{"id":8337,"date":"2025-07-11T13:11:05","date_gmt":"2025-07-11T17:11:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gillesenvrac.ca\/carnet\/?page_id=8337"},"modified":"2026-03-18T12:04:40","modified_gmt":"2026-03-18T16:04:40","slug":"espace-public-societe-reseaux","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/espace-public-societe-reseaux\/","title":{"rendered":"L\u2019h\u00e9ritage d\u2019Habermas : l\u2019avenir de l\u2019espace public dans une soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9seaux."},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pieter Boeder<br><a href=\"https:\/\/firstmonday.org\/ojs\/index.php\/fm\/article\/view\/1280\/1200\">First Monday-5 Septembre 2005<\/a> <br>Traduction de <a href=\"https:\/\/firstmonday.org\/ojs\/index.php\/fm\/article\/view\/1280\">Habermas\u2019 heritage: The future of the public sphere in the network society<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"252\" height=\"102\" src=\"https:\/\/www.gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/FirstMonday.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-9696\"\/><\/figure>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>R\u00e9sum\u00e9 : <\/strong>\u00c0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique, le d\u00e9bat sur la sph\u00e8re publique est devenu \u00e0 la fois de plus en plus pertinent et de plus en plus probl\u00e9matique. La validit\u00e9 et la pertinence de la critique postmoderne \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du concept de sph\u00e8re publique de Habermas ne peuvent \u00eatre ni\u00e9es, mais le concept de sph\u00e8re publique et la notion de publicit\u00e9 critique de Habermas restent extr\u00eamement pr\u00e9cieux pour la th\u00e9orie des m\u00e9dias aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sph\u00e8re publique est soumise \u00e0 des changements spectaculaires ; on pourrait m\u00eame affirmer qu&rsquo;elle est en voie d&rsquo;extinction. La communication assist\u00e9e par ordinateur a remplac\u00e9 les discussions dans les caf\u00e9s, et des questions telles que la propri\u00e9t\u00e9 des m\u00e9dias et leur marchandisation constituent de s\u00e9rieuses menaces pour la libre circulation de l&rsquo;information et la libert\u00e9 d&rsquo;expression sur le web. Je ne pense pas que la situation soit aussi grave. Je pr\u00e9senterai un aper\u00e7u introductif du concept th\u00e9orique de Habermas et soulignerai qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un concept plut\u00f4t que d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 physique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je d\u00e9crirai pourquoi le concept cl\u00e9 de Habermas est <strong>pr\u00e9cieux pour la th\u00e9orie des m\u00e9dias aujourd&rsquo;hui.<\/strong> Ensuite, je donnerai un aper\u00e7u des principales questions, d\u00e9bats et probl\u00e8mes qui ont surgi autour du concept de sph\u00e8re publique au cours des d\u00e9cennies qui ont suivi. Je conclurai que la notion de sph\u00e8re publique n&rsquo;est pas statique, mais sujette \u00e0 changement, et je montrerai comment le concept th\u00e9orique de sph\u00e8re publique est utilis\u00e9 pour \u00e9laborer des options viables pour un avenir num\u00e9rique et des mod\u00e8les de changement positif.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Pour reformuler la discussion un instant, on pourrait dire que le journalisme a fait de son mieux pour nier les preuves de plus en plus nombreuses des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les formulations classiques des Lumi\u00e8res, refusant de reconna\u00eetre la pertinence de ces controverses pour ses propres activit\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 Peter Dahlgren<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u00fcrgen Habermas a publi\u00e9 en 1962&nbsp;<em>Strukturwandel der \u00d6ffentlichkeit<\/em>, une \u00e9tude critique et une analyse de la sph\u00e8re publique dans la soci\u00e9t\u00e9 civile. Cet ouvrage d\u00e9crit l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;<em>opinion<\/em>&nbsp;vers l&rsquo;<em>opinion publique<\/em>&nbsp;et la transformation socio-structurelle de cette derni\u00e8re. Selon Habermas, l&rsquo;\u00e9mergence de <strong>la presse de masse<\/strong> repose sur la commercialisation de la participation des masses \u00e0 la sph\u00e8re publique. En cons\u00e9quence, cette sph\u00e8re publique \u00ab \u00e9largie \u00bb a perdu une grande partie de son caract\u00e8re politique initial <strong>au profit du mercantilisme et du divertissement.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce changement est document\u00e9 en ce qui concerne l&rsquo;institution pr\u00e9\u00e9minente de la sph\u00e8re publique, la presse : Habermas diagnostique une int\u00e9gration des domaines autrefois distincts du journalisme et de la litt\u00e9rature, et un flou croissant caus\u00e9 par les m\u00e9dias de masse dans leur r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une <strong>culture consum\u00e9riste<\/strong> :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Les opinions \u00e9ditoriales s&rsquo;effacent derri\u00e8re les informations des agences de presse et les reportages des correspondants ; le d\u00e9bat critique dispara\u00eet derri\u00e8re le voile des d\u00e9cisions internes concernant la s\u00e9lection et la pr\u00e9sentation du mat\u00e9riel. \u00bb [1]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;\u00e9mergence des m\u00e9dias \u00e9lectroniques de masse dans la sph\u00e8re publique a encore aggrav\u00e9 la situation. \u00abLes informations sont pr\u00e9sent\u00e9es comme un r\u00e9cit, depuis leur format jusqu&rsquo;aux d\u00e9tails stylistiques ; la distinction rigoureuse entre r\u00e9alit\u00e9 et fiction est de plus en plus souvent abandonn\u00e9e. \u00bb Pourtant, elles ont un impact plus profond que la presse \u00e9crite, mais leur format emp\u00eache toute interaction et prive le public de la possibilit\u00e9 de s&rsquo;exprimer et d&rsquo;exprimer son d\u00e9saccord, ce qui conduit Habermas \u00e0 conclure que \u00ab le monde fa\u00e7onn\u00e9 par les <strong>m\u00e9dias de masse<\/strong> n&rsquo;est une <strong>sph\u00e8re publique qu&rsquo;en apparence<\/strong> \u00bb [2].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le m\u00eame temps, en raison de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;environnement communicationnel, la sph\u00e8re publique est d\u00e9couverte comme une plateforme publicitaire. Une nouvelle cat\u00e9gorie d&rsquo;acteurs du d\u00e9bat public appara\u00eet : les professionnels des relations publiques, qui se distinguent des publicitaires par leur revendication de la sph\u00e8re publique. La publicit\u00e9 se limitait globalement \u00e0 un simple argumentaire de vente ; les relations publiques vont plus loin. Elles envahissent le processus de formation de l&rsquo;opinion publique en cr\u00e9ant ou en exploitant syst\u00e9matiquement des \u00e9v\u00e9nements m\u00e9diatiques qui attirent l&rsquo;attention. Sa t\u00e2che centrale est d&rsquo;orchestrer le consentement, ce qui conduit \u00e0 une \u00ab opinion publique \u00bb mise en sc\u00e8ne et \u00e0 <strong>la fausse croyance<\/strong> du public selon laquelle \u00ab en tant que personnes priv\u00e9es r\u00e9fl\u00e9chissant de mani\u00e8re critique, ils contribuent de mani\u00e8re responsable \u00e0 l&rsquo;opinion publique \u00bb [3].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Habermas note la contradiction entre le catalogue constitutif des \u00ab droits fondamentaux de l&rsquo;homme \u00bb de la sph\u00e8re publique lib\u00e9rale et leur restriction&nbsp;<em>de facto<\/em>&nbsp;\u00e0 une certaine classe d&rsquo;hommes. Le caract\u00e8re de la sph\u00e8re publique est de plus en plus restreint ; les m\u00e9dias servent \u00e0 <strong>g\u00e9n\u00e9rer et \u00e0 g\u00e9rer le consensus<\/strong> et \u00e0 promouvoir la culture capitaliste plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 remplir leur fonction initiale d&rsquo;organes de d\u00e9bat public. La publicit\u00e9 perd sa fonction critique au profit d&rsquo;une mise en sc\u00e8ne ; <strong>les arguments sont transform\u00e9s en symboles<\/strong> auxquels on ne peut r\u00e9pondre par des arguments, mais seulement en s&rsquo;identifiant \u00e0 eux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les m\u00e9dias de masse, selon Habermas, se sont transform\u00e9s en organisations capitalistes monopolistiques. Leur r\u00f4le dans le d\u00e9bat public est pass\u00e9 de la diffusion d&rsquo;informations fiables \u00e0 la formation de l&rsquo;opinion publique. Habermas souligne l&rsquo;importance d&rsquo;une&nbsp;<em>\u00d6ffentlichkeit<\/em>&nbsp;<strong>vitale et fonctionnelle<\/strong>, une <strong>sph\u00e8re de publicit\u00e9 critique distincte de l&rsquo;\u00c9tat et de l&rsquo;\u00e9conomie<\/strong>, compos\u00e9e d&rsquo;un large \u00e9ventail d&rsquo;organisations repr\u00e9sentant l&rsquo;opinion publique et les groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, afin de contrer ces \u00e9volutions et comme&nbsp;<em>conditio sine qua non<\/em>&nbsp;d&rsquo;un d\u00e9bat d\u00e9mocratique pluraliste dans une soci\u00e9t\u00e9 ouverte qui n&rsquo;est pas enti\u00e8rement <strong>domin\u00e9e par les m\u00e9dias de masse<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La raison, \u00e9l\u00e9ment essentiel de la communication<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Lumi\u00e8res ont laiss\u00e9 en suspens une question cruciale : comment la raison se justifie-t-elle ? Qu&rsquo;est-ce qui emp\u00eache la raison de remettre en question la raison ? Foucault (1979) rejette la raison en tant qu&rsquo;instrument d&rsquo;oppression. Habermas voit les choses diff\u00e9remment : si nous croyons en l&rsquo;importance de l&rsquo;impulsion humaine universelle \u00e0 communiquer, nous devons croire en la raison. Habermas pr\u00e9suppose la raison, bien qu&rsquo;elle ne soit que le produit d&rsquo;une&nbsp;<em>Auseinandersetzung<\/em> humaine imparfaite, d&rsquo;un d\u00e9bat critique et discursif, et estime que la communication raisonn\u00e9e peut affaiblir les pr\u00e9jug\u00e9s, accro\u00eetre la port\u00e9e et le pouvoir de la sph\u00e8re publique et renforcer la d\u00e9mocratie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Habermas est l&rsquo;un des membres les plus \u00e9minents de l&rsquo;\u00e9cole de Francfort, un groupe de philosophes et de penseurs sociaux de gauche extr\u00eamement distingu\u00e9s r\u00e9unis \u00e0 l&rsquo;Institut de recherche sociale de l&rsquo;universit\u00e9 de Francfort (Stephens, 1994). La nouvelle fa\u00e7on de penser interdisciplinaire d\u00e9velopp\u00e9e par l&rsquo;\u00e9cole de Francfort, la \u00ab th\u00e9orie critique \u00bb, visait \u00e0 appliquer des id\u00e9es philosophiques pour diagnostiquer les probl\u00e8mes sociaux. Au c\u0153ur de la pens\u00e9e de Habermas se trouve l&rsquo;id\u00e9e que <strong>la qualit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9<\/strong> d\u00e9pend de notre <strong>capacit\u00e9 \u00e0 communiquer, \u00e0 d\u00e9battre et \u00e0 discuter<\/strong> : la <em>raison est essentielle<\/em> \u00e0 la communication,&nbsp;<em>sich auseinandersetzen.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Habermas estime que nous pouvons trouver des solutions \u00e0 nos probl\u00e8mes par la raison, que des institutions justes peuvent conduire \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 plus \u00e9quitable <em>fond\u00e9e sur la coop\u00e9ration plut\u00f4t que sur la comp\u00e9tition<\/em>. L&rsquo;enjeu est une question intellectuelle cruciale : existe-t-il certaines<strong> normes fondamentales<\/strong> qui sous-tendent nos comportements, des normes telles que <strong>la raison et la justice<\/strong> ? Ou bien le monde est-il <em>un mar\u00e9cage relativiste <\/em>o\u00f9 nous jouons nos jeux ou cherchons \u00e0 exercer un pouvoir <em>dans la boue <\/em>? Mitchell Stephens (1994) \u00e9crit \u00e0 propos de Habermas : \u00ab Que Habermas ait \u00e9t\u00e9 une voix de la raison et de la justice est contest\u00e9 dans les cercles philosophiques et politiques, mais il a certainement \u00e9t\u00e9 un fervent d\u00e9fenseur de l&rsquo;importance de ces principes. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le d\u00e9bat postmoderne<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en allemand en 1962, l&rsquo;ouvrage de Habermas sur la sph\u00e8re publique,&nbsp;<em>Strukturwandel der \u00d6ffentlichkeit<\/em>, a eu relativement peu d&rsquo;impact sur le d\u00e9bat anglo-am\u00e9ricain jusqu&rsquo;\u00e0 la publication de sa traduction anglaise<sup id=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-1\" class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"1\" data-mfn-post-scope=\"00000000000008570000000000000000_8337\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-1\">1<\/a><\/sup><span role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"1\">Traduction en fran\u00e7ais en 1978 sous le titre : L&rsquo;Espace public. Arch\u00e9ologie de la publicit\u00e9 comme dimension constitutive de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise. GB<\/span> <strong>en 1989<\/strong>. Publi\u00e9 bien avant la r\u00e9volution num\u00e9rique, cet ouvrage n&rsquo;aborde les implications des technologies de communication modernes que de mani\u00e8re superficielle et fragmentaire. Les travaux de Habermas sur la sph\u00e8re publique sont fr\u00e9quemment attaqu\u00e9s par les postmodernistes qui remettent en question <strong>le potentiel \u00e9mancipateur de son mod\u00e8le de consensus par le d\u00e9bat rationnel<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il convient de noter et de souligner que le terme&nbsp;<em>\u00d6ffentlichkeit,<\/em>&nbsp;terme original de la traduction plus connue \u00ab sph\u00e8re publique \u00bb, est conceptuel plut\u00f4t que physique. La sph\u00e8re publique n&rsquo;est \u00ab ni un march\u00e9, ni un caf\u00e9, ni un salon, ni une organisation, ni un journal \u00bb (Hinton, 1998). La sph\u00e8re publique transcende plut\u00f4t ces apparences physiques en tant que <strong>forum abstrait pour le dialogue et l&rsquo;opinion publique libre de toute id\u00e9ologie<\/strong>, un d\u00e9bat anim\u00e9 \u00e0 plusieurs niveaux au sein de la soci\u00e9t\u00e9. Il est int\u00e9ressant de noter \u00e0 cet \u00e9gard que le mot allemand pour relations publiques est \u00ab \u00d6ffentlichkeitsarbeit \u00bb, qui peut \u00eatre traduit \u00e0 la fois par \u00ab travail dans la sph\u00e8re publique \u00bb ou \u00ab travail sur la sph\u00e8re publique \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9bat qui \u00e9merge en r\u00e9action aux travaux de Habermas va dans diff\u00e9rentes directions. L&rsquo;importance de la sph\u00e8re publique pour <strong>la d\u00e9mocratie est au centre des pr\u00e9occupations<\/strong>. La croissance des in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re d&rsquo;information menace les droits fondamentaux de l&rsquo;homme ; le pouvoir de l&rsquo;\u00c9tat et des entreprises de surveiller la soci\u00e9t\u00e9 civile par des moyens \u00e9lectroniques menace \u00e0 la fois le droit des groupes \u00e0 s&rsquo;exprimer et \u00e0 s&rsquo;organiser et le droit \u00e0 la vie priv\u00e9e des individus. Les <em>nouvelles technologies <\/em>permettent l&rsquo;\u00e9mergence de <strong>nouvelles formes de citoyennet\u00e9 et de vie publique<\/strong>, mais celles-ci sont simultan\u00e9ment <strong>restreintes<\/strong> par le <em>pouvoir du march\u00e9 et la surveillance<\/em>. On pourrait, par exemple, s&rsquo;inspirer du concept de <em>soci\u00e9t\u00e9 panoptique <\/em>de Foucault pour affirmer que la diffusion des technologies de l&rsquo;information est susceptible d&rsquo;entra\u00eener une perte d&rsquo;autonomie dans de nombreux domaines de la vie politique, \u00e9conomique, culturelle et sociale (Friedland, 1996).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un substitut superficiel ?<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les <strong><em>nouveaux m\u00e9dias<\/em> tels qu&rsquo;Internet<\/strong> offrent-ils alors un simple substitut superficiel au discours \u00ab authentique \u00bb, ou apportent-ils une <strong>nouvelle qualit\u00e9<\/strong> \u00e0 la sph\u00e8re publique ? Les communaut\u00e9s virtuelles peuvent-elles contribuer \u00e0 la <strong>renaissance du d\u00e9bat public<\/strong>, de l&rsquo;\u00f6ffentliche Auseinandersetzung, ou ne sont-elles que des <em>simulations distrayantes<\/em> ? La critique de Fernback et Thompson (1995) sur le potentiel d\u00e9mocratique des communaut\u00e9s virtuelles remet en question l&rsquo;affirmation selon laquelle les communications en ligne peuvent r\u00e9ellement renforcer la soci\u00e9t\u00e9 civile : \u00ab Il semble tr\u00e8s probable que la sph\u00e8re publique virtuelle cr\u00e9\u00e9e par [<em>la communication assist\u00e9e par ordinateur<\/em>] jouera un r\u00f4le cathartique, permettant au public de <strong>se sentir impliqu\u00e9 plut\u00f4t que de favoriser une participation r\u00e9elle<\/strong>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils critiquent l&rsquo;absence g\u00e9n\u00e9rale de d\u00e9bat sur les questions de <strong>propri\u00e9t\u00e9<\/strong> et de <strong>contr\u00f4le<\/strong> <strong>de la technologie<\/strong> et sur les b\u00e9n\u00e9ficiaires de son d\u00e9veloppement : \u00ab Bien que [la communication assist\u00e9e par ordinateur] offre certains avantages par rapport \u00e0 la communication en face \u00e0 face (&#8230;), nous estimons que les inconv\u00e9nients l&#8217;emportent sur les avantages. En effet, chacun des \u00ab avantages \u00bb pourrait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme un inconv\u00e9nient : l&rsquo;apparence a son importance, la conversation ne doit pas \u00eatre uniquement ax\u00e9e sur l&rsquo;efficacit\u00e9, et certaines id\u00e9es sont plus utiles que d&rsquo;autres. \u00bb Fernback et Thompson concluent que <strong>la citoyennet\u00e9 via le cyberespace<\/strong> \u00ab ne s&rsquo;est <strong>pas av\u00e9r\u00e9e<\/strong> \u00eatre la panac\u00e9e pour les probl\u00e8mes de repr\u00e9sentation d\u00e9mocratique au sein de la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine \u00bb.<sup id=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-2\" class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"2\" data-mfn-post-scope=\"00000000000008570000000000000000_8337\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-2\">2<\/a><\/sup><span role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"2\">En 1995. 