{"id":11235,"date":"2026-08-16T16:53:15","date_gmt":"2026-08-16T20:53:15","guid":{"rendered":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/?page_id=11235"},"modified":"2026-08-20T14:00:28","modified_gmt":"2026-08-20T18:00:28","slug":"le-dernier-pays-de-nanuk","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/le-dernier-pays-de-nanuk\/","title":{"rendered":"Le dernier pays de Nanuk"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quand il y en a beaucoup, on en prend beaucoup; quand il y en a peu, on prend tout.<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Traduction de <a href=\"https:\/\/radfembiophilia.substack.com\/p\/nanuks-last-country\">Nanuk\u2019s Last Country<\/a> par Elisabeth Robson, le 16 ao\u00fbt 2026<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"800\" src=\"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ourspolaire-1200x800.webp\" alt=\"\" class=\"wp-image-11236\" style=\"aspect-ratio:1.4999999660412715;width:582px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ourspolaire-1200x800.webp 1200w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ourspolaire-744x496.webp 744w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ourspolaire-420x280.webp 420w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ourspolaire-768x512.webp 768w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/ourspolaire.webp 1456w\" sizes=\"auto, (max-width: 706px) 89vw, (max-width: 767px) 82vw, 740px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans \u00ab <a href=\"https:\/\/radfembiophilia.substack.com\/p\/the-emptiness-we-call-abundance\"><a href=\"https:\/\/radfembiophilia.substack.com\/p\/the-emptiness-we-call-abundance\">The Emptiness We Call Abundance<\/a><\/a> \u00bb, j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 le chapitre 3 de l\u2019ouvrage de Farley Mowat, <em>Sea of Slaughter<\/em> \u2014 l\u2019histoire du courlis esquimau, un oiseau qui migrait autrefois en vol\u00e9es si nombreuses qu\u2019on disait qu\u2019elles assombrissaient le ciel, et qui est aujourd\u2019hui presque certainement \u00e9teint. Ce chapitre est une \u00e9tude de ce que les \u00e9cologistes appellent le \u00ab syndrome de la ligne de base mobile \u00bb : chaque g\u00e9n\u00e9ration h\u00e9rite d\u2019un monde d\u00e9j\u00e0 appauvri et le prend pour la norme, de sorte que l\u2019ampleur r\u00e9elle de ce qui a \u00e9t\u00e9 perdu dispara\u00eet en m\u00eame temps que les animaux eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chapitre 6 de <em>Sea of Slaughter<\/em> porte sur un autre animal : l\u2019ours blanc, que nous connaissons aujourd\u2019hui sous le nom d\u2019ours polaire, et son extermination, sur quatre si\u00e8cles, par les humains le long de la c\u00f4te est de l\u2019Am\u00e9rique du Nord. L\u2019histoire suit presque exactement le m\u00eame parcours que celle du courlis. Tout comme <em>Swiftwings<\/em>, <em>White Ghost<\/em> est \u00e0 la fois une \u00e9tude sur l\u2019oubli et sur ce qui s\u2019apparente davantage \u00e0 une loi du comportement, \u00e9nonc\u00e9e peut-\u00eatre le plus clairement par Lyle Lewis dans son livre <em>Racing to Extinction<\/em> :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Quand il y en a beaucoup, nous en prenons beaucoup; quand il y en a peu, nous prenons tout. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019un des faits les plus int\u00e9ressants que j\u2019ai appris de cette histoire est que les ours que nous appelions autrefois \u00ab ours blancs \u00bb, \u00ab ours des glaces \u00bb ou \u00ab ours d\u2019eau \u00bb, et que nous appelons aujourd\u2019hui \u00ab ours polaires \u00bb, n\u2019\u00e9taient pas cantonn\u00e9s aux seules r\u00e9gions polaires; ce n\u2019est qu\u2019avec leur extermination continue que nous avons oubli\u00e9 qu\u2019ils vivaient autrefois bien au sud des zones de neige et de glace permanentes. Mowat d\u00e9crit comment une population d\u2019ours creusait des tani\u00e8res de terre pour mettre bas et p\u00eachait dans les vasi\u00e8res le long de la c\u00f4te sud de la baie d\u2019Hudson. Le fait que nous n\u2019associons plus ces ours qu\u2019\u00e0 la neige et \u00e0 la glace t\u00e9moigne de la rapidit\u00e9 avec laquelle nous avons oubli\u00e9 la v\u00e9ritable nature de leur mode de vie d\u2019autrefois, alors que nous les avons r\u00e9duits \u00e0 quelques petites populations