Habermas, garçon de café ?

J’ai voulu ce titre provocateur parce que je suis un peu fâché du traitement que l’ami Patrick Tanguay a fait subir (dans son dernier Sentiers) à ce philosophe. Non pas que j’en aie contre les garçons de café, c’est un métier que j’ai pratiqué plusieurs années. 

Réduire Habermas à une intuition, une image (les discussions dans les bistrots) utilisée dans ses premiers écrits (L’espace public), comme si le vieux était resté accroché aux médias anciens… Alors que ce philosophe s’est démarqué par sa participation à l’espace public, on le dit souvent « intellectuel public ». 

Je me suis souvenu de la discussion entre Habermas et Streeck sur l’avenir de l’Europe que j’ai cité dans mon carnet en… 2015, le 18 février. Dans 40 ans de gestion de crise, je commente le livre de Streeck, paru en 2014 : Du temps acheté – La crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique. Dans la postface de la version française de son livre il y a une réponse à Habermas. À l’époque (2015) j’avais cherché l’article auquel répondait Streeck, mais n’avais trouvé qu’une version en allemand, aujourd’hui derrière le « paywall » du journal. En 2026 j’ai trouvé une version italienne réalisée en 2014, que j’ai pu traduire en français : Habermas : je vais vous expliquer pourquoi la gauche anti-européenne a tort. Le débat était résumé dans une revue italienne à l’époque : Le débat entre Habermas et Streeck sur la gauche et l’avenir de l’Europe

Aujourd’hui, Habermas est mort, et je suis triste parce qu’il ne pourra produire le troisième tome de sa démarche articulant philosophie et religion (Une histoire de la philosophie I et II). Sur la page L’héritage de Jürgen Habermas, neuf articles sont listés décrivant son parcours, dont le quatrième que j’ai traduit : Une société « post-séculière » : qu’est-ce que cela signifie ? Une conférence donnée à Istambul en juin 2008. J’ai bien l’intention de lire cet article. 

Je n’ai pas fini d’étudier Habermas. À l’heure où nous avons une obligation de plus en plus urgente de concerter des efforts internationaux pour faire contrepoids au capital international, afin de sauver la planète, les démocraties, les cultures, le dialogue des civilisations… une telle étude ne me semble pas inutile.

Une histoire de la philo -I et II et Du temps acheté

Habermas, R.I.P.

Le décès du grand philosophe m’a ramené en mémoire l’intense travail réalisé au cours de l’été 2025 que j’ai tenté de résumer en août de la même année dans Chroniques habermassiennes. Pour sauter par dessus la liste pêle-mêle des articles lus : Que conclure ?

La parution de ses deux tomes sur la Théorie de l’agir communicationnel, en 1987, a été pour moi, comme pour beaucoup d’étudiants de cette période, une ancre dans un monde ballotté depuis la (quasi)disparition de l’orthodoxie marxiste [ou la victoire du néolibéralisme ?].

Trop de confiance dans la puissance de la raison et de l’argumentation, diront certains. Ou encore pas assez d’ancrage dans ce « monde vécu » dominé, « colonisé par les forces du pouvoir et de l’argent », qui existe en dehors des arènes communicationnelles, c’était un peu ma réserve, difficile à exprimer clairement après une seule lecture de sa Théorie de l’agir.

Une fois terminée ma maîtrise en sociologie (1991)1Entre l’institution et la communauté, des transactions aux frontières – mémoire socio (112p.), je ne suis pas revenu à ce texte de Habermas mais j’ai souvent rencontré et parfois référé à ses écrits sur les questions d’éthique de la discussion… mais surtout, depuis l’arrivée d’Internet, à propos de ce nouvel « espace public ». En octobre 2005 je note dans féodalisation de l’espace public que Al Gore citait Habermas, ce qui m’amène le lendemain, dans Habermas et l’Internet comme espace public, à pousser plus loin en m’appuyant sur un article publié quelques jours plus tôt, en septembre 2005, dans la revue First Monday : L’héritage d’Habermas : l’avenir de l’espace public dans une société en réseaux (ma traduction faite en 2025).

On pouvait encore en 2005 croire aux rêves émancipateurs des débuts d’Internet :

« Si l’utilisation de l’Internet s’étend aux groupes à revenus moyens, aux groupes à faibles revenus et aux femmes, elle pourrait encore offrir une réelle opportunité pour une plus grande participation, une communication démocratique et une véritable revitalisation de la sphère publique. » Alinta Thornton dit cela, en 1996. [Citation tirée de Chroniques habermassiennes]

Entre 1991 et 2005 j’ai été mobilisé autour-sur la question de l’économie sociale et l’expérimentation de formules de soutien public à cette frange essentielle de l’économie, surtout dans une période de crise et de chômage élevé prolongé… Une période où l’intervention publique dans l’économie est freinée par le recul de la taxation ( en conformité avec le dogme néolibéral) et les résistances aux bureaucraties développées à la faveur de la croissance rapide de l’après-guerre. Économie sociale, autonomie communautaire c’était d’abord d’autres manières de répondre aux besoins que par la construction d’édifices coûteux, rigides, autoritaires et arbitraires parce que peu sensibles à l’évolution des besoins de leurs clientèles.

