Le moment de l’élection est crucial, déterminant mais les moyens permettant aux élus de rester en contact avec la population sont essentiels pour une véritable démocratie locale. Les pouvoirs dont disposent les municipalités pour faire face à leurs responsabilités de « gouvernement de proximité » sont très limités au regard des grands enjeux actuels : logement, itinérance, écologie… aussi la capacité à mobiliser les citoyens par le biais de structures diverses peut faire la différence dans les rapports avec les autres niveaux de gouvernement.
Ces engagements (et beaucoup d’autres) ont souvent fait l’objet de discussions et propositions lors des travaux préparatoires à la dernière assemblée générale annuelle de Projet Montréal.
Madame Ferrada a quitté le bateau en détresse du parti libéral de Justin Trudeau juste avant que Marc Carney annonce ses intentions… je me suis souvent demandé à quel point elle regrettait son geste. Député du quartier Hochelaga pendant quelques années, elle était ministre du Tourisme et responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec depuis moins de deux ans au moment de quitter la scène fédérale pour briguer (sans opposition) la direction du parti Ensemble Montréal, l’ancien parti de Denis Coderre.
Lors du mandat 2021-2025, les 23 élus d’Ensemble Montréal forment l’opposition officielle et proviennent de plusieurs arrondissements de Montréal, notamment ceux de Montréal-Nord, Outremont, Saint-Léonard, Saint-Laurent, Pierrefonds-Roxboro et L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, où le parti obtient les postes de maires d’arrondissement.
J’ai connu Luc Rabouin alors qu’il était organisateur communautaire en CLSC et revenait du premier Forum social mondial qui s’était tenu au Brésil. Au moment de son élection au poste de maire de l’arrondissement Plateau-Mont-Royal, en 2019, La Presse écrivait :
L’homme de 51 ans est directeur du développement stratégique à la Caisse d’économie solidaire Desjardins depuis trois ans et il a passé les dernières années de sa carrière à se spécialiser en développement économique local, notamment au sein du Centre d’écologie urbaine de Montréal, de Communauto France et de la Corporation de développement économique communautaire (CDEC).
Je ne savais pas qu’il avait été responsable du développement stratégique à la Caisse d’économie solidaire de Desjardins. Je l’avais vu à l’oeuvre pour promouvoir les budgets participatifs (une idée ramenée du Brésil) en tant que directeur du Centre d’écologie urbaine.
Au final j’ai l’impression que Ferrada nous propose de revenir à l’ère Coderre-Tremblay, où les promoteurs seront les premiers architectes du développement de Montréal, au profit du capital plutôt que des gens . Rabouin n’est pas une « rock-star », comme il le confiait récemment à La Presse, mais je pense qu’il peut s’appuyer sur un parti qui a des antennes et des racines dans les quartiers montréalais. Son expérience à la Caisse solidaire me fait dire que son idée d’un Fonds pour le logement pourrait marcher…
Ce ne sont pas les pistes cyclables qui sont l’enjeu de la prochaine élection montréalaise mais bien le développement de l’Est, la construction de logements pour les gens, l’accès au fleuve et la préservation des quelques espaces verts qui nous restent… Une ville de savoirs, de culture, d’industries qui sache mobiliser ses ressources et ses gens, et non seulement des capitaux au profit des capitaux. Oui nous avons besoin de capital, comme des pouvoirs et investissements provinciaux et fédéraux mais nous avons besoin d’un parti avec des racines et des antennes pour orienter ces investissements.
En lisant le document Orientations ministérielles relatives à la mission des centres locaux de services communautaires (CLSC), qui trace un Portrait et perspectives des services en CLSC au Québec, dans le but de Favoriser des services communautaires locaux ancrés dans une approche de proximité, en phase avec la réalité du territoire et des communautés qui le composent, j’ai cru, un moment, qu’enfin, après tant d’années d’éloignement et de centralisation… on allait enfin reconnaitre l’importance de l’intervention en développement des communautés, en soutien au développement des communautés, en organisation communautaire…
Je suis déçu. Pas une fois on parle de programmes d’organisation communautaire. Dans l’ensemble des programmes listés en annexe 5, et des interventions compilées dans l’annexe suivante (6), onze (11) RLS sur les 95 existants ont indiqué (dans I-CLSC) avoir eu des activités de « Soutien au développement des communautés et à l’action intersectorielle » pour un total de 42 interventions (en 2024).
Il est possible que les services d’OC soient saisis en tant que Autres activités en santé publique (présentes dans 51 RLS) totalisant 6086 interventions… Pendant la même période, il y a eu 23 648 242 interventions « Aide à domicile régulière ».
Cette quasi absence des pratiques de soutien au développement des communautés et à l’action intersectorielle dans les statistiques d’intervention (I-CLSC) ne m’a pas vraiment surpris. Il a toujours été difficile de « mettre dans de petites cases statistiques » l’intervention communautaire. Je me suis demandé jusqu’où les pratiques de développement communautaire étaient intégrées dans les actuelles planification du MSSS.
