l\u00e9es<\/strong> qui r\u00e9compensent ceux capables de g\u00e9n\u00e9rer <strong>une large audience <\/strong>ou de cr\u00e9er du contenu attirant un grand nombre de regards (Christin et Lewis, 2021). Les entreprises de m\u00e9dias sociaux ne cessent de modifier leurs algorithmes pour r\u00e9compenser (et p\u00e9naliser) les cr\u00e9ateurs \u00e0 leur guise, toujours dans le but d\u2019inciter les utilisateurs \u00e0 faire d\u00e9filer davantage de contenu, m\u00eame si ceux-ci publient moins (Are &amp; Briggs, 2023; Caplan &amp; Gillespie, 2020; Wu et al., 2021). Apr\u00e8s tout, ces entreprises ont d\u00e9couvert qu\u2019il est <strong>plus rentable financi\u00e8rement<\/strong> de maintenir les utilisateurs <strong>en mode \u00ab d\u00e9filement <\/strong>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le fait de r\u00e9orienter notre attention des m\u00e9dias sociaux vers les m\u00e9dias parasociaux a des cons\u00e9quences importantes. Les gens peuvent \u2013 et c\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019ils faisaient principalement au d\u00e9part \u2013 utiliser un large \u00e9ventail de m\u00e9dias sociaux pour <strong>n\u00e9gocier leur identit\u00e9, renforcer leurs relations, b\u00e2tir des communaut\u00e9s d\u2019int\u00e9r\u00eat<\/strong> et trouver de la joie dans le c\u00f4t\u00e9 ludique de l\u2019interaction avec les autres (Brock, 2020; Gray, 2009, <a href=\"https:\/\/journals.sagepub.com\/doi\/10.1177\/20563051261437487?ref=made-not-found-by-danah-boyd.ghost.io#bibr27-20563051261437487\">2018<\/a>; Steele, 2021). Ce faisant, ils ont tiss\u00e9 un solide tissu social, donnant naissance \u00e0 de grands r\u00eaves quant au potentiel des m\u00e9dias sociaux pour renforcer la solidarit\u00e9, favoriser les mouvements politiques et relier le monde. Mais ces pratiques ne sont plus dominantes, et de ce fait, la signification m\u00eame des m\u00e9dias sociaux a \u00e9volu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La parasocialit\u00e9 joue un r\u00f4le plus central dans les plateformes d\u2019aujourd\u2019hui qu\u2019auparavant. Or, les relations parasociales sont en quelque sorte trompeuses. Entretenir des liens parasociaux peut \u00eatre agr\u00e9able pour les consommateurs, mais cela ne renforce pas le tissu social collectif. Il est possible de <strong>ressentir de la solitude<\/strong> malgr\u00e9 des heures pass\u00e9es \u00e0 s\u2019impliquer \u00e9motionnellement dans les drames d\u2019autrui <strong>si ces interactions ne sont pas r\u00e9ciproques.<\/strong> M\u00eame ceux qui produisent du contenu pour l\u2019univers parasocial ont du mal \u00e0 s\u2019y retrouver parmi les formes contorsionn\u00e9es d\u2019intimit\u00e9 qui y abondent (Glatt, 2024). <strong>L\u2019amiti\u00e9 exige de la r\u00e9ciprocit\u00e9 et de la compassion.<\/strong> Les m\u00e9dias parasociaux cr\u00e9ent les conditions permettant aux gens de s\u2019objectiver mutuellement \u00e0 distance en tant qu\u2019objets m\u00e9diatis\u00e9s, contribuant ainsi \u00e0 mettre en lumi\u00e8re les diff\u00e9rentes couches de toxicit\u00e9 document\u00e9es par les chercheurs en m\u00e9dias sociaux (Bailey, 2022; Banet-Weiser et Miltner, 2016; Suarez Estrada et\u2008al., 2022; Wong et\u2008al., 2025). Ainsi, lorsque les gens choisissent de consacrer leur \u00e9nergie \u00e0 suivre la derni\u00e8re vedette de TikTok ou \u00e0 faire d\u00e9filer du contenu <em>plut\u00f4t que<\/em> d\u2019entretenir des relations interpersonnelles, <strong>ils se divertissent en fait \u00e0 en mourir.<\/strong><sup id=\"mfn-content-000000000000083f0000000000000000_11163-2\" class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"000000000000083f0000000000000000_11163\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-000000000000083f0000000000000000_11163-2\">2<\/a><\/sup><span role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">Il s\u2019agit d\u2019un hommage \u00e0 Neil Postman (1985), qui a averti le public qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e8re de l\u2019abondance m\u00e9diatique, nous devenons des consommateurs passifs submerg\u00e9s par les m\u00e9dias de divertissement. Nous voyons ainsi se r\u00e9aliser le cauchemar d\u2019Aldous Huxley : celui d\u2019\u00eatre contr\u00f4l\u00e9s par le plaisir et la distraction.