30 ans plus tard, on dirait la m\u00eame chose ? GB<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Rheingold (1998), bien que g\u00e9n\u00e9ralement assez optimiste quant aux possibilit\u00e9s offertes par ce nouveau m\u00e9dia, estime que cette conclusion est pr\u00e9matur\u00e9e. Il souligne l&rsquo;importance de la participation active : Les m\u00e9dias \u00e9lectroniques offrent un canal unique pour la publication et la communication, ce qui est fondamental pour la d\u00e9mocratie. Les moyens de communication sont n\u00e9cessaires mais ne suffisent pas \u00e0 l&rsquo;autogouvernance et \u00e0 la sant\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s : \u00ab Lorsque nous sommes appel\u00e9s \u00e0 agir par le biais de la communaut\u00e9 virtuelle, nous devons garder \u00e0 l&rsquo;esprit que beaucoup d\u00e9pend du fait que nous nous sentions simplement \u00ab impliqu\u00e9s \u00bb ou que nous prenions des mesures pour <strong>participer r\u00e9ellement<\/strong> \u00e0 la vie de nos voisins et <strong>\u00e0 la vie civique de nos communaut\u00e9s<\/strong>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Plus t\u00f4t, Rheingold (1994) affirmait que l&rsquo;industrie des TIC est une entreprise comme une autre, consid\u00e9r\u00e9e avant tout comme un acteur \u00e9conomique : \u00ab Les t\u00e9l\u00e9communications donnent \u00e0 certaines personnes la possibilit\u00e9 d&rsquo;influencer les pens\u00e9es et les perceptions d&rsquo;autres personnes, et cette possibilit\u00e9 \u2013 qui l&rsquo;a et qui ne l&rsquo;a pas \u2013 est intimement li\u00e9e au pouvoir politique. La perspective des capacit\u00e9s techniques d&rsquo;un r\u00e9seau \u00e0 haut d\u00e9bit quasi omnipr\u00e9sent entre les mains d&rsquo;un petit nombre d&rsquo;int\u00e9r\u00eats commerciaux a des implications politiques d\u00e9sastreuses. Quiconque acquiert un avantage politique gr\u00e2ce \u00e0 cette technologie pourra l&rsquo;utiliser pour consolider son pouvoir. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il existe deux images puissantes et oppos\u00e9es de l&rsquo;avenir des technologies de la communication. Il y a la <strong>vision utopique<\/strong> de l&rsquo;<em>agora \u00e9lectronique<\/em> rendue possible par les nouvelles technologies et mise en \u0153uvre gr\u00e2ce \u00e0 des r\u00e9seaux d\u00e9centralis\u00e9s : \u00ab Cette technologie, si elle est bien comprise et d\u00e9fendue par un nombre suffisant de citoyens, a un <strong>potentiel d\u00e9mocratisant<\/strong>, tout comme l&rsquo;alphabet et <strong>l&rsquo;imprimerie<\/strong> ont eu un potentiel d\u00e9mocratisant \u00bb (Rheingold, 1994). Rheingold souligne l&rsquo;importance d&rsquo;\u00e9couter l&rsquo;autre camp : \u00ab Nous nous devons, pour nous-m\u00eames et pour les g\u00e9n\u00e9rations futures, d&rsquo;examiner attentivement ce que les enthousiastes ne nous disent pas et d&rsquo;\u00e9couter attentivement ce que les sceptiques craignent. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La marchandisation de la sph\u00e8re publique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce que ces \u00ab sceptiques \u00bb craignent, c&rsquo;est avant tout l&rsquo;argument classique de la recherche sur les m\u00e9dias de masse, \u00e0 savoir <strong>la marchandisation<\/strong>, la mani\u00e8re dont les m\u00e9dias de communication \u00e9lectroniques ont d\u00e9j\u00e0 pris le pas sur les d\u00e9bats publics en transformant <strong>le contenu m\u00e9diatique en marchandises<\/strong>. La soci\u00e9t\u00e9 de consommation est devenue le mod\u00e8le accept\u00e9 tant pour le comportement individuel que pour la prise de d\u00e9cision politique, affirme Rheingold (1994), mais <em>le consum\u00e9risme menace la sph\u00e8re publique<\/em> : \u00ab La soci\u00e9t\u00e9 de consommation, le plus puissant vecteur de richesse \u00e0 court terme jamais invent\u00e9, assure la croissance \u00e9conomique en promouvant d&rsquo;abord l&rsquo;id\u00e9e que la voie \u00e0 suivre est celle de l&rsquo;achat. \u00bb Le discours a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en publicit\u00e9, et la publicit\u00e9 a utilis\u00e9 le pouvoir croissant des m\u00e9dias \u00e9lectroniques pour modifier les perceptions et fa\u00e7onner les croyances. Ce qui dispara\u00eet dans ce processus, c&rsquo;est le <strong>discours rationnel qui est \u00e0 la base de la soci\u00e9t\u00e9 civile<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dahlgren (1995) soutient que le concept de sph\u00e8re publique dans la dialectique des Lumi\u00e8res est ambigu d\u00e8s le d\u00e9part : la <strong>d\u00e9mocratie moderne<\/strong> n&rsquo;est plus consid\u00e9r\u00e9e comme un syst\u00e8me exprimant la volont\u00e9 du peuple, mais plut\u00f4t comme <strong>un syst\u00e8me offrant aux consommateurs une s\u00e9rie de choix<\/strong>. Il diagnostique \u00ab une perte croissante de pouvoir des syst\u00e8mes politiques centralis\u00e9s ; les changements dans la structure sociale entra\u00eenent de nouvelles formes de culture politique \u00bb : Il souligne le manque croissant de participation au discours politique et insiste sur l&rsquo;importance d&rsquo;une relation \u00e9quilibr\u00e9e entre l&rsquo;\u00c9tat et la soci\u00e9t\u00e9 civile comme condition pr\u00e9alable \u00e0 la d\u00e9mocratie et \u00e0 une sph\u00e8re publique viable, qui englobe les m\u00e9dias. Dahlgren souligne l&rsquo;importance de l&rsquo;aspect socio-culturel : La sph\u00e8re publique n&rsquo;est pas seulement un \u00ab march\u00e9 des id\u00e9es \u00bb ou un \u00ab d\u00e9p\u00f4t d&rsquo;\u00e9change d&rsquo;informations \u00bb, mais aussi un vecteur majeur de production et de diffusion <strong>de la culture<\/strong>. Dahlgren ne laisse aucun doute quant \u00e0 la pertinence du d\u00e9bat sur la sph\u00e8re publique pour le journalisme : \u00ab On pourrait dire que le journalisme a fait de son mieux pour nier les preuves de plus en plus \u00e9videntes des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les formulations classiques des Lumi\u00e8res \u2014 un refus de reconna\u00eetre la pertinence de ces controverses pour ses propres activit\u00e9s \u00bb [4].<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Surveillance panoptique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le deuxi\u00e8me argument porte sur la mani\u00e8re dont les notions traditionnelles de vie priv\u00e9e sont remises en question par<strong> la \u00ab transparence \u00bb de l&rsquo;information num\u00e9rique<\/strong><sup id=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-3\" class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"3\" data-mfn-post-scope=\"00000000000008570000000000000000_8337\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-3\">3<\/a><\/sup><span role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"3\">Vraiment ? Il y a plus de documents cach\u00e9s, inaccessibles, priv\u00e9s dans les r\u00e9seaux num\u00e9riques que d&rsquo;information \u00ab\u00a0transparente\u00a0\u00bb ou accessible [GB]<\/span>et le potentiel des r\u00e9seaux interactifs pour la collecte d&rsquo;informations, la surveillance panoptique, le contr\u00f4le et la d\u00e9sinformation des citoyens, un processus qui pourrait \u00e9ventuellement saper, voire \u00e9liminer, le discours dans la sph\u00e8re publique. Michel Foucault d\u00e9crit le concept du <strong>panoptique de Bentham<\/strong>, la maison de surveillance, comme une m\u00e9taphore de la surveillance sociale. Son examen des constructions par lesquelles les \u00e9lites exercent et maintiennent leur pouvoir afin de contr\u00f4ler les masses a fortement influenc\u00e9 le d\u00e9bat sur la sph\u00e8re publique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon Foucault, le panoptique n&rsquo;est pas une technologie neutre. C&rsquo;est une technologie qui permet \u00e0 un petit nombre de personnes de contr\u00f4ler un grand nombre d&rsquo;autres personnes sous de nombreuses formes :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Tout comme la capacit\u00e9 de lire, d&rsquo;\u00e9crire et de communiquer librement donne aux citoyens un pouvoir qui les prot\u00e8ge contre les pouvoirs de l&rsquo;\u00c9tat, la capacit\u00e9 de surveiller, d&rsquo;envahir la vie priv\u00e9e des citoyens donne \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat le pouvoir de semer la confusion, de contraindre et de contr\u00f4ler les citoyens. Les populations non \u00e9duqu\u00e9es ne peuvent se gouverner elles-m\u00eames, mais les tyrannies peuvent contr\u00f4ler m\u00eame les populations \u00e9duqu\u00e9es, \u00e0 condition de disposer de moyens de surveillance sophistiqu\u00e9s. \u00bb [5]<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Robins et Webster (1988) ont \u00e9tabli un lien entre Bentham, Foucault et l&rsquo;\u00e9volution du r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9communications.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Nous pensons que Foucault a raison de consid\u00e9rer le Panoptique de Bentham comme un \u00e9v\u00e9nement marquant dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;esprit humain. Nous voulons sugg\u00e9rer que les nouvelles technologies de la communication et de l&rsquo;information \u2014 en particulier sous la forme d&rsquo;un r\u00e9seau \u00e9lectronique int\u00e9gr\u00e9 \u2014 permettent une extension et une transformation massives de cette m\u00eame mobilisation (relative, technologique) \u00e0 laquelle aspirait le principe panoptique de Bentham. Ces technologies favorisent en fait la m\u00eame diffusion du pouvoir et du contr\u00f4le, mais lib\u00e9r\u00e9es des contraintes architecturales du prototype en pierre et en brique de Bentham. Sur la base de la \u00ab r\u00e9volution de l&rsquo;information \u00bb, ce n&rsquo;est plus seulement la prison ou l&rsquo;usine, mais la totalit\u00e9 sociale qui fonctionne comme une machine panoptique hi\u00e9rarchique et disciplinaire. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une communication d\u00e9form\u00e9e ?<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">M\u00eame une communication d\u00e9form\u00e9e respecte l&rsquo;id\u00e9al, en donnant l&rsquo;apparence d&rsquo;\u00eatre valable, sinc\u00e8re et moralement appropri\u00e9e, selon Alinta Thornton (1996), qui tient \u00e9galement \u00e0 pr\u00e9ciser que, bien qu&rsquo;Internet ait la capacit\u00e9 d&rsquo;\u00e9tendre la d\u00e9mocratie participative dans une sph\u00e8re publique revitalis\u00e9e, \u00ab Internet est domin\u00e9 par des <strong>hommes blancs, ais\u00e9s, anglophones et \u00e9duqu\u00e9s<\/strong>, dont la plupart sont citoyens <strong>am\u00e9ricains<\/strong> \u00bb, le m\u00eame groupe qui domine la majeure partie de la soci\u00e9t\u00e9 du premier monde. Leur domination signifie qu&rsquo;un mode de discours est d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli, qui d\u00e9courage activement les autres modes. Thornton craint <em>une r\u00e9pression potentielle des groupes subordonn\u00e9s<\/em> par ceux qui ont une plus grande capacit\u00e9 \u00e0 <strong>d\u00e9finir l&rsquo;agenda, les excluant <\/strong>ainsi du d\u00e9bat. \u00ab Si leur capacit\u00e9 \u00e0 former une volont\u00e9 politique, \u00e0 d\u00e9battre des questions et \u00e0 influencer la soci\u00e9t\u00e9 est \u00e9largie par Internet, cela ne ressemble en rien \u00e0 un discours d\u00e9mocratique v\u00e9ritablement participatif. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Thornton pr\u00e9suppose le \u00ab formidable \u00bb <strong>potentiel d\u00e9mocratique de l&rsquo;Internet<\/strong>, pour lequel Rheingold, en&nbsp;<em>cheerleader<\/em>, agite ses pompons sur www.rheingold.com<sup id=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-4\" class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"4\" data-mfn-post-scope=\"00000000000008570000000000000000_8337\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-4\">4<\/a><\/sup><span role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"4\">Voir les <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=icvJrjWCz_o\">Well&rsquo;s Partys<\/a> GB<\/span> : selon elle, sa structure rendra difficile pour les conglom\u00e9rats de t\u00e9l\u00e9communications ou les organisations m\u00e9diatiques d&rsquo;exercer le type de contr\u00f4le qu&rsquo;ils exercent actuellement sur les m\u00e9dias traditionnels, <em>m\u00eame s&rsquo;ils prennent le contr\u00f4le des fournisseurs d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 Internet<\/em>. \u00ab Par rapport aux m\u00e9dias traditionnels, beaucoup <strong>plus de personnes<\/strong> ont acc\u00e8s au d\u00e9bat et aux <strong>possibilit\u00e9s de formation de la volont\u00e9 politique<\/strong>. Elles ont \u00e9galement <strong>acc\u00e8s \u00e0 des informations<\/strong> <em>difficiles \u00e0 obtenir<\/em> aupr\u00e8s des <strong>m\u00e9dias<\/strong> d&rsquo;information <strong>traditionnels<\/strong>. \u00bb Elle consid\u00e8re toutefois que la marchandisation de l&rsquo;Internet est in\u00e9vitable et que l&rsquo;Internet va se marchandiser ; \u00ab le processus a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00bb. La <strong>coutume originelle de l&rsquo;Internet<\/strong>, qui consistait \u00e0 <strong>partager librement l&rsquo;information<\/strong> au sein de la communaut\u00e9, est en train de <strong>dispara\u00eetre<\/strong> (Thornton, 1996).<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La <strong>coutume originelle de l&rsquo;Internet<\/strong>, qui consistait \u00e0 <strong>partager librement l&rsquo;information<\/strong> au sein de la communaut\u00e9, est en train de <strong>dispara\u00eetre<\/strong> (Thornton, 1996).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quant aux participants \u00e0 la sph\u00e8re publique sur Internet, Thornton diagnostique une tendance \u00e0 la <strong>red\u00e9finition des identit\u00e9s<\/strong>, un glissement des \u00ab citoyens \u00bb vers les \u00ab <strong>consommateurs<\/strong> \u00bb : la publicit\u00e9 devient un mode de discours de plus en plus r\u00e9pandu, le \u00ab public \u00bb glisse vers la \u00ab publicit\u00e9 \u00bb \u00e0 mesure que la notion de \u00ab caract\u00e8re \u00bb est progressivement remplac\u00e9e par celle d&rsquo;\u00ab <strong>image<\/strong> \u00bb. Pourtant, Thornton conclut que l&rsquo;Internet offre des possibilit\u00e9s de revitalisation de la sph\u00e8re publique. <strong>Bien que limit\u00e9es \u00e0 des groupes privil\u00e9gi\u00e9s<\/strong>, elles repr\u00e9sentent n\u00e9anmoins <strong>une augmentation des activit\u00e9s<\/strong> de la sph\u00e8re publique, aussi modeste soit-elle : \u00ab <strong>Si l&rsquo;utilisation de l&rsquo;Internet <\/strong>s&rsquo;\u00e9tend aux groupes \u00e0 <strong>revenus moyens, aux groupes \u00e0 faibles revenus et aux femmes<\/strong>, elle pourrait encore offrir une r\u00e9elle opportunit\u00e9 pour une plus grande participation, une communication d\u00e9mocratique et une v\u00e9ritable <strong>revitalisation de la sph\u00e8re publique<\/strong> \u00bb (Thornton, <strong>1996<\/strong>).<sup id=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-5\" class=\"modern-footnotes-footnote modern-footnotes-footnote--hover-on-desktop \" data-mfn=\"5\" data-mfn-post-scope=\"00000000000008570000000000000000_8337\"><a href=\"javascript:void(0)\"  role=\"button\" aria-pressed=\"false\" aria-describedby=\"mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-5\">5<\/a><\/sup><span role=\"tooltip\" class=\"modern-footnotes-footnote__note\" tabindex=\"0\" data-mfn=\"5\">Des programmes de soutien \u00e0 la participation populaire, des <em>centre d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;Internet<\/em> sont financ\u00e9s par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral&#8230; 1998? 2000? [GB]<\/span><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab <strong>Si l&rsquo;utilisation de l&rsquo;Internet <\/strong>s&rsquo;\u00e9tend aux groupes \u00e0 <strong>revenus moyens, aux groupes \u00e0 faibles revenus et aux femmes<\/strong>, elle pourrait encore offrir une r\u00e9elle opportunit\u00e9 pour une plus grande participation, une communication d\u00e9mocratique et une v\u00e9ritable <strong>revitalisation de la sph\u00e8re publique<\/strong> \u00bb <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La sph\u00e8re publique et la d\u00e9mocratie<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Habermas a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des premiers \u00e0 souligner le lien \u00e9troit entre l&rsquo;existence d&rsquo;une sph\u00e8re publique et les fondements d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique. L&rsquo;<strong>opinion publique<\/strong> ne peut se former que s&rsquo;il existe <strong>un public<\/strong> qui s&rsquo;engage dans <strong>une discussion rationnelle<\/strong>. La cl\u00e9 pour comprendre le concept habermasien de sph\u00e8re publique r\u00e9side dans sa distinction par rapport au m\u00e9dia dans lequel elle se d\u00e9veloppe. Il existe <strong>trois revendications de validit\u00e9 <\/strong>qui font partie int\u00e9grante du langage et qui sont donc pr\u00e9sentes dans toutes les d\u00e9clarations : La revendication de <em>v\u00e9rit\u00e9<\/em>, la revendication de <em>sinc\u00e9rit\u00e9<\/em> et la revendication de <em>validit\u00e9 normative<\/em> (Hinton, 1998). Frank Webster (1995) examine la th\u00e9orie selon laquelle la soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;information a \u00e9t\u00e9 corrompue par les insuffisances des m\u00e9dias de masse : Si la soci\u00e9t\u00e9 est effectivement <strong>priv\u00e9e d&rsquo;informations fiables<\/strong>, comment l&rsquo;id\u00e9al des Lumi\u00e8res d&rsquo;une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie peut-il \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Habermas parle de \u00ab publicit\u00e9 mise en sc\u00e8ne pour le spectacle ou la manipulation \u00bb [6]. Webster partage l&rsquo;avis de Habermas selon lequel la sph\u00e8re publique est profond\u00e9ment bless\u00e9e par <strong>l&rsquo;intrusion des relations publiques <\/strong>qui, pour Habermas, <em>violent la revendication de v\u00e9racit\u00e9<\/em> et marquent l&rsquo;<strong>abandon des crit\u00e8res de rationalit\u00e9<\/strong> qui fa\u00e7onnaient autrefois le d\u00e9bat public : \u00ab Ce que font les relations publiques en entrant dans le d\u00e9bat public, c&rsquo;est d\u00e9guiser les int\u00e9r\u00eats qu&rsquo;elles repr\u00e9sentent \u2013 en les dissimulant sous des slogans tels que \u00ab bien-\u00eatre public \u00bb et \u00ab int\u00e9r\u00eat national \u00bb \u2013 transformant ainsi le d\u00e9bat contemporain en une version falsifi\u00e9e \u00bb [7]. Pour Webster, il est impossible d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la conclusion suivante : \u00ab En mati\u00e8re d&rsquo;information, la pr\u00e9occupation premi\u00e8re des entreprises de communication et des soci\u00e9t\u00e9s commerciales pour le march\u00e9 signifie que leur produit est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;objectif de <strong>g\u00e9n\u00e9rer un maximum de recettes<\/strong> publicitaires et de soutenir l&rsquo;entreprise capitaliste. En cons\u00e9quence, leur contenu est principalement constitu\u00e9 de <strong>divertissements<\/strong> destin\u00e9s au <em>plus petit d\u00e9nominateur commun<\/em> \u00bb [8].