ChatGPT à la rescousse
C’est la question que j’ai posée à ChatGPT. Qui fut suivie d’autres questions, elles-mêmes suggérées par le logiciel :
extraire tous les passages du PNSP 2015-2025 relatifs au «soutien au développement des communautés», avec une analyse par domaine
comparaison structurée entre ce que le Programme national de santé publique 2015 2025 (PNSP) promettait et ce que les études et évaluations (notamment de Institut national de santé publique du Québec — INSPQ) montrent comme état de la mise en œuvre en la matière
exemples concrets régionaux au Québec de mise en œuvre (et de soutien) du développement des communautés dans le cadre de la politique de santé publique
un tableau exhaustif pour toutes les régions administratives du Québec (ex : 17 régions) avec les projets connus, leurs forces/faiblesses, et un petit «profil de terrain» pour un quartier urbain défavorisé dans chaque région
Comme je le notait en fin de parcours, il aurait fallu étendre le questionnement au-delà du champ d’action de la santé pour avoir un véritable portrait du soutien accordé actuellement par l’État au développement des communautés. Mais ce n’était pas ma préoccupation première : je m’inquiétais du peu de visibilité de cet objectif, pourtant réitéré à plusieurs reprises par les politiques de santé publique, dans les données colligées par le comité souhaitant renouveler, réaffirmer la mission du CLSC.
des interventions complexes, des indicateurs qualitatifs
L’exercice avec ChatGPT pour retrouver des références au soutien au développement communautaire dans les textes officiels, pourrait en rester là, au niveau des textes écrits et diffusés, au niveau du débat d’idées et de mots. Un domaine où les LLM (large language models) excellent. Mais la réalité est plus épaisse, plus complexe, elle est faite de sang, de merde, et de rapport de force, de luttes d’influence et de territoires.
Il faut se demander pourquoi les efforts de concertation intersectorielle sont si difficile à implémenter? Est-ce simplement un manque de formation et de compétences locales comme le suggère les évaluations de l’INSPQ? Comme le disait, la publicité des cornichons, « on ne donne pas ce qu’on n’a pas. » Lorsqu’on a que de la formation à offrir, on regarde où il en manque et on interprète les blocages en terme de formation à développer.
Le non-dit, la (supposée) « résistance au changement » c’est aussi, la résistance au pouvoir réducteur, au bulldozer d’une centralisation simplificatrice, destructrice de différence et d’humanité. Ces aspects du réel qui non seulement sont difficiles à mettre en formulaire, mais aussi s’opposent à une approche unilatérale, consensualiste, qui refuse de reconnaître l’altérité et la différence, le conflit. Une approche totalitaire?
Cette difficulté à mettre en œuvre les orientations de développement des communautés dont témoignent le peu de statistiques dans ce créneau d’intervention, est-ce dû à un manque de compétences locales? Ou n’est-ce pas plutôt un manque de reconnaissance, d’adaptation des outils statistiques à une pratique qualitative, qui se joue autant dans le non-dit que dans les rapports officiels et compte-rendus écrits. On peut être un très bon organisateur communautaire et avoir peu de propension à l’écriture. Les capacités d’écoute, essentielles pour permettre à ceux celles qui ne sont pas écoutés de s’exprimer, peuvent donner du pouvoir. Les capacités de liaison entre acteurs différents peuvent s’exercer dans l’ombre d’autant plus efficacement que les dits acteurs auront confiance et ne craindront pas d’être remplacés, de se faire imposer des solutions qu’ils n’ont pas choisies.
Je me suis demandé si les nouvelles technologies, comme cette capacité des ordinateurs d’aujourd’hui à transcrire un flot verbal en texte, et même à le réorganiser pour qu’il devienne plus lisible, est-ce que ces capacités numériques pourraient être mises à profit pour inclure le « qualitatif », ce qui est difficile à mettre dans des cases statistiques? Peut-être, mais il y a des dangers à mettre par écrit, à rendre explicites les tensions, les intérêts contradictoires, qui s’entrechoquent dans les relations intersectorielles et interinstitutionnelles. Les intérêts et intentions, parfois inavoués, des acteurs ne peuvent pas être mis au jour sans conséquence : réactions défensives, de déni… alors qu’ils sont parfois inconscients. Rendre explicite notre lecture des intentions des acteurs peu parfois servir à l’atteinte des objectifs poursuivi collectivement, mais cela peut aussi transformer les termes du jeu sans pour autant conduire à une solution. Il faut trouver une, des manières de faire mieux voir le travail de développement communautaire dans les CLSC sans nuire à ses fins.
Par ailleurs l’émergence d’instances et d’organisations indépendantes des CLSC visant à soutenir le développement des communautés est importantes : CDC, tables de quartier, municipalités ont toutes un rôle à jouer. Comment articuler l’action d’un partenaire institutionnel (CLSC) avec des acteurs qui souhaitent affirmer, maintenir leur indépendance (organisations communautaires) ou qui sont (plus ou moins) nouveaux dans le champ du DC (municipalités et MRC) ?
Il y a sans doute autant de réponses à cette question qu’il y a de communautés différentes, de configurations différentes des « systèmes d’action locaux », et de capacités distinctes disponibles dans des CLSC qui sont depuis quelques décennies pressés de comptabiliser leurs faits et gestes pour les inscrire dans des plan d’action aux effets mesurables (à court terme si possible).
À l’occasion des élections municipales du 2 novembre 2025, la CMTQ met de l’avant sa plateforme afin de promouvoir des milieux de vie solidaires, inclusifs et résilients. Nous invitons les candidates et les candidats à prendre position et à s’engager clairement sur 10 enjeux prioritaires qui influencent directement les conditions de vie des Montréalaises et des Montréalais
Vendredi dernier, 16 bénévoles de la MRC de Lotbinière et de la Chambre de commerce de Lotbinière ont participé à la plantation de 195 arbres et 175 arbustes sur deux sites stratégiques.
Les organismes communautaires œuvrant sur le territoire de la MRC de Deux-Montagnes sont invités à déposer un projet dans le cadre du Fonds québécois d’initiatives sociales (FQIS) 2024-2029 qui a pour objectif de soutenir financièrement des initiatives locales et régionales qui contribuent à améliorer les conditions de vie et à renforcer le tissu social. Ce fonds découle du Plan d’action gouvernemental visant la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (Mobiliser. Accompagner. Participer ̶ PAGMAP) du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS). Les organismes communautaires sont invités à déposer leurs projets entre le 18 octobre 2025 et le 6 janvier 2026.
