L’un des plus grands que l’Amérique ait jamais connus, et l’autre, Elon Musk
Traduction de Two Men par Bill McKibben, sur The Crucial Years, le 1er septembre 2026

Wendell Berry, décédé hier à l’âge de 92 ans, était un homme si exceptionnel que je ne sais guère par où commencer. Il figurait parmi les rares grands écrivains de notre époque : ses essais sur l’Amérique rurale ont donné naissance à des dizaines de milliers de marchés fermiers; ses poèmes ont égayé bien des mariages heureux (et j’ai uriné dans une douzaine de salles de bains différentes où le Manifeste du Front de libération des fermiers fous était encadré au-dessus de la toilette). Si vous n’avez jamais lu ses nouvelles de la série « Port William Membership », ni son meilleur roman, Jayber Crow, vous pouvez vous estimer chanceux de pouvoir les découvrir pour la première fois.
Berry était aussi, bien sûr, engagé politiquement. Je me souviens m’être tenu à ses côtés il y a vingt ans, lors d’une manifestation contre la centrale électrique de Capitol Hill à laquelle je l’avais invité à participer. Il faisait un froid glacial ce jour-là, et à un moment donné, il s’est tourné vers moi, m’a souri et m’a dit : « Tu crois qu’ils vont peut-être nous arrêter bientôt? » Il n’aimait pas particulièrement les mouvements militants, mais il comprenait le pouvoir du témoignage moral; il avait occupé le bureau du gouverneur du Kentucky, dans le cadre d’une manifestation contre l’exploitation minière à ciel ouvert, avec une brosse à dents et un volume de Shakespeare dans la poche.
Et, peut-être avant tout, sa vie était une œuvre à la fois artistique et politique : sa décision d’abandonner une carrière littéraire à New York pour retourner plutôt dans le Kentucky de son enfance, s’installant le long de la rivière Ohio où, avec sa conjointe Tanya, il cultivait la terre et écrivait, incarnant ainsi l’attachement au lieu et à la communauté qui animait son écriture. (Sa famille demande qu’au lieu d’envoyer des fleurs, les gens fassent un don au Berry Center, qui poursuit son œuvre agraire).
J’ai eu beaucoup de chance que ma conjointe me remette un exemplaire de son recueil d’essais Home Economics il y a environ quarante ans, alors que nous étions encore en phase de fréquentation. Si je n’étais pas tombé sous son charme, je ne suis pas certain que j’aurais passé ma vie dans l’Amérique rurale, qu’elle soit « rouge » ou « bleue »; je sais qu’il m’a appris à voir ma ville et mon comté, ainsi que mon pays et mon espèce, d’une manière à la fois nouvelle et ancienne qui a sous-tendu tout mon travail. Et je suis très heureux que nous soyons devenus amis, que nous nous rendions visite et que nous échangions des lettres. D’après mon expérience, sa bonne humeur pince-sans-rire ne faiblissait que rarement. Je n’étais pas toujours d’accord avec lui, pas plus qu’il ne l’était avec moi — bien qu’il eût des panneaux solaires derrière sa maison, par exemple, il ne pensait pas qu’ils aient leur place sur les terres agricoles, alors que je pense qu’ils sont une aubaine tant pour les agriculteurs que pour la planète. Mais nous étions d’accord sur la plupart des questions d’importance réelle, et j’étais toujours ravi de trouver dans la boîte aux lettres une lettre portant l’adresse de retour de Port Royal, au Kentucky. Il était l’une des dernières personnes avec lesquelles j’entretenais une véritable correspondance écrite, par opposition à la correspondance électronique. Parfois, il tapait ses lettres sur une machine à écrire manuelle, mais le plus souvent, il écrivait au crayon, sur du papier ligné jaune.