dans des r\u00e9gions polaires o\u00f9 il est bien moins supportable pour les humains de s\u00e9journer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quand il y en avait en abondance<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XVIe si\u00e8cle, les baleiniers basques ont commenc\u00e9 \u00e0 exploiter la c\u00f4te nord du golfe du Saint-Laurent. Les carcasses de baleines qu\u2019ils laissaient derri\u00e8re eux ont cr\u00e9\u00e9 une surabondance alimentaire accidentelle :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Par la suite, le nombre de carcasses de baleines augmenta \u00e0 un tel rythme que tous les ours aquatiques de l\u2019est de l\u2019Am\u00e9rique du Nord n\u2019auraient pas pu consommer cette abondance. Une telle surabondance de nourriture, r\u00e9sultant du massacre des grandes baleines par les Basques, fit que la population d\u2019ours blancs semble avoir explos\u00e9. Ils devinrent si nombreux que toute la r\u00e9gion commen\u00e7a \u00e0 acqu\u00e9rir une r\u00e9putation particuli\u00e8rement mena\u00e7ante.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2026 Au cours du premier quart du XVIIe si\u00e8cle, comme nous le raconte Champlain, m\u00eame les Autochtones n\u2019osaient plus s\u2019approcher de cet endroit, car \u00ab on dit qu\u2019on y trouve un grand nombre d\u2019ours blancs tr\u00e8s dangereux \u00bb. Un autre Fran\u00e7ais, le p\u00e8re Sagard, passa devant l\u2019\u00eele dans les ann\u00e9es 1630 et nota que \u00ab sur l\u2019\u00eele d\u2019Anticosti, on dit qu\u2019il y a des ours blancs d\u2019une taille \u00e9norme, qui mangent les hommes \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En d\u2019autres termes, les ours n\u2019\u00e9taient pas encore des proies, une esp\u00e8ce qui n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 conquise. Cela a chang\u00e9 lorsqu\u2019il n\u2019y eut plus de baleines \u00e0 massacrer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le tournant<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lorsque l\u2019approvisionnement en carcasses de baleines s\u2019est tari au d\u00e9but des ann\u00e9es 1600, les Fran\u00e7ais avaient d\u00e9j\u00e0 arm\u00e9 les Autochtones de la rive nord et les avaient entra\u00een\u00e9s dans le commerce des fourrures. Les ours, toujours abondants, ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre redout\u00e9s et ont commenc\u00e9 \u00e0 avoir une valeur marchande :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Arm\u00e9s de fusils, les Autochtones prenaient le dessus sur les ours. Ils cess\u00e8rent \u00e9galement de les consid\u00e9rer avec la r\u00e9v\u00e9rence traditionnelle, d\u00e8s lors qu\u2019ils comprirent que les peaux d\u2019ours pouvaient \u00eatre \u00e9chang\u00e9es contre des babioles et de l\u2019eau-de-vie dans les postes de traite fran\u00e7ais. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, les ours blancs d\u2019Anticosti et de toute la rive nord du golfe \u00e9taient, comme l\u2019\u00e9crit Mowat, \u00ab en voie de disparition \u00bb. En 1766, le naturaliste Joseph Banks ne put trouver que le t\u00e9moignage faisant \u00e9tat d\u2019une seule femelle accompagn\u00e9e de deux oursons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est sur la c\u00f4te atlantique du Labrador, qui n\u2019\u00e9tait pas encore \u00ab envahie par les Europ\u00e9ens \u00bb, que les ours ont surv\u00e9cu le plus longtemps. Le journal du capitaine George Cartwright datant de cette p\u00e9riode constitue le t\u00e9moignage de premi\u00e8re main le plus clair dont nous disposons sur ce \u00e0 quoi ressemblait cette abondance sur le terrain, et sur ce qu\u2019on en faisait :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab C\u2019est le capitaine George Cartwright [\u2026] qui nous a laiss\u00e9 l\u2019un des meilleurs r\u00e9cits de la vie et de l\u2019\u00e9poque du grand ours blanc sur la c\u00f4te atlantique de l\u2019Am\u00e9rique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab \u00c0 environ un demi-mille en amont, je suis arriv\u00e9 \u00e0 un courant tr\u00e8s fort; de l\u00e0, j\u2019ai aper\u00e7u plusieurs ours blancs en train de p\u00eacher dans le cours d\u2019eau en amont. Je les ai attendus, et peu de temps apr\u00e8s, une femelle accompagn\u00e9e d\u2019un petit ourson a nag\u00e9 pr\u00e8s de l\u2019autre rive et s\u2019est mise \u00e0 terre un peu plus bas. La femelle s\u2019est imm\u00e9diatement enfonc\u00e9e dans les bois, mais le petit s\u2019est assis sur un rocher; je lui ai alors tir\u00e9 une balle, \u00e0 une distance d\u2019au moins cent vingt verges, et je l\u2019ai renvers\u00e9; mais, se relevant aussit\u00f4t, il a ramp\u00e9 dans les bois o\u00f9 je l\u2019ai entendu g\u00e9mir tristement, et j\u2019en ai conclu qu\u2019il ne survivrait pas longtemps.