2 octobre 2025. – La Ville franchit un jalon important dans son engagement envers l’inclusion en adoptant sa toute première politique sur l’équité, la diversité et le vivre-ensemble. Cette politique confirme la volonté de Gatineau de bâtir un environnement de travail où les personnes contribuant à sa mission se sentent respectées, en sécurité et pleinement intégrées, le tout en reflétant la richesse et la diversité de sa population.
Ces lignes directrices s’adressent à tous les prestataires de services œuvrant dans les milieux d’hébergement de longue durée et concernent les clientèles adultes hébergées. Elles visent à soutenir les milieux d’hébergement en matière de reconnaissance et de respect des besoins d’intimité et de sexualité.
Un tout premier appel de projets en économie circulaire et réduction des matières résiduelles voit le jour en Haute-Yamaska. Son objectif est de mobiliser les citoyens et les organisations à instaurer des projets favorisant de nouvelles initiatives de réduction à la source, de réemploi et d’optimisation des ressources.
Ainsi, entre le 14 octobre et le 8 décembre 2025, les organisations à but non lucratif (OBNL), associations de voisins, coopératives, groupes de citoyens et entreprises privées sont invités à concevoir de nouveaux projets favorisant une consommation plus responsable en Haute-Yamaska.
Documentalistes Canada, un projet dans le cadre duquel des citoyen·nes sont formé·es pour couvrir des assemblées publiques, a récemment lancé sa branche montréalaise. Les notes issues de cette initiative seront publiées sur le site de Pivot.
Des conseils d’arrondissements aux commissions permanentes, les « documentalistes », spécialement formé·es pour ce faire, porteront un œil attentif à ces réunions où les élu·es décident de l’avenir de Montréal. Ils et elles partageront des comptes rendus contenant des informations pertinentes, digestibles et factuelles, en travaillant main dans la main avec des journalistes professionnel·les qui vérifieront les faits rapportés.
L’objectif ici est double : d’abord, inciter les personnes qui seront élues en novembre prochain à prendre des mesures concrètes dans leurs champs de compétence. Ensuite, rappeler l’importance d’évoquer ces enjeux auprès des autres paliers gouvernementaux.
Un dossier complet destiné aux acteurs municipaux et aux partenaires du milieu. On y trouve des outils, des statistiques et des informations permettant un passage à l’action pour le mieux-être des communautés. Télécharger gratuitement
Ce guide du MEPACQ (Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec) s’adresse à tous les organismes qui se consacrent à l’éducation populaire. Il présente un tour d’horizon du pouvoir municipal. C’est quoi une municipalité? Comment ça fonctionne? Ça change quoi dans nos vies? Quels sont les enjeux sociaux importants? Vous y trouverez une proposition d’atelier d’éducation populaire.
Grâce à son intelligence collective et à sa volonté de répondre aux aspirations et aux besoins des communautés, le mouvement de l’économie sociale contribue positivement à la transformation des systèmes économiques.
L’intention du Rendez-vous de l’entrepreneuriat collectif de l’Estrie est de bâtir sur ce message fort du Sommet de l’économie sociale de mai 2025 et d’y donner suite en formulant des stratégies concrètes pour notre région.
L’édition 2025-2026 du Fonds Collectif pour le climat et la transition écologique de la Fondation du Grand Montréal (FGM) s’inscrit dans une perspective de justice environnementale et sociale. Le Fonds soutiendra des initiatives visant à renforcer le pouvoir d’agir des communautés mobilisées pour faire face aux effets de la crise climatique et combattre ses causes.
En tout, 144 initiatives ont été déposées dans le cadre de l’appel à projets. Après une analyse rigoureuse menée par le comité consultatif du Fonds, nous sommes fiers de présenter les 16 récipiendaires de cette année
Ce document vise à mettre en valeur des réalisations de la santé publique. Il permet d’illustrer l’étendue et la diversité des actions découlant du Programme national de santé publique 2015-2025, sans être un bilan exhaustif de celles-ci. Il s’adresse à tous les acteurs du réseau de la santé et des services sociaux, leurs partenaires ainsi qu’à toutes les personnes concernées et intéressées par l’action de santé publique.
Trois articles (dont j’ai fait des traductions) nous rappellent l’importance du Grand Nord pour le Canada (et le Québec) en terme de souveraineté, qu’elle soit entendue en termes politique, militaire ou numérique.
Dans Après le dégel, Bolton trace les parcours actuels et éventuels des navires transportant produits pétroliers et manufacturés entre l’Europe et l’Asie. La navigation saisonnière s’accélérera avec la fonte des glaces, qui devrait permettre la traversée de l’Arctique dans les eaux internationales d’ici 2036 !
Illustration de Jacob Bolton
L’article de Griffiths et celui de Macdonald et Hadfield mettent en lumière la dimension militaire des enjeux. Le premier indique à quel point la souveraineté canadienne dans les eaux arctiques est fragile. Il imagine comment les États-Unis pourraient contester cette souveraineté en y envoyant des navires de guerre… Hadfield, l’astronaute canadien, et Macdonald font la promotion d’une présence accrue du Canada dans l’espace nordique, pour affirmer notre souveraineté tout en contribuant à la surveillance de la région, dans le cadre des ententes de NORAD ou de l’OTAN. Une partie de l’augmentation des budgets militaires annoncée par le gouvernement Carney devrait être utilisée à cette fin, selon les auteurs.
Un Nord numérique ?
L’Europe, le Canada et les pays d’Asie autres que la Chine souhaitent réduire leur dépendance aux Big Tech américaines, ce qui ne sera pas facile considérant que ces dernières fournissent une grande partie des services numériques dans le monde actuellement.
