veiller tard

Note en vue d’un atelier du groupe Passerelles sur la Veille.

J’hésitais à m’avancer pour présenter mes habitudes et outils, considérant que je ne fais pas de veille pour une organisation. Je fais ça bénévolement pour des fins qui ont des racines lointaines… et je suis seul à définir ce que je surveille ou non. Ce qui me donne une grande (trop?) marge de liberté et rend mon profil de « veilleur »plutôt atypique. 

Au quotidien, j’articule mon travail de veille entre mes fils RSS (75), mes abonnements à Substack (15-20 ?), mes newsletters (10-15?), revues (5-6 dont The-Syllabus) et journaux (1-2) à l’input et mon blogue (Gilles en vrac), mes deux carnets sur Praxis, quelques groupes Passerelles et une liste Google en organisation communautaire comprenant 700+ abonnés à l’output.  

J’utilise de plus en plus mon blogue comme espace de travail : j’y stocke des pages à lire, des traductions faites (avec DeepL Pro) mais encore à lire, des brouillons d’articles…

J’ai recommencé à utiliser Inoreader, version pro cette fois, après avoir utilisé longtemps NetNewsWire sur Mac, puis la fonction de suivi de fils RSS inclue dans DEVONthink (un gestionnaire de documents puissant utilisé très imparfaitement pour l’instant). Le passage de cette dernière solution à Inoreader a été l’occasion d’élaguer un peu ma liste de flux. Que j’ai classés en 15 catégories. Me reste à trouver des façons raisonnables de traiter, gérer cette information, pour éviter d’être régulièrement déborder, au point de « flusher » beaucoup de ce qui est recueilli en survolant trop rapidement. 

Je me demande souvent si un travail collectif me permettrait de mieux suivre ces sources… il faudrait que l’effort, le temps de discussion et les compromis qu’implique le travail à plusieurs, vaille le coup. J’imagine parfois discuter, présenter à d’autres pourquoi je suis telle ou telle source. Ce serait un passage obligé, puisqu’on peut suivre une même source pour y trouver, détecter des choses différentes. Si je suis abonné à la revue Science, qui publie chaque semaine des dizaines de pages, ce que j’y trouve d’intéressant ne sera peut-être pas la même chose que ce que tu y trouverais ! 

La discussion sur la pertinence, les contenus potentiels d’une source permettrait peut-être d’identifier des « mots-clés », des contenus spécifiques à suivre, pour une celle ou celui qui aurait à suivre ce fil au nom des autres ? Par ailleurs certains thèmes chauds d’actualités seraient difficiles à abandonner pour ma part (IA, par exemple). 

Tout comme le changement de logiciel de suivi RSS m’a permis d’élaguer ma collection de flux, mon changement d’adresse courriel (passant d’une adresse Gmail à gillesenvrac.ca) me permet de faire le tri parmi toutes ces lettres et circulaires qui se sont accumulés avec le temps.


Les questions posées :

  • À quoi ressemble votre semaine “type”? 
    • Lecture, lectures, traductions, lectures, exploration…
    • Écriture
  • Où perdez-vous de l’énergie ou du sens? 
    • Changement de systèmes (courriel, inoreader,…)
  • Qu’est-ce qui vous fait gagner du temps? /
    • Changer de système !
  • Comment éviter la surcharge informationnelle? Qu’aimeriez-vous expérimenter prochainement?
    • Discuter des bonnes sources sur un thème : l’IA ?

https://wiki.reseauadn.ca/wiki/La_communauté_de_pratique_et_la_veille_collaborative

https://tiess.ca/projets/la-veille-pour-renforcer-nos-collaborations-et-capacites-dagir

https://passerelles.encommun.io/c/veille


Eric Olin Wright


Différents niveaux de lecture quand on fait de la veille. Sauvegarder, qualifier (taguer) des éléments pour y revenir à un autre moment plus en profondeur. (P. Tanguay)

Pour ma part, j’ai l’impression de me laisser aller un peu trop à l’intuition… plongeant dans la lecture d’un ou d’une série d’articles, parce que je trouve ça intéressant et que j’ai l’intuition que ça pourrait en intéresser d’autres… Sans avoir de plan précis, ni de client à servir ! Par exemple, j’ai passé, comme beaucoup de monde sans doute, pas mal de temps il y a quelques semaines autour de la question du ICE au Minnesota… parce que je trouvais ça intéressant, mais aussi, quel hasard !, parce que je venais de lire deux livres de Hahrie Han qui parlaient de l’action communautaire et de communautés religieuses dans cette région (ce qui se passe à Minneapolis).

