J’ai voulu ce titre provocateur parce que je suis un peu fâché du traitement que l’ami Patrick Tanguay a fait subir (dans son dernier Sentiers) à ce philosophe. Non pas que j’en aie contre les garçons de café, c’est un métier que j’ai pratiqué plusieurs années.
Réduire Habermas à une intuition, une image (les discussions dans les bistrots) utilisée dans ses premiers écrits (L’espace public), comme si le vieux était resté accroché aux médias anciens… Alors que ce philosophe s’est démarqué par sa participation à l’espace public, on le dit souvent « intellectuel public ».
Je me suis souvenu de la discussion entre Habermas et Streeck sur l’avenir de l’Europe que j’ai cité dans mon carnet en… 2015, le 18 février. Dans 40 ans de gestion de crise, je commente le livre de Streeck, paru en 2014 : Du temps acheté – La crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique. Dans la postface de la version française de son livre il y a une réponse à Habermas. À l’époque (2015) j’avais cherché l’article auquel répondait Streeck, mais n’avais trouvé qu’une version en allemand, aujourd’hui derrière le « paywall » du journal. En 2026 j’ai trouvé une version italienne réalisée en 2014, que j’ai pu traduire en français : Habermas : je vais vous expliquer pourquoi la gauche anti-européenne a tort. Le débat était résumé dans une revue italienne à l’époque : Le débat entre Habermas et Streeck sur la gauche et l’avenir de l’Europe.
Aujourd’hui, Habermas est mort, et je suis triste parce qu’il ne pourra produire le troisième tome de sa démarche articulant philosophie et religion (Une histoire de la philosophie I et II). Sur la page L’héritage de Jürgen Habermas, neuf articles sont listés décrivant son parcours, dont le quatrième que j’ai traduit : Une société « post-séculière » : qu’est-ce que cela signifie ? Une conférence donnée à Istambul en juin 2008. J’ai bien l’intention de lire cet article.
Je n’ai pas fini d’étudier Habermas. À l’heure où nous avons une obligation de plus en plus urgente de concerter des efforts internationaux pour faire contrepoids au capital international, afin de sauver la planète, les démocraties, les cultures, le dialogue des civilisations… une telle étude ne me semble pas inutile.


C’est pas moi, c’est Jarvis!
Oui, Jarvis. La Parenthèse Gutenberg. Si je me souviens bien, il annonçait allègrement la fin de la science et le retour aux cafés-bistrots-numériques ? Tu cites Claude critiquant Jarvis « Jarvis s’oppose à une version quelque peu simplifiée de Habermas, qu’il a lui-même en partie dépassée. » Mais le reste de la longue citation est-ce toujours Claude ? Le souvenir que j’ai du livre de Jarvis, lu en 2023, est plutôt négatif… au point de m’enlever le goût d’y retourner. Jarvis s’est simplement servi de la mort du philosophe pour se faire un peu de publicité. Mais ton commentaire de dimanche m’aura permis de revoir le débat Habermas-Streeck, et de trouver quelques articles plus respectueux de l’œuvre de l’homme.