Amazon, Microsoft, Google et leurs homologues ont acquis un pouvoir énorme sur nos système sociaux, économiques et politiques en s’emparant du contrôle monopolistique des principales technologies numériques. Ces trois entreprises contrôlent à elles seules près de 70 % du marché de l’informatique dématérialisée et plus de la moitié des câbles sous-marins dans le monde si l’on inclut Meta. L’adoption accélérée de l’intelligence artificielle (IA) n’a fait qu’aggraver la situation.
Le poids démographique et économique du Canada l’oblige à faire alliance avec d’autres dans ses efforts vers plus de souveraineté numérique. Mais sa position géographique pourrait lui permettre d’offrir à ses alliés une avenue pour plus d’indépendance en matière de communication internationale. Une liaison numérique par cables sous-marins passant par l’Arctique permettrait de relier l’Europe à l’Asie sans passer par les serveurs américains. Cela pourrait aussi représenter une perspective de développement différente pour le nord canadien, autre que l’acheminement du pétrole !
Une telle liaison numérique ne pourrait-elle aussi servir à l’établissement de centres de données profitant des basses températures ambiantes ? À condition d’y amener aussi de l’électricité dont ces centres sont gourmands ! Actuellement les communautés arctiques se fournissent en électricité grâce à des générateurs au diesel.
Nous disposons actuellement de 25 génératrices dans chacune des 25 collectivités du Nunavut, toutes fonctionnent au diésel pour produire de l’électricité. Chaque année, le diésel est acheté et acheminé en vrac durant la courte saison estivale et entreposé dans des réservoirs situés dans chaque collectivité.
La Société d’énergie Qulliq a développé des programmes pour inciter les acteurs locaux à développer des projets d’énergie renouvelable. Des études ont été menées pour chacune des 25 communautés du Nunavut en vue du développement d’énergie renouvelable qui viendrait complémenter ou graduellement remplacer la génération au diesel . Par exemple, pour les communautés dans la région de Kitikmeot –Cambridge Bay / Gjoa Haven / Taloyoak / Kugaaruk / Kugluktuk. Un programme d’achat de l’énergie produite par les acteurs locaux, dont on peut consulter le contrat-type.
Mais plus que des études, des projets ont été développés et sont en fonction dans différentes communautés du Nunavut et du Nunavik.
La perspective, la promesse canadienne de consacrer des dizaines de milliards en dépenses militaires au cours des prochaines années devrait servir à faire plus que d’acheter des avions et des navires hors de prix. L’indépendance numérique du pays devrait faire parti du « package », considérant que l’actuelle concentration des réseaux autour, à travers de quelques grands fournisseurs américains est un risque contre lequel se prémunir. Une liaison numérique pan-canadienne passant par le nord serait un atout non seulement pour le pays mais aussi pour nos alliés qui souhaitent contrebalancer leur propre dépendance aux infrastructures états-uniennes.
La Ville de Lac-Brome est heureuse d’annoncer le lancement d’un tout nouveau module de consultation citoyenne, un outil numérique permettant aux résidentes et aux résidents de contribuer à la mise en œuvre de divers projets municipaux.
Environ 700 municipalités comptent moins de 2000 habitants. C’est autant de villes et villages qui composent avec un petit budget et peu de ressources.
Dans le cadre du projet de transformation majeure du domaine de l’ancien monastère de la Résurrection par le promoteur immobilier Prével, la Ville de Montréal est fière d’annoncer l’octroi d’une contribution financière de 450 000 $ sur trois ans à l’organisme à but non lucratif Entremise. Cette somme permettra en partie l’acquisition de l’ancien couvent et sa requalification en un pôle d’économie sociale où est prévue la construction de près de 700 logements.
La Ville de Montréal est heureuse d’annoncer les premiers jalons du corridor vert de l’Est, un ambitieux projet de verdissement et de mobilité active qui reliera la Rivière des prairies au parc de la Promenade-Bellerive. Ce corridor piétonnier et cyclable vise à connecter les grands parcs du secteur, dont le parc-nature du Ruisseau-De Montigny, le parc-nature du Bois-d’Anjou et plusieurs espaces verts locaux.
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) publie aujourd’hui un rapport d’enquête systémique sur l’utilisation des mesures de contrôle et les environnements physiques au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval.
Il y a des animaux qui deviennent malgré eux les réceptacles de nos contradictions. Le phoque, dans le Saint-Laurent, est de ceux-là. Tantôt accusé de voler le poisson des pêcheurs, tantôt brandi comme victime des bouleversements climatiques, il oscille entre mascotte attendrissante et ressource économique taboue. Pourtant, lui, il n’a rien changé à sa routine : il nage, il plonge, il mange. C’est nous qui, incapables de gérer nos propres déséquilibres, lui collons sur le dos nos frustrations collectives.
Dans un nouveau rapport, la commission EAT-Lancet donne les ingrédients pour une planète en santé : moins de viande, plus de plantes et une pincée d’équité.
La politique de développement social servira de guide pour établir une vision partagée, préciser les principes d’action municipale et baliser les champs d’intervention de la Ville par rapport aux enjeux sociaux, et ce, en complémentarité avec les organismes communautaires. La raison d’être de cette politique est de favoriser la cohésion sociale, de soutenir des milieux de vie inclusifs et d’appuyer la mobilisation collective. Afin de mener à bien ce projet, la Ville a collaboré avec l’organisation Communagir.
Le protecteur du citoyen, Marc-André Dowd, a déposé son rapport annuel 2024-2025 à l’Assemblée nationale. Alors que les avancées technologiques au sein des pouvoirs publics multiplient les modes de communication avec leurs différentes clientèles, Marc-André Dowd insiste sur l’importance d’être à l’écoute des citoyens de façon attentive et empathique.