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2006, nous avions imagin\u00e9 un \u00e9cosyst\u00e8me de m\u00e9dias sociaux qui privil\u00e9giait le renforcement des liens <em>par le biais<\/em> des m\u00e9dias plut\u00f4t qu\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me qui rempla\u00e7ait les liens par les m\u00e9dias. Les plateformes naissantes pr\u00e9sentaient certes de nombreux probl\u00e8mes : elles refl\u00e9taient et amplifiaient le bon, le mauvais et le laid de la vie quotidienne. Cela a pouss\u00e9 les chercheurs, les d\u00e9cideurs et les experts \u00e0 se concentrer obsessionnellement sur la recherche de solutions pour lutter contre les comportements toxiques et antisociaux qui se manifestaient au sein des espaces publics en r\u00e9seau (Phillips, 2015; Vaidhyanathan, 2021). La mod\u00e9ration du contenu posait de nombreux probl\u00e8mes (Gillespie, 2018; Roberts, 2021), mais \u00e0 mesure que le domaine de la confiance et de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9voluait, de nombreux praticiens ont imagin\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait possible de favoriser l\u2019\u00e9mergence de communaut\u00e9s en ligne saines. Les chercheurs se sont attach\u00e9s \u00e0 aborder les m\u00e9dias sociaux comme un enjeu de gouvernance en raison de l\u2019importance des espaces publics en r\u00e9seau (Gorwa, 2024). Et pourtant, les m\u00e9dias sociaux n\u2019ont cess\u00e9 de se m\u00e9tamorphoser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a longtemps que les m\u00e9dias sociaux ne servent plus principalement \u00e0 cr\u00e9er des liens sociaux. Les gens utilisent toujours diverses technologies pour communiquer avec leurs amis et tisser des liens, mais on n\u2019appelle pas ces technologies \u2013 comme les textos et les discussions de groupe \u2013 des \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb. Les contenus partag\u00e9s sur les plateformes peuvent favoriser les liens sociaux en cr\u00e9ant une culture commune, tout comme l\u2019ont fait historiquement les contenus diffus\u00e9s par la t\u00e9l\u00e9vision ou les magazines (Meyrowitz, 1986). Mais cela n\u2019\u00e9quivaut pas \u00e0 cr\u00e9er un espace num\u00e9rique d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la socialit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est facile, avec le recul, de pr\u00e9tendre que nous \u00e9tions na\u00effs, mais je ne pense pas que ce soit juste. <strong>Il n\u2019\u00e9tait pas in\u00e9vitable que les plateformes de m\u00e9dias sociaux deviennent le v\u00e9ritable d\u00e9sastre qu\u2019elles sont devenues. <\/strong>Je pense toutefois que nous avons commis une erreur en acceptant collectivement d\u2019appeler ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb. Ce cadre linguistique a biais\u00e9 la mani\u00e8re dont nous avons interpr\u00e9t\u00e9, d\u2019un point de vue normatif, les pratiques sur ces plateformes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019en suis venu \u00e0 accepter que les outils d\u2019aujourd\u2019hui ne sont pas ce que bon nombre d\u2019entre nous esp\u00e9raient qu\u2019ils soient, mais j\u2019ai encore de la difficult\u00e9 avec les termes que nous utilisons pour d\u00e9signer ces plateformes. Je pense qu\u2019il est temps que nous d\u00e9laissions l\u2019\u00e9tiquette \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb et que nous commencions \u00e0 reconna\u00eetre que nous sommes entr\u00e9s dans l\u2019\u00e8re des \u00ab m\u00e9dias parasociaux \u00bb. Je ne cherche pas \u00e0 d\u00e9plorer la perte de la socialit\u00e9 en ligne (m\u00eame si je ressens bien s\u00fbr une certaine nostalgie de la vieille garde). Je souhaite plut\u00f4t que le milieu se penche sur la mani\u00e8re dont nos discussions concernant la gouvernance, les in\u00e9galit\u00e9s et la socialit\u00e9 doivent \u00e9voluer \u2013 et pourquoi elles doivent le faire \u2013 pour tenir compte de la fa\u00e7on dont les m\u00e9dias sociaux se sont transform\u00e9s en une cat\u00e9gorie enti\u00e8rement nouvelle. En termes simples, ce genre de m\u00e9dias sociaux n\u2019est plus le m\u00eame que celui qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 cette appellation \u00e0 l\u2019origine. Nos outils d\u2019analyse doivent donc \u00e9voluer en cons\u00e9quence.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Abidin C. (2018). <em>Internet celebrity: Understanding fame online<\/em>. Emerald Publishing.