{"id":8075,"date":"2025-04-27T11:31:27","date_gmt":"2025-04-27T15:31:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gillesenvrac.ca\/carnet\/?page_id=8075"},"modified":"2025-05-15T16:07:41","modified_gmt":"2025-05-15T20:07:41","slug":"machine-a-plumes","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/machine-a-plumes\/","title":{"rendered":"Quand la m\u00e9sange n&rsquo;est plus \u00ab une machine \u00e0 plumes \u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/issues.org\/byline\/brandon-keim\/\">Brandon Keim<\/a>, <a href=\"https:\/\/issues.org\/animal-minds-keim\/?ref=gillesenvrac.ca\">When That Chickadee Is No Longer \u201cA Machine With Feathers\u201d<\/a>, dans la revue ISSUES in Science and Technology<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>De nouvelles recherches sur l&rsquo;intelligence animale conduisent \u00e0 un choc des visions du monde qui a des implications politiques.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a environ 120 000 ans, des cerfs \u00e9laphes vivant dans ce qui est aujourd&rsquo;hui la p\u00e9ninsule de Tchoukotka, en Russie, ont travers\u00e9 une bande de terre mise \u00e0 nu par la baisse du niveau de la mer et ont trouv\u00e9 un nouveau foyer en Am\u00e9rique du Nord. Ils se sont r\u00e9pandus et diversifi\u00e9s, donnant finalement naissance \u00e0 quatre sous-esp\u00e8ces. Jusqu&rsquo;au milieu du XIXe si\u00e8cle, la plus petite de ces sous-esp\u00e8ces, appel\u00e9e <strong>wapiti de Tule,<\/strong> parcourait une grande partie de l&rsquo;actuelle Californie centrale, mais la perte de son habitat et la chasse excessive ont caus\u00e9 sa disparition. En 1874, lorsque des ouvriers agricoles drainant un marais dans la vall\u00e9e de San Joaquin ont rencontr\u00e9 plusieurs wapitis de Tule, cela faisait des ann\u00e9es que personne n&rsquo;en avait vu un seul.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sans la mis\u00e9ricorde de ce rancher, ils auraient pu dispara\u00eetre. Il a prot\u00e9g\u00e9 ce dernier troupeau et, au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, il en restait suffisamment pour que les d\u00e9fenseurs de l&rsquo;environnement puissent cr\u00e9er de nouveaux troupeaux de wapitis de Tule. Trois de ces troupeaux, comptant environ 700 wapitis au total, vivent dans le Point Reyes National Seashore, une mosa\u00efque idyllique de 260 km\u00b2 de prairies, de for\u00eats et de ranchs c\u00f4tiers en Californie. On estime \u00e0 2,5 millions le nombre de personnes qui visitent le parc chaque ann\u00e9e. Les sentiers de randonn\u00e9e les am\u00e8nent \u00e0 quelques pas des wapitis, qui sont habitu\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9sence humaine et, en l&rsquo;absence de chasse, ne se laissent pas d\u00e9ranger. Cette proximit\u00e9 cr\u00e9e une intimit\u00e9 et une affection qui expliquent peut-\u00eatre pourquoi tant de gens ont \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9s lorsque, en 2020, le Service des parcs nationaux a laiss\u00e9 152 wapitis mourir de faim.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une s\u00e9cheresse prolong\u00e9e avait appauvri la v\u00e9g\u00e9tation et&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.nps.gov\/pore\/learn\/nature\/tule_elk_tomales_point_faq.htm#CP_JUMP_7019966\">ass\u00e9ch\u00e9 les sources d&rsquo;eau douce<\/a>&nbsp;dont d\u00e9pendait le plus grand troupeau d&rsquo;\u00e9lans. Ailleurs, ils auraient pu migrer \u00e0 la recherche de nourriture et d&rsquo;eau, mais dans le parc national de Point Reyes, leurs mouvements \u00e9taient limit\u00e9s par des cl\u00f4tures construites pour les emp\u00eacher de concurrencer le b\u00e9tail. Alors que le b\u00e9tail de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 des cl\u00f4tures prosp\u00e9rait, des \u00e9lans \u00e9maci\u00e9s s&rsquo;effondraient dans le paysage.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1200\" height=\"802\" src=\"https:\/\/www.gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Reindeer-1200x802.