La plus récente est arrivée en juillet, et après des nouvelles de ses petits-fils et de ses petites-filles, elle contenait sa toute dernière découverte, un ouvrage de 1940 intitulé Stops, A Handbook for Those Who Know Their Punctuation and Those Who Aren’t Quite Sure. Il me le recommandait au motif que c’est le « seul livre que je connaisse qui rende la grammaire délicieuse », mais aussi parce qu’il avait remarqué qu’il avait été publié par les presses (aujourd’hui disparues) du Middlebury College, où j’enseigne. Ainsi, alors que nous autres cherchions comment faire appel à Claude pour qu’il nous aide à améliorer notre écriture, l’un des meilleurs écrivains de notre époque prenait encore plaisir à affiner sa prose, tout comme il aimait affûter ses outils de travail dans les champs et la forêt. « J’écris ces lignes sur le porche de la “maison de campagne”, toujours sans téléphone, construite, je crois, en 1964, dans les bois entre la rivière et la route. » Il est décédé hier dans cette ferme, entouré de sa famille.
J’ai appris la nouvelle de son décès alors même que j’essayais de faire la part des choses avec les dernières déclarations d’un homme qui suscitera davantage d’attention à sa mort, mais moins d’affection. Elon Musk ne cesse bien sûr de promouvoir sa propre vision du monde — d’ailleurs, il vient de s’engager à verser cent millions de dollars pour aider les républicains cet automne. Ou peut-être deux cents millions — aucune de ces sommes ne serait notable pour un trillionnaire, bien sûr. Tout le bien qu’il a pu faire en défendant, à ses débuts, les véhicules électriques a désormais été cent fois annulé par son soutien aux gens qui détestent les VÉ et toutes les autres choses dont nous avons besoin. (Depuis la semaine dernière, il construit des turbines à gaz pour produire plus d’électricité pour son projet d’IA de droite, Grok, qui pollue déjà l’air des quartiers noirs de Memphis).
Il fait le salut nazi; c’est à sa demande que nous accueillons dans notre pays des milliers de réfugiés de l’Afrique du Sud blanche (et de nulle part ailleurs); son racisme nauséabond a détruit Twitter. Ce serait un plaisir de ne plus jamais penser à lui, mais comme il est l’homme le plus riche du monde, il faut surveiller ce qu’il dit. Et voici la publication d’hier, provenant bien sûr de son propre site de médias sociaux :
Des événements d’extinction extrêmement graves se produisent tous les 100 millions d’années environ, et le simple passage à l’énergie durable ne suffira pas à les empêcher.
Il faudra recourir à des satellites spatiaux pour contrôler la température et à une géo-ingénierie à grande échelle, sinon ce sera la fin.
Le manque de sincérité de ce discours est remarquable. Des événements d’extinction extrêmement graves ne se sont en effet produits que cinq fois au cours des derniers 500 millions d’années, ce qui signifie qu’il serait extrêmement improbable que nous en rencontrions un spontanément dans un avenir proche : après tout, la civilisation humaine n’a que 10 000 ans. Et pourtant, bien sûr, nous en faisons face à un, non pas à cause de quoi que ce soit que la nature ait fait, mais parce que nous avons rempli l’air de dioxyde de carbone en brûlant des combustibles fossiles, pratique que ses alliés souhaitent poursuivre indéfiniment. « Passer simplement à l’énergie durable » est en fait la seule arme efficace et évolutive dont nous disposons pour lutter contre cela, mais comme il fait partie du mouvement politique opposé à cette idée, il appuie désormais une alternative : « des satellites spatiaux pour contrôler la température », ce qui, explique-t-il plus en détail, sera réalisé par un « essaim super-intelligent » de « satellites doués de conscience, lancés vers les points de Lagrange Terre-Soleil à l’aide de propulseurs de masse situés sur la Lune ».
C’est le genre de fantasme qui a poussé Berry à la distraction (et au travail) — tout cela tourne autour du contrôle et de la domination, le tout orchestré par une poignée de personnes au détriment du plus grand nombre, dans une ignorance totale du contexte. Une attitude tout à fait immodeste à tous les égards.
