La folie de l’IA s’est poursuivie, s’est même accélérée au cours de l’année. Ce qui s’est surtout traduit par la multiplication des histoires fausses, des images et films générés machinalement et des textes insignifiants de plus en plus nombreux qui occupent les pages d’un Internet devenu le plus grand dépotoir de « slop« .
Une bulle qui a connu des sursauts ces derniers jours… mais qui est loin d’être dégonflée, comme le montrent ces courbes des cours de quelques actions du secteur.






J’ai appris à me méfier au cours de cette année des traductions faites par un moteur, par ailleurs très efficace. Surtout lorsqu’on parle de la Chine, c’est bizarre, dans les textes à traduire : voir la page 431Le lien hypertexte devrait y conduire directement du document Une alternative européenne pour la souveraineté numérique, que j’ai traduit avec DeepL.
sur Gilles en vrac
Près de cinquante billets (49), dont 13 « vendredi vrac » et quelques pot-pourries du lundi. Parmi les mots clés de l’année : souveraineté numérique (Amazon, « panier bleu » et souveraineté numérique, le pouvoir numérique, Le pouvoir numérique -2, un numérique souverain parce que public, démocratie algorithmique ?; en plus des nombreux articles traduits portant sur cette question); démocratie municipale (Un conseil municipal efficace et démocratique, des leçons à tirer de nos défaites, biorégion, habitation, finances…, et beaucoup des vendredi vrac portaient sur des initiatives municipales dans les domaines environnemental, social…); logement (Imaginons une autre façon d’habiter, métacrise et crise du logement…)
Plus d’une centaine d’articles (plus près de 200 !) parus en anglais (et un en allemand) tirés de revues, sites web et newsletters (dont Substack) que j’ai traduits en français.
Quelques livres ayant ponctué mon année

Breakneck, par Dan Wang. Un journaliste technologique qui a passé plusieurs années en Chine, dont une bonne partie pendant la pandémie. Une comparaison entre les styles américain (avocat) et chinois (ingénieur) de direction du développement. Comment Shenzhen est passé d’une ville de pêcheurs et d’éleveurs d’huitres à une capitale mondiale des technologies numériques en quarante ans… Une belle illustration de l’effet territorial, de grappe industrielle réunissant des entreprises en compétitions mais partageant un bassin de main-d’oeuvre et de connaissances. Un regard critique sur les faiblesses américaines et chinoises.

Underground Empire, par Henry Farrell et Dan New. J’ai découvert Farrell avec ce livre, dont le sous titre est How America Weaponized the World Economy. Aussi publié en français, L’ Empire souterrain: Comment les États-Unis ont fait des réseaux mondiaux une arme de guerre. Un article qu’il a publié dans la revue Foreign Affairs est une bonne introduction à son livre. J’en ai fait une traduction : L’économie mondiale comme arme. Je suis abonné, depuis, à sa lettre Substack dont j’ai aussi traduit plusieurs de ses articles, parmi lesquels : Le libéralisme transforme la pluralité d’une faiblesse en une force, Qu’est-ce que la société civile, et pourquoi devrions-nous nous en soucier ?

Our Crumbling Foundation, par Gregor Craigie. Un tour d’horizon mondial (y compris Vancouver et Montréal) des problèmes de logement et des solutions imaginées ou mises en oeuvre pour y remédier. J’en ai parlé dans mon billet du 14 février : métacrise et crise du logement…

Feeling at Home, Transforming the Politics of Housing, par Alva Gotby. Un regard critique et innovant sur l’habitation et l’habiter. « Alva Gotby remet en question le mythe de l’accession à la propriété en tant que succès et plaide en faveur d’une politique de transformation qui privilégie la stabilité, la prise en charge et la communauté plutôt que le profit, en faisant valoir qu’un système de logement juste pourrait révolutionner l’existence quotidienne. »

Mésoéconomie, par Thomas Lamarche et Jérémie Bastien. Une découverte récente qui pourrait guider nos efforts d’intégration des forces économiques dans les démarches de développement territorial. Voir la fin de mon billet du 1er décembre la transition qui s’amorce
Habermas, l’espace public numérique et mon engagement au conseil d’administration de Projet collectif
Projet collectif, issu d’une expérimentation (Passerelles) lancée par le TIESS il y a quelques années, est devenu une organisation autonome responsable d’une plateforme d’échanges numériques (Passerelles) rassemblant plus de 12500 participants dans des centaines de groupes thématiques ainsi que d’un dépôt de connaissances (Praxis) prenant la forme de carnets et de bases de connaissances.
J’ai été intéressé dès le départ par cette expérience qui permettait de construire quelque chose en dehors des plateformes américaines dominées par la publicité et l’appropriation privée des données générées par les échanges numériques. Cela ne m’a pas empêché d’être critique (de savoirs et d’actions) notamment par rapport à l’interopérabilité entre les savoirs logés et échangés sur les plateformes de Projet collectif et ceux qui existent en dehors, dans les milliers de sites web développés par les mêmes organisations participant au projet (et par les institutions et organisations publiques ou d’intérêt public).
Aussi j’ai posé ma candidature et j’ai été élu au conseil de Projet collectif en mai dernier. À partir du concept d’espace public de Habermas (public sphere, en anglais et en allemand) j’ai voulu nourrir ma réflexion sur les enjeux théoriques et politiques soulevés par un tel projet. Ce qui m’a amené à lire et traduire une vingtaine d’articles parus dans deux revues qui publiaient des numéros spéciaux consacrés à cette question de la transformation de l’espace public : Philosophy & Social Criticism (Transformation structurelle de la sphère publique) et Theory, Culture & Society (Une nouvelle transformation de la sphère publique ). J’ai rassemblé mes commentaires et liens vers mes traduction dans une Note de lecture du 7 août, et dans une page publiée le lendemain : Chronique habermassienne.
Cette plongée dans des considérations philosophiques me sera-t-elle utile au conseil d’administration de Projet collectif ? Pas sûr. Mais ces discussions à propos du rôle des médias, de la délibération démocratique et la transformation imposée à nos institutions et notre culture par les géants du numérique (et le pouvoir politique américain) définissent le cadre stratégique dans lequel notre petit Projet collectif doit s’inscrire.
J’ai cru, au début de l’année, que les astres s’alignaient pour une riposte par les états dont la souveraineté numérique était malmenée par les GAFAM. La virulence de l’attaque du vice-président JD Vance contre les européens en février dernier y a certainement contribué. Le lancement de l’initiative Gander le nouveau réseau social canadien, certaines déclarations ou campagnes (de la commission de l’éthique en science, comment le Canada peut affirmer sa souveraineté numérique, la souveraineté numérique, entre rêve et nécessité, Eurostack – Une alternative européenne pour la souveraineté numérique, Reprenons le contrôle de nos données…) ont donné l’impression que les choses allaient changer. Mais ce sera compliqué de s’extirper des mailles de plateformes qui définissent notre quotidien numérique depuis des décennies !
Comme je le rappelais en septembre dernier, dans un numérique souverain parce que public, il faudra que le secteur public récupère des compétences qu’il a depuis trop longtemps externalisées, tout en respectant, soutenant le développement des compétences de la société civile. Notre petit Projet collectif peut paraître bien minuscule dans ce contexte mais, avec l’appui de philanthropies aptes à créer des liens avec les ministères, universités et entreprises, nous pouvons jouer un rôle. Vivement 2026 !
Notes
- 1Le lien hypertexte devrait y conduire directement