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-8077\" srcset=\"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Reindeer-1200x802.png 1200w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Reindeer-744x497.png 744w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Reindeer-420x281.png 420w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Reindeer-768x513.png 768w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Reindeer-1536x1027.png 1536w, https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Reindeer.png 1556w\" sizes=\"auto, (max-width: 706px) 89vw, (max-width: 767px) 82vw, 740px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le Service des parcs nationaux, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une \u00e9ventualit\u00e9 regrettable mais acceptable. \u00c0 l&rsquo;avenir, il pourrait abattre le troupeau afin de maintenir sa population \u00e0 un niveau qui ne serait pas aussi vuln\u00e9rable \u00e0 la s\u00e9cheresse ; en attendant, la nature se chargerait de contr\u00f4ler la population. C&rsquo;\u00e9tait triste, mais cela ne constituait pas une menace pour la sous-esp\u00e8ce dans son ensemble ni pour la survie des wapitis \u00e0 Point Reyes. Pour beaucoup d&rsquo;autres, parmi lesquels des militants des droits des animaux, des \u00e9cologistes, des d\u00e9fenseurs de l&rsquo;environnement et des gens ordinaires qui avaient de la compassion pour les \u00e9lans, rester les bras crois\u00e9s pendant que les \u00e9lans mouraient lentement et dans la souffrance \u00e9tait immoral.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils ont organis\u00e9 des manifestations et des campagnes. Certains ont ill\u00e9galement apport\u00e9 des seaux d&rsquo;eau aux \u00e9lans en signe de compassion rebelle. D&rsquo;autres ont intent\u00e9 un proc\u00e8s. Le Service des parcs nationaux a revu son plan de gestion et a d\u00e9cid\u00e9 de laisser les wapitis en libert\u00e9, une d\u00e9cision qui a abouti cette ann\u00e9e \u00e0 un accord visant \u00e0 racheter la plupart des ranchs du National Seashore et \u00e0 rendre le paysage \u00e0 un \u00e9tat plus sauvage. La controverse sur les wapitis de Tule est d\u00e9sormais r\u00e9gl\u00e9e, mais elle illustre un conflit croissant entre diff\u00e9rentes visions du monde concernant les animaux et la nature, qui a des implications pour les politiques qui guident nos relations avec le monde sauvage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sentiment d&#8217;empathie et le respect individuel pour les animaux sont, pour l&rsquo;essentiel, absents des concepts et des institutions qui ont fa\u00e7onn\u00e9 les relations des Am\u00e9ricains avec la conservation et la nature. Il y a quelques d\u00e9cennies, cela ne causait gu\u00e8re de friction, mais de plus en plus de gens consid\u00e8rent les animaux \u2013 pas seulement les chiens, les chats et autres animaux de compagnie, mais aussi les cr\u00e9atures sauvages \u2013 comme des \u00eatres pensants et sensibles envers lesquels les humains ont des obligations \u00e9thiques, dont les int\u00e9r\u00eats m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre pris en consid\u00e9ration non seulement en termes d&rsquo;esp\u00e8ces et de populations, mais aussi en tant qu&rsquo;individus. Les attitudes conventionnelles ont longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme plus \u00ab scientifiques \u00bb, rejetant la compassion pour les animaux sauvages individuels comme une sentimentalit\u00e9 anthropomorphique. Cela n&rsquo;est plus aussi facile \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, la recherche scientifique sur l&rsquo;esprit animal s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e, d\u00e9crivant une intelligence riche non seulement chez quelques cr\u00e9atures particuli\u00e8rement intelligentes comme les \u00e9l\u00e9phants ou les grands singes, mais aussi chez un grand nombre d&rsquo;autres : les oiseaux chanteurs qui tissent leurs nids, les poissons z\u00e8bres curieux du monde qui les entoure, les cafards qui prennent soin de leurs petits, et ainsi de suite. Consid\u00e9rer chaque animal comme un \u00ab quelqu&rsquo;un \u00bb plut\u00f4t que comme une \u00ab chose \u00bb, comme aiment \u00e0 le dire les d\u00e9fenseurs des animaux, c&rsquo;est ce vers quoi nous oriente la science.