environnement, médias et réseaux sociaux

Ces quelques notes pour pointer vers des articles et publications colligés récemment.

A) Autour de la question environnementale

courlis

Le syndrome de la ligne de référence mobile explique sans doute une bonne partie de notre indifférence collective à l’égard de la disparition de tant d’espèces vivantes, de la réduction de la biosphère comme « peau de chagrin ». Dans Le vide que nous appelons abondance, Elisabeth Robson, en s’appuyant sur Sea of Slaughter de Farley Mowat rappelle et illustre ce principe :

Quelqu’un qui a grandi en voyant des milliers de courlis passer au-dessus de sa tête en vient à considérer des centaines comme une petite volée. Ses propres enfants, qui n’en ont jamais vu que des centaines, grandissent en pensant qu’en observer cinquante, c’est une bonne journée d’observation des oiseaux. Leurs petits-enfants, qui n’en ont vu que cinquante, considèrent un seul courlis comme une merveille qui vaut le déplacement. Quant à leurs arrière-petits-enfants, ils ne voient plus du tout cet oiseau et n’ont aucune raison particulière de remarquer son absence.

Toujours en s’appuyant sur Sea of Slaughter de Farley Mowat, la même Elisabeth Robson dans Le dernier pays de Nanuk retrace la disparition des ours blancs de la côte est de l’Amérique du nord. Je ne savais pas qu’il y avait eu tant d’ours blancs sur l’île d’Anticosti !

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Quelles communautés ?

Extraits de Où vit la communauté ? de Laurens Hof, 18 février 2026.

« La façon la plus simple de comprendre ActivityPub est de considérer que les serveurs s’échangent des messages. Une personne sur un serveur peut suivre une personne sur un autre serveur, et lorsque l’une ou l’autre publie quelque chose, son serveur transmet ce message à l’autre.

« Vers 2023, Mastodon traitait les serveurs comme une infrastructure invisible; en 2026, Mastodon souhaite que les serveurs soient des communautés. PeerTube les traite comme des contenants institutionnels pour des bibliothèques vidéo auto-hébergées, la fédération étant une fonctionnalité secondaire. 

« Là où ActivityPub s’organise autour du serveur en tant qu’unité sociale, ATProto s’organise autour des données.

« Les fils d’actualité organisent ce que les individus voient sans créer d’espaces partagés, de gouvernance partagée ni d’appartenance partagée. Dans la mise en œuvre par défaut de Bluesky, vous faites défiler un fil d’actualité, mais vous n’en faites pas partie. L’absence d’infrastructure communautaire au niveau du fil d’actualité découle directement de la raison d’être de ces fils : ils répondent à un besoin de curation individuelle, et non d’organisation collective.

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Harrison White, sociologue des réseaux

L’auteur est qualifié de leader de la « révolution de Harvard » en matière de sociologie, amenant les chercheurs à délaisser l’étude des individus et leurs personnalités pour s’intéresser plutôt aux modèles de relations et de connectivité, donnant ainsi naissance à l’analyse des réseaux sociaux moderne. L’article publié en mars 2025 dans La vie des idées, Harrison White, pionnier de l’analyse des réseaux1C’est la meilleure introduction aux concepts développés par White dans Identité et contrôle que j’ai trouvée., par Alain Degenne, spécialiste de la sociologie des réseaux et les deux traducteurs de Identité et contrôle, Frédéric Godart et Michel Grossetti, résume bien la contribution de White à la sociologie contemporaine.

D’entrée de jeu les sociologues français réfèrent à la notice nécrologique publiée par le New York Times en juin 2024, à l’occasion du décès du sociologue américain à l’âge de 94 ans : Harrison White, Groundbreaking (and Inscrutable) Sociologist, Dies at 94 (lien-cadeau). Ma traduction : Harrison White, sociologue novateur (et énigmatique), décède à l’âge de 94 ans.

À la lecture de ce dernier article, je me sens moins seul à trouver difficile la lecture de Identité et contrôle ! Comme racontaient ses étudiants de second cycle lors d’une rencontre d’anciens, en parlant du professeur White :

« Il se tenait debout devant la classe et parlait essentiellement au tableau noir, de sorte que personne ne pouvait entendre ni comprendre ce qu’il disait », a expliqué Mme Nelson.

Les assistants d’enseignement étaient censés expliquer, lors de petites séances de discussion, le contenu des cours magistraux.

« Mais eux non plus ne savaient pas de quoi il parlait », a-t-elle ajouté. « Ils se réunissaient donc pour s’entendre sur ce dont il pouvait bien s’agir. »

Mais l’article de Degenne, Godart et Grossetti me convainc, par ailleurs, de poursuivre mon effort !

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Notes

  • 1
    C’est la meilleure introduction aux concepts développés par White dans Identité et contrôle que j’ai trouvée. ↩︎

complémentarités : trois panels et une conférencière

Trois panels et une conférence « tenus « keynote » qui se sont tenus à Amsterdam en juin dernier autour du thème « Technologie et démocratie ». Le lancement d’une « pile sociale » européenne, avec l’appui des grands de l’Open source (qui sont souvent plus concurrents que collaborateurs) : sera-ce plus qu’une déclaration ? ; une discussion autour des relations entre médias traditionnels et réseaux sociaux : comment les grands médias (et leurs journalistes) peuvent-ils regagner la confiance de leurs publics ? Le projet d’incubateur d’espaces publics voudrait les aider; des leaders d’initiatives (dont le fondateur de Blacksky) basées sur l’Open social web (ATproto et ActivityPub) présentent leurs perspectives de développement.


Ce panel tenu lors du PublicSpaces Conference 2026 : Technology for Democracy, présentait la déclaration signée par les grands de l’Open : The European Social Stack.1[Voir La pile sociale européenne.]

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Notes