L’espoir est la forme de manipulation psychologique la plus socialement acceptable

Traduction de Hope Is the Most Socially Acceptable Form of Gaslighting​​​​​​​​​​​​​​​​, par The Minority Report, 28 avril 2026


L’espoir connaît un véritable succès médiatique. On le retrouve dans les discours de remise des diplômes, sur les affiches de motivation et lors de chaque cérémonie de clôture des conférences sur le climat depuis, disons, toujours. Quand les choses tournent mal, et elles tournent actuellement spectaculairement mal, les adultes se raccrochent à l’espoir comme un magicien se raccroche à son foulard. Infini, coloré, et qui, en fin de compte, ne cache rien. Il est enveloppé dans un langage chaleureux, remis aux jeunes comme un gilet de sauvetage fait de sentiments, et déployé avec une telle régularité qu’on commence à se demander si ce n’est pas en fait un réflexe plutôt qu’une philosophie. Lorsque les systèmes climatiques s’effondrent, lorsque la politique devient grotesque, lorsque les inégalités se cristallisent dans l’architecture, lorsque les jeunes regardent vers l’avenir et y voient une succession d’urgences qui s’accumulent, la réponse officielle reste la même : ne désespérez pas, gardez espoir. Mais que se passerait-il si l’espoir était en quelque sorte le problème ?

Pour beaucoup, cette idée fait l’effet d’un seau d’eau froide en plein visage. L’idée que l’espoir est nécessaire à l’action est tellement ancrée dans notre culture que chaque fois que j’en parle, les gens se mettent immédiatement sur la défensive. Mais ces arguments ne sont pas seulement ce que je dis depuis des années. Ils sont désormais parfaitement formulés dans un brillant article de 2026 signé par Thornton, Stratford et Louverdis, « The Obscenity of Hope: Educating Young People in the Anthropocene », publié dans Ethics and Education (ma traduction [GB]: L’obscénité de l’espoir : éduquer les jeunes à l’ère de l’Anthropocène).

Affirmer que l’espoir est une forme de manipulation psychologique n’est pas une accusation lancée à la légère. Car l’espoir est sacré dans la culture moderne. Le critiquer semble presque indécent, comme si l’on interrompait une séance de thérapie ou que l’on publiait un avis négatif sur Google à propos d’un enterrement. L’espoir semble bienveillant. Chaleureux. Humain. Au fil de siècles de gestion culturelle minutieuse, il a acquis un prestige moral si considérable qu’il n’est pratiquement jamais remis en question. Et c’est précisément là le problème. Car l’espoir, surtout dans le contexte de l’effondrement écologique et de la crise sociale, n’est pas toujours une force libératrice. En fait, il peut devenir un obstacle à l’action, un palliatif qui atténue le sentiment d’urgence et, ce qui est le plus inquiétant, un mécanisme colonial qui conditionne les gens à endurer l’injustice plutôt qu’à la démanteler. La provocation centrale est simple et véritablement explosive : à l’ère de la crise climatique, de la régression politique, des vestiges du colonialisme et de la détresse mentale croissante, l’espoir n’est peut-être pas ce dont les jeunes ont besoin. Ils ont peut-être besoin de quelque chose de bien plus honnête, et de bien moins facile à vendre lors de la remise des diplômes.

Le mot utilisé ici pour désigner l’espoir est « obscène », et ce choix est délibéré. Pas obscène au sens d’un langage offensant, bien que cet argument provoque un certain malaise social.

Obscène dans le sens où l’espoir semble bienveillant tout en cachant sa violence. L’obscénité réside dans le fait que l’espoir demande souvent aux gens d’attendre poliment au sein de systèmes qui les brûlent vifs. Il offre un réconfort émotionnel sans changement matériel. Il encourage la foi en des résultats que l’ordre existant n’a aucune intention de fournir. Il dit aux gens de tenir bon. D’être patients. De croire. De tenir encore un peu plus longtemps. En ce sens, l’espoir devient moins une force de transformation qu’une technologie de report, un mécanisme élégant et socialement acceptable visant à garantir que les personnes les plus touchées par le statu quo restent trop occupées spirituellement par l’optimisme pour entreprendre quoi que ce soit qui menace structurellement ce dernier.

