Espace montréalais d’information sur la santé

Ce nouveau site, résultat d’une fusion du site du CMIS (Carrefour montréalais d’information sociosanitaire) et d’une partie du site de la Santé publique de Montréal donnera accès en un seul lieu aux informations sur la santé des montréalais et sur les services du réseau de santé et de servics sociaux de la région.

Une amélioration certaine dans la facilité de navigation par rapport aux deux autres sites.

Mais je m’y perds encore… Je devrai désapprendre la navigation de l’ancien site. Finalement, la petite colonne de gauche où l’on pouvait naviguer sur toutes les dimensions du site du CMIS… c’était pas mal 😉

Et puis j’ai beaucoup de difficulté à gober ou plutôt à accepter que l’entête du site gobe presque la moitié de l’espace visuel utile… Une moitié perdue, une fois qu’on a apprécié le beau petit dessin, où les messieurs et madames se parlent en tartes et graphiques… J’ai bien tenté de soulever la question la première fois que j’ai vu l’esquisse… mais il semble que ce soit devenu la norme, dans le réseau. Je ne suis pas sûr que ceux qui conçoivent ou acceptent ces interfaces soient vraiment conscients de la manière dont ça se voit, sur un écran de 1024 par 768… ce qui se trouve encore assez souvent sur les PC du réseau, qui n’a jamais été à la fine pointe, en technologie. Mais je vais continuer d’explorer avant de critiquer plus avant !

activité physique : mauvaise et bonne nouvelles

L’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, dans sa version 2007-2009, permettait de mesurer directement (avec un accéléromètre plutôt que par réponse à un questionnaire) la durée et l’intensité de l’activité physique réalisée. Les premiers résultats publiés dans le dernier Rapport sur la santé, remettent les pendules à l’heure, en terme d’activité physique réelle par rapport à celle qu’on déclarait lors des enquêtes par téléphone (ex. ESCC). Ainsi, quelle surprise, les canadiens semblent faire moins d’exercice qu’ils le disaient !

Le résultat de l’ECMS selon lequel 15 % des adultes respectent la recommandation de 150 minutes d’APMV par semaine diffère de façon marquée des données autodéclarées. Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, plus de la moitié des adultes sont au moins « modérément actifs » durant leurs loisirs. (…) Les données d’accélérométrie de l’ECMS montrent que les Canadiens sont moins actifs que ne le laissent supposer les estimations autodéclarées. Compte tenu des nouvelles possibilités qu’offrent ces données, il faudra réexaminer les liens entre l’activité physique et la santé.

Ce qui semble être une mauvaise nouvelle — les canadiens font moins d’exercice qu’ils le prétendaient — pourrait en contenir une bonne : comme les normes étaient essentiellement basées sur des sources autodéclarées, il est probable que les exigences d’intensité et de fréquence pour avoir un impact sur la santé aient été, elles aussi, surestimées.

À l’heure actuelle, la quantité appropriée d’activité physique requise pour en ressentir des bienfaits sur le plan de la santé est fondée sur les données épidémiologiques d’enquêtes par autodéclaration. [source: Rapport sur la santé]

On arrive, enfin, à des exigences qui seront basées sur des faits plutôt que des vues de l’esprit (wishful thinking). Ça deviendra peut-être un peu plus facile de faire bouger le monde ! À noter que le même Rapport sur la santé compte aussi un article sur l’activité physique des enfants et des jeunes, avec des données tirées de la même ECMS.

statistiques par CLSC ou CSSS ?

J’ai changé d’avis… et retiré les deux billets écrits en fin de semaine. En fait je ne les ai pas jetés très loin, seulement déplacés ici, sur une page avec une petite introduction où je reconnais avoir porté un jugement précipité, à partir d’une information incomplète.