Trouver moyen que se parlent les différents acteurs, qu’ils soient institutionnels, communautaires, commerciaux, familiaux… était toujours à l’ordre du jour.

En 2005 — 2008, j’étais moi-aussi promoteur d’une telle conception horizontale de l’Internet. À travers les forums et blogues installés pour le réseau des organisateurs (RQIIAC) communautaire dont j’étais le webmestre. Mais la réponse était toujours plutôt (très) timide. Contrairement à mon intuition qui me disait que les organisateurs et organisatrices qui sont des « animateurs, agents de liaison, passeurs » cela devrait les porter à « prendre le micro » ou à utiliser illico ces nouveaux cannaux de communication pour rallier, réunir les forces et intentions de la communauté ? Pour faciliter les échanges entre pairs et construire la société alternative ? Mais peine perdue, enfin jusqu’à ce qu’arrive FaceBook et Twitter, c’est à dire les téléphones intelligents et abordables.


Le concept d’espace public (ou de sphère publique, en anglais et allemand), qui avait lancé la carrière de Habermas, était encore au coeur de la vingtaine d’articles traduits au cours de l’été 2025. Le point de vue du philosophe a évolué avec la nature des médias.

En 1962 Habermas était plutôt pessimiste (comme il l’avoue dans sa préface de 1992) devant la commercialisation des mass-médias, qui effaçait la dimension critique de l’espace public; en 1991, il était optimiste, devant le potentiel de communication critique ouvert par les médias numériques. En 2023, dans sa contribution Réflexions et hypothèses sur un nouveau changement structurel de l’espace public politique, il considère le danger des « fake news » : « aucun enfant ne pourrait grandir sans développer des symptômes cliniques ». [Chroniques…]

La vérité et l’accord sur les procédures de validation. Ou la confiance construite dans l’action, la complicité vécue… qui doivent s’articuler aux objectifs et procédures d’évaluation développés dans les espaces publics d’appartenance des sujets démocratiques. La transformation des auditeurs-spectateurs des anciens médias en « réactants » des nouveaux médias interactifs a donné naissance à un réseau, une culture d’influenceurs qui se sont développés hors les murs des institutions traditionnelles (universités et mass médias). Certains pour y revenir à titre de « blogueur invité » ou commentateur-maison.

Les critères de vérité se sont échappés. Le diable est aux vaches et dans les détails des nouveaux espaces semi-publics (Nancy Fraser) qui doivent tricoter-détricoter-retricoter leurs liens entre eux et avec les espaces publics institutionnels. Cela demande des efforts de transcription et de traduction de réalités qui sont peu comparables ni comptabilisables entre les mondes institutionnels-professionnels-bureaucratiques et les mondes vécus des clientèles-familles-communautés.


Les glaces de l’ancien système sont près de la débâcle. À moins que ce soit les plaques tectoniques qui s’excitent… le chambardement sera plus important si c’est le cas. Les politiques du laisser-faire et de renforcement monopolistique appliquées aux domaines numériques ont conduit à une situation oligopolistique (les sept magnifiques) où règne un petit nombre d’entreprises puissantes financièrement et politiquement. La machine financière des technologies numériques nourrit celle des campagnes politiques dont les élus continueront à laisser toute liberté aux géants de la tech. Incidemment je trouve cet article de 2021 qui résume bien les débats entourant la position de Habermas sur la question du contrôle de l’économie mondialisée : Reprendre le contrôle des marchés : Jürgen Habermas sur la colonisation de la politique par l’économie.

Les centaines de milliards qui sont investis dans la chasse à l’IA générique, ou l’IA de demain… ce sont des ressources qui devraient plutôt servir à développer le mix d’énergie-activités pour le monde plus sobre qui nous attend demain. Le laisser faire a permis l’accumulation de cette fortune entre les mains d’une poignée d’hommes alors que les responsabilités collectives s’enfonçaient dans la dette… il faut revenir à plus d’équilibre entre l’enrichissement individuel et le bien commun. Un plan de redressement vers l’équité pourrait comprendre une première phase d’engagement volontaire des possédants.

Un impôt sur la fortune, exceptionnel mais nécessaire pour affronter la transformation écologique et économique devenue inévitable.

Notes

ce qui se passe à Minneapolis

« She’s one of the most effective grassroots activists I’ve ever met. She introduced me to a handful of the 13,000 trained legal observers operating in the Twin Cities, people embedded in networks of up to 1,000 volunteers who respond to ICE reports within minutes. » [C’est l’une des militantes locales les plus efficaces que j’ai jamais rencontrées. Elle m’a présenté quelques-uns des 13 000 observateurs juridiques formés qui opèrent dans les villes jumelles, des personnes intégrées dans des réseaux comptant jusqu’à 1 000 bénévoles qui réagissent aux rapports de l’ICE en quelques minutes.]

My First 72 Hours in Minneapolis… Chris Armitage

En terminant, le livre Prisms Of The People je me demande jusqu’à quel point ces leçons et savoirs s’appliqueraient à une société comme le Québec. Oui, certainement nous avons des minorités opprimées, qu’elles soient de couleur, d’origine ethnique ou de langue, mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas ici la fluidité de la société américaine, le déplacement d’un État à l’autre ou la présence si importante de l’immigration.