Réfléchissez-y. Le monde est en feu, littéralement et politiquement. Et la réponse officielle des institutions, des éducateurs et des conférenciers TED bien intentionnés partout dans le monde est : avez-vous essayé d’être plus optimiste ? C’est comme se présenter devant une maison en feu et remettre aux résidents un tableau de visualisation. L’argument va ici plus loin que de simplement dire que l’espoir peut parfois décevoir. Ce serait trop modéré, trop poli, trop semblable à ce qui est critiqué. L’argument est que l’espoir peut en réalité entraver l’action. Pourquoi ? Parce que l’espoir sert souvent de substitut à la confrontation. Au lieu d’affronter l’ampleur de la crise, nous l’édulcorons. Au lieu de prendre la mesure de l’absurdité de notre situation politique et écologique, nous nous anesthésions avec des phrases sur le progrès, la résilience, l’innovation et un avenir meilleur qui nous attend au tournant. L’espoir, sous cette forme, devient un moyen de ne pas voir pleinement. Et ne pas voir s’avère, en fin de compte, extrêmement utile sur le plan politique si vous dirigez l’un des systèmes qui causent ces dégâts.

Si les gens restent suffisamment optimistes, ils risquent de ne pas se rebeller. Si la population croit que l’avenir sera d’une manière ou d’une autre réparé par les dirigeants, les marchés, les technologies vertes ou la lente progression des réformes institutionnelles, elle est moins encline à exiger une rupture. L’espoir fonctionne donc comme un stabilisateur du statu quo, une sorte de sédatif idéologique administré à des doses inspirantes. Il permet aux systèmes destructeurs de perdurer en convainquant les gens que le système finira par se corriger de lui-même, probablement bientôt, probablement grâce aux efforts de quelques acteurs très engagés lors d’un prochain sommet. En ce sens, l’espoir n’est pas l’ennemi du désespoir. Il est souvent le complice de la passivité. Le bon flic dans une salle d’interrogatoire où le mauvais flic s’appelle Effondrement.

Camus avait des réflexions sur tout cela, comme Camus avait coutume de le faire. Son observation était que les êtres humains vivent avec une contradiction douloureuse et insoluble. Nous aspirons à l’ordre, à la clarté et au sens, mais nous habitons un univers qui, comme chacun sait, n’offre aucune de ces choses de manière fiable. Il existe un fossé entre notre besoin de certitude et l’opacité fondamentale de la réalité. Pour Camus, beaucoup de gens tentent d’échapper à cette condition en s’accrochant à des illusions, en faisant ce qu’il décrivait comme un saut dans un fantasme réconfortant ; un suicide philosophique, qui est peut-être le nom le plus dramatique possible pour désigner le fait de choisir une histoire plus belle plutôt qu’une histoire honnête. L’espoir, selon cet argument, joue souvent exactement ce rôle. Il devient un refus de rester avec la réalité telle qu’elle est. Un gracieux plongeon de cygne au-dessus de l’abîme vers un avenir qui semble plus doux, tandis que le présent, avec ses crises réelles, ses structures réelles et les personnes réelles qui y souffrent, reste largement ignoré.

Cela ne revient pas à dire que toutes les visions de l’avenir sont stupides, ni que l’imagination est un crime. L’argument est plus pointu que cela. Il s’agit du fait que lorsque l’espoir devient une promesse de salut, lorsqu’il nous permet d’échapper à la sévérité du présent, il empêche le genre d’action lucide et courageuse que la réalité exige réellement. Il nous apprend à détourner le regard du feu tout en parlant tendrement de l’aube. Et une fois que l’espoir est structuré de cette manière, le désespoir suit de près, car les deux ne sont pas opposés au sens propre du terme. Ils appartiennent à la même architecture psychologique. Tous deux sont fixés sur des futurs imaginaires plutôt que sur les conditions présentes. L’espoir dit que le salut arrive. Le désespoir dit que la ruine est inévitable. Mais tous deux peuvent nous détacher de l’action dans le présent. Si l’espoir nous fait attendre, le désespoir nous fait sombrer. Dans les deux cas, le présent est abandonné, et rien ne change réellement, si ce n’est peut-être la température émotionnelle ambiante de la conversation.