<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Journalisme et contenu<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les produits culturels tels que les contenus m\u00e9diatiques peuvent \u00eatre \u2013 et sont \u2013 achet\u00e9s et vendus comme n&rsquo;importe quelle autre marchandise. La th\u00e9orie de la marchandisation trouve son origine dans les travaux de Karl Marx [9], mais il ne s&rsquo;agit en aucun cas d&rsquo;une d\u00e9claration socialiste \u00e9dulcor\u00e9e : les notions de <strong>marchandisation<\/strong> et de <strong>commercialisation<\/strong> ont toujours leur place dans la th\u00e9orie actuelle de la communication de masse : elles constituent <strong>une menace permanente pour la qualit\u00e9 culturelle<\/strong> des produits m\u00e9diatiques et ne peuvent \u00eatre ignor\u00e9es. Golding [10] met en garde contre \u00ab un d\u00e9terminisme technologique \u00bb qui voit \u00ab une solution globale aux d\u00e9faillances de la communication politique dans les promesses des nouvelles technologies \u00bb. McQuail [11] note que \u00ab <strong>la plupart des contenus propos\u00e9s par les m\u00e9dias populaires et commercialement prosp\u00e8res continuent d&rsquo;appara\u00eetre \u00e0 de nombreux critiques comme \u00e9tant, \u00e0 des degr\u00e9s divers, r\u00e9p\u00e9titifs, infantiles, th\u00e9matiquement limit\u00e9s, inoffensifs, id\u00e9ologiquement tendancieux, vides, m\u00e9chants, anti-intellectuels et subordonn\u00e9s \u00e0 la forme et \u00e0 la technique<\/strong> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quel est leur impact sur le journalisme ? Il a souvent \u00e9t\u00e9 affirm\u00e9 que les fonctions traditionnelles du journalisme s&rsquo;\u00e9roderont encore davantage \u00e0 mesure que les technologies des m\u00e9dias progresseront. Les d\u00e9veloppements les plus r\u00e9cents sugg\u00e8rent que le journalisme critique est en train de devenir superflu. Les grandes entreprises ont tendance \u00e0 dominer le secteur de l&rsquo;information, principalement parce que des marques telles que&nbsp;<em>Time<\/em>&nbsp;et le&nbsp;<em>Chicago Tribune<\/em>&nbsp;sont associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 journalistique, selon Christopher Harper (1998). Il estime qu&rsquo;<strong>Internet peut inverser la tendance au m\u00e9pris du public<\/strong> <strong>\u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des m\u00e9dias<\/strong> en offrant <em>une exp\u00e9rience utilisateur imm\u00e9diate, interactive et intime. <\/em>Bardoel (1996) souligne qu&rsquo;en raison de l&rsquo;individualisation et de la segmentation croissantes de la communication, des notions telles que \u00ab communaut\u00e9 \u00bb et \u00ab d\u00e9bat public \u00bb ne devraient plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme acquises : la t\u00e2che traditionnelle du journalisme passera <strong>de la collecte d&rsquo;informations \u00e0 l&rsquo;orientation du flux social d&rsquo;informations<\/strong> et du d\u00e9bat public. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ce \u00ab journalisme d&rsquo;orientation \u00bb, les nouveaux m\u00e9dias offrent un champ d&rsquo;action au \u00ab journalisme instrumental \u00bb. Habermas souligne l&rsquo;importance d&rsquo;une sph\u00e8re de \u00ab publicit\u00e9 critique \u00bb [12].<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La sph\u00e8re publique, c&rsquo;est moi !<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">John Hartley (1992) avance l&rsquo;argument audacieux que les m\u00e9dias&nbsp;<em>sont<\/em>&nbsp;la sph\u00e8re publique : \u00ab La t\u00e9l\u00e9vision, les journaux populaires, les magazines et la photographie, les m\u00e9dias populaires de l&rsquo;\u00e9poque moderne, sont le domaine public, le lieu o\u00f9 le public se cr\u00e9e et existe, et le moyen par lequel il existe. \u00bb Dans le monde postmoderne, affirme-t-il, l&rsquo;image a triomph\u00e9 sur le mot. C&rsquo;est dans les m\u00e9dias populaires que r\u00e9side la sph\u00e8re publique. La notion habermasienne de sph\u00e8re publique est cliniquement morte : r\u00e9duite \u00e0 un espace satur\u00e9 d&rsquo;images, \u00e0 la fois personnel et abstrait. Les m\u00e9dias de masse ont cr\u00e9\u00e9 leur propre version de la sph\u00e8re publique sous la forme de \u00ab lectorats populaires \u00bb, des audiences m\u00e9diatiques pour lesquelles ils produisent du sens en remplacement des communaut\u00e9s discursives des Lumi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Golding (1990) identifie la convergence technologique et la propri\u00e9t\u00e9 des m\u00e9dias comme des menaces majeures pour les droits sociaux dans le domaine de la communication. Friedland (1996) a un point de vue l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent : sa perspective s&rsquo;articule autour du concept de <strong>participation citoyenne \u00e0 la sph\u00e8re publique<\/strong>. Il affirme que \u00ab pour comprendre le potentiel d\u00e9mocratique des nouvelles technologies de communication, nous devons suspendre nos hypoth\u00e8ses concernant les liens entre privatisation et convergence, d&rsquo;une part, et contr\u00f4le et interactivit\u00e9, d&rsquo;autre part, afin d&rsquo;examiner <strong>les utilisations r\u00e9elles<\/strong> des r\u00e9seaux \u00e9mergents \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son argument relie la dynamique des mouvements sociaux et les traditions d\u00e9mocratiques qui les sous-tendent, plut\u00f4t que la technologie elle-m\u00eame. Les nouvelles technologies de communication sont utilis\u00e9es de mani\u00e8re \u00e0 \u00e9tendre les pratiques de communication d\u00e9mocratique. \u00c0 mesure que <strong>les r\u00e9seaux se d\u00e9centralisent<\/strong> sur le plan structurel, des <strong>publics toujours plus larges <\/strong>y ont acc\u00e8s, ce qui entra\u00eene une augmentation du rythme et de la densit\u00e9 des \u00e9changes publics. De nouveaux mouvements et pratiques citoyens ont vu le jour, dont le <em>potentiel d\u00e9mocratique des projets technologiques communautaires<\/em> a rarement \u00e9t\u00e9 explor\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les nouvelles technologies jouent un r\u00f4le de plus en plus central dans la m\u00e9diation des r\u00e9seaux sociaux. Toute th\u00e9orie de la sph\u00e8re publique fond\u00e9e sur le social devra tenir compte de ces <strong>structures de r\u00e9seaux sociaux <\/strong>et des syst\u00e8mes de communication qui les relient. La sph\u00e8re publique num\u00e9rique est peut-\u00eatre plus riche et plus complexe que ne le sugg\u00e8re la litt\u00e9rature existante (Friedland, 1996) : \u00ab En consid\u00e9rant les communaut\u00e9s comme des <strong>r\u00e9seaux de capital social <\/strong>plut\u00f4t que comme des communaut\u00e9s discursives au sens strict, nous pouvons commencer \u00e0 ancrer les <em>\u00e9l\u00e9ments connectifs <\/em>des nouvelles technologies de l&rsquo;information dans la vie sociale et la structure sociale. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9seaux et structure sociale<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous avons vu que les dimensions et la port\u00e9e de la sph\u00e8re publique ont subi des changements importants et spectaculaires. Ce n&rsquo;est pas seulement la structure des m\u00e9dias de masse qui est en mutation, mais la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re, \u00e0 mesure que de nouvelles structures en r\u00e9seau se mettent en place. <strong>L&rsquo;infrastructure technologique des r\u00e9seaux<\/strong> de communication influence l<strong>a structure sociale de la soci\u00e9t\u00e9<\/strong> ; son d\u00e9veloppement est \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 celui des structures sociales dans un processus d&rsquo;\u00e9change et d&rsquo;interd\u00e9pendance [13].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En th\u00e9orie, un r\u00e9seau est \u00e0 la fois capable de disperser et de concentrer le pouvoir. Dans la pratique, cependant, il existe une tendance nette \u00e0 la concentration du pouvoir lorsque aucune mesure ad\u00e9quate n&rsquo;est prise pour contrer ce processus, affirme van Dijk. Il conclut que la soci\u00e9t\u00e9 est de plus en plus organis\u00e9e en structures en r\u00e9seau, qui remplissent des fonctions \u00e9conomiques vitales dans des syst\u00e8mes de plus en plus complexes [14]. En tant que structure dominante de la soci\u00e9t\u00e9 moderne, les r\u00e9seaux sont essentiels \u00e0 l&rsquo;avenir de la sph\u00e8re publique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;illusion moderne<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Poster (1995) adopte une perspective radicale : sa critique postmoderne par excellence de la notion de sph\u00e8re publique de Habermas se concentre sur l&rsquo;incapacit\u00e9 de la th\u00e9orie moderne \u00e0 \u00e9valuer toute l&rsquo;\u00e9tendue de ce qui est en jeu. <strong>La question de la marchandisation limite le d\u00e9bat sur la politique de l&rsquo;Internet \u00e0 une question de nature \u00e9conomique.<\/strong> S&rsquo;il ne fait aucun doute que l&rsquo;Internet s&rsquo;int\u00e8gre dans les fonctions sociales existantes et les \u00e9tend de mani\u00e8re nouvelle, ses effets politiques \u00e0 long terme sur la mani\u00e8re dont il instaure de nouvelles fonctions sociales ne sont en aucun cas clairs : \u00ab S&rsquo;interroger sur la relation entre l&rsquo;Internet et la d\u00e9mocratie, c&rsquo;est remettre en question ou risquer de remettre en question nos approches th\u00e9oriques et nos concepts existants sur ces questions \u00bb (Poster, 1995).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Poster remet en question la notion traditionnelle de d\u00e9mocratie en tant que d\u00e9terminant qualitatif ad\u00e9quat pour l&rsquo;avenir des nouveaux m\u00e9dias :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab En l&rsquo;absence d&rsquo;un programme politique alternatif coh\u00e9rent, le mieux que l&rsquo;on puisse faire est d&rsquo;examiner des ph\u00e9nom\u00e8nes tels que l&rsquo;Internet en relation avec les nouvelles formes de l&rsquo;ancienne d\u00e9mocratie, tout en gardant ouverte la possibilit\u00e9 que ce qui pourrait \u00e9merger soit autre chose que la d\u00e9mocratie telle que nous la concevons, compte tenu de notre ancrage dans le pr\u00e9sent. (&#8230;) La colonisation du terme par les institutions existantes incite \u00e0 chercher ailleurs les moyens de nommer les nouveaux mod\u00e8les de relations de force qui \u00e9mergent dans certaines parties de l&rsquo;Internet. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Existe-t-il de <strong>nouveaux types de relations de pouvoir<\/strong> entre les individus qui communiquent ? En d&rsquo;autres termes, existe-t-il <strong>une nouvelle politique<\/strong> sur Internet ? Poster aborde cette question en faisant un d\u00e9tour par la question de la technologie et en soulevant \u00e0 nouveau celle de la sph\u00e8re publique : s&rsquo;il existe une sph\u00e8re publique sur Internet, qui la peuple et comment ? Quels types d&rsquo;\u00eatres \u00e9changent des informations dans cette sph\u00e8re publique ? Quel type de communaut\u00e9 peut exister dans cet espace ? Quel type de politique immat\u00e9rielle s&rsquo;inscrit de mani\u00e8re si \u00e9vanescente dans <strong>le cyberespace <\/strong>? Qu&rsquo;est-ce qui constitue les communaut\u00e9s dans le cyberespace et la <strong>cyberd\u00e9mocratie<\/strong> ?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mondialisation et sph\u00e8re publique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hjarvard (2000) diagnostique une mondialisation de la sph\u00e8re publique et de l&rsquo;opinion publique, caus\u00e9e par un changement significatif dans le fonctionnement des m\u00e9dias de masse mondiaux, qui se traduit par une force politique \u00e0 part enti\u00e8re : \u00ab L&rsquo;agr\u00e9gation de l&rsquo;opinion publique au cours de ce processus se fait \u00e0 la fois au niveau national et transnational, et la repr\u00e9sentation m\u00e9diatique de cette opinion publique transnationale acquiert sa propre dynamique. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un changement progressif de la g\u00e9ographie sociale de la communication publique et politique s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9. L&rsquo;ancrage national de la sph\u00e8re publique et de l&rsquo;opinion publique n&rsquo;est plus incontest\u00e9 et la formation de l&rsquo;opinion publique s&rsquo;effectue de plus en plus au-del\u00e0 des fronti\u00e8res nationales. Une sph\u00e8re publique transnationale, voire mondiale, a \u00e9merg\u00e9 comme forum de discussion politique et de formation de l&rsquo;opinion. Bien que les m\u00e9dias d&rsquo;information transcendent de plus en plus les fronti\u00e8res nationales, ce processus ne cr\u00e9e pas automatiquement une sph\u00e8re publique au niveau transnational ou mondial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le m\u00eame temps, selon Hjarvard, il arrive souvent que des d\u00e9cisions et des actions importantes concernant des questions transnationales ou mondiales soient prises sans susciter l&rsquo;attention du public. Elles font souvent l&rsquo;objet d&rsquo;une couverture m\u00e9diatique, \u00ab mais elles donnent rarement lieu \u00e0 un dialogue transnational impliquant d&rsquo;autres personnes que les \u00e9lites cosmopolites \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est clair que les processus de mondialisation et de concentration des m\u00e9dias ont une incidence sur la sph\u00e8re publique. Hjarvard identifie le processus de mondialisation comme un facteur puissant de la d\u00e9territorialisation progressive de la sph\u00e8re publique. Dans le m\u00eame temps, il souligne le danger de sa fragmentation : la mondialisation des m\u00e9dias n&rsquo;entra\u00eene pas automatiquement la cr\u00e9ation d&rsquo;une sph\u00e8re publique mondiale unique, mais plut\u00f4t un processus de flou et de diff\u00e9renciation progressifs de la sph\u00e8re publique vers une structure m\u00e9diatique \u00e0 plusieurs niveaux, accompagn\u00e9e d&rsquo;une augmentation des interconnexions : \u00ab Les m\u00e9dias deviennent des institutions ind\u00e9pendantes qui ne partagent pas la g\u00e9ographie sociale des autres institutions politiques ou culturelles \u00bb (Hjarvard, 2000).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hjarvard esquisse un environnement m\u00e9diatique mondial dans lequel les m\u00e9dias d&rsquo;information <strong>transnationaux<\/strong> et sp\u00e9cialis\u00e9s servent de plus en plus <strong>une \u00e9lite bien \u00e9duqu\u00e9e<\/strong>, tandis que les <strong>m\u00e9dias nationaux et locaux <\/strong>r\u00e9pondent de plus en plus aux go\u00fbts des <strong>groupes sociaux d\u00e9favoris\u00e9s<\/strong> pour lesquels la mondialisation ne repr\u00e9sente qu&rsquo;une menace. De ce point de vue, \u00ab le plus grand probl\u00e8me n&rsquo;est peut-\u00eatre pas n\u00e9cessairement l&rsquo;irresponsabilit\u00e9 des industries m\u00e9diatiques transnationales vis-\u00e0-vis des \u00c9tats-nations (&#8230;) mais la tendance des m\u00e9dias nationaux et locaux \u00e0 d\u00e9velopper <strong>des perspectives tr\u00e8s nationales, voire nationalistes agressives, sur les affaires mondiales <\/strong>\u00bb. Le d\u00e9fi consiste \u00e0 \u00ab orienter davantage les m\u00e9dias d&rsquo;information transnationaux vers les sph\u00e8res publiques nationales et locales et \u00e0 les rendre plus responsables \u00e0 leur \u00e9gard, tout en maintenant l&rsquo;orientation des m\u00e9dias nationaux et locaux vers l&rsquo;agenda du monde ext\u00e9rieur et leur responsabilit\u00e9 \u00e0 son \u00e9gard \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;avenir de la sph\u00e8re publique<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le concept de <strong>soci\u00e9t\u00e9 civile semble d\u00e9pass\u00e9 <\/strong>dans ce qui est essentiellement une <em>soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9seau<\/em>. Van Dijk distingue trois conditions de la sph\u00e8re publique qui sont susceptibles de dispara\u00eetre dans le nouvel environnement m\u00e9diatique d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9seau. L&rsquo;alliance de la sph\u00e8re publique avec un lieu ou un territoire particulier s&rsquo;affaiblit : \u00ab Les membres d&rsquo;une communaut\u00e9 organique particuli\u00e8re ou d&rsquo;une nation ne sont plus li\u00e9s \u00e0 un territoire donn\u00e9 pour se rencontrer et construire des collectivit\u00e9s \u00bb [15]. Le caract\u00e8re unitaire de la sph\u00e8re publique se transforme en <strong>un amalgame de diff\u00e9rentes \u00ab sous-sph\u00e8res \u00bb<\/strong> : la distinction entre sph\u00e8re publique et sph\u00e8re priv\u00e9e s&rsquo;estompe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La notion conventionnelle d&rsquo;une sph\u00e8re publique unique et unifi\u00e9e est susceptible de dispara\u00eetre au profit d&rsquo;un mod\u00e8le plus segment\u00e9 et pluraliste : quelque chose qui s&rsquo;apparente \u00e0 une \u00ab mosa\u00efque complexe de sph\u00e8res publiques de tailles diff\u00e9rentes, qui se chevauchent et sont interconnect\u00e9es \u00bb (Keane, 1995). Ce qui lie les individus dans cette sph\u00e8re publique contemporaine est un \u00ab ensemble diversifi\u00e9 et changeant de similitudes et de diff\u00e9rences qui se chevauchent \u00bb. L&rsquo;Internet lui-m\u00eame constitue l&rsquo;exemple parfait de cette nouvelle structure [16]. De plus, \u00ab le terrain d&rsquo;entente de la nation unitaire ou de la soci\u00e9t\u00e9 de masse est une id\u00e9e issue de l&rsquo;\u00e8re de la radiodiffusion nationale \u00e0 travers quelques cha\u00eenes. Elle est toujours ancr\u00e9e dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;\u00e9lite intellectuelle, politique et m\u00e9diatique, m\u00eame si elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 fermement ancr\u00e9e dans la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Technocapitalisme<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Kellner (1997) soutient que la notion de soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;information est la nouvelle id\u00e9ologie dominante du technocapitalisme. En \u00e9tudiant l&rsquo;\u00e9ventail des discours qui caract\u00e9risent ces nouvelles technologies, Kellner est \u00ab perplexe \u00bb devant la mesure dans laquelle ils exposent soit un discours technophile qui pr\u00e9sente les nouvelles technologies comme notre salut, soit un discours technophobe qui diabolise la technologie comme la source principale de tous nos probl\u00e8mes. Les courants dominants de la philosophie de la technologie essentialisent ainsi la technologie, la d\u00e9contextualisent et l&rsquo;abstraient de la culture et du sens humain, et ne parviennent donc pas \u00e0 voir \u00e0 quel point la technologie est profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la vie quotidienne. Kellner tente de r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir comment les nouvelles technologies peuvent \u00eatre utilis\u00e9es soit comme instruments de domination, soit comme outils de d\u00e9mocratisation, pour cr\u00e9er une soci\u00e9t\u00e9 plus \u00e9galitaire et donner du pouvoir aux individus et aux groupes qui en sont actuellement d\u00e9pourvus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Kellner identifie le concept \u00e9mergent de soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;information et d&rsquo;<strong>autoroute de l&rsquo;information<\/strong> comme le discours id\u00e9ologique cl\u00e9 qui l\u00e9gitime le d\u00e9veloppement du technocapitalisme, et le concept de <strong>soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;information et de soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;infodivertissement<\/strong> comme le projet principal de la soci\u00e9t\u00e9 technocapitaliste contemporaine :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Ce concept est largement m\u00e9diatis\u00e9 par les m\u00e9dias am\u00e9ricains, car ces entreprises sont les principaux acteurs de ce projet, car les m\u00eames entreprises qui poss\u00e8dent les grands m\u00e9dias fusionnent avec les industries informatiques et de l&rsquo;information, et donc les nouvelles technologies sont \u00e0 la fois une source de profit et de pouvoir social et de prestige (&#8230;) Les m\u00e9dias sont les cheerleaders et les promoteurs des nouvelles technologies et de l&rsquo;autoroute de l&rsquo;information. \u00bb (Kellner, 1998).