Oui, en effet, les statistiques transmises au ministère ne comporteront plus de « variable » CLSC, mais cela ne veut pas dire que les interventions et clientèles ne pourront pas être agrégées par territoires de CLSC, à partir des adresses des clients. Comme on le fait déjà dans certains tableaux tirés de iCLSC (ici Les usagers par centres d’activité et profils) , où l’on peut avoir les clientèles par CLSC « producteur » de services, mais aussi par « CLSC de résidence du patient ». Cette distinction étant parfois utile et nécessaire lorsque des portions importantes de clientèles viennent d’un autre territoire que celui du CLSC offrant le service. Comme on le fait aussi depuis longtemps avec les statistiques des hôpitaux.

Je n’ai pas l’habitude de réécrire mes billets ainsi, et je m’en excuse auprès de vous, chers lecteurs. J’espère sincèrement m’être trompé et avoir imaginé une mauvaise foi où il n’y en avait pas. On me dit que le nouveau fonctionnement « par CSSS » posera, cependant, plus de problèmes pour certains programmes de santé publique, ou d’intervention communautaire, où les interventions ne sont pas associées à des adresses de clientèles, mais à des organisations, des événements… Mais ce problème se posait déjà dans l’ancienne façon de faire : les statistiques d’interventions collectives ou communautaires n’ont jamais été vraiment satisfaisantes. Et ici je ne crois pas que les statistiques administratives nous donneront des choses vraiment utiles ou comparables, alors que nous avons peine à comparer et faire sens des interventions déjà très codifiées des professions médicales ou de nursing.

Les études de cas, bilans de projets ou analyses de réseaux seraient sans doute plus intéressantes dans ces domaines que les statistiques d’intervention.

Encore une fois, mes excuses pour ce faux pas… Mon intention, vous l’aurez compris, était de défendre le maintien d’une approche par territoires historiques et communautés distinctes où les solidarités et alliances construites depuis des décennies sont à cultiver précieusement.

revues de littérature et espaces verts

Je terminais avec difficulté la lecture des revues de littérature publiées récemment à propos de l‘efficacité des méthodes, la rétention des clientèles et la valeur des outils de mesure du développement des enfants dans le cadre de programmes tels SIPPE. Avec difficulté car la manière dont on additionne les résultats (deux recherches disent oui, et deux non, ça s’annule…), ça passe mal. Je n’arrivais pas à mettre des mots sur ce malaise quand celui-ci s’est accru, grandement, à la lecture de ce que j’appellerais « un exercice de géomatique » réalisé à partir d’une autre revue de littérature, celle-ci portant sur les indicateurs géographiques de l’environnement bâti et de l’environnement des services influant sur l’activité physique, l’alimentation et le poids corporel. J’avais lu avec intérêt cette dernière revue, et j’en ai même parlé ici, en avril dernier. Mais je ne m’attendais pas qu’on utilise de cette manière les paramètres de certaines études recensées pour établir que l’accessibilité des parcs était comblée à 99 ou 100% dans les 8 arrondissements de Montréal examinés. L’accessibilité aux parcs et aux installations sportives pour les familles montréalaises arrivait à cette conclusion après avoir mesuré la distance entre les aires de diffusion et les parcs, en utilisant la norme de 800m de distance, tirée de certaines enquêtes recensées dans le document sur les indicateurs. Comme je venais justement de consulter, pour comparer la superficie des parcs dans les quartiers de notre arrondissement, le plan d’aménagement urbain de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, j’avais sous les yeux une carte (page 15) réalisée par la Ville au moment de la rédaction du Plan (2004) où l’on traçait un cercle de rayon de 300 mètres autour de chaque parc, pour conclure que plusieurs endroits dans l’arrondissement n’avaient pas une accessibilité optimale et qu’il faudrait y travailler.

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà promené avec deux jeunes enfants, Continuer la lecture de « revues de littérature et espaces verts »

avancées en sociologie

Posée y il a quelques jours sur ce carnet, j’ai eu l’audace de relancer cette question (Quels ont été les avancées les plus marquantes de la décennie qui s’achève pour la sociologie ?) auprès de sociologues que je connaissais, ou encore ceux qui animent des blogues.