Le conseil municipal a résolu, lors de l’assemblée du conseil du 1er octobre, de confier la réalisation et la gestion d’un nouveau projet immobilier à l’organisme Les offices d’habitation du Bassin de Chambly et Roussillon, en plus de réserver un site stratégique pour la concrétisation de ce projet.
La Ville de Trois-Rivières veut obliger les promoteurs de projets résidentiels de 4 logements et plus à contribuer au développement de logements sociaux.
Avec la force du collectif et le cœur tourné vers l’avenir, la MRC d’Arthabaska a dévoilé hier sa toute nouvelle Politique MADA 2025-2028. Résultat d’une démarche collective sincère, inclusive et ancrée dans la réalité des personnes de 65 ans et plus, cette politique est le fruit d’un vaste travail de consultation, d’écoute et de mobilisation locale.
À compter d’aujourd’hui, la Ville de Rivière-du-Loup met à la disposition de la population une voiture électrique en libre-service, à un coût abordable. Avec son nouveau service d’autopartage, soutenu par le programme Signature Innovation – énergies renouvelables de la MRC de Rivière-du-Loup, la Ville souhaite favoriser la mobilité durable et optimiser l’utilisation de son nouveau véhicule municipal.
Le conseil municipal de la Ville de Bécancour a adopté, lors de la séance ordinaire du 1er octobre, le tout premier Plan d’action à l’égard des personnes en situation de handicap de la Municipalité. Ce plan, fruit d’une collaboration étroite de plusieurs mois entre les organismes du milieu, les élus municipaux et l’équipe administrative, marque une étape importante vers une ville plus inclusive, accessible et engagée envers l’ensemble de sa population.
En marge de la publication du Sommaire d’activités 2024 du Réseau des services de développement local des MRC par la Fédération québécoise des municipalités (FQM), la MRC de Deux-Montagnes dresse un bilan très encourageant de ses plus récentes réalisations en matière de soutien aux entreprises locales.
Soucieuse de la santé et du bien-être de sa population, la Ville de Magog a, hier soir, en séance publique, franchi un pas de plus en matière de développement social en adoptant sa toute première Politique du sport, de l’activité physique et du plein air. Il s’agit d’un outil de planification qui vise à identifier les espaces favorisant la pratique quotidienne d’activités physiques, proposer une offre diversifiée et adaptée aux besoins de la population et réduire les contraintes liées à l’accessibilité des activités. Celle-ci peut être consultée au ville.magog.qc.ca/politique-sport.
La Ville de Bromont dépose sa Politique de reconnaissance et de soutien aux organismes (PRSO), un cadre modernisé qui uniformise et clarifie l’analyse des demandes de soutien, tout en renforçant l’équité, la transparence et l’efficience dans l’attribution des ressources municipales. La politique entrera en vigueur le 1er janvier 2027, avec une année de transition en 2026 afin de permettre aux équipes de rencontrer chaque organisme et de leur présenter la nouvelle politique, les types de soutien accordés et les modalités. Elle remplace celle de 2013.
Fruit d’une vaste démarche de concertation, la PRSO précise les critères de reconnaissance municipale, la catégorisation des organismes, les obligations réciproques, ainsi que la nature du soutien offert par la Ville, incluant le prêt de locaux et de plateaux, le prêt de matériel, l’accompagnement professionnel et technique, le soutien promotionnel et des programmes d’aide financière récurrente, ponctuelle et discrétionnaire.
En terminant, oui je sais, « community manager » n’est pas un organisateur.trice communautaire ! Mais outils numériques et communautés intentionnelles croisent parfois le chemin des communautés réelles 😉
Je dois m’imposer d’arrêter de lire parce que chaque jour des « tonnes » de textes intéressants sont publiés, surtout sur un sujet aussi « hot » que l’IA et la souveraineté numérique. Hier encore Hubert Guillaud publiait La crise des chatbots compagnons sur son excellent Dans les algorithmes. Il y résume plusieurs enquêtes américaines sur les dangers des relations intimes avec les « robots compagnons ».
Je vais donc tenter de mettre de l’ordre dans les quelques dizaines de pages de notes accumulées au cours des dernières semaines autour d’un thème qui a évolué de la « souveraineté numérique » vers le « numérique public » puis du numérique public vers l’IA publique.
Plus près de nous et plus récemment, dans le magazine Options politiques, Guillaume Beaumier publiait Comment le Canada peut affirmer sa souveraineté numérique. Il y rappelait à quel point le Canada, comme beaucoup d’autres pays, est devenu dépendant des USA pour ses services infonuagiques.
Comme dans de nombreux autres pays, la majorité des services infonuagiques utilisés au Canada sont fournis par des entreprises des États-Unis. (…)
[L]ors de la renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique sous la première administration Trump, le gouvernement s’est engagé à interdire l’adoption de politiques obligeant les entreprises à conserver sur le sol canadien les données qu’elles y collectent.
Il y promeut les logiciels libres, un investissement audacieux pour soutenir l’industrie numérique nationale.
Bien que les logiciels libres soient parfois moins conviviaux que les solutions intégrées comme celles de Microsoft, ils stimulent l’innovation, favorisent l’investissement local et encouragent le développement de l’expertise canadienne en matière de technologie numérique.
Des leaders de l’industrie soulignent aussi que les technologies en accès libre contribuent à renforcer la concurrence, notamment dans des secteurs de pointe comme l’intelligence artificielle.
Enfin, le Canada devrait activement soutenir l’émergence d’une industrie numérique nationale à travers une stratégie d’investissement ambitieuse.
Reprenons le contrôle de nos données
La Ligue des droits et libertés lançait récemment (avec Co-Savoir; FACiL, pour l’appropriation collective de l’informatique libre; le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ); et le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ)) une campagne pour la souveraineté numérique du Québec : Reprenons le contrôle de nos données.