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des \u00ab faussaires de la nature \u00bb au canon de Morgan<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les attitudes modernes en mati\u00e8re de conservation ont \u00e9t\u00e9 en partie fa\u00e7onn\u00e9es par l&rsquo;effervescence culturelle du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, lorsque la croissance des villes, le mouvement naissant de protection des animaux et les r\u00e9percussions de la th\u00e9orie de l&rsquo;\u00e9volution de Charles Darwin, qui \u00e9tablissait une similitude entre les humains et les autres animaux, ont nourri l&rsquo;id\u00e9e que les animaux \u00e9taient intelligents et m\u00e9ritaient le respect. De nombreux ouvrages populaires sur la nature refl\u00e9taient cet esprit du temps, avec des naturalistes \u00e0 succ\u00e8s d\u00e9crivant des animaux capables de raisonner, d&rsquo;aimer et d&rsquo;apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant, tout le monde n&rsquo;\u00e9tait pas satisfait de ce revirement. Certains naturalistes et scientifiques ont accus\u00e9 ces \u00e9crivains naturalistes qui embrassaient l&rsquo;intelligence animale d&rsquo;exag\u00e9ration et de pure invention. En 1903, le naturaliste John Burroughs publia&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.theatlantic.com\/magazine\/archive\/1903\/03\/real-and-sham-natural-history\/637366\/\">un article dans&nbsp;<em>The Atlantic Monthly<\/em><\/a>&nbsp;qui condamnait \u00ab les \u00e9crivains qui cherchent \u00e0 faire passer leurs inventions stupides pour des observations r\u00e9elles \u00bb, ridiculisant nombre de ses contemporains et d\u00e9clenchant une querelle publique aujourd&rsquo;hui presque oubli\u00e9e, mais qui fit \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque la une des journaux : la controverse dite des \u00ab Nature Fakers \u00bb (les faussaires de la nature).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le nom vient d&rsquo;une expression invent\u00e9e par le pr\u00e9sident Theodore Roosevelt, fervent d\u00e9fenseur de la pr\u00e9servation de la nature sauvage et chasseur insatiable (lors d&rsquo;une exp\u00e9dition en Afrique, lui et son fils ont d\u00e9clar\u00e9 avoir tu\u00e9 512 animaux). Roosevelt s&rsquo;est publiquement alli\u00e9 \u00e0 son ami Burroughs, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 par le fabulisme pr\u00e9sent\u00e9 comme des faits et par les m\u00e9thodes de ceux que Burroughs appelait les \u00ab journalistes jaunes des bois \u00bb. Certaines de leurs critiques \u00e9taient justifi\u00e9es, dans une certaine mesure, mais ils d\u00e9fendaient une vision m\u00e9prisante et limit\u00e9e de l&rsquo;intelligence animale. \u00ab Plus j&rsquo;observe et plus je r\u00e9fl\u00e9chis aux animaux inf\u00e9rieurs, \u00e9crivait Burroughs, plus je suis convaincu que la vieille vision cart\u00e9sienne qui les consid\u00e8re comme de simples automates est plus proche de la v\u00e9rit\u00e9 que la vision populaire plus r\u00e9cente qui leur attribue une part non n\u00e9gligeable de raison humaine. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La \u00ab vision cart\u00e9sienne \u00bb faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Ren\u00e9 Descartes, philosophe du XVIIe si\u00e8cle et figure fondatrice des Lumi\u00e8res, qui comparait les animaux \u00e0 des automates, des m\u00e9canismes. Selon Descartes, leur intelligence apparente n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une illusion et ils n&rsquo;avaient pas plus de conscience qu&rsquo;une horloge. Burroughs faisait \u00e9cho \u00e0 Descartes lorsqu&rsquo;il qualifiait les animaux de \u00ab machines \u00e0 fourrure et \u00e0 plumes \u00bb et, bien qu&rsquo;il reconnaissait que les humains pouvaient \u00e9galement se comporter de mani\u00e8re irrationnelle et instinctive, il consid\u00e9rait que la raison et la r\u00e9flexion \u00e9taient l&rsquo;apanage des humains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La controverse autour de <strong>The Nature Fakers<\/strong> peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme s&rsquo;inscrivant dans un mouvement plus large de rejet de l&rsquo;id\u00e9e que les animaux sont dot\u00e9s d&rsquo;une intelligence significative. Dans le domaine scientifique, une r\u00e8gle d\u00e9fendue par le zoologiste et psychologue C. Lloyd Morgan est devenue un principe fondamental de la recherche au XXe si\u00e8cle : si un comportement sugg\u00e9rait l&rsquo;existence de processus psychologiques sophistiqu\u00e9s, il devait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme le r\u00e9sultat de processus plus simples jusqu&rsquo;\u00e0 ce que toutes les autres explications aient \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En th\u00e9orie, le \u00ab canon de Morgan \u00bb, comme cette r\u00e8gle a \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9e, encourageait une science plus rigoureuse. Dans la pratique, il incarnait et r\u00e9ifiait \u00e9galement une vision des animaux comme des \u00eatres d\u00e9pourvus d&rsquo;esprit. La croyance selon laquelle les animaux partagent des qualit\u00e9s mentales importantes avec les humains a \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9e au domaine des contes pour enfants et du divertissement, et non \u00e0 celui de la recherche scientifique s\u00e9rieuse. Cette vision m\u00e9prisante des animaux est devenue fondamentale dans la science et la philosophie du XXe si\u00e8cle. C&rsquo;est dans ce contexte intellectuel que se sont form\u00e9s les institutions, les pratiques et les corpus de connaissances qui guident l&rsquo;attitude contemporaine de l&rsquo;Occident envers la nature et les animaux sauvages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La perception des animaux comme des \u00eatres intelligents \u00e0 part enti\u00e8re \u2013 et les questions \u00e9thiques qui en d\u00e9coulent \u2013 est manifestement absente des traditions de conservation, de gestion de la faune sauvage, de biologie de la conservation, d&rsquo;environnementalisme et de durabilit\u00e9. Cette sensibilit\u00e9 se retrouve plut\u00f4t dans le mouvement de d\u00e9fense des animaux, ainsi que dans nos relations avec les animaux de compagnie. La nature est maintenue \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart. Au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle, cependant, les fondements intellectuels de cette division ont commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;\u00e9roder avec l&rsquo;essor de nouvelles recherches sur l&rsquo;intelligence animale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La m\u00e9sange \u00e0 la premi\u00e8re personne et l&rsquo;esturgeon social<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La conscience de soi est un exemple frappant de recherche qui remet en question la division entre l&rsquo;homme et l&rsquo;animal, et par cons\u00e9quent l&rsquo;exclusion des animaux de la r\u00e9flexion morale. Savoir que vous \u00eates&nbsp;<em>vous-m\u00eame<\/em>&nbsp;est une capacit\u00e9 si fondamentale de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine qu&rsquo;il est pratiquement impossible d&rsquo;imaginer ne pas \u00eatre conscient de soi. Mais jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment, on pensait que cette capacit\u00e9 \u00e9tait exceptionnellement rare chez les autres animaux, et qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait poss\u00e9d\u00e9e que par les grands singes, les \u00e9l\u00e9phants, les grands dauphins, les pies, les raies manta et peut-\u00eatre les poissons nettoyeurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les individus de ces esp\u00e8ces ont pass\u00e9 avec succ\u00e8s le test de reconnaissance de soi dans un miroir, au cours duquel les scientifiques observent si un animal utilise un miroir pour d\u00e9couvrir une marque secr\u00e8tement appos\u00e9e sur son corps, par exemple une touche de peinture sur le front d&rsquo;un chimpanz\u00e9 endormi. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la marque indique qu&rsquo;il poss\u00e8de une image mentale de lui-m\u00eame. Depuis sa mise au point \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, ce test est la mesure d\u00e9finitive de la conscience de soi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plus r\u00e9cemment, cependant,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.nature.com\/articles\/419255a\">de nombreux scientifiques ont fait valoir<\/a>&nbsp;que le test du miroir exclut les cr\u00e9atures qui ne d\u00e9pendent pas autant de la vue. Ils ont mis au point des versions qui mettent l&rsquo;accent sur d&rsquo;autres sens, tels que l&rsquo;odorat. L&rsquo;image de soi d&rsquo;un chien, par