C’est là que l’arnaque devient la plus évidente. L’espoir et le désespoir sont des colocataires, pas des rivaux. Tous deux obsédés par l’avenir, tous deux inutiles dans le présent, tous deux vous donnant une excellente excuse pour ne pas faire ce qui est difficile tout de suite. Le binaire espoir-désespoir n’est pas un spectre. C’est une impasse. Et un cul-de-sac particulièrement efficace, car il se présente comme exhaustif. Soit vous avez de l’espoir, soit vous êtes désespéré, et dans les deux cas, vous vous détournez du moment présent où le véritable travail de transformation doit avoir lieu. Il faut rejeter ce binaire dans son ensemble, et non le contourner.

C’est là que l’argument devient particulièrement pertinent pour l’éducation, et particulièrement gênant pour ceux qui la dirigent. Dans le discours dominant, on décrit souvent les jeunes comme ayant besoin d’espoir. Les éducateurs s’inquiètent, de manière compréhensible et sincère, que trop d’exposition à la science du climat, à la détérioration politique, aux dynamiques d’effondrement et au dépassement écologique ne génère de l’anxiété ou du désespoir. Leur instinct est donc d’adoucir la vérité par l’optimisme, d’équilibrer chaque fait difficile par un contre-exemple inspirant, de renvoyer les élèves chez eux avec leur sentiment d’un avenir gérable intact. Mais dire aux jeunes d’avoir de l’espoir peut en réalité être une forme de manipulation mentale lorsque les preuves devant eux pointent dans une direction différente avec une persistance considérable. Beaucoup de jeunes comprennent déjà, avec une clarté dérangeante, que l’avenir qui leur est promis est instable, surchauffé, inégalitaire et politiquement fragile. Insister pour qu’ils gardent espoir peut ressembler moins à de l’attention qu’à de la condescendance, ou pire, à une invitation à feindre le bien-être pour le confort des adultes qui ont contribué à créer cette situation.

Il y a ici une dimension morale qui est négligée. Demandez-vous qui peut réellement se permettre d’espérer. Le confort n’est pas réparti de manière égale. L’espoir est bien plus facile à entretenir quand on vit dans une relative sécurité, avec de l’eau potable, des systèmes de climatisation qui fonctionnent, un logement sûr et une protection suffisante contre les catastrophes directes pour que l’avenir reste une question ouverte plutôt qu’une certitude. C’est plus difficile, voire structurellement impossible, pour ceux qui vivent déjà au cœur d’une catastrophe, qu’elle soit due à la colonisation, aux déplacements de population, à la pauvreté, à la guerre ou à la destruction écologique déjà en cours. C’est là que la critique de l’espoir devient une critique du privilège. L’espoir est souvent prêché le plus fort par ceux qui sont les moins exposés à l’effondrement. Il est prescrit avec le plus d’insistance aux personnes dont le présent est déjà catastrophique, alors qu’il est facultatif pour celles dont le présent est tout à fait confortable.

Et nous devons nous rappeler que la chose la plus utile politiquement que l’on puisse faire pour un système défaillant est de dire à ses victimes de garder espoir.