<\/li>\n\n\n\n<li>Are C., Briggs P. (2023). The emotional and financial impact of de-platforming on creators at the margins. <em>Social Media + Society<\/em>, 9(1), 20563051231155103. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/20563051231155103\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/20563051231155103<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Bailey M. (2022). <em>Misogynoir transformed: Black women\u2019s digital resistance<\/em>. New York University Press.<\/li>\n\n\n\n<li>Banet-Weiser S., Miltner K. M. (2016). #MasculinitySoFragile: Culture, structure, and networked misogyny. <em>Feminist Media Studies<\/em>, 16(1), 171\u2013174. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/14680777.2016.1120490\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/14680777.2016.1120490<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Baym N. K. (2010). <em>Personal connections in the digital age<\/em>. Polity Press.<\/li>\n\n\n\n<li>Baym N. K. (2018). <em>Playing to the crowd: Musicians, audiences, and the intimate work of connection<\/em>. New York University Press.<\/li>\n\n\n\n<li>Birch K., Muniesa F. (Eds.). (2020). <em>Assetization: Turning things into assets in technoscientific capitalism<\/em>. MIT Press.<\/li>\n\n\n\n<li>boyd d. (2004, April 24). <em>Friendster and publicly articulated social networking<\/em> [Paper presentation]. CHI \u201904 Extended Abstracts on Human Factors in Computing Systems, Vienna, Austria. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1145\/985921.986043\">https:\/\/doi.org\/10.1145\/985921.986043<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>boyd d. (2006). A Blogger\u2019s Blog: Exploring the definition of a medium. <em>Reconstruction<\/em>, 6(4): 1\u20137.<\/li>\n\n\n\n<li>boyd d. (2007a). The significance of social software. In Burg T. N., Schmidt J. (Eds.), <em>BlogTalks reloaded: Social software research &amp; cases<\/em> (pp. 15\u201330). Social Software Lab.<\/li>\n\n\n\n<li>boyd d. (2007b). Why youth (heart) social network sites: The role of networked publics in teenage social life. In Buckingham D. 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Yale University Press. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.12987\/9780300235029\">https:\/\/doi.org\/10.12987\/9780300235029<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Glatt Z. (2024). The intimacy triple bind: Structural inequalities and relational labour in the influencer industry. <em>European Journal of Cultural Studies<\/em>, 27(3), 424\u2013440. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1177\/13675494231194156\">https:\/\/doi.org\/10.1177\/13675494231194156<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Gorwa R. (2024). <em>The politics of platform regulation: How governments shape online content moderation<\/em>. Oxford University Press. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1093\/oso\/9780197692851.001.0001\">https:\/\/doi.org\/10.1093\/oso\/9780197692851.001.0001<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Gray K. L. (2018). 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Mass communication and para-social interaction: Observations on intimacy at a distance. <em>Psychiatry<\/em>, 19(3), 215\u2013229. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/00332747.1956.11023049\">https:\/\/doi.org\/10.1080\/00332747.1956.11023049<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Humphreys L. (2007). Mobile social networks and social practice: A case study of dodgeball. <em>Journal of Computer-Mediated Communication<\/em>, 13(1), 341\u2013360. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1083-6101.2007.00399.x\">https:\/\/doi.org\/10.1111\/j.1083-6101.2007.00399.x<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Hund E. (2023). <em>The influencer industry: The quest for authenticity on social media<\/em>. Princeton University Press.<\/li>\n\n\n\n<li>Jenkins H. (2008). <em>Convergence culture: Where old and new media collide<\/em>. New York University Press.<\/li>\n\n\n\n<li>Jenkins H., Ito M., boyd d. (2015). <em>Participatory culture in a networked era: A conversation on youth, learning, commerce, and politics<\/em>. 