<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Kellner utilise le terme \u00ab technocapitalisme \u00bb pour d\u00e9crire la synth\u00e8se du capital et de la technologie afin de souligner \u00e0 la fois le r\u00f4le de plus en plus important de la technologie et la primaut\u00e9 continue des structures capitalistes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le m\u00eame temps, la culture m\u00e9diatique et les nouvelles technologies transforment profond\u00e9ment tous les aspects de la vie sociale. Kellner soutient que les nouvelles technologies cr\u00e9ent une <strong>nouvelle sph\u00e8re publique<\/strong>, un nouveau domaine de <strong>cyberd\u00e9mocratie<\/strong>, et mettent ainsi les intellectuels publics <strong>au d\u00e9fi d&rsquo;acqu\u00e9rir une culture technologique<\/strong> et d&rsquo;utiliser les nouvelles technologies <strong>pour promouvoir des causes progressistes<\/strong> et la transformation sociale : \u00ab Ceux qui s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 la politique et \u00e0 la culture de l&rsquo;avenir doivent donc \u00eatre conscients du r\u00f4le important des nouvelles sph\u00e8res publiques et intervenir en cons\u00e9quence \u00bb (Kellner, 1998). Il envisage une \u00ab mondialisation par le bas \u00bb, \u00e0 partir d&rsquo;individus et de groupes utilisant les nouvelles technologies pour promouvoir un changement social progressiste et cr\u00e9er une soci\u00e9t\u00e9 plus \u00e9galitaire et d\u00e9mocratique : \u00ab \u00c0 mesure que les nouvelles technologies occupent une place de plus en plus centrale dans tous les domaines de la vie quotidienne, il deviendra de plus en plus important de d\u00e9velopper une technopolitique progressiste dans les nouvelles sph\u00e8res publiques. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au fil des ans, le concept de sph\u00e8re publique a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 et associ\u00e9 \u00e0 des questions aussi diverses dans la th\u00e9orie des m\u00e9dias que la marchandisation et le consum\u00e9risme, la propri\u00e9t\u00e9 des m\u00e9dias et la culture, la d\u00e9mocratie participative et la surveillance par les professionnels des relations publiques, la cartographie des communaut\u00e9s virtuelles, la mondialisation et l&rsquo;avenir du journalisme. Nous avons vu que<strong> l&rsquo;\u00e9mergence et la convergence des m\u00e9dias \u00e9lectroniques de masse ont radicalement chang\u00e9 la notion de sph\u00e8re publique. <\/strong>Son concept transcende ces apparences physiques, il a surv\u00e9cu \u00e0 la critique postmoderne et il est toujours tr\u00e8s vivant dans la soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9seau d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Sa force r\u00e9side dans la pr\u00e9somption de la raison, la capacit\u00e9 humaine \u00e0 d\u00e9finir et \u00e0 r\u00e9soudre les probl\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sph\u00e8re publique est bien vivante, m\u00eame si elle ne sera plus jamais tout \u00e0 fait la m\u00eame. Le discours de Habermas sur les caf\u00e9s a \u00e9volu\u00e9 vers la communication m\u00e9diatis\u00e9e au sein des r\u00e9seaux \u00e9lectroniques : son avenir r\u00e9side dans les m\u00e9dias num\u00e9riques, qui offrent des possibilit\u00e9s passionnantes \u00e0 mesure que les <strong>r\u00e9seaux num\u00e9riques am\u00e9liorent et modifient les structures sociales.<\/strong> Dans un certain sens, la sph\u00e8re publique a toujours \u00e9t\u00e9 virtuelle : sa signification r\u00e9side dans son abstraction. L&rsquo;argument classique de Habermas selon lequel la sph\u00e8re publique est menac\u00e9e de mani\u00e8re intermittente par des structures de pouvoir latentes qui tentent d&rsquo;inhiber et de contr\u00f4ler l&rsquo;individu est sans aucun doute correct. Mais en m\u00eame temps, les groupes et les <strong>individus<\/strong> peuvent effectivement <strong>accomplir des changements par l&rsquo;action communicative<\/strong>, et les <em>technologies<\/em> de communication num\u00e9rique peuvent leur donner <em>les moyens de le faire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 propos de l&rsquo;auteur<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pieter Boeder est responsable de la communication et consultant \u00e0 Amsterdam et Berlin. Il est titulaire d&rsquo;un master en journalisme de l&rsquo;universit\u00e9 de Cardiff. Ses domaines d&rsquo;int\u00e9r\u00eat professionnel comprennent la gestion de la communication, les th\u00e9ories de la soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9seau et tout ce qui touche au num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>1. Habermas, 1989, p. 169.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>2. Habermas, 1989, p. 170.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>3. Habermas, 1989, p. 194.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>4. Dahlgren and Sparks, 1992, p. 9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>5. Foucault, 1979, p. 290.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>6. Habermas, 1989, p. 247.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>7. Webster, 1995, p. 103.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>8. Webster, 1995, pp. 104\u2013105.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>9. McQuail, 1983, p. 98.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>10. Golding, 1990, p. 85.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>11. McQuail, 1983, p. 105.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>12. Habermas, 1989, p. 248.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>13. van Dijk, 1999, p. 142.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>14. van Dijk, 1999, p. 239.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>15. van Dijk, 1999, p. 164.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a><\/a>16. van Dijk, 1999, p. 165.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jo Bardoel, 1996. \u00ab\u00a0Beyond journalism: A profession between information society and civil society,\u00a0\u00bb&nbsp;<em>European Journal of Communication,<\/em>&nbsp;volume 11, number 3 (September), pp. 283\u2013302.&nbsp;<a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1177\/0267323196011003001\">http:\/\/dx.doi.org\/10.1177\/0267323196011003001<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peter Dahlgren, 1995.&nbsp;<em>Television and the public sphere: Citizenship, democracy, and the media.<\/em>&nbsp;London: Sage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peter Dahlgren and Colin Sparks (editors), 1992.&nbsp;<em>Journalism and popular culture.<\/em>&nbsp;London: Sage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jan van Dijk, 1999.&nbsp;<em>The network society: Social aspects of new media.<\/em>&nbsp;Translation of&nbsp;<em>Netwerkmaatschappij<\/em>&nbsp;by Leontine Spoorenberg. London: Sage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jan Fernback and Brad Thompson, 1995. \u00ab\u00a0Virtual communities: Abort, retry, failure?\u00a0\u00bb at&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.well.com\/user\/hlr\/texts\/VCcivil.html\">http:\/\/www.well.com\/user\/hlr\/texts\/VCcivil.html<\/a>, accessed 24 August 2005.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Michel Foucault, 1979.&nbsp;<em>The history of sexuality.<\/em>&nbsp;London: Allen Lane.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lewis Friedland, 1996. \u00ab\u00a0Electronic democracy and the new citizenship,\u00a0\u00bb&nbsp;<em>Media, Culture &amp; Society,<\/em>&nbsp;volume 18, number 2, pp. 185\u2013212.&nbsp;<a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1177\/016344396018002002\">http:\/\/dx.doi.org\/10.1177\/016344396018002002<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Peter Golding, 1990. \u00ab\u00a0Political communication and citizenship,\u00a0\u00bb In: Marjorie Ferguson (editor).&nbsp;<em>Public communication: The new imperatives.<\/em>&nbsp;London: Sage, pp. 84\u2013100.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u00fcrgen Habermas, 1989.&nbsp;<em>The structural transformation of the public sphere.<\/em>&nbsp;Cambridge: Polity Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u00fcrgen Habermas, 1962.&nbsp;<em>Strukturwandel der \u00d6ffentlichkeit; Untersuchungen zu einer Kategorie der b\u00fcrgerlichen Gesellscahft.<\/em>&nbsp;Neuwied: H. Luchterhand.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Christopher Harper, 1998.&nbsp;<em>And that\u2019s the way it will be: News and information in a digital world.<\/em>&nbsp;New York: New York University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">John Hartley, 1992.&nbsp;<em>The politics of pictures: The creation of the public in the age of popular media.<\/em>&nbsp;New York: Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sam Hinton, 1998. \u00ab\u00a0The potential of the latent public sphere,\u00a0\u00bb at&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.anu.edu.au\/~e951611\/papers\/potential.html\">http:\/\/www.anu.edu.au\/~e951611\/papers\/potential.html<\/a>, accessed 6 July 2000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Stig Hjarvard, 2000.