exemple, est moins importante que son odeur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&rsquo;autres scientifiques et philosophes ont critiqu\u00e9 ces tests pour traiter la conscience de soi&nbsp;<a href=\"https:\/\/journals.plos.org\/plosbiology\/article?id=10.1371\/journal.pbio.3000112\">comme un ph\u00e9nom\u00e8ne tout ou rien<\/a>. Ils affirment que le sens de soi existe sur un spectre, allant du type relativement rare et tr\u00e8s contemplatif mesur\u00e9 par les tests du miroir \u00e0 une identit\u00e9 fondamentale produite par une combinaison de perception physique et de repr\u00e9sentation interne. Ce type de conscience corporelle, mesur\u00e9 dans un&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.mdpi.com\/2076-328X\/9\/7\/67\">test particuli\u00e8rement ing\u00e9nieux<\/a>&nbsp;consistant \u00e0 observer si des serpents rats choisissaient un trou de taille appropri\u00e9e pour passer apr\u00e8s avoir mang\u00e9 et avoir le ventre gonfl\u00e9, est omnipr\u00e9sent. On peut soutenir qu&rsquo;il sous-tend une grande partie du tissu quotidien de nos propres vies. Malgr\u00e9 toute l&rsquo;importance de l&rsquo;introspection, elle n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00e9motions animales constituent un autre domaine important de la recherche scientifique, m\u00eame si ce domaine a&nbsp;<a href=\"https:\/\/academic.oup.com\/bioscience\/article-abstract\/50\/10\/861\/233998?redirectedFrom=fulltext\">mis du temps \u00e0 se d\u00e9velopper<\/a>. Compar\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres capacit\u00e9s plus simples comme la reconnaissance des formes, la m\u00e9moire ou la r\u00e9solution de probl\u00e8mes, les \u00e9motions sont difficiles \u00e0 mesurer de mani\u00e8re rigoureuse et empirique. Certains scientifiques et philosophes ont m\u00eame affirm\u00e9 que le langage \u00e9tait&nbsp;<a href=\"https:\/\/pmc.ncbi.nlm.nih.gov\/articles\/PMC4396134\/\">n\u00e9cessaire pour ressentir consciemment des \u00e9motions<\/a>, une affirmation sp\u00e9culative qui sous-estime les similitudes entre la communication humaine et celle de nombreux autres animaux, mais qui n&rsquo;en reste pas moins influente. D&rsquo;autres pr\u00e9jug\u00e9s ont peut-\u00eatre \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le. Bien que la rationalit\u00e9 et les \u00e9motions soient toutes deux des produits de l&rsquo;esprit, seule la premi\u00e8re a traditionnellement \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;intelligence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans une certaine mesure, ce biais persiste, mais il a \u00e9t\u00e9 corrig\u00e9 par une meilleure compr\u00e9hension de la neurobiologie commune aux humains et aux animaux, ainsi que par de nouveaux outils et protocoles d&rsquo;\u00e9tude qui ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un monde regorgeant de sentiments non humains. Non seulement ils d\u00e9crivent la richesse \u00e9motionnelle d&rsquo;esp\u00e8ces chez lesquelles on s&rsquo;y attendrait, comme les&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S109564332200126X\">dauphins stress\u00e9s<\/a>&nbsp;ou les perroquets&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.cell.com\/current-biology\/fulltext\/S0960-9822(17)30156-2\">pour qui la joie est contagieuse<\/a>, mais aussi chez des cr\u00e9atures inattendues : les \u00e9tourneaux qui&nbsp;<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1098\/rsbl.2011.1200\">se sentent mieux apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre baign\u00e9s<\/a>, les esturgeons de lac qui sont&nbsp;<a href=\"https:\/\/linkinghub.elsevier.com\/retrieve\/pii\/S1095643320300386\">moins stress\u00e9s par la chaleur extr\u00eame<\/a>&nbsp;lorsqu&rsquo;ils sont en compagnie de leurs cong\u00e9n\u00e8res, et m\u00eame les&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.sciencedirect.com\/science\/article\/pii\/S0003347222002366\">bourdons qui aiment jouer<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout cela n&rsquo;a rien de surprenant si l&rsquo;on consid\u00e8re que les \u00e9motions sont, en quelque sorte, le moyen par lequel l&rsquo;\u00e9volution s\u00e9lectionne les comportements utiles. Un \u00e9tourneau qui aime se baigner gardera ses plumes en meilleur \u00e9tat ; le jeu est un moyen utile d&rsquo;apprendre \u00e0 utiliser son corps. Cela se produit souvent dans des contextes sociaux, ce qui nous am\u00e8ne \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9tape de notre tour d&rsquo;horizon acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des tendances de la recherche scientifique sur l&rsquo;intelligence animale : la socialit\u00e9. Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de reconna\u00eetre l&rsquo;intelligence des animaux pour observer leurs comportements sociaux, mais cela leur conf\u00e8re une dimension suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les m\u00e9sanges&nbsp;<a href=\"https:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/abs\/10.1111\/eth.13523\">qui communiquent entre elles \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une syntaxe<\/a>&nbsp;(la signification de leurs vocalisations change en fonction de leur ordre, une propri\u00e9t\u00e9 essentielle du langage humain) ne le font pas comme des bo\u00eetes \u00e0 musique biologiques interactives, mais \u00e0 la premi\u00e8re personne, en tant qu&rsquo;\u00eatres dot\u00e9s d&rsquo;une vie sociale qui vaque \u00e0 leurs occupations quotidiennes.&nbsp;Lorsque les couleuvres pr\u00e9f\u00e8rent passer leur hibernation&nbsp;<a href=\"https:\/\/link.springer.com\/article\/10.1007\/s00265-020-2827-0\">en compagnie<\/a>&nbsp;de certains autres individus, nous pouvons consid\u00e9rer cette pr\u00e9f\u00e9rence non seulement comme une association entre individus de la m\u00eame esp\u00e8ce, mais peut-\u00eatre aussi comme une forme d&rsquo;amiti\u00e9. Les migrations des ongul\u00e9s peuvent \u00eatre comprises non seulement comme des exploits physiques, mais aussi&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.science.org\/doi\/10.1126\/science.aat0985\">comme des r\u00e9alisations culturelles<\/a>, avec un savoir transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration et des d\u00e9cisions prises \u00e0 la fois par instinct et apr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9ration au sein du groupe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd&rsquo;hui, le d\u00e9bat scientifique a largement d\u00e9pass\u00e9 la question de savoir si les animaux sont intelligents ou non. Les questions les plus int\u00e9ressantes et les plus audacieuses sont d\u00e9sormais les suivantes : quel type d&rsquo;intelligence pourrait-on encore d\u00e9couvrir ? Comment \u00e9valuer le bien-\u00eatre d&rsquo;esp\u00e8ces tr\u00e8s diff\u00e9rentes des humains ? Quelle est l&rsquo;interaction entre l&rsquo;instinct et la r\u00e9flexion ? Quelle signification les lieux ont-ils pour les animaux ? Comment les animaux comprennent-ils la mort ? Les animaux peuvent-ils avoir le sens de la beaut\u00e9 ? Comment la cognition fa\u00e7onne-t-elle l&rsquo;\u00e9cologie ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et la question ultime est peut-\u00eatre de savoir ce que nous&nbsp;<em>faisons&nbsp;<\/em>de ces connaissances. Il est tout \u00e0 fait possible de prendre conscience de l&rsquo;intelligence animale et des points communs entre l&rsquo;exp\u00e9rience humaine et animale, et de ne rien en faire. Mais cette prise de conscience conf\u00e8re \u00e0 nos relations avec les animaux \u2013 non seulement en tant qu&rsquo;esp\u00e8ces et populations, mais aussi en tant qu&rsquo;individus \u2013 une importance morale et \u00e9thique accrue. Elle nourrit un sentiment de parent\u00e9 et de compassion enracin\u00e9 dans une exp\u00e9rience commune de la vie en tant qu&rsquo;\u00eatres auxquels on peut s&rsquo;identifier. Elle rend difficile de maintenir la fiction selon laquelle, comme le disait Burroughs, les animaux sont des \u00ab machines \u00e0 fourrure et \u00e0 plumes \u00bb. Ces connaissances nous poussent \u00e0 reconsid\u00e9rer nos relations et nos responsabilit\u00e9s envers les animaux individuels et la nature.