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Nous voyons ainsi se r\u00e9aliser le cauchemar d\u2019Aldous Huxley : celui d\u2019\u00eatre contr\u00f4l\u00e9s par le plaisir et la distraction. <a href=\"#mfn-content-000000000000083f0000000000000000_11163-2\" class=\"modern-footnotes-scroll-to-footnote\" aria-label=\"Back to reference 2 in text\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduction de Social Media Is Now Parasocial Media par danah boyd dans Social Media + Society le 16 avril 2026. R\u00e9sum\u00e9 Lorsque les professionnels utilisaient le terme \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb pour d\u00e9crire les outils Internet apparus au milieu des ann\u00e9es 2000, ils donnaient un nom aux types de plateformes et de protocoles qui permettaient &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/medias-parasociaux-boyd\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les m\u00e9dias sociaux sont d\u00e9sormais des m\u00e9dias parasociaux&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-11163","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack-related-posts":[{"id":11152,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/les-gens-pas-les-posts-ii\/","url_meta":{"origin":11163,"position":0},"title":"Les gens, pas les publications &#8211; II","author":"Gilles Beauchamp","date":"4 ao\u00fbt 2026","format":false,"excerpt":"Qu\u2019est-ce qui succ\u00e9dera aux m\u00e9dias sociaux? Traduction de People, Not Posts: Part II par Tessa Brown, 25 juillet 2026. \u00ab March\u00e9 anim\u00e9 \u00bb de l\u2019artiste ha\u00eftien Dieudonn\u00e9 Rouanez Dans la premi\u00e8re partie de cet essai, je me suis demand\u00e9 pourquoi on parle de \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb et si ce\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/peoples.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/peoples.png?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/peoples.png?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/peoples.png?resize=700%2C400&ssl=1 2x"},"classes":[]},{"id":11150,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/les-gens-pas-les-posts\/","url_meta":{"origin":11163,"position":1},"title":"Les gens, pas les publications","author":"Gilles Beauchamp","date":"4 ao\u00fbt 2026","format":false,"excerpt":"Pourquoi continue-t-on \u00e0 parler de \u00ab m\u00e9dias sociaux \u00bb? Traduction de People, Not Posts par Tessa Brown, 17 juillet 2026, sur Real Housewives of San Francisco. une capture d'\u00e9cran de la page d'accueil d'AOL des ann\u00e9es 90 Germ est-il un r\u00e9seau social? On me pose cette question de temps \u00e0\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AOL.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AOL.png?resize=350%2C200&ssl=1 1x, https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AOL.png?resize=525%2C300&ssl=1 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AOL.png?resize=700%2C400&ssl=1 2x, https:\/\/i0.wp.com\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/AOL.png?resize=1050%2C600&ssl=1 3x"},"classes":[]},{"id":11125,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/la-pile-sociale-europeenne\/","url_meta":{"origin":11163,"position":2},"title":"La pile sociale europ\u00e9enne.","author":"Gilles Beauchamp","date":"1 ao\u00fbt 2026","format":false,"excerpt":"Plateformes sociales ouvertes et messagerie priv\u00e9e Traduction de The European Social Stack, An open declaration L\u2019impact des m\u00e9dias sociaux sur la soci\u00e9t\u00e9 et les citoyens met clairement en \u00e9vidence la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un changement. L\u2019Europe dispose d\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me solide d\u2019entreprises sociales et d\u2019une grande expertise en mati\u00e8re de conception et d\u2019exploitation\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":8277,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/plateformisation-sphere-publique\/","url_meta":{"origin":11163,"position":3},"title":"La plateformisation de la sph\u00e8re publique et son d\u00e9fi pour la d\u00e9mocratie","author":"Gilles Beauchamp","date":"25 juin 2025","format":false,"excerpt":"Renate Fischer et Otfried Jarren Traduction de The platformization of the public sphere and its challenge to democracy, publi\u00e9 dans le num\u00e9ro sp\u00e9cial de Philosophy & Social Criticism sur le th\u00e8me Structural Transformation of the Public Sphere. 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