Nous demandons au gouvernement du Québec de reprendre le contrôle sur l’hébergement de nos données en garantissant une gestion transparente et sécuritaire qui protège les droits humains, particulièrement les droits à la vie privée et à la sécurité.
Le gouvernement doit mettre fin à la sous-traitance démesurée au privé et développer, dès maintenant, ses propres infrastructures d’hébergement de données, en priorisant les logiciels libres, pour favoriser une souveraineté numérique populaire et pas seulement étatique. Il doit aussi rapatrier l’expertise nécessaire à la gestion des données au sein du gouvernement.
On souligne que la souveraineté basée sur des entreprises privées québécoises serait aussi à risque : ces dernières peuvent, à tout moment, être vendues ! « La souveraineté numérique du Québec doit passer par un nuage souverain hébergé dans les infrastructures de l’État qui n’est pas à la recherche de profit. »
Pendant ces quelques années, tel Napoléon, le numérique est devenu tout puissant, incontournable, incontrôlable voire irresponsable, mais tellement utile, structurant et inventif. Une sorte d’empereur omnipotent mais sans capacité de recul et en partie privé du sens de bien commun. (…)
Il y a 10 ans, 5 % des câbles étaient contrôlés par les GAFAM. Aujourd’hui c’est 50 % et certains annoncent que ce sera 95 % d’ici trois ans. 70 % à 80 % du trafic Internet vont vers les États-Unis car les données mondiales sont localisées dans des centres américains. Cette réalité pose un problème de souveraineté pour les autres pays. Jamais dans l’histoire nous n’avions eu une telle concentration de pouvoir permettant de connaître et d’asservir des populations.
Après avoir retracé l’avènement du numérique sur une soixantaine de (petites) pages, Courboulay propose une courte fiction dystopique avec son chapitre « 2034, cinquante ans après » . Le premier paragraphe : « Son viol remontait à presque quatre mois. Depuis, elle avait l’impression que la pluie ne s’était pas arrêtée de tomber. »
Suivent 25 propositions pour un numérique responsable. Pour des organisations numériques responsables, pour une société numérique responsable, pour une Europe numérique responsable. À titre d’exemple, je reproduis ici les propositions 20 et 21.
un numérique public ou une IA publique ?
Je ne suis pas très chaud à l’idée d’une IA publique. N’y a-t-il pas déjà trop d’espoirs et de promesses, le fameux vaporware qui accompagnait les levées de fonds des startups qui savaient imaginer tout ce que le monde pourrait faire avec les logiciels qu’ils allaient pouvoir développer grâce à l’argent des investisseurs… jusqu’à ce que l’évolution du hardware, la concurrence ou le désintérêt des usagers ne fasse éclater cette bulle.
La différence avec la situation des startups est que les porteurs de ces promesses ne sont pas des nouveaux arrivés mais bien les forces dominantes d’un secteur lui-même dominant de l’économie. La position quasi-monopoliste des Amazon, Google, FaceBook leur a permis d’accumuler des sommes colossales de capitaux. En investissant des centaines de milliards dans des centres de données consacrés à l’IA, ces méga-entreprises comptent renforcer encore leur emprise sur nos communications, notre culture, nos économies.
Si nous voulons comprendre les conséquences sociales, économiques et politiques des grands modèles linguistiques et des formes d’IA qui y sont liées, nous devons les appréhender comme des phénomènes sociaux, économiques et politiques. (…)
[L]’importance de l’IA, et en particulier des LLM, ne réside pas seulement dans leur efficacité technologique, mais aussi dans la manière dont ils remodèlent les relations sociales humaines. Pour cartographier ce remodelage, nous devons compléter l’informatique par les sciences sociales. Le problème est que les sciences sociales sont loin d’être prêtes à faire ce travail.
Farrell nous amène à penser que d’éventuels investissements publics en IA devraient inclure plus que de la quincaillerie et de l’informatique… et puis, si vous n’avez pas le temps de tout lire, le texte de Farrell introduit et résume bien les enjeux soulevé par le débat entre les auteurs de l’IA normale et leurs opposants, auteurs de AI 2027.
Peu importe ce que deviendra l’IA, elle fait déjà des ravages, et le plus tôt on interviendra, le mieux ce sera car il sera plus difficile, demain, de harnacher ou de défaire ce que les grands capitalistes auront conquis. Guillaud disait, en juillet dernier, dans L’IA, un nouvel internet… sans condition :
Les plateformes sont désormais inondées de contenus sans intérêts, de spams, de slops, de contenus de remplissage à la recherche de revenus. La promesse du web synthétique est là pour rester. Et la perspective qui se dessine, c’est que nous avons à nous y adapter, sans discussion. Ce n’est pas une situation très stimulante, bien au contraire. A mesure que les géants de l’IA conquièrent le numérique, c’est nos marges de manœuvres qui se réduisent. Ce sont elles que la régulation devrait chercher à réouvrir, dès à présent. Par exemple en mobilisant très tôt le droit à la concurrence et à l’interopérabilité, pour forcer les acteurs à proposer aux utilisateurs d’utiliser les IA de leurs choix ou en leur permettant, très facilement, de refuser leur implémentations dans les outils qu’ils utilisent, que ce soit leurs OS comme les services qu’ils utilisent. Bref, mobiliser le droit à la concurrence et à l’interopérabilité au plus tôt. Afin que défendre le web que nous voulons ne s’avère pas plus difficile demain qu’il n’était aujourd’hui.
Hubert Guillaud commente et résume le rapport 2025 de l’AI Now Institute. La conclusion du rapport, et de plusieurs autres, appelle à un investissement public dans le développement de l’IA.