Et depuis quelques semaines, je suis plongé dans – autour de l’IA… que j’essaie de suivre à partir d’auteurs qui me semble à la fois critiques et bien informés. Mais une des sources qui m’a le plus nourri ces derniers jours n’était pas sur mon radar mais m’a été apportée par la lecture de Shapiro, suggérée par Tanguay qui m’amenait sur the ideas letter où j’ai trouvé un article d’une source appréciée depuis longtemps : Evgeny Morozov : Socialism after AI (Le socialisme après l’IA). La lecture de cet article me rappelle que j’avais déjà en « banque » (dans mes articles traduits mais non-lus) les articles de Aaron Benanav (Au delà du capitalisme — 1 et Au delà du capitalisme — 2) que Morozov critique. Je remarque que Morozov et Benanav font aussi l’objet d’une réplique dans la même lettre « the ideas lettre » par Leif Weatherby : Automate the C-Suite (Automatiser la direction générale). Trouvant Weatherby intéressant je suis allé lire son article de mai 2025 Our Spreadsheet Overlords (Nos maîtres les tableurs) Benanav a aussi répondu à la critique de Morozov : A Real Political Economy of Technology (Une véritable économie politique de la technologie).

Et je n’ai encore presque rien fait de ces lectures !! Mais je crois qu’elles pointent vers une dimension de l’IA qui est trop souvent oubliée : l’IA comme outil de planification de l’économie. C’est la poursuite d’un vieux débat commencé durant les années ’30 (sur la planification socialiste VS le marché) !

lendemain de veille

Évaluation personnelle de la rencontre sur la veille du lundi 25 nov. 9:00-11:00 organisée par l’OVSS et Projet collectif

En général : Insatisfait. Mais ça, c’est mon état habituel 😉

Le tour d’horizon était trop rapide, les participants venant de trop d’horizons différents… on en est resté à une présentation très superficielle. Ce qui était prévisible… même si les organisateurs ont semblé surpris de la popularité de la réponse à l’invitation : plus de quarante participant.e.s Une diversité-éclatement prévisibles parce qu’il y a autant de veilles que d’organisations, ou même de cerveaux : l’état de veille n’est-il pas un état caractéristique des organismes vivants ?

Aussi je crois qu’un regroupement des personnes par thèmes ou champs d’intérêt me semble essentiel pour pouvoir aller plus loin, à la fois dans les échanges et le partage. Certains sujets ou champs peuvent être si vastes qu’ils incluront tout le monde : environnement et climat; polarisation sociale; mobilisation vers le changement… Et même si nous réunissons des sous-groupes plus homogènes au niveau des intérêts, il est probable que les participants seront à des niveaux différents d’expertises, de moyens, des préférences ou choix historiques de logiciels et d’outils dont il devient difficile de changer après des années d’utilisation.

La diversité des participant.e.s donne l’impression d’inclure tout le monde, d’être représentative du tout. Mais qui n’était pas là, absent mais influent ?

Ne pas prendre la carte pour le territoire. Il y a plus dans le territoire que ce qu’en peuvent dire les géographes et autres prophètes.

L’information qui circule dans les réseaux et médias est peut-être moins importante que l’info qui s’est déposée, qui a été institutionnalisée dans des organisations, des habitudes, des contrats explicites ou implicites qui orientent et délimitent nos actions et décisions. Une information parfois muette, fondue dans l’histoire méconnue sinon secrète du pouvoir des choses.


J’ai retenu de la rencontre du 25 novembre (dont j’avais parlé ici) quelques outils qui ont été identifiés par les participants :

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