Mais dans le cas de Musk, cela s’est accompagné d’une autre révélation qui a commencé à émerger au cours de la fin de semaine. Il s’avère que le bilan humain des terribles inondations dévastatrices à la frontière entre le Népal et le Tibet pourrait bien avoir été aggravé par la décision de Musk de détruire l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) au début de l’assaut de DOGE contre notre gouvernement. L’USAID, en collaboration avec la NASA, aidait à entretenir un réseau de capteurs installés en altitude dans l’Himalaya et l’Hindou Kouch. Musk, en février 2025, « a passé la fin de semaine à jeter l’USAID dans la déchiqueteuse à bois. J’aurais pu aller à de superbes fêtes. J’ai fait ça à la place. » Ce réseau a apparemment été l’une des victimes. Comme l’a écrit ce fin de semaine sur (ironiquement) X Jeremy Konyndyk, qui avait supervisé la réponse américaine au tremblement de terre de 2015 au Népal :
« DOGE est connu pour avoir utilisé des recherches par mots-clés, notamment le terme “climat”, afin de mettre fin aux subventions fédérales. Parmi les victimes : une collaboration entre l’USAID et la NASA portant sur la prévision des inondations, l’alerte précoce, la préparation aux catastrophes, l’inventaire des glaciers et la cartographie des lacs glaciaires dangereux au Népal. »
Comme l’a ajouté Konyndyk
Ces programmes auraient-ils pu aider à prévoir ou à atténuer la catastrophe liée aux inondations glaciaires de cette semaine? Difficile à dire avec un événement aussi exceptionnel. Mais c’était là leur objectif.
Malheureusement, il est difficile d’anticiper ou d’atténuer les risques climatiques dont votre idéologie a décrété qu’ils n’existaient pas.
Les victimes de Musk se comptent déjà par millions — une étude du Lancet prévoit 14 millions d’ici 2030 comme conséquences indirectes de l’arrêt de l’action humanitaire américaine, ce qui le place au même rang que Staline ou Mao, et fait de lui presque certainement l’être humain le plus meurtrier de ce millénaire. Alors peut-être que quelques milliers de personnes de plus n’ont guère d’importance.
Mais comparez ce qu’a fait Musk aux actions d’un directeur d’école située au bord de la rivière. Lorsqu’un ami en amont a téléphoné à l’un de ses enseignants pour lui lancer un avertissement précipité, il a immédiatement évacué l’ensemble de l’effectif scolaire, sauvant ainsi au moins 900 vies. Ayant reçu un avertissement, il a agi (exactement ce que le monde n’a pas fait face aux changements climatiques). « Je me suis dit que même si l’avertissement s’avérait faux, au pire, cela ne nous coûterait qu’une journée d’études », a déclaré Rajendra Dawadi. « Mais prendre cela à la légère aurait pu signifier la perte de centaines de vies. »
Le directeur Dawadi passera le reste de sa vie à assister aux mariages des élèves dont il a sauvé la vie, et j’imagine qu’il y aura bon nombre de bébés nommés en son honneur. Le nom d’Elon Musk sera maudit — l’homme le plus riche de l’histoire de l’humanité, qui a utilisé sa richesse et son pouvoir pour tuer les personnes les plus vulnérables de la planète.
Voici un poème récent de Wendell Berry, publié dans The New Yorker il y a moins d’un an et intitulé « The Loved Ones ».
Les êtres chers que nous appelons les morts
nous quittent et, pendant un certain temps,
sont absents. Puis, comme si
notre amour les rappelait, ils reviennent
près de nous. Ils entrent dans nos rêves.
Nous sentons qu’ils ont été près de nous
alors même que nous ne pensions pas à eux.
Ils sont simplement là, attendant simplement
pendant que nous sommes distraits par
nos obligations. Finalement,
nous comprenons : ils vivent désormais
dans le monde éternel.
C’est nous qui sommes absents.
Dans d’autres nouvelles sur l’énergie et le climat :
+ La catastrophe au Népal continue de susciter des articles importants et des réflexions. Wen Stephenson, qui a beaucoup voyagé dans la région, a réalisé une entrevue avec l’expert népalais en climatologie Manjeet Dhakal, qui déclare, entre autres choses importantes :
C’est peut-être un détail, mais il y a aussi le salon des véhicules électriques qui se tient actuellement à Katmandou. [Les ventes de VÉ ont grimpé en flèche au Népal] et bon nombre de ces nouveaux véhicules se trouvaient au poste frontalier et ont été complètement emportés par les eaux.