&nbsp;<em>News in a global culture.<\/em>&nbsp;Gothenburg: Nordicom.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">John Keane, 1995. \u00ab\u00a0Structural transformations of the public sphere,\u00a0\u00bb&nbsp;<em>Communications Review,<\/em>&nbsp;volume 1, number 1, pp. 1\u201322.&nbsp;<a href=\"http:\/\/dx.doi.org\/10.1080\/10714429509388247\">http:\/\/dx.doi.org\/10.1080\/10714429509388247<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Douglas Kellner, 1998. \u00ab\u00a0New technologies, the welfare state, and the prospects for democratization,\u00a0\u00bb at&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.gseis.ucla.edu\/research\/kellner\/ntd.wd.html\">http:\/\/www.gseis.ucla.edu\/research\/kellner\/ntd.wd.html<\/a>, accessed 24 August 2005.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Douglas Kellner, 1997. \u00ab\u00a0Intellectuals, the new public spheres, and techno\u2013politics,\u00a0\u00bb at&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.gseis.ucla.edu\/courses\/ed253a\/newDK\/intell.htm\">http:\/\/www.gseis.ucla.edu\/courses\/ed253a\/newDK\/intell.htm<\/a>, accessed 8 July 2000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dennis McQuail, 1983.&nbsp;<em>Mass communication theory: An introduction.<\/em>&nbsp;London: Sage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mark Poster, 1995. \u00ab\u00a0Cyberdemocracy: Internet and the public sphere,\u00a0\u00bb&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.humanities.uci.edu\/mposter\/writings\/democ.html\">http:\/\/www.humanities.uci.edu\/mposter\/writings\/democ.html<\/a>, accessed 6 July 1999.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Howard Rheingold, 1994.&nbsp;<em>The virtual community: Homesteading on the electronic frontier.<\/em>&nbsp;New York: HarperPerennial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Howard Rheingold, 1998. \u00ab\u00a0Virtual communities, phony civil society?\u00a0\u00bb at&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.rheingold.com\/texts\/techpolitix\/civil.html\">http:\/\/www.rheingold.com\/texts\/techpolitix\/civil.html<\/a>, accessed 7 July 2000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Kevin Robins and Frank Webster, 1998. \u00ab\u00a0Cybernetic capitalism: Information, technology, everyday life,\u00a0\u00bb In: Vincent Mosco and Janet Wasko (editors).&nbsp;<em>The political economy of information.<\/em>&nbsp;Madison: University of Wisconsin Press, pp. 44\u201375.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mitchell Stephens, 1994. \u00ab\u00a0The theologian of talk: Jurgen Habermas,\u00a0\u00bb&nbsp;<em>Los Angeles Times Magazine<\/em>&nbsp;(23 October), and at&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.nyu.edu\/classes\/stephens\/Habermas%20page.htm\">http:\/\/www.nyu.edu\/classes\/stephens\/Habermas%20page.htm<\/a>, accessed 24 August 2005.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alinta Thornton, 1996. \u00ab\u00a0Does Internet create democracy?\u00a0\u00bb at&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.zip.com.au\/~athornto\/\/thesis1.htm\">http:\/\/www.zip.com.au\/~athornto\/\/thesis1.htm<\/a>, accessed 24 August 2005.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Frank Webster, 1995.&nbsp;<em>Theories of the information society.<\/em>&nbsp;London: Routledge.<\/p>\n<h3 class=\"modern-footnotes-list-heading \">Notes <\/h3><ul class=\"modern-footnotes-list \"><li id=\"footnote-00000000000008570000000000000000_8337-1\"><span>1<\/span><div>Traduction en fran\u00e7ais en 1978 sous le titre : L&rsquo;Espace public. Arch\u00e9ologie de la publicit\u00e9 comme dimension constitutive de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise. GB <a href=\"#mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-1\" class=\"modern-footnotes-scroll-to-footnote\" aria-label=\"Back to reference 1 in text\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/div><\/li><li id=\"footnote-00000000000008570000000000000000_8337-2\"><span>2<\/span><div>En 1995. 30 ans plus tard, on dirait la m\u00eame chose ? GB <a href=\"#mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-2\" class=\"modern-footnotes-scroll-to-footnote\" aria-label=\"Back to reference 2 in text\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/div><\/li><li id=\"footnote-00000000000008570000000000000000_8337-3\"><span>3<\/span><div>Vraiment ? Il y a plus de documents cach\u00e9s, inaccessibles, priv\u00e9s dans les r\u00e9seaux num\u00e9riques que d&rsquo;information \u00ab\u00a0transparente\u00a0\u00bb ou accessible [GB] <a href=\"#mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-3\" class=\"modern-footnotes-scroll-to-footnote\" aria-label=\"Back to reference 3 in text\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/div><\/li><li id=\"footnote-00000000000008570000000000000000_8337-4\"><span>4<\/span><div>Voir les <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=icvJrjWCz_o\">Well&rsquo;s Partys<\/a> GB <a href=\"#mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-4\" class=\"modern-footnotes-scroll-to-footnote\" aria-label=\"Back to reference 4 in text\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/div><\/li><li id=\"footnote-00000000000008570000000000000000_8337-5\"><span>5<\/span><div>Des programmes de soutien \u00e0 la participation populaire, des <em>centre d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;Internet<\/em> sont financ\u00e9s par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral&#8230; 1998? 2000? [GB] <a href=\"#mfn-content-00000000000008570000000000000000_8337-5\" class=\"modern-footnotes-scroll-to-footnote\" aria-label=\"Back to reference 5 in text\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/div><\/li><\/ul>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pieter BoederFirst Monday-5 Septembre 2005 Traduction de Habermas\u2019 heritage: The future of the public sphere in the network society R\u00e9sum\u00e9 : \u00c0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique, le d\u00e9bat sur la sph\u00e8re publique est devenu \u00e0 la fois de plus en plus pertinent et de plus en plus probl\u00e9matique. La validit\u00e9 et la pertinence de la critique postmoderne &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/espace-public-societe-reseaux\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;L\u2019h\u00e9ritage d\u2019Habermas : l\u2019avenir de l\u2019espace public dans une soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9seaux.&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-8337","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack-related-posts":[{"id":8273,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/sphere-publique-proletarienne\/","url_meta":{"origin":8337,"position":0},"title":"La sph\u00e8re publique prol\u00e9tarienne revisit\u00e9e : propositions conceptuelles sur la transformation structurelle des publics dans la politique du travail","author":"Gilles Beauchamp","date":"25 juin 2025","format":false,"excerpt":"Heiner HeilandGeorg-August-Universit\u00e4t G\u00f6ttingen, G\u00f6ttingen, Allemagne, Martin SeeligerUniversit\u00e4t Bremen, Br\u00eame, Allemagne et Sebastian SevignaniFriedrich-Schiller-Universitat Jena, I\u00e9na, Allemagne Traduction de l'article The proletarian public sphere revisited: Conceptual propositions on the structural transformation of publics in labour policy, dans le num\u00e9ro sp\u00e9cial de Philosophy & Social Criticism sur Structural Transformation of the Public\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":8286,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/habermas-mutations\/","url_meta":{"origin":8337,"position":1},"title":"Habermas et les mutations de la sph\u00e8re publique","author":"Gilles Beauchamp","date":"26 juin 2025","format":false,"excerpt":"Original :\u00a0Habermas and the mutations of the public sphere. 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Un article dans le num\u00e9ro sp\u00e9cial,\u00a0Structural Transformation of the Public Sphere, de la revue\u00a0Philosophy & Social Criticism, par Hans-J\u00f6rg Trenz. R\u00e9sum\u00e9 La transformation structurelle de la sph\u00e8re publique est une contribution majeure \u00e0 la philosophie politique,\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":9755,"url":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/heritage-jurgen-habermas\/","url_meta":{"origin":8337,"position":5},"title":"L&rsquo;h\u00e9ritage de J\u00fcrgen Habermas","author":"Gilles Beauchamp","date":"26 mars 2026","format":false,"excerpt":"Benhabib, Bosetti, Habermas, Schwering Traduction de The Legacy of J\u00fcrgen HabermasURL acc\u00e9d\u00e9 le 26 mars 2026, non dat\u00e9, sur ResetDOC. Les march\u00e9s mondiaux s\u2019\u00e9tendent, les soci\u00e9t\u00e9s se fragmentent et la d\u00e9mocratie risque de se vider de sa substance. C\u2019est au c\u0153ur de cette tension \u2013 d\u00e9j\u00e0 au centre des premi\u00e8res\u2026","rel":"","context":"Article similaire","block_context":{"text":"Article similaire","link":""},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]}],"jetpack_likes_enabled":true,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8337","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8337"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/8337\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/gillesenvrac.ca\/carnet\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8337"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}