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le bruit de mon coup de fusil en fit descendre d\u2019autres, et une m\u00e8re accompagn\u00e9e d\u2019un petit de dix-huit mois vint nager tout pr\u00e8s de moi. J\u2019ai tir\u00e9 dans la t\u00eate de la femelle et je l\u2019ai tu\u00e9e sur le coup. Le petit, voyant cela et m\u2019apercevant, s\u2019est pr\u00e9cipit\u00e9 vers moi avec une grande f\u00e9rocit\u00e9; mais juste au moment o\u00f9 la b\u00eate s\u2019appr\u00eatait \u00e0 venger la mort de sa m\u00e8re, je l\u2019ai accueilli d\u2019une salve de gros plombs dans l\u2019\u0153il droit, ce qui non seulement lui a arrach\u00e9 cet \u0153il, mais lui a \u00e9galement fait fermer l\u2019autre. \u00c0 peine fut-il capable de garder son \u0153il gauche ouvert qu\u2019il se jeta de nouveau sur moi, compl\u00e8tement fou de rage et de douleur; mais lorsqu\u2019il arriva au pied de la berge, je lui tirai une autre salve avec l\u2019autre canon, et l\u2019aveuglai le plus compl\u00e8tement; toute sa t\u00eate \u00e9tait alors enti\u00e8rement couverte de sang. Il s\u2019enfon\u00e7a \u00e0 t\u00e2tons dans les bois, se cognant la t\u00eate contre chaque rocher et chaque arbre qu\u2019il rencontrait. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La journ\u00e9e s\u2019est termin\u00e9e, selon le r\u00e9cit de Cartwright lui-m\u00eame, par six ours morts et une peau r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Jamais de ma vie je n\u2019ai autant regrett\u00e9 le manque de munitions qu\u2019en ce jour-l\u00e0; car ce manque m\u2019a priv\u00e9 de la plus belle partie de chasse qu\u2019un homme ait jamais connue. Je suis certain que j\u2019aurais pu tuer sans grande difficult\u00e9 quatre ou cinq paires de plus. Ils \u00e9taient si nombreux que j\u2019ai compt\u00e9 trente-deux ours blancs, mais il y en avait certainement beaucoup plus, car ils se retirent g\u00e9n\u00e9ralement dans les bois pour dormir apr\u00e8s avoir pris un copieux repas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u2026 C\u2019est ainsi que s\u2019acheva dans la d\u00e9ception la plus noble journ\u00e9e de chasse que j\u2019aie jamais vue : car nous n\u2019avons obtenu qu\u2019une seule peau, bien que nous ayons tu\u00e9 six ours. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quand il y en avait un peu, ils prenaient tout<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La suite de l\u2019histoire correspond \u00e0 la seconde partie de la phrase de Lewis, qui se d\u00e9roule avec une pr\u00e9cision m\u00e9canique. Les baleiniers de la Nouvelle-Angleterre ont arm\u00e9 les Inuits du Labrador et en ont fait des chasseurs d\u2019ours \u00e0 l\u2019ann\u00e9e tout au long des ann\u00e9es 1790. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1800, Nanuk, le grand ours blanc, \u00e9tait en voie de disparition le long d\u2019une c\u00f4te o\u00f9 Cartwright avait compt\u00e9 trente-deux ours en un seul apr\u00e8s-midi cinquante ans plus t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab La population d\u2019ours blancs, autrefois vigoureuse et abondante, qui occupait les c\u00f4tes des approches nord-est de l\u2019Am\u00e9rique, avait \u00e9t\u00e9 an\u00e9antie. \u00c0 cette \u00e9poque, l\u2019ours blanc subissait d\u00e9j\u00e0 une destruction massive presque partout o\u00f9 il vivait. Avec l\u2019extinction quasi totale de la baleine bor\u00e9ale, les p\u00e9troliers de l\u2019Arctique se sont tourn\u00e9s vers l\u2019ours avec des cons\u00e9quences terribles. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1850, l\u2019ours blanc avait disparu de la c\u00f4te nord-est en nombre suffisant pour se reproduire. Mais le massacre ne ralentit pas au m\u00eame rythme que le d\u00e9clin de la population. Il s\u2019acc\u00e9l\u00e9ra. En 1906, un seul \u00e9quipage norv\u00e9gien tua 296 ours en un seul \u00e9t\u00e9 dans les eaux du Groenland. Entre 1909 et 1910, des baleiniers britanniques dans l\u2019est de l\u2019Arctique en tu\u00e8rent 476 autres, transformant leur graisse en huile de train. Ernest Thompson Seton, dans un texte de 1909, en a clairement expos\u00e9 la logique :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab Les voyageurs de l\u2019Arctique avaient pour habitude de tuer tous les ours polaires qu\u2019ils pouvaient. Peu importait que les voyageurs aient besoin ou non des carcasses\u2026 Un explorateur de l\u2019Arctique m\u2019a confi\u00e9 qu\u2019il avait personnellement tu\u00e9 200 ours polaires et n\u2019en avait conserv\u00e9 que quelques-uns. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne restait plus qu\u2019un \u00ab spectre qui s\u2019estompait rapidement \u00bb et un \u00e9pilogue lent et sporadique : quelques ours sur la banquise, un ours abattu \u00ab en l\u00e9gitime d\u00e9fense \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, en 1973, un seul animal bless\u00e9 s\u2019avan\u00e7a \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie d\u2019un village de Terre-Neuve, sans menacer personne :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab En descendant la route, il ressemblait \u00e0 un sacr\u00e9 gros fant\u00f4me! \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ours fut accueilli, comme tous ceux de son esp\u00e8ce avant lui, par des coups de feu. \u00ab En effet. Un grand fant\u00f4me blanc \u00bb, \u00e9crit Mowat.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un fant\u00f4me blanc, qui marche encore<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les ours blancs ont disparu d\u2019un littoral o\u00f9 on pouvait autrefois en voir des dizaines en un seul apr\u00e8s-midi. Les courlis esquimaux ont disparu d\u2019un ciel qu\u2019ils assombrissaient autrefois. Deux chapitres, deux esp\u00e8ces, un m\u00eame sch\u00e9ma. La phrase de Lewis les d\u00e9crit toutes les deux avec exactitude, car il n\u2019a jamais vraiment \u00e9t\u00e9 question d\u2019ours, ni d\u2019oiseaux. Elle d\u00e9crit le comportement d\u2019une seule esp\u00e8ce : la n\u00f4tre. Et notre comportement n\u2019a pas cess\u00e9. Il n\u2019a fait que changer d\u2019\u00e9chelle, changer de cibles et, en raison du syndrome de la ligne de base mobile, changer de visibilit\u00e9, de sorte que chaque g\u00e9n\u00e9ration oublie ce que \u00ab beaucoup \u00bb signifiait avant que cela, lui aussi, ne disparaisse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019ours blanc est entr\u00e9 dans ce village de Terre-Neuve en 1973, d\u00e9j\u00e0 bless\u00e9, ne cherchant rien d\u2019autre qu\u2019un endroit o\u00f9 mourir. Il vaut la peine de se demander qui s\u2019avance vers nous aujourd\u2019hui, et si nous les reconna\u00eetrons, ou m\u00eame si nous les verrons, avant de saisir notre arme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size wp-block-paragraph\">Liste \u00e9volutive des\u00a0<a href=\"https:\/\/1drv.ms\/x\/c\/52b2e58f9a01f490\/IQBNOTq3uISSRr4KrP9JoB-QAYl77ixhpKkjm1SZpu5-bUE?e=SAPhd3\">traductions<\/a> par\u00a0<em>Gilles en vrac<\/em><br>Les<strong>\u00a0caract\u00e8res gras<\/strong>\u00a0dans le texte sont de Gilles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand il y en a beaucoup, on en prend beaucoup; quand il y en a peu, on prend tout. Traduction de Nanuk\u2019s Last Country par Elisabeth Robson, le 16 ao\u00fbt 2026 Dans \u00ab The Emptiness We Call Abundance \u00bb, j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 le chapitre 3 de l\u2019ouvrage de Farley Mowat, Sea of Slaughter \u2014 l\u2019histoire du &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/le-dernier-pays-de-nanuk\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Le dernier pays de Nanuk&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-11235","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack-related-posts":[{"id":9957,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/la-commodite-nous-tue\/","url_meta":{"origin":11235,"position":0},"title":"La commodit\u00e9 nous tue","author":"Gilles Beauchamp","date":"21 avril 2026","format":false,"excerpt":"Plaidoyer pour une friction choisie Traduction de Convenience is killing us par Jeff Giesea sur Substack, le 19 avril 2026 \u00c0 l'heure du coucher, je me dis que je vais lire un livre. 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