Emmanuel Lazega et Philippe Steiner

Extrait d’un échange de courriels avec Benoît Lévesque :

« Finalement, rendre compte de la diversité et l’intensité des échanges et compléter ainsi l’approche des canaux, les deux auteurs identifient la sociologie des réseaux sociaux (Mark Granovetter et Harrison White) et la sociologie néo-structurale française (Emmanuel Lazega). Ces sociologies permettent de rendre compte des processus internes de construction des espaces méso en formalisant le système des relations sociales à l’origine de la structure sociale. La méthodologie retenue permet des représentations visuelles sous forme de cartographie ou de graphes. Ces recherches permettent de dégager des régularités de fonctionnement ou de rendre compte des processus de différenciation des structures à partir entre autres du travail politique et des asymétries de pouvoir. Comme l’écrivent les deux auteurs de l’ouvrage: « Pour résumer, l’analyse est donc multiniveau puisqu’il s’agit de caractériser simultanément trois niveaux : individuel, relationnel et structural » (p.174). »

« Enfin, le plus critique de ces approches est le français Philippe Steiner (sociologue et économiste) pour qui ces approches structurales manquent parfois de cohérence. (Steiner 1998). Enfin, dans l’ouvrage sur la nouvelle sociologie économique j’avais également retenu Granoveter et Harrison White.

« Voici donc quelques références:


Ajout : Harrison White (1995), Passages réticulaires, acteurs et grammaire de la domination, Revue française de sociologie.

Abstract : Les réseaux distincts sont des réalisations sociales, sous forme de relations, de différents univers culturels, eux-mêmes coupes figées de lieux d’action. On construit ici une approche du processus socioculturel comme passage entre types de réseaux dont les acteurs sont des sous-produits. On insiste sur les relations inextricables du social comme réseau avec le culturel comme « domaine » dans la définition du contexte. Le discours provient de structures de domination et les engendre dans de tels processus, produisant la grammaire comme trace.


Résumé (Abstract) de Sociologie néostructurale… :

L’émergence de bases de données à la fois très grandes et très riches (dont l’existence-même est souvent révélée par les scandales de big surveillance liés aux nouvelles technologies de contrôle social capables de zoomer de très loin sur les acteurs individuels et collectifs) oblige les sciences sociales et celles des systèmes complexes à combiner leurs efforts et à dépasser l’opposition confortable entre petits réseaux riches et grands réseaux pauvres – une opposition qui leur permettaient de se maintenir mutuellement à distance. Pour cela, l’un des défis que les deux disciplines doivent relever est une réflexion commune sur les théories de l’action et présupposés comportementaux qui guident leurs analyses séparées et qui doivent orienter leurs analyses conjointes. La sociologie néostructurale propose une approche qui peut aider à cette réflexion en se centrant sur le niveau mésosocial, les processus et structures dynamiques et multiniveaux, c’est-à-dire sur les formes spécifiques de discipline sociale qui caractérisent ce niveau méso, et la manière dont les acteurs évaluent la légitimité de ces formes pour leur donner un sens. 

Ajouts :