Incubateur d’espaces publics

Catherine Tait, ancienne PDG de Radio-Canada/CBC, et Josh Kramer, directeur du New_Public publiaient le 26 juillet How public broadcasters are changing online conversation (ma traduction : Comment les radiodiffuseurs publics transforment les échanges en ligne). Le projet Public Spaces Incubator (PSI)… soutenu par Radio-Canada et d’autres diffuseurs publics (Belgique, Suisse, France) lancé en 2023 (Les diffuseurs publics s’allient pour se réapproprier les espaces publics en ligne avec la création de l’incubateur d’espaces publics) et prolongé jusqu’en 2027 (L’incubateur d’espaces publics annonce sa prolongation pour deux ans et l’entrée de l’ABC (Australie) et de l’ARD (Allemagne) dans ce partenariat de diffuseurs publics) avec l’ajout de l’Australie et l’Allemagne à l’effort collectif.

Présentation PowerPoint du PSI (en 2024) – original


Le rapport du Global Task Force for Public Media, dont j’ai traduit le Key Findings daté du 17 juillet 2026. Le rapport complet (en anglais) de juin 2026.

Le 10 juillet, lors d’une rencontre de DW Global Media Forum à Bonn, Public Media Alliance animait une table ronde How the Public Spaces Incubator is building civic engagement. Ma traduction : Comment le Public Spaces Incubator favorise l’engagement civique.

Mais j’ai l’impression que les attentes ou définitions de l’espace public en question sont différentes ou élastiques… Est-ce que l’ouverture d’un espace d’entretien entre les usagers et un diffuseur public est un « espace public » ?


Les pages tirées de Radio-Canada sur l’IPS:

Les pages relatives à cet Incubateur d’espaces publics que j’ai traduites.


Autres pages liées à des efforts de développement d’un numérique démocratique, ouvert, social…

  • Democratic technology for Amsterdam (février 2026)
  • Technology for Democracy – partie de PublicSpaces Conference 2026 (juin 2026)
  • 👋🏅🏆 Meet the winners of the first Open Social Awards sur New_Public – Découvrez les lauréats de la première édition des Open Social Awards
  • We Build On Hope, conférence d’ouverture du PublicSpaces Conference 2026, par Robin Berjon — vidéo de 47 min.
    « La situation actuelle du secteur technologique peut sembler décourageante. Des années d’analyse critique et d’efforts de réforme nous ont laissé un univers numérique qui semble pire que jamais. En Europe, nos dirigeants semblent incapables de formuler une stratégie claire, préférant faire des promesses vagues concernant l’IA, retarder la mise en application des mesures ou saper la propre industrie technologique européenne afin de protéger les exportations des géants industriels du XXe siècle. Pendant ce temps, les monopoles technologiques se sont ouvertement alignés sur des régimes autoritaires, et les chefs de direction discutent ouvertement de l’érosion de la démocratie.

    Pourtant, aussi sombre que puisse paraître la situation, elle n’a jamais été aussi claire. L’Internet tel qu’il existe aujourd’hui est le résultat d’un projet politique esquissé dans les années 1990, et nous pouvons le remplacer par une meilleure vision. Au cours de cette séance, Robin Berjon présente une stratégie visant à instaurer la démocratie sur Internet et met en lumière des exemples de projets qui nous orientent vers un espace numérique plus sain et plus porteur d’espoir, au service de nous tous. »

De quels espaces publics parle-t-on ?

Que les grands médias publics investissent dans l’éducation des publics et dans le développement d’outils de participation et de modération intelligentes, tout en rendant leurs journalistes plus accessibles, c’est bien ! Mais l’espace public qui a été « privatisé » par les plateformes numériques et s’est éclaté en de multiples chambres d’échos, rendant plus difficile l’émergence d’une opinion publique démocratique éclairée ne sera pas reconstruit en ouvrant un dialogue à la périphérie des seuls médias publics.

Ce qui serait mieux encore, comme le suggère madame Tait à la fin de son intervention :

ces outils PSI peuvent-ils être intégrés aux applications et aux sites Web d’autres organisations médiatiques traditionnelles et d’autres institutions publiques (bibliothèques, musées, organismes gouvernementaux, universités)? Toutes les institutions publiques ont de la difficulté à établir un lien avec le public et à engager des conversations en ligne saines et productives avec leurs concitoyens. À ce jour, la trousse d’outils PSI a été mise à l’essai sur des sites détenus et exploités par les partenaires des médias publics. Je pense que la prochaine étape consiste à imaginer comment garantir une disponibilité plus large grâce à une solution à code source libre.

Que les outils PSI soient rendus libres et interopérables, cela pourrait contribuer à la reconstruction d’un espace public démocratique nouveau. Des espaces liés à des institutions, organisations de la société civile et médias qui permettraient une identification unique, reconnue d’une plateforme à l’autre, et l’échange d’informations et de dossiers entre les producteurs de « contenus »… on peut rêver !

Vers la fin de son intervention à la PublicSpaces Conference Robin Berjon parlait de divers protocoles ouverts (nommément AT proto, ActivityPub et Matrix) qui répondaient à des besoins spécifiques mais qui, éventuellement, pourraient devenir interopérables ? C’est ce que j’entends lorsqu’il dit : On verra un peu plus tard comment ces protocoles sont actuellement en amour ! (« We’ll hear a little bit more about how these are actually all in love later today »).

Qu'en pensez vous ?