Enfin, le rapport conclut en affirmant que l’innovation devrait être centrée sur les besoins des publics et que l’IA ne devrait pas en être le centre. Le développement de l’IA devrait être guidé par des impératifs non marchands et les capitaux publics et philanthropiques devraient contribuer à la création d’un écosystème d’innovation extérieur à l’industrie, comme l’ont réclamé Public AI Network dans un rapport, l’Ada Lovelace Institute, dans un autre, Lawrence Lessig ou encore Bruce Schneier et Nathan Sanders ou encore Ganesh Sitaraman et Tejas N. Narechania… qui parlent d’IA publique plus que d’IA souveraine, pour orienter les investissement non pas tant vers des questions de sécurité nationale et de compétitivité, mais vers des enjeux de justice sociale.
Ces discours confirment que la trajectoire de l’IA, axée sur le marché, est préjudiciable au public. Si les propositions alternatives ne manquent pas, elles ne parviennent pas à relever le défi de la concentration du pouvoir au profit des grandes entreprises. « Rejeter le paradigme actuel de l’IA à grande échelle est nécessaire pour lutter contre les asymétries d’information et de pouvoir inhérentes à l’IA. C’est la partie cachée qu’il faut exprimer haut et fort. C’est la réalité à laquelle nous devons faire face si nous voulons rassembler la volonté et la créativité nécessaires pour façonner la situation différemment ». Un rapport du National AI Research Resource (NAIRR) américain de 2021, d’une commission indépendante présidée par l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, et composée de dirigeants de nombreuses grandes entreprises technologiques, avait parfaitement formulé le risque : « la consolidation du secteur de l’IA menace la compétitivité technologique des États-Unis. » Et la commission proposait de créer des ressources publiques pour l’IA.
« L’IA publique demeure un espace fertile pour promouvoir le débat sur des trajectoires alternatives pour l’IA, structurellement plus alignées sur l’intérêt général, et garantir que tout financement public dans ce domaine soit conditionné à des objectifs d’intérêt général ». Un projet de loi californien a récemment relancé une proposition de cluster informatique public, hébergé au sein du système de l’Université de Californie, appelé CalCompute. L’État de New York a lancé une initiative appelée Empire AI visant à construire une infrastructure de cloud public dans sept institutions de recherche de l’État, rassemblant plus de 400 millions de dollars de fonds publics et privés. Ces deux initiatives créent des espaces de plaidoyer importants pour garantir que leurs ressources répondent aux besoins des communautés et ne servent pas à enrichir davantage les ressources des géants de la technologie.
Et le rapport de se conclure en appelant à défendre l’IA publique, en soutenant les universités, en investissant dans ces infrastructures d’IA publique et en veillant que les groupes défavorisés disposent d’une autorité dans ces projets. Nous devons cultiver une communauté de pratique autour de l’innovation d’intérêt général.
Parmi les ravages amenés par le développement de l’IA entre les mains des forces déjà dominantes de l’écosystème numérique :
Les critiques ont montré que, les aperçus IA généraient déjà beaucoup moins de trafic vers le reste d’internet (de 30 % à 70 %, selon le type de recherche. Des analyses ont également révélé qu’environ 60 % des recherches Google depuis le lancement des aperçus sont désormais « zéro clic », se terminant sans que l’utilisateur ne clique sur un seul lien — voir les études respectives de SeerInteractive, Semrush, Bain et Sparktoro)
Même constat pour le Washington Post, qui s’inquiète de l’effondrement de l’audience des sites d’actualité avec le déploiement des outils d’IA. « Le trafic de recherche organique vers ses sites web a diminué de 55 % entre avril 2022 et avril 2025, selon les données de Similarweb »
Une IA publique mais qui saura relever le défi social qu’il y a à partager des infrastructures, mais aussi , surtout, des interfaces, des protocoles et procédés au service de publics, au service de clientèles d’entreprises monopolistiques, qu’elles soient publiques ou privées. Un processus d’apprentissage collectif et de création culturelle.
Le défi réside aussi dans la reconstruction d’une compétence publique en matière numérique. Il ne suffit plus, pour le pouvoir public, d’acheter des solutions « clés en main »… qui s’avèrent, finalement, des menottes aux mains.
La Ligue des droits et libertés fait bien de rappeler qu’il faut « favoriser une souveraineté numérique populaire et pas seulement étatique ». Tout en reconnaissant que l’on « doit aussi rapatrier l’expertise nécessaire à la gestion des données au sein du gouvernement ». Une souveraineté numérique qui ne soit pas que gouvernementale, tout en n’étant pas privée. Les universités, ministères, villes et réseaux philanthropiques et d’OBNL ont déjà de l’expertise, qui doit être consolidée, développée à la faveur de politiques d’investissements non seulement dans la quincaillerie, et le génie informatique… mais dans la manière dont les outils numériques seront appropriés par les usagers et organisations du territoire.
Premier billet de la rentrée… que je voudrais dédier aux organisateurs et organisatrices communautaires qui reçoivent les messages de cette liste de diffusion, comprenant en date du 10 septembre 747 abonnés.
Je profite de ce premier billet pour faire le point sur mon « orientation sémantique » : il est possible que je porte plus d’attention qu’à l’habitude aux questions liées à l’univers numérique. Ayant été élu au conseil d’administration de Projet collectif en mai dernier, une organisation qui souhaite contribuer au développement d’alternatives aux GAFAM et de beaucoup d’autres bonnes choses. Je vous invite à aller voir leur site pour plus de détails. Cette intérêt pour l’univers numérique n’est pas nouveau pour moi, ayant été l’animateur des premières expériences en ligne du RQIIAC. Naturellement les enjeux se posent différemment aujourd’hui qu’ils apparaissaient en 1995. Il n’y a plus cet espoir un peu naïf qu’on avait au début d’Internet d’un aplatissement des structures organisationnelles, d’une communication horizontale libérée. Il y avait quelque chose d’enivrant au début de l’époque des blogs, c’est-à-dire il y a 25 ans, alors que j’avais l’impression que tous les organisateurs et organisatrices allaient devenir blogueurs et blogueuses!