Il ne semble pas optimiste quant au soutien international pour la reconstruction
Ce que nous avons observé par le passé, c’est que même si le monde réagit lorsque ces événements font la une des journaux, l’intérêt s’estompe après quelques mois. Les inondations de 2022 au Pakistan ont fait la une de l’actualité, puis nous avons vu ce qu’il en est advenu en termes d’ampleur et de niveau de soutien reçu.
Le climatologue Michael Mann livre également un témoignage important sur cette tragédie.
L’effondrement glaciaire et le déluge au Népal et au Tibet n’étaient pas un phénomène météorologique exceptionnel; il s’agissait de la défaillance structurelle d’une montagne elle-même, le dernier avertissement de la nature quant aux conséquences mortelles du réchauffement planétaire causé par l’homme. Et cela a été le point d’exclamation d’un été marqué par des extrêmes, illustrant par une seule catastrophe non naturelle l’avenir apocalyptique qui nous attend si nous ne prenons pas de mesures climatiques radicales.
Alors que le nombre de victimes continue d’augmenter – le dernier décompte faisait état de plus de 900 morts et de plus de 4 400 personnes portées disparues –, cet événement a cristallisé la crise climatique aux yeux de nombreux gens.
L’une des raisons est sans aucun doute l’horreur absolue de ce qui s’est déroulé ici. Des images effrayantes provenant de caméras de surveillance et de témoins oculaires ont immortalisé l’horrible moment où un mur de « béton liquide » déferlant à 40 mi/h a violemment rattrapé les foules en fuite, engloutissant instantanément des familles entières et les ensevelissant sous des pieds de limon épais et imprégné de rouge. Une autre raison, cependant, est que le lien avec les changements climatiques était incontestable dans ce cas.
Ce torrent était la conséquence directe de l’effondrement d’un glacier provoqué par le réchauffement, qui a déversé des millions de tonnes de roches, déclenchant une vague de boue et de débris se déplaçant à grande vitesse. La nouvelle réalité à l’ère du changement climatique causé par l’homme, comme le soulignait un titre de CNN, est que « vivre en aval d’un glacier est devenu un risque mortel ».
+Sammy Roth livre un compte rendu, comme à son habitude excellent, sur l’élaboration des politiques énergétiques à Sacramento (en bref : opaque), mais cela m’a vraiment remonté le moral de lire que mes collègues de Third Act disaient la vérité au pouvoir
On m’avait dit que le Comité sénatorial des administrations locales se réunirait vers midi pour débattre du projet de loi 1156 de l’Assemblée. Mais après 20 minutes d’attente dans un couloir bondé, la rumeur a couru que l’audience était reportée — personne ne savait pour combien de temps. J’ai commencé à comprendre pourquoi toutes les associations professionnelles du secteur et les cabinets de lobbying ont leurs bureaux à quelques pas du Capitole. Bonne chance à toute personne ordinaire qui souhaite observer le gouvernement en action, sans parler de faire entendre sa voix.
J’ai décidé d’aller souper. En quittant le bâtiment, j’ai toutefois aperçu un groupe de militants pour le climat de Third Act Sacramento. Ils défilaient et distribuaient des dépliants.
« Nous essayons de faire comprendre [aux législateurs] qu’ils font partie de la solution et qu’ils doivent prendre des mesures importantes », m’a expliqué Katherine Keeney, organisatrice de Third Act. « Newsom veut se présenter comme un défenseur de l’environnement, mais il fait marche arrière sur tous les fronts. Nous devons donc continuer à le mettre sous pression. Nous ne pouvons pas abandonner. »
Et ils ont obtenu une grande partie de ce qu’ils étaient venus chercher — comme le rapporte Roth, une série de projets de loi sur l’énergie propre se trouve désormais sur le bureau de Gavin Newsom.
+Un grand merci à Damian Carrington du Guardian. Après ses reportages au début de cette décennie sur les fuites massives de méthane provenant des puits de pétrole et de gaz au Turkménistan, il peut désormais rapporter que des mesures vont être prises pour y remédier.