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une question d&rsquo;int\u00e9r\u00eat moral<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les implications de cette remise en question s&rsquo;\u00e9tendent \u00e0 toutes les cat\u00e9gories d&rsquo;animaux : ceux que nous utilisons pour nous nourrir, pour la recherche ou pour le travail ; nos compagnons ; et ceux qui vivent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage. Cependant, si le discours sur les animaux domestiques, bien qu&rsquo;incoh\u00e9rent, est assez d\u00e9velopp\u00e9 \u2013 la plupart des gens connaissent au moins les critiques de l&rsquo;\u00e9levage industriel ou de l&rsquo;utilisation des animaux dans les exp\u00e9riences m\u00e9dicales \u2013, la question de consid\u00e9rer les animaux sauvages comme des \u00eatres \u00e0 part enti\u00e8re a re\u00e7u moins d&rsquo;attention.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment ce changement pourrait-il affecter les politiques \u00e9tablies de longue date ? Les implications sont \u00e9videntes pour le pi\u00e9geage et la chasse purement r\u00e9cr\u00e9ative, y compris les concours de chasse et les derbies de pr\u00e9dateurs. Contrairement \u00e0 la chasse pour l&rsquo;alimentation, ces activit\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficient de peu de soutien public. Les d\u00e9saccords sur la chasse et le pi\u00e9geage ont toutefois tendance \u00e0 devenir des questions culturelles, ce qui rend les r\u00e9formes difficiles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D&rsquo;autres possibilit\u00e9s sont moins controvers\u00e9es. Beaucoup peut \u00eatre fait pour prot\u00e9ger les animaux qui sont actuellement trait\u00e9s comme une option plut\u00f4t que comme une norme : vitres adapt\u00e9es aux oiseaux dans les nouveaux b\u00e2timents, passages pour animaux sur les routes et m\u00e9thodes non l\u00e9tales pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la faune sauvage. (Dans le cas des wapitis de Tule, cela pourrait inclure la gestion de leur population par la contraception plut\u00f4t que de les laisser mourir de faim ou de proc\u00e9der \u00e0 des abattages s\u00e9lectifs). Cet esprit de convivialit\u00e9 s&rsquo;\u00e9tend aux conflits avec des animaux g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9s comme nuisibles, tels que les rats ou les pigeons. Ils ont pourtant leur importance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les rats et les pigeons sont \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9s comme des esp\u00e8ces non indig\u00e8nes et envahissantes, des cat\u00e9gories qui rendent g\u00e9n\u00e9ralement les animaux ind\u00e9sirables dans les cercles de conservation traditionnels. Ils sont souvent activement pers\u00e9cut\u00e9s ou consid\u00e9r\u00e9s comme indignes de protection. Reconna\u00eetre la valeur de leur vie est une motivation pour r\u00e9fl\u00e9chir aux avantages qu&rsquo;ils pourraient apporter. Les \u00e2nes sauvages, descendants d&rsquo;animaux utilis\u00e9s par les mineurs au XIXe si\u00e8cle, creusent des puits qui permettent \u00e0 d&rsquo;autres animaux de s&rsquo;approvisionner en eau dans les d\u00e9serts du sud-ouest, par exemple, et les perroquets issus du commerce d&rsquo;animaux de compagnie construisent des nids qui sont utilis\u00e9s par d&rsquo;autres animaux. Toutes les esp\u00e8ces ne s&rsquo;av\u00e9reront pas aussi productives, pour ainsi dire, mais elles peuvent n\u00e9anmoins \u00eatre respect\u00e9es et m\u00eame accept\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une autre implication concerne les syst\u00e8mes plut\u00f4t que des questions sp\u00e9cifiques. Au niveau de l&rsquo;\u00c9tat, certains d\u00e9fenseurs des animaux ont fait pression pour&nbsp;<a href=\"https:\/\/wildlifeforall.us\/take-action\/state-wildlife-commissions\/advocate-for-better-state-wildlife-commissioners\/\">\u00eatre inclus dans les comit\u00e9s gouvernementaux<\/a>&nbsp;qui \u00e9laborent la politique en mati\u00e8re de faune sauvage, mais qui sont g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9serv\u00e9s aux personnes ayant une exp\u00e9rience de la chasse. Ces d\u00e9fenseurs parleraient ostensiblement au nom des animaux d&rsquo;une mani\u00e8re qui n&rsquo;est pas courante au sein du gouvernement, et cela pourrait se faire non seulement au sein des comit\u00e9s de gestion, mais aussi dans d&rsquo;autres cadres gouvernementaux et institutionnels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La repr\u00e9sentation des animaux est bien s\u00fbr complexe. Les comit\u00e9s qui examinent les projets d&rsquo;exp\u00e9rimentation animale dans les universit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits comme \u00e9tant caract\u00e9ris\u00e9s par une \u00ab monoculture \u00e9thique \u00bb et souvent incapables de repr\u00e9senter \u00e9quitablement les int\u00e9r\u00eats des animaux. De plus, contrairement aux humains, les animaux ne peuvent pas contester leurs repr\u00e9sentants. Cela ne justifie toutefois pas de priver les animaux de toute voix.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il existe \u00e9galement des implications plus conventionnelles, comme le soutien \u00e0 la poursuite des recherches sur le comportement animal ou la prise en compte de l&rsquo;importance de la culture animale dans leur protection. Un nombre restreint mais croissant de recherches d\u00e9crivent la <strong>relation entre la cognition animale et le fonctionnement des \u00e9cosyst\u00e8mes.<\/strong> Par exemple, le fait qu&rsquo;une for\u00eat soit exploit\u00e9e ou non, et de quelle mani\u00e8re, influence la&nbsp;<a href=\"https:\/\/onlinelibrary.wiley.com\/doi\/abs\/10.1111\/ele.13324\">r\u00e9partition des personnalit\u00e9s des rongeurs de la for\u00eat<\/a>, ce qui peut \u00e0 son tour influencer leurs habitudes de stockage des graines et, en fin de compte, la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la for\u00eat. La compr\u00e9hension de ces dynamiques pourrait conduire \u00e0 une meilleure gestion des paysages et des \u00e9cosyst\u00e8mes. Les plans de gestion pourraient m\u00eame inclure le bonheur des animaux aux c\u00f4t\u00e9s des mesures de la biodiversit\u00e9 et d&rsquo;autres indicateurs. Il s&rsquo;agit certes d&rsquo;une possibilit\u00e9 encore lointaine, qui n\u00e9cessite des connaissances plus approfondies que celles dont nous disposons actuellement, mais elle n&rsquo;est pas inconcevable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est difficile de pr\u00e9dire si et comment une meilleure connaissance scientifique de l&rsquo;esprit animal fa\u00e7onnera les m\u0153urs culturelles et, \u00e0 terme, les politiques. Certains pourraient avoir du mal \u00e0 imaginer que les Am\u00e9ricains trouvent un terrain d&rsquo;entente dans un contexte politique aussi instable. Je me console en pensant qu&rsquo;au printemps, les champs \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de la ville o\u00f9 je vis, dans l&rsquo;est du Maine, sont parsem\u00e9s de petits nichoirs en bois que les gens installent pour les hirondelles. Je sais que leurs opinions politiques diff\u00e8rent souvent des miennes, mais la joie d&rsquo;offrir un foyer \u00e0 ces cr\u00e9atures extraordinaires transcende les divisions politiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Original : <a href=\"https:\/\/issues.org\/animal-minds-keim\/?ref=gillesenvrac.ca\">When That Chickadee Is No Longer \u201cA Machine With Feathers\u201d<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par&nbsp;Brandon Keim, When That Chickadee Is No Longer \u201cA Machine With Feathers\u201d, dans la revue ISSUES in Science and Technology De nouvelles recherches sur l&rsquo;intelligence animale conduisent \u00e0 un choc des visions du monde qui a des implications politiques. Il y a environ 120 000 ans, des cerfs \u00e9laphes vivant dans ce qui est aujourd&rsquo;hui &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/machine-a-plumes\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Quand la m\u00e9sange n&rsquo;est plus \u00ab une machine \u00e0 plumes \u00bb&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_jetpack_hide_featured_image":false,"_jetpack_featured_image_duplicate_dismissed":0,"footnotes":""},"class_list":["post-8075","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack-related-posts":[{"id":10370,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/trad\/questions-spirituelles\/","url_meta":{"origin":8075,"position":0},"title":"Sur les questions spirituelles","author":"Gilles Beauchamp","date":"22 mai 2026","format":false,"excerpt":"Questions soulev\u00e9es par l'ouvrage de Paul Kingsnorth, Against the Machine Traduction de On spiritual questions, publi\u00e9 sur Substack par Elisabeth Robson, le 19 mai 2026 Pas de machine l\u00e0. 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