Et j’ai déjà (malgré le temps des fêtes, qui en a sans doute amené plusieurs à s’éloigner de leur clavier-courriel) reçu plusieurs réponses intéressantes ! La plus rapide, et humoristique, venant d’un sociologue professeur à l’UQAM, et co-directeur du Réseau québécois de recherche partenariale, Jean-Marc Fontan. Je me permet de citer ici l’essentiel de sa réponse (les liens hypertextes sont de moi):

Dans Changer de société, refaire de la sociologie, Bruno Latour (2006) annonce une fin de la “société d’hier et de sa sociologie” au profit de la “société de demain et d’une nouvelle sociologie”, latourienne, il va sans dire. Touraine en fait autant dans “Après la Crise” (2010), où il annonce aussi la mort de la société actuelle. Elle serait arrivée à un point d’aboutissement; prête à être renouvelée par une renaissance de la question sociale, libérée des contraintes… bien évidemment économiques… Plus prêt de nous Jacques Hamel (Woody Allen, au secours de la sociologie, 2010) en fait autant en se questionnant sur la décadence actuelle de la sociologie et son incapacité de réaliser sa pleine potentialité…

Alors, de façon contre productive nous pourrions dire qu’une des révélations des dix dernières années serait l’annonce de la mort de la société (après la fin de l’histoire !) et celle de l’entrée de la sociologie dans une zone de grande perturbation, pour ne pas dire une crise aigüe de confiance…

À contrario, il n’y a jamais eu autant de sociologues que maintenant, autant de diploméEs de sociologie que maintenant, autant de livres, articles, publications produites par des sociologues que maintenant…

Un autre professeur de socio, à l’Université d’Ottawa cette fois, Maurice Lévesque, directeur du département de sociologie, m’aura orienté vers des auteurs et une branche de la sociologie que je connaissais peu : sociologie des réseaux, avec Harrison White Continuer la lecture de « avancées en sociologie »

Joyeux Noël !

Les cadeaux sont achetés, emballés… même si j’ai bien peur que le vêtement pour le petit dernier soit un peu trop… petit !

Je m’étais pourtant promis, la dernière fois, de ne pas retomber dans cette course aux achats de dernière minute. Comme si on se mettait à mesurer, quantifier l’affection portée aux proches…

Tout de même, la frénésie consommatrice n’aura pas été au point de gêner mes récipiendaires : je n’en ai pas les moyens ! Le principal reste encore de goûter un bon repas en bonne compagnie. Un verre de bon vin pour animer la discussion, n’est-ce pas là l’essentiel ? (la discussion !)

S’il est vrai que dans nos sociétés d’abondance il devient difficile de faire bombance – plus que d’habitude ! – le rythme effréné du quotidien donne encore à ces rencontres familiales un caractère exceptionnel.

Je vous souhaite d’heureuses fêtes à tous !

les 5 avancées de la décennie en sociologie

En lisant le dernier numéro de l’année, de la décennie en fait, de la revue Science (qui incidemment est d’accès libre, si vous vous donnez la peine de vous enregistrer) qui fait le bilan des 10 plus importantes découvertes (ou avancées) de la période, je me demandais – car on parle très peu, pour ne pas dire pas du tout de sociologie dans cette revue – quelles seraient les 5 plus grandes avancées dans ce domaine pour la décennie qui s’achève ?

Je lance la question… le temps de me faire une tête…

Parmi les premiers suspects crédibles :

– le rapport de 2008 de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé…

– le développement des réseaux sociaux (et de l’analyse s’y rattachant) ? Je sais que le phénomène Facebook est bien différent de l’analyse sociologique, mais, bon…

– et j’ai aussi un candidat pour LE grand recul sociologique de la décennie : l’arrêt du recensement long par le gouvernement canadien !

parutions utiles

Guide pour les élus locaux (Australie) Ce document leur explique, entre autres, comment éviter de tenir compte de leurs intérêts personnels lors des processus de prise de décision et comment prévenir l’utilisation de leur fonction pour obtenir un traitement préférentiel dans des situations de passation de contrats. PDF 68 pages.