Ce qui me chicote le plus, suite à cette lecture, c’est ce que je perçois comme une différence entre une société Anglo protestante et une société de culture catholique, française, québécoise, à savoir l’importance accordée au volontariat, à l’action volontaire dans les organisations sociales, une question qui est associée aussi dans le contexte américain à l’importante présence religieuse souvent étroitement impliquée dans les organisations sociales, locales et nationales. Une question qu’il faut relier à l’affirmation identitaire du laïcisme de la société québécoise.

Oui, l’emprise de la religion a été forte au Québec, plus forte, sans doute que dans le monde anglo-saxon à la même époque. L’influence religieuse catholique était sans doute renforcée par la situation doublement minoritaire de la province dans un monde anglophone et protestant. Le centralisme, caractéristique des institutions catholiques soumises au magistère de Rome par un réseau d’évêchés et de paroisses, devait faciliter les négociations avec l’État de l’époque pour le financement des services d’éducation et de santé. Mais je ne veux pas donner une image monolithique de la religion catholique, de sa présence dominante dans la culture du Canada-français. Si les paroisses étaient liées et soumises aux archevêques, les communautés religieuses, dont dépendaient les institutions de santé, sociales et éducatives de l’époque, étaient reconnues par Rome directement et bénéficiaient d’une certaine autonomie.

Le travail social, le travail se soins, le travail éducatif étaient généralement accompli par des religieuses et des religieux qui devaient porter la bure pour se réaliser professionnellement. Autrement dit une jeune fille qui voulait faire du travail social ou devenir infirmière devait joindre une communauté.

L’action sociale en milieu historiquement catholique vise à responsabiliser l’État, la collectivité, afin que celle-ci soit plus égalitaire, offre des services publics (ou communautaires) accessibles ou gratuits. Alors que l’action sociale en milieu historiquement protestant valorise l’engagement personnel, le bénévolat comme manifestation de sa foi, de ses valeurs. Le recours ou la pression pour une responsabilité publique y est moins prononcé…1quoique les luttes pour des garderies décrites par Han dans son livre ou encore les batailles pour faire passer telle ou telle loi, sont à l’évidence des pressions pour plus de responsabilité publique.

J’ai souvent eu l’impression, au cours de ma carrière d’organisateur communautaire, que les Québécois se mobilisaient plus facilement pour faire reconnaître un besoin, dénoncer une injustice, afin que des lois, des services viennent répondre à ce besoin. Après quoi, chacun rentre chez soi pour retourner à ses affaires. On laisse la suite aux professionnels et aux « permanents » des organisations embauchés grâce au financement public (ou philanthropique) obtenu par l’action collective. Alors que dans les société d’obédience ou de culture protestante le recours aux professionnels et salariés est pondéré, relativisé par une certaine méfiance à l’égard de l’État et une place plus grande accordée à l’engagement personnel et au volontariat.

Avec la disparition des communautés religieuses et la réduction drastique des structures et oeuvres paroissiales catholiques dans une société comme le Québec, les professionnels de la charité ont fait place aux personnels des institutions publiques et communautaires. Mais les solidarités et réseaux d’entraide locaux animés par les communautés religieuses et les paroisses, assistés des bénévoles et paroissiens, au nom de valeurs partagées, se sont réduits comme peau de chagrin.

Est-il possible de faire renaître de telles solidarités, sans ramener la religion ? Peut-on imaginer une philosophie, une communauté de partage et de responsabilité commune qui soit adaptée à la société laïque actuelle ? Dans les initiatives décrites par Han dans son livre Prisms mais aussi son dernier livre Undivided, les communautés religieuses sont présentes de façon importante. Suffisamment importantes pour que, par exemple, les dénonciations du recul des droits à l’avortement (au moment de la décision de la cour suprême américaine) soient faites au niveau des organisations locales et non à l’échelle de la coalition large, multi-raciale, multi-classes construite sur le long terme.

Je crois qu’on peut voir l’effet de la formation des leaders (telle que décrite par Han dans ses deux livres) dans les organisations sociales et mouvements, notamment au Minnesota, dans l’auto-restriction dont font preuve les populations en contexte de provocation et de violence infligés par l’ICE et certaines polices fédérales à Minneapolis actuellement. Le caractère pacifique des manifestations populaires semble sacré. C’est un message souvent porté par le discours religieux que le refus de répondre à la violence par la violence. Comment se fait-il que dans un pays où le nombre d’armes possédées par les citoyens est aussi élevé, il n’y ait pas eu de dérapage encore ? Peut-être est-ce ce que cherchent les forces « de l’ordre » qui s’activent actuellement à semer le désordre : provoquer une réponse violente qui justifierait une riposte encore plus musclée du pouvoir central… Et sans doute les citoyens et citoyennes de Minneapolis le savent…

Les stratégies de développement du pouvoir populaire décrites dans le livre Prisms passent pas la formation de leaders autonomes, capables eux-mêmes d’initiatives et d’ajustements dans des situations inédites. Comment ce pouvoir des minorités opprimées, habituellement exclues de la table des décideurs, a pu se construire à travers les gains, mais aussi, surtout, les défaites dont on tirait les leçons parce que la société qu’on souhaite construire ne se gagnera pas d’une seule bataille, d’un seul amendement ou d’une seule loi adoptée suite à une mobilisation monstre…

Ce que ces stratégies formatrices cherchent à faire, c’est de développer les liens, les solidarités et l’ouverture aux autres, à travers les luttes pour plus d’équité, de justice mais aussi les activités d’entraide, de réflexion, de formation. Ce que Han et ses collègues ont pu entrevoir et démontrer par leur enquête dans six États américains, auprès de dizaines de militants, professionnels et membres d’organisations sociales, Han a voulu l’approfondir dans sa recherche suivante : Undivided2dont je n’ai pas encore terminé la lecture, où elle s’est attachée à une seule organisation, qui a développé un programme de formation, justement intitulé Undivided. Là encore l’initiative a ses racines dans une église protestante.

Mais comme elle le reconnaissait à la fin de Prisms, les initiatives décrites ne sont pas facilement reproductibles. Elles ne résultent pas d’un programme qu’on pourrait répliquer facilement. Les leaders interviewés, identifiés, ne sont pas simplement « produits » par des formations ponctuelles, ou même plus intenses… ils et elles ont été accompagnés, soignés, soutenus, mais ils-elles étaient là, issus de leurs histoires personnelles et collectives. Des leaders en qui on a encouragé le développement de capacités de réflexion et d’orientation, de partage et d’apprentissage. Ces leaders construisent des communautés. Des villages, comme disait si bien The Minority Report, dans Tout le monde veut un village mais personne ne veut être villageois.

Des communautés d’appartenance, c’est ce que représentaient les paroisses et communautés religieuses d’antan. Aujourd’hui, nos carrières, nos engagements sont circonstanciés, limités, pour protéger nos vies privées, notre confort. Il me semble que l’engagement le plus similaire à celui promu par les religieux dans ces églises protestantes, c’est celui pour le Parti. Où une articulation forte des valeurs, des idées et des actions est possible. Mais la différence entre ces églises locales et le Parti, c’est l’humilité, l’ancrage dans une communauté réelle, locale, limitée plutôt que dans un Parti qui souhaite agir à l’échelle macroscopique.

J’ai été, jadis, engagé pendant dix ans dans une organisation marxiste-léniniste qui aspirait à devenir LE parti de la classe ouvrière… j’ai connu la puissance d’une organisation disciplinée qui partageait une même vision… mais cette vision et cette discipline n’ont pu résister à la montée des nouveaux mouvements sociaux et l’effet centrifuge des luttes identitaires et sectorielles. Au moment de la dissolution de notre organisations les militants et militantes disaient vouloir s’investir dans ces divers mouvements (culture, jeunesses, femmes, autochtones, environnement, orientation sexuelle…) quitte à se regrouper de manière stratégique, quand la conjoncture l’exigerait. Mais l’unité des forces populaires n’est pas quelque chose qui s’improvise au gré des opportunités tactiques.

J’ai l’impression qu’il nous manque une « bible », un texte commun, assemblant une sagesse éprouvée, capable de stimuler la réflexion dans les moments de doute et de reculs stratégiques. Un message qui dépasse les intérêts personnels et corporatistes pour viser l’intérêt à long terme, sur plusieurs générations, des hommes et des femmes mais aussi de notre maison commune que nous partageons avec les multiples autres formes de vie qui nous ont précédé comme espèce et nous accompagnent aujourd’hui. Une vision suffisamment large et généreuse pour inspirer en retour des engagements forts et persistants vers plus de justice, plus de solidarité, plus de paix. Non pas un plan ni une stratégie pour des gains à court terme, plutôt des récits qui nourrissent une conception des rapports humains qui soit compatible avec un équilibre à retrouver entre les habitants de la terre.


Sur le sujet en titre… ce billet de Paul Krugman du 15 janvier que j’ai traduit : Le creuset de Minneapolis. Je repique de son billet son « coda musical » :


P.S. Un article dans The Newyorker porte essentiellement sur le livre Undivided de H. Han : The Megachurch That Tried to Confront Racim.

Notes

  • 1
    quoique les luttes pour des garderies décrites par Han dans son livre ou encore les batailles pour faire passer telle ou telle loi, sont à l’évidence des pressions pour plus de responsabilité publique.
  • 2
    dont je n’ai pas encore terminé la lecture

vendredi vrac

Construction rapide de 500 logements hautement préfabriqués

Les coopératives, les offices et les organismes à but non lucratif d’habitation ainsi que les entreprises du secteur privé sont invités à consulter l’information sur la façon de déposer un projet sur le site Web de la SHQ. La date limite pour le dépôt des projets est le 12 mars 2025.

Modernisation des trains d’exo : la première des 10 nouvelles locomotives à faible émission de gaz à effet de serre.

Rappelons que les locomotives F59PH utilisées actuellement sur le réseau d’exo ont été acquises auprès de la société de transport torontoise GO Transit en 2011. Elles ont fait l’objet de plusieurs travaux de rénovation à travers les années.

Cartographier l’accessibilité pour transformer la ville

[Université de Montréal] L’accès inégal aux transports, aux espaces verts, aux services de proximité et à la sécurité urbaine reflète et aggrave souvent les disparités socioéconomiques. L’Atlas du projet CAMMM (Cartographie de l’accessibilité, de la mobilité et de la multimodalité) s’attaque à ces questions en proposant une plateforme numérique consacrée à l’analyse et à la promotion d’une urbanisation plus équitable.

Une initiative intéressante… qui demandera encore quelques ajustements : la traduction en français est incomplète; la pyramide des âges pour les localités difficile de la voir au complet et… une date pour ces données serait bienvenue.

Mais c’est un bon début !

Les Québécois se sentent nord-américains et loin de la France, révèle un sondage

Stéphane Baillargeon, Le Devoir, 2025.01.16

J’ai été surpris de voir apparaître cette « carte des valeurs » que je reproduisais dans mon billet du 25 décembre : tradition, coutume, religion. Baillargeon me fait connaître le Centre d’études sur les valeurs, attitudes et sociétés (Université Concordia) qui a pu replacer le Québec et le Canada-sans-le-Québec (en rouge) sur la carte des huit zones culturelles et historiques développée par les politologues Ronald Inglehart et Christian Welzel du World Values Survey.

« Le Québec se démarque encore par la langue française, ses institutions, son État providence fort (les garderies, l’assurance-médicaments, les congés parentaux, les études abordables), sa défense de la laïcité. » Le Québec se trouvant plus proche du « modèle nordique » (appellation que je préfère à l’Europe protestante !) que le Canada anglais. Une dimension où le Québec se distance du modèle nordique : la participation des femmes aux affaires publiques. Voir cet extrait du livre Social-démocratie 2.0 : Femmes scandinaves et politique.

De 2008 à 2018, alors que Québec solidaire présentait un programme résolument à gauche et critique du néolibéralisme, il a systématiquement obtenu plus de voix d’élections en élections. En 2022, le parti a décidé de recentrer son message, et il a soudain perdu des votes.

Continuer la lecture de « vendredi vrac »

une autre version du progrès

J’ai déjà parlé de ce Daniel Schmachtenberger. Il publiait récemment un texte consistant (98 pages) sur une autre définition du progrès. J’en tire deux paragraphes de l’introduction : 

S’appuyant sur un éventail de sources, l’article adopte une approche interdisciplinaire pour explorer la réalité de la trajectoire actuelle de l’humanité. Plusieurs mythes répandus sur le progrès sont réexaminés, notamment les améliorations apparentes de l’espérance de vie, de l’éducation, de la pauvreté et de la violence. Les racines de ces inexactitudes sont mises en évidence en élargissant notre champ de vision. Même si nous vivons plus longtemps, de nombreuses mesures de la qualité de vie que nous menons sont en déclin. Nos résultats en matière d’éducation se détériorent à bien des égards, même si l’accès à l’éducation s’améliore. Au niveau mondial, malgré le discours commun, il n’est pas du tout évident que la pauvreté diminue réellement. Les outils de la violence ont vu leur impact augmenter considérablement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ; nous créons aujourd’hui couramment le type d’armement qui était auparavant réservé à la science-fiction dystopique.
 
Pour donner une idée de l’ampleur des conséquences involontaires qui peuvent résulter d’une seule innovation, l’étude de cas principale explore l’invention des engrais artificiels. Ce développement a permis d’augmenter considérablement la quantité de nourriture (et donc de personnes) pouvant être produite. Les effets externes de cette innovation ont eu des conséquences considérables sur la santé humaine et la biosphère au sens large. L’évaluation de ces effets secondaires nous aide à ouvrir les yeux un peu plus largement, afin d’entrevoir une fraction supplémentaire de la réalité complexe qui est généralement omise dans le récit simplifié du progrès.

Je me suis permis de traduire le texte original en anglais avec DeepL à la fois pour rendre le document plus accessible mais aussi pour tester la qualité de la traduction fournie par ce moteur auquel je pense m’abonner.  Que pensez-vous de la qualité de la traduction ? (À noter que ma principale contribution a été au niveau de la mise en page : les titrages et les paragraphes mis en exergue n’étaient pas formatés dans la traduction) 

Continuer la lecture de « une autre version du progrès »

en vrac…

Foules sages ou folles ? Les mécanismes cognitifs qui sous-tendent les cascades d’informations

Qu’il s’agisse de se faire vacciner, d’acheter des actions ou de traverser les rues, les gens prennent rarement des décisions seuls. Au contraire, plusieurs personnes décident séquentiellement, ouvrant la voie à des cascades d’informations par lesquelles les individus qui décident tôt peuvent influencer les choix des autres.

Science Journals — AAAS
Wise or mad crowds? The cognitive mechanisms underlying information cascades

Cerveau droit et psychologie de la métacrise

On sait depuis longtemps que les femmes ont en moyenne une meilleure mémoire verbale et une meilleure cognition sociale, tandis que les hommes ont de meilleures capacités motrices et spatiales. Des scanners cérébraux ont permis d’expliquer ce phénomène : les femmes ont tendance à avoir des centres verbaux des deux côtés du cerveau, alors que les hommes ont souvent des centres verbaux uniquement dans l’hémisphère gauche. C’est probablement aussi la raison pour laquelle les femmes utilisent plus de mots pour décrire leurs expériences ou leurs sentiments et ont plus envie d’en parler.

What a shopping trip says about our brains, The Globe and Mail, 2024.01.24

Cette citation, tirée d’un article du Globe and Mail sauvegardé il y a 6 mois, me rappelle un malaise qui me vient chaque fois que j’entend parler des hémisphères du cerveau… comme le faisait Iain McGilchrist dans cet entretien de trois heures (The Psychological Drivers of the Metacrisis) qu’il a tenu en novembre 2023 avec John Vervaeke et Daniel Schmachtenberger.

Sans doute ce malaise est-il lié à l’utilisation populaire des différences entre cerveau droit et gauche… l’un étant plus axé vers l’analyse et l’abstraction (et le langage) alors que l’autre appréhende plutôt le contexte, étant plus « holiste ». Je connaissais McGilchrist de nom… ayant même téléchargé (mais pas encore lu) un chapitre de son livre récent The Master and His Emissary: The Divided Brain and the Making of the Western World.

Malgré ce malaise j’ai tout de même écouté attentivement les trois heures d’une discussion de haut vol en psychologie et philosophie de l’histoire appliquées au problème bien contemporain de la multiplicité des crises et de l’apparente incapacité de réponse intelligente, rationnelle de l’humanité. La domination de la raison utilitaire, d’une rationalité instrumentale, orientée vers l’emprise, l’appropriation des choses, le contrôle… ont permis de multiplier la population par dix, et la consommation par personne par cent… jusqu’à atteindre les limites de l’enveloppe terrestre qui avait elle-même permis le développement de la culture et de la puissance de sapiens, cette espèce particulière d’homo.

Cette conversation pose des questions difficiles, telles que : Pouvons-nous imaginer une civilisation dotée de la sagesse nécessaire pour gérer une puissance exponentielle ? La vraie sagesse peut-elle être intentionnellement mise à l’échelle ? À quel moment la retenue se transforme-t-elle en totalitarisme ? et Qu’est-ce que la sagesse, et peut-elle même être enseignée, et encore moins imposée, sans se transformer en dogme ? Cette conversation est profonde, vaste et couvre une série de questions philosophiques qui aident réellement à élucider la complexité des crises auxquelles nous sommes confrontés. Nos problèmes modernes ne peuvent pas être résolus en créant simplement un nouvel ensemble de dogmes à suivre, ou en supposant que nous pouvons injecter de la sagesse dans les « algorithmes » du système. [Extrait traduit du billet de Death in the Garden]


La manière dont Schmachtenberger a mené le débat m’a poussé à chercher d’autres prestations ou textes de cet auteur. Très peu de textes, dois-je dire. Et qui datent tous de 2017 !1Ajout : Le développement en marche, traduction française faite par The Consilience Project, juillet 2024Mais des conférences ! Dont celle du Stockholm Impact Week de 2023. Époustouflant. La première partie où il décrit implacablement les crises qui se multiplient, l’urgence de la situation, ou la deuxième où il abordera la question de la guerre, puis celle du marché. Et à la fin, les pistes de solution envisagées semblent bien maigres ou fragiles. Faire du lobbying auprès des gouvernements, qui, eux, peuvent forcer les corporations et puissances de l’argent, alors que les seules forces d’opposition n’y arriveraient pas. Il y avait aussi dans son appel de la toute fin une interpellation très personnelle, faite à chacun pour qu’il ou elle fasse des choix dans ses sources d’information et d’inspiration et qu’il et elle fassent connaître ces choix. Éventuellement je tirerai des extraits de cette conférence mais pour l’instant, voici l’intervention de 50 minutes en entier.

au Stockholm Impact Week de 2023

Notes

crises, chaos et idée simple

Les crises : environnementale, politique, économique, sociale, financière, technologique…

Les valeurs, l’éthique, l’individualisme et le court-termisme… Le citoyen consommateur et rentier plutôt que militant et croyant.

La crise philosophique, éthique ou culturelle qui se manifeste par l’atomisation des parcours individuels et la diffusion, dilution des attachements devenus plus nombreux mais plus superficiels, temporaires, conditionnels. Même les mariages sont devenus temporaires !

Nous, babyboomers, sommes la génération qui se sera libéré de la chape de plomb du catholicisme ultramontain qui s’était réfugié de France au début du XXe siècle. Je reprends les mots de Nancy Huston :

Ma génération (je suis née dans les années 50) est très spéciale à cet égard: à peu près tous nos parents étaient croyants et pratiquants, à peu près aucun de nos enfants ne l’est. C’est chez nous, en nous, que ça bascule. C’est énorme! Et pourtant, nous n’en parlons jamais. Comment s’est passé dans notre esprit, mais aussi dans notre corps, le désenchantement du monde? Quels en sont les avantages […] et les inconvénients? Nous avons tellement déblatéré contre la religion, son contrôle du corps et de la sexualité, sa façon de plonger les gens dans la passivité, de les distraire de leurs vrais problèmes en faisant miroiter un paradis illusoire, nous avons si prestement remplacé les croyances religieuses par les certitudes scientifiques et politiques que nous oublions, souvent, les aspects plus positifs de la religion, pour lesquels nous n’avons trouvé aucun substitut. […] Nous manquent […] la possibilité de s’extraire du quotidien pour renouveler nos forces; le sentiment d’un espace-temps à part, non utilitaire et non économique; le bonheur important de se sentir appartenir à quelque chose.

citée par Grégory Baum dans Vérité et pertinence

La crise des finances publiques, c’est un refrain déjà entendu qui revient vite à la mode… avec son cortège de réduction de services, privatisations plus ou moins déguisées, réduction d’accès… Diminution de l’intensité et de l’amplitude de l’action publique. Alors que nous aurions bien besoin d’audace, d’innovation et de vision dans l’intérêt public. Les finances publiques saignées à blanc par la réduction drastique de l’impôt sur les haut revenus et capitaux que les néo-conservateurs ont imposé (Reagan-Thatcher) et que les néo-libéraux (Blair-Clinton) ont maintenu comme vérité indubitable : l’argent sera mieux utilisé, plus productif entre les mains d’agents privés plutôt que par des représentants de l’intérêt public. Des capitaux à la recherche de bonnes affaires insuffleront bulles et craches boursiers (1987, 2000, 2008). Des crises qui seront des occasions de concentrations d’où émergeront, avec l’aide de lois draconiennes sur la propriété intellectuelle, les géants de la technologie d’aujourd’hui.

La crise de la représentation politique où socialistes et socio-démocrates perdent leurs repères alors que l’URSS s’effondre et que le capitalisme d’État chinois se développe. La mondialisation devient semble un phénomène incontournable forçant l’intégration des économies et diminuant d’autant l’autonomie des gouvernements nationaux. Les nouveaux mouvements sociaux (jeunesse, femmes, autochtones, tiers-mondes) font éclater le carcan des partis ouvriers de la gauche traditionnelle. Les politiques social-démocrates semblent plus aptes à répondre à des demandes identitaires qui s’harmonisent mal avec la conscience de classe… mais les dictats du développement économique auxquels se soumettent les socio-démocrates sont de moins en moins compatibles avec les limites écologiques.

La crise écologique qui devient de plus en plus indéniable et perceptible partout sur la planète n’est pas encore assez grave ou immédiate pour changer les modalités de gestion et l’orientation des sociétés capitalistes : le profit à court terme, la propriété privée priment encore sur l’intérêt des collectivités humaines et non-humaine. Les forêts d’Amazonie et d’Indonésie sont détruites à grande vitesse pour produire huile de palme ou soja et bestiaux parce qu’il y a un marché pour ça. La conscience des effets de l’action humaine sur la santé et les équilibres de la planète se fait plus pressante, mais les changements envisagés demeurent soumis à la logique du capital. Les gouvernements se donnent un vernis écologique en subventionnant ici ou là, l’automobile électrique ou l’usine de batteries, mais sans remettre en question les principes ancrés depuis 50 ans de néo-libéralisme : laisser l’économie décider où investir; se méfier de l’intervention publique; considérer l’enrichissement privé comme la valeur suprême.

La crise idéologique et identitaire rend plus difficile la mobilisation unitaire. Municipalisme, régionalisme, nationalisme, féminisme, internationalisme, interspécisme… tous ces mouvements portent des revendications fondées mais comment unir et ordonner toutes ces demandes en un programme, une force capable de stopper la machine capitaliste dévoreuse de mondes ?

Et si les systèmes qui nous ont permis de vivre et de croître jusqu’ici étaient sur le point de sombrer dans le chaos ? Quels sont les changements systémiques qui nous permettront d’éviter ou, plus probablement, d’y survivre et, éventuellement sortir du chaos ? Nous ne sommes pas aux commandes. Et nous ne changerons pas la nature humaine. L’homme nouveau, c’était un idéal poursuivi par les aventures fascistes et soviétiques du siècle dernier.

Il nous faut quelques idées simples, autour desquelles réunir la coalition des vivants. Les néo-conservateurs ont pris le pouvoir il y a 45 ans avec des idées rassembleuses telles : « Moins de taxes » ou « Moins de bureaucratie ». Et ils ne manquaient pas d’exemples où taxes et bureaucraties avaient été mal utilisées au cours des « trente glorieuses ». Il sera sans doute plus difficile de faire la promotion de la sobriété, même joyeuse, que de stimuler l’appétit et l’égoïsme « naturels » des consommateurs-payeurs de taxes ! Mais le chaos nous aidera !

Une idée simple : ces richesses accumulées au cours de la Grande accélération des cinquante (70 ?) dernières années appartiennent à la terre. Elles ont été extraites de la terre, du travail et des ressources humaines et non-humaines. On les a laissées entre des mains privées par convenance : on ne savait pas trop qu’en faire ! Plus d’autoroutes ? Plus de HLM et des polyvalentes encore plus grosses ? En laissant les richesses se multiplier librement, ça nous a donné… les bulles immobilières et la croissance des parcs automobiles, informatiques et audio-visuels. Des objets de consommation ou d’accumulation individuels, marqueurs de statut social


Un texte présenté à une rencontre de réflexion de Communagir, Québec, 16 avril 2024

coup d’oeil sur 2023

J’aurai publié 27 billets au cours de l’année qui se termine, en comprenant celui-ci. Quatre thèmes peuvent les regrouper : logement et urbanisme; action sociale et philosophie politique; écologie, économie; réseaux numériques.

Logement et aménagement urbain

Comme d’habitude mes billets ont été nourris, stimulés par des lectures, dont plusieurs parutions et numéros thématiques de revues (Possible, À bâbord, Action nationale) mais aussi par les mémoires déposés lors de la commission parlementaire sur l’aménagement et l’urbanisme tenue fin avril. Des initiatives remarquables : des achats « massifs » de logements privés par certains OSBL permettant de « sortir du marché » ces logements et ainsi d’en garantir l’abordabilité à long terme.

Action sociale et philosophie politique

J’étais assez fier de présenter le résultat d’un travail d’archivage des quelques 180 études réalisées par le Laboratoire de recherche sur les pratiques et politiques sociales entre 1998 et 2014. Le billet du 13 septembre retrace mon parcours de formation en regard des questionnements sur l’avenir du travail social. Les autres billets touchent des questions politiques telles : le populisme est-il toujours de droite ? Sabotage et révolution sont-ils compatibles avec la démocratie ?

Écologie, économie

L’enjeu d’une transformation radicale de nos économies pour les rendre compatibles avec les limites de la planète est ce qui relie ces billets. Une étude publiée par l’IRIS, que j’ai ajoutée en note à la fin de l’article « économie écologique » qui portait essentiellement sur une publication française, mériterait un billet pour elle seule : L’empreinte matérielle de la couverture des besoins de base au Québec. Le billet sur l’énergie propre fut stimulé par la lecture des multiples mémoires déposés lors d’une consultation « estivale » par un comité parlementaire sur la question. Plusieurs des organisations de la société civile ayant participé à cette consultation ont formulé par la suite 14 revendications d’un regroupement de la société civile pour un avenir énergétique juste et viable au Québec.

Réseaux numériques

La crise des médias a fait beaucoup parler d’elle… par les multiples fermetures et mises à pied dans le secteur qui ont amené le gouvernement fédéral à légiférer pour tenter d’amener les géants du Web à redonner un peu. Ces géants qui se sont imposé en moins de 20 ans comme un espace public incontournable… Pendant ce temps, des réseaux « alternatifs » se développent : En commun – Praxis, notamment.

Et les autres…

Deux autres billets hors thèmes, dont le compte rendu d’une randonnée à vélo avec photos et vidéos que je compte bien refaire !

Traductions des articles cités

Je ne sais si vous avez remarqué, au bas des pages de ce carnet, une extension qui permet de traduire mes billets. Non pas que j’aie beaucoup de lecteurs anglophones mais… on peut toujours espérer ! En fait c’est plutôt aux lecteurs unilingues francophones, ou même ceux qui sont bilingues comme moi mais qui préfèrent lire en français, que j’ai pensé en offrant de plus en plus souvent des liens vers les traductions réalisées par translate.google.com.

J’ai commencé au cours de l’année à lire des traductions des articles plutôt que les originaux, en ayant toujours sous la main les originaux car, il faut l’avouer les traductions ne sont pas parfaites. Mais elles sont suffisamment fidèles pour me permettre de saisir l’essentiel d’un article en beaucoup moins de temps ! Vous remarquerez, si vous vous rendez sur une page traduite par la machine Google, que lorsque vous cliquez sur une phrase du texte traduit… une petite fenêtre apparaît au dessus de la souris avec le texte original – vous permettant même de qualifier la dite traduction. C’est mon cadeau de Noël ! Vous me dites si vous appréciez, je continuerai de le faire avec plus de constance.

ESS, régulation, écologie solidaire

Un résumé critique du livre de Robert Boyer (L’Économie sociale et solidaire Une utopie réaliste pour le XXIe siècle) par Benoît Lévesque dans la Revue de la régulation : L’avenir de l’économie sociale et solidaire : l’éclairage de la théorie de la régulation. À propos du livre de Robert Boyer. Pour ceux et celles qui s’intéressent à l’économie sociale et solidaire, Benoît Lévesque donne le goût de lire le petit livre de Boyer, tout en soulevant quelques bonnes questions.

J’ai bien l’intention de lire le livre de Robert Boyer mais une petite phrase à la fin de l’article de Lévesque a attiré mon attention : « Bernard Billaudot (2022), dans un riche ouvrage, montre que toutes les sociétés sont fondées à la fois sur une vision du monde (une cosmologie) et sur des modalités de justification de leurs activités et de leurs relations. »

Dans un riche ouvrage, ça m’a intrigué. J’ai trouvé cet ouvrage : Société, économie et civilisation. Vers une seconde modernité écologique et solidaire, qui, malgré son fort volume (quelques 3000 pages !) est disponible gratuitement en format epub, pdf ou en ligne.

Si vous n’aviez pas encore de lecture pour la fin de l’été…