Le Guardian a révélé en 2023 que le Turkménistan était le pire pays en matière de méga-fuites de méthane. Des sources au Turkménistan ont déclaré que cette mise sous les projecteurs constituait une « étape cruciale » pour amener ce gouvernement secret et autoritaire à collaborer avec des partenaires étrangers.
Une fuite dite « super-émettrice », c’est-à-dire le rejet de tonnes de méthane par heure à partir d’une seule vanne ou d’un seul pipeline, réchauffe la planète davantage que les émissions d’un million de VUS ou d’une centrale au charbon entière.
Le Turkménistan a désormais colmaté huit fuites en réparant des conduites corrodées, des puits défectueux et des torchères défaillantes. Ce travail constitue un « premier pas incroyable », a déclaré l’ONU, mais il reste encore beaucoup à faire.
+David Helvarg, défenseur chevronné des océans, nous rappelle que les élections de novembre auront une grande incidence sur le sort des océans de la Terre.
+Il n’y a pas que les États-Unis. Comme le rapporte Lori Guetre, la province canadienne de l’Alberta, imprégnée de pétrole, s’apprête à autoriser un centre de données géant qui
émettra environ 100 millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone (CO₂e) de gaz à effet de serre sur 30 ans. Rien que pour un seul projet. Cela représente environ 15 % des émissions annuelles cumulatives du Canada, provenant d’une seule installation — l’équivalent de la mise en circulation d’environ 700 000 voitures à essence sur les routes canadiennes au cours des trente prochaines années.
+L’installation de panneaux solaires au-dessus de quelques canaux d’irrigation en Californie n’a pas seulement permis de produire beaucoup d’électricité, elle a également —selon Hugo Rojas — apporté d’autres avantages
L’évaporation sous les panneaux a diminué de 50 à 70 pour cent par rapport aux tronçons non couverts.
La prolifération des algues et des mauvaises herbes aquatiques a chuté d’environ 85 pour cent, et ce chiffre tient compte du budget d’exploitation. La lutte contre les mauvaises herbes représente une dépense que les districts d’irrigation doivent assumer chaque été, en main-d’œuvre, en machinerie et en eau qu’un canal obstrué ne peut jamais fournir.
Par ailleurs, Brendan Brown nous offre un rappel des animaux que l’on souhaite voir dans son parc solaire et de ceux que l’on préfère éviter. Je pense que cela aurait réjoui Wendell Berry, qui a écrit avec sa sagesse habituelle sur l’agnelage, de lire ceci :
Les chèvres, réputées pour leur appétit, constituent une menace sur un site solaire. Elles grimpent, et un troupeau de chèvres considérera les rangées de panneaux inclinés comme un terrain de jeu, endommageant le verre avec leurs sabots. Pire encore, les chèvres rongeent pour se divertir, et un parc solaire, ce sont des milliers d’acres de câblage à vif. Comme le dit sans détour un guide de vulgarisation de Penn State, les chèvres ne sont pas recommandées pour les champs solaires, des rapports faisant état de dommages causés tant par l’escalade que par le rongement.
Le bétail, quant à lui, ne convient pas non plus. Une vache est tout simplement trop grande et trop lourde pour les rangées de panneaux standard; elle est incapable de brouter le sol sous les panneaux et parfaitement capable de tordre les supports et l’équipement en s’y appuyant. Les panneaux peuvent être montés en hauteur sur des socles pour le bétail, mais cela doit être prévu dès le départ, ce qui entraîne des coûts supplémentaires.
Les moutons réussissent tous les tests. Ils passent sous les rangées les plus basses, ils mangent de l’herbe plutôt que les infrastructures, ils se déplacent calmement et leur appétit est insatiable. Comme l’a résumé un spécialiste de la vulgarisation agricole de la Caroline du Nord : les vaches sont trop grandes, les chèvres grimpent, et les moutons sont les seuls herbivores domestiques capables de s’acquitter de leur tâche sans endommager le matériel.

Liste évolutive des traductions par Gilles en vrac
Les caractères gras dans le texte sont de Gilles.