Bon ça ne s’est pas passé et c’est peut-être aussi bien
Mais l’intérêt du numérique, et de la souveraineté des sociétés devant les puissantes GAFAM, est, pour moi, à relier à ce qui se passe sur le terrain, dans le monde non-numérique, le monde « analogique ». Malgré tout le fla-fla qu’on fait actuellement autour des IA, je ne crois pas que nous (les OC, travailleuses sociales, sociologues et psychologues) serons remplacés par des robots de sitôt. [Incidemment, une critique sévère et rafraîchissante de l’engouement pour l’IA : cet article de Hubert Guillaud): IA, la grande escroquerie. Quoiqu’en disent les vendeurs de logiciels et de « solutions clés en main » qui s’apparentent depuis longtemps dans le domaine social à des « solutions menottes aux mains ».
Nous voyons chaque jour les conséquences du désengagement des gouvernements du domaine numérique (dans les années ’90) pour le laisser entre les mains du capital. Soit. Les libertés capitalistes d’explorer, de tenter, de proposer et d’échouer… ont donné naissance à une culture, un écosystème d’organisations et de pratiques sociales, qui ont été soumises aux dures lois du marché, et du plus gros mange le petit… Ce qui a permis la construction d’empires monopolistes dans le domaine numériques, qui dominent absolument les valeurs mobilières.
Petit rappel : Il a fallu nationaliser l’électricité alors que ce besoin essentiel faisait l’objet de prédation et de contrôle extérieur au pays.
Il faut, collectivement, se donner une base numérique nationale et démocratique indépendante des monopoles américains. Ce n’est pas le petit pays, le petit marché qu’est le Canada (le Québec) qui fera plier, négociera avec les GAFAM. Il faudra, certainement, s’allier à l’Europe. Mais ça ne sera pas comme le cousin éloigné, un peu gourd, campagnard qui demande l’aide… plutôt comme le partenaire dans un réseau global de nations et régions indépendantes. Ma suggestion : le développement du Nord, de l’Arctique, passe par l’installation de câbles numériques reliant l’Europe à l’Asie sans passer par les USA !
Bon, je ne suis pas sûr que mes collègues au conseil de Projet collectif seront sur la même longueur d’onde. On verra.
les vendredi vrac
Par ailleurs je compte poursuivre mon travail de veille avec mes « vendredi vrac », à raison d’une ou deux fois par mois. Incidemment j’aimerais bien avoir un peu de feed-back : Trouvez-vous cela utile ? Stimulant ? Ou si c’est simplement trop d’informations ? Si vous vous êtes demandé d’où je sors toutes ces petites nouvelles, c’est de mon « agrégateur de fils RSS » (NetNewsWire-NNW – sur Mac), qui rassemble quelques centaines de sites web que j’ai accumulé au cours des ans. La plus volubile de ces sources : le RIM, réseau d’information municipale qui rassemble les communiqués émis par ses membres. [Note: je ne suis pas abonné (635$/an). Je ne reçois que les titres des communiqués rediffusés par le RIM, aussi je dois faire une recherche sur ces titres pour retrouver les messages originaux, aussi diffusés dans un journal local ou un site de municipalité.] Mon agrégateur NNW rassemble aussi des communiqués de ministères, de syndicats, et aussi les grands titres de certains journaux et revues. Ça fait beaucoup de matériaux que je filtre en suivant mon intuition plutôt qu’une grille bien définie. Ce n’est pas l’IA, soyez-en sûr ! Aussi mes choix personnels transparaissent certainement : écologie, services sociaux, démocratie, municipale notamment. Toutes ces nouvelles qui viennent du monde municipal, ça vous parle ? J’ai pensé que ces initiatives municipales à caractère social, écologique ou même de santé, ça pouvait stimuler l’imagination et donner des idées à faire circuler. Qu’en dites-vous ?
Vous pouvez répondre à tous par cette liste, ou à moi seulement (gilles.beauchamp@gmail.com).
J’ai pensé trouver dans ces articles des éléments d’orientation pour nourrir mon (nouvel) engagement au conseil d’administration de Projet collectif, l’organisme responsable de En commun et Praxis. Je ne suis pas certain d’y avoir trouvé des pistes très concrètes… mais j’y reviendrai certainement dans de prochains billets.
Prendre le pouvoir pour le partager (286 pages), par Fréquence commune : « Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) qui a pour mission de soutenir les habitant·es et les élu·es qui réinventent la démocratie locale en France pour opérer une transformation sociale et écologique de nos sociétés.:
What Should the CBC Be? (89 pages) Ce rapport présente les conclusions d’une étude menée pendant deux ans qui s’appuie sur les meilleures pratiques en matière de médias de service public au Canada et dans 17 autres pays à travers le monde. Un article du Devoir de ce matin (16 juillet) me fait connaître ce rapport du Centre for Media, Technology and Democracy. Traduction (DeepL) du document : Que devrait être la CBC ? Une publication qui vient documenter localement l’appel à renforcer les médias publics que j’ai remarquai dans quelques articles sur Habermas et l’Espace public, de même que cette publication sur la BBC : Our Mutual Friend: The BBC in the Digital Age
Aussi : Indiweb me semble une initiative pleine de ressources ! Notamment la capacité de POSSE (Publish (on your) Own Site, Syndicate Elsewhere).
Jamais l’accès au savoir n’a paru aussi vaste, jamais la science n’a été aussi performante, et pourtant jamais les faits n’ont paru aussi fragiles, réduits à de simples croyances effeuillées sur les pages d’un missel en silicone — sacré numérique d’un monde sans dieu.