Cela conduit à l’affirmation la plus profonde et la plus politiquement chargée de tout cet argument : l’espoir peut coloniser l’esprit. Cette phrase mérite d’être prise au sérieux. Elle signifie que l’espoir peut conditionner les gens à s’orienter vers des avenirs conçus par les mêmes systèmes qui les ont dépossédés. Il devient une discipline psychologique par laquelle on dit aux personnes colonisées, marginalisées, racialisées et issues de la classe ouvrière de supporter la violence d’aujourd’hui en échange de promesses pour demain. Dans ce contexte, l’espoir n’est pas innocent. Il est historique. Il a été utilisé pour pacifier. Pour reporter la justice. Pour rendre l’exploitation suffisamment supportable pour qu’elle se poursuive. Pour faire passer l’attente pour noble plutôt que stratégique de la part de quelqu’un d’autre. L’espoir dit : ton tour viendra. Mais pas encore. Continue d’attendre. Continue de croire. Continue de te comporter comme il faut. C’est de la colonisation au niveau de la conscience, et elle n’en est pas moins efficace pour autant qu’elle soit invisible.

Après tout, la colonisation ne concerne jamais uniquement la terre. Elle concerne aussi le temps, l’imagination et la subjectivité. Il s’agit de contrôler ce que les gens croient possible, et tout aussi important, ce qu’ils croient avoir le droit d’exiger. Si l’on peut apprendre aux gens à espérer dans les limites de l’ordre existant, à n’imaginer que les avenirs que le système est prêt à offrir, alors quelque chose de remarquable a été accompli sans qu’une seule loi ait été votée. Vous avez enfermé leur imagination politique sans un seul poteau de clôture visible. Ils attendront. Ils croiront. Ils continueront à se comporter comme il faut. Et la machine continue de tourner, fraîchement repeinte de couleurs optimistes, déployant un langage de partenariat, de progrès et d’objectifs ambitieux tandis que les causes structurelles de la catastrophe restent totalement intactes.

Cette critique s’étend directement au discours contemporain sur la durabilité, sur lequel il vaut la peine de s’attarder un instant. La rhétorique de la croissance verte est une véritable leçon de « l’espoir comme délai ». Elle semble porteuse d’espoir. Elle utilise des mots comme transition, innovation, ambition, zéro net et économie circulaire avec l’assurance de ceux qui croient que renommer un processus revient à le changer. Elle promet une transformation tout en refusant discrètement de s’attaquer à la logique structurelle qui alimente la destruction écologique. C’est la rhétorique qui consiste à entretenir la machine tout en la repeignant en vert. L’espoir, ici, sert de lubrifiant au déni. Il permet aux institutions de célébrer l’ambition dans leurs communiqués de presse tout en évitant d’aborder les implications des limites planétaires dans les salles de réunion. C’est l’espoir comme l’odeur agréable qui s’échappe du pot d’échappement.

Cet argument est renforcé par la mise en contraste de la panique occidentale tournée vers l’avenir avec les perspectives autochtones qui considèrent déjà l’apocalypse non pas comme un événement à venir, mais comme une condition permanente. Pour de nombreuses communautés autochtones, la colonisation elle-même était apocalyptique. La fin d’un monde a déjà eu lieu. De ce point de vue, les appels à l’espoir lancés par le courant dominant peuvent paraître absurdement naïfs, ou pire, cruellement sélectifs. Ils présupposent que la catastrophe est nouvelle, qu’elle est exceptionnelle, qu’elle représente un écart par rapport à une histoire qui, sans cela, se déroulait plutôt bien. Pour beaucoup de gens, elle est héritée. Elle est structurelle. Elle est là, aujourd’hui. L’idée que l’espoir est universellement éthique, universellement approprié ou universellement accessible ne résiste pas au contact avec cette réalité. Et je dirais que l’espoir en tant que stratégie est la forme la plus socialement acceptable de manipulation mentale.

Alors, qu’est-ce qui est réellement proposé à la place ? Pas le nihilisme. Personne ne vous suggère de vous asseoir dans une pièce sombre pour dresser une liste exhaustive de tout ce qui est voué à l’échec tout en refusant de vous confronter à la réalité matérielle. L’alternative est à la fois plus simple et considérablement plus exigeante : une révolution sans espoir. Cette expression a son importance. Elle ne signifie pas une révolution sans attention, sans sens ou sans engagement. Elle signifie une révolution libérée du fantasme selon lequel les choses s’amélioreront simplement parce que nous le souhaitons, ou parce que l’histoire suit une trajectoire prédéterminée vers la justice qui nécessite juste un peu plus de patience pour s’accomplir. Elle signifie apprendre à agir sans garantie de succès. Rester éveillé éthiquement et politiquement sans exiger l’optimisme comme condition préalable.

C’est une vision bien plus exigeante de l’action humaine, et bien moins confortable à présenter. Au lieu de l’espoir, ce qui est proposé, c’est la solidarité, une vision écologique du monde, la pensée systémique, et ce qu’on appelle presque malicieusement le « fais-ce-que-tu-peux-isme ». Cette expression pourrait sembler d’une modestie embarrassante. Elle ne l’est pas. Elle désigne une discipline d’action lucide. On n’agit pas parce que l’histoire est assurée de s’orienter vers la justice. On n’agit pas parce qu’on est sûr de la victoire ou parce qu’on a calculé un résultat attendu positif. On agit parce que la réalité exige une réponse. Parce que l’injustice est intolérable en ce moment même. Parce que la destruction écologique est réelle en ce moment même. Parce que d’autres personnes souffrent en ce moment même. Parce que le sens se construit dans l’acte lui-même, et n’est pas reporté à une justification future que l’on verra peut-être ou peut-être pas.

Supprimez l’obligation de paraître optimiste, et quelque chose de surprenant se produit : l’éducation devient honnête. Les jeunes, qui savent déjà pour la plupart que l’avenir qu’on leur vend est surchauffé, inégalitaire et politiquement précaire, peuvent apprendre à comprendre les systèmes, les limites, l’interdépendance et le pouvoir plutôt que d’être doucement manipulés pour qu’ils restent optimistes. On peut leur présenter la décroissance, la décolonisation, la démocratie écologique et d’autres cadres de pensée qui remettent réellement en cause les postulats de la croissance infinie et de la suprématie humaine, plutôt que de les accommoder dans un langage édulcoré. On peut les inviter à la solidarité plutôt qu’à de fausses rassurances. Ils peuvent apprendre que le sens ne dépend pas de la certitude, que l’action ne nécessite pas d’espoir, et que la responsabilité n’attend pas que le réconfort émotionnel arrive pour devenir opérationnelle.

Il y a quelque chose de presque purificateur dans cette position. Elle refuse à la fois l’optimisme sentimental et l’effondrement mélodramatique. Elle nous demande de grandir, politiquement et philosophiquement. D’arrêter de confondre exaltation émotionnelle et clarté éthique. D’arrêter de traiter l’espoir comme sacré simplement parce qu’il semble bienveillant et qu’il fait se sentir un peu mieux à tout le monde dans la pièce pendant environ quarante minutes. Ce qui rend cet argument si convaincant, c’est qu’il ose dire ce que beaucoup de gens ressentent mais expriment rarement en bonne compagnie : que l’espoir, entre de mauvaises mains et dans de mauvaises conditions, est un piège. Il peut nous maintenir dans l’obéissance. Il peut nous distraire. Il peut nous faire attendre des avenirs que le présent est en train de compromettre activement, tandis que nous conservons une attitude d’optimisme poli face au processus. Et si cela est vrai, alors l’un des actes les plus radicaux dans l’éducation, et peut-être en politique, et peut-être dans la vie, pourrait être de cesser d’enseigner l’espoir comme une vertu et de commencer à enseigner la lucidité, le courage et la responsabilité collective à la place.

Non pas parce que l’avenir est garanti. Précisément parce qu’il ne l’est pas. C’est là le cadeau dérangeant que cet argument vous laisse. Il remplace une question rassurante, « que croyez-vous qu’il va se passer ? », par une autre, bien plus sérieuse : « que ferez-vous maintenant, sans illusion ? ». Et si cette question est plus effrayante que l’espoir, elle est aussi plus honnête. Et peut-être, en fin de compte, plus utile.


Liste évolutive des traductions par Gilles en vrac
Les caractères gras dans le texte sont de Gilles.