Quelqu’un pourrait-il en faire une version pour nos élus à nous ?

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The power of taxes Un petit texte (6 pages – pdf) qui rappelle des évidences trop souvent oubliées : les taxes servent à payer des services… et maugréer contre les impôts (prétendument) trop élevés sans garder en tête les services que ces impôts financent, c’est non seulement de la courte vue, mais une courte vue affligée de strabisme.

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L’Écosse évalue l’impact d’un ensemble de programmes (Enterprising Third Sector Action Plan) de financement et soutien au secteur communautaire. Le rapport d’évaluation  : Evaluation of Third Sector Investment and Support, pdf 75 pages.

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Et Diversité et mouvance familiales durant la petite enfance (pdf 24 pages)- la dernière parution tirée de l’Étude longitudinale sur le développement de l’enfant au Québec. – merci Christian !

Et tant qu’à être sur le site de l’Institut de la statistique du Québec, le Portrait social 2010 (pdf 310 pages) sur Les conditions de vie des Québécoises et Québécois vient de paraître. Les têtes de chapitres :

  • La situation démographique, tendances récentes et projetées- page 29
  • Les inégalités sociales de santé : Une réalité dont l’ampleur est sous-estimée – page 51
  • Les maladies chroniques : des facteurs multiples, des liens complexes – page 65
  • Le portrait de la population immigrée en 2006 : une population en transformation- page 89
  • La scolarisation et la diplomation- page 117
  • Les personnes désirant travailler- page 139
  • Le revenu- page 167
  • Entrer et sortir d’un épisode de faible revenu- page 191
  • L’assistance sociale de 1996 à 2008 : avancées et défis- page 213
  • Les aspects sociaux du logement- page 231
  • Le partage du temps productif chez les hommes et les femmes vivant en couple, 1986-2005 – page 249
  • Le bénévolat – page 285

indices de bien-être

J’ai poursuivi mon exploration du site et du rapport des « Comptes nationaux du bien-être » développés par le National Economic Foundation (NEF) à partir des données de l’enquête sociale européenne de 2006-2007. C’est un site en anglais, mais la compréhension en est assez simple… et vous trouverez ici une présentation assez complète par une blogueuse française.

Une particularité des résultats affichés : alors que les pays scandinaves se situent en haut de l’échèle sur à peu près tous les indicateurs de bien-être social et personnel, ils se montrent les derniers de classe pour l’indicateur de l’estime de soi ! Devrait-on y voir une relation de cause à effet ? En tout cas ça m’a rappelé (avec un petit grincement de dent) toute l’importance qu’on donnait (qu’on donne encore ?) à cette estime de soi, dans le soutien à la réussite scolaire…

Par ailleurs, le rapport de la NEF cite les travaux, toujours en cours, soutenus par l’OCDE, pour Mesurer le progrès des sociétés, où j’ai remarqué deux partenaires canadiens, dont le projet Indice canadien du mieux-être, dirigé par Roy Romanow, qui a déjà produit une série d’indicateurs et de rapports (dont des résumés en français) sur les dimensions du mieux être : participation démocratique; dynamisme communautaire; éducation; population en santé; loisirs, culture et aménagement du temps; niveaux de vie; un autre rapport sur l’environnement est à venir. Ces rapports sont récents (2009-2010). L’autre partenaire canadien associé à ce projet international de l’OCDE est l’Institut international pour le développement durable.

Le même rapport de la NEF sur les National Accounts of Well-being citait comme une des sources de ses travaux un ensemble de synthèses de recherches réalisées récemment : le Foresight Mental Capital and Wellbeing Project. On trouve sur le site de ce projet un semble impressionnant de rapports sur des questions précises liées au bien-être et au « mental capital ». Je n’en ferai pas ici l’énumération, mais juste pour vous donner une idée : en plus des différents chapitres du rapport final, j’ai compté 89 rapports scientifiques différents, portants sur des sujets aussi précis que: