la transition qui s’amorce

La conférence internationale Résister et réinventerLe développement des communautés comme pilier de la transition socioécologique, organisée par le Collectif des partenaires en développement des communautés, s’est conclue… dans le plaisir du devoir accompli, après plusieurs années de travaux et recherches ayant conduit à la publication de Développement des communautés territoriales et transition socioécologique et au colloque des 27-28 novembre.

Je n’étais pas sur place, au Centre Saint-Pierre à Montréal, mais j’ai quand même assisté virtuellement à tout l’évènement, avec des moments de participation en petits groupes fort appréciés. Je pense en particulier au premier atelier où nous avons pu échanger avec le conférencier Philippe Carbasse, de l’Union Nationale des Acteurs de Développement Local (UNADEL). J’y reviendrai.

Plénière d’ouverture

Une conférence de Nicolas Duvoux, président du  Conseil National des Politiques de Lutte contre la Pauvreté et l’Exclusion Sociale (CNLE), en France. Il est l’auteur du rapport Faire de la transition écologique un levier de l’inclusion sociale, (version synthétique). « Les politiques environnementales risquent d’aggraver la pauvreté si elles ne sont pas fondamentalement conçues sous l’angle de la justice. »

La dimension sociale de la transition doit être pleinement intégrée à la gouvernance de la planification, notamment par une meilleure prise en compte des territoires et des collectivités, à qui échoit la mise en œuvre des politiques sociales, ainsi que de la participation des personnes en situation d’exclusion sociale, de pauvreté et de précarité à la conception des politiques de transition.

Faire de la transition écologique un levier de l’inclusion sociale

Nous avons eu un aperçu des travaux du CNLE, dont ce rapport de 300 pages témoigne. Les impacts de la transition souhaitée sont différents selon que votre budget alimentation représente 12 % ou 20 % de votre budget…


Le panel suivant, avec Elisabetta Bucolo, du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (Lise) rattaché au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), suivi de Sophie Van Neste, de L’INRS-Urbanisation Culture Société, Chercheuse principale du Labo Équité Climat. Le Lise-Cnam, n’était-ce pas le lieu de rattachement de Jean-Louis Laville ? Autrement dit, ce laboratoire a une longue tradition d’étude de l’économie sociale et solidaire. Je ne pourrais pas vous résumer ces deux conférences, n’ayant pas pris de notes. Mais nous pourrons sans doute retrouver les présentations du 27 novembre sur une page dédiée (à venir) du site du Collectif des partenaires en développement des communautés.

Panel : Démocratiser la transition socioécologique pour un engagement collectif partagé ou comment concevoir ensemble la question socioécologique.

Mme Bucolo était invitée du CRISES en 2024, du 6 mai au 7 juillet. Elle a co-dirigé une publication comparative : Soutenir l’autonomie à domicile : entre innovation et régression. Regards croisés France-Québec dans le champ du vieillissement ( à paraître aux Presses de l’Université Laval). Elle a aussi publié en 2020 Antimafia, une histoire de solidarité – Les associations et les coopératives contre la criminalité aux éditions Le Bord de l’eau.

Mme Van Neste a été titulaire de la Chaire de recherche du Canada en action climatique urbaine. Elle a publié Transitions socioécologiques et milieux de vie Entre expérimentation, politisation et institutionnalisation, disponible gratuitement en format pdf ou epub.

Face à la crise climatique, la transition socioécologique se déploie sous la forme d’initiatives citoyennes qui cherchent à transformer les milieux de vie et qui s’organisent autour de pratiques dans différents domaines d’action, notamment en matière de zéro-déchets, de verdissement, de modes d’habiter ou de production d’énergie. La politisation de ces actions est variée et non linéaire : certains prônent une transformation profonde du monde, d’autres revendiquent une place pour des expérimentations citoyennes qui évitent le conflit.

Transitions socioécologiques et milieux de vie

Panel : La transition socioécologique et la philanthropie dans le développement des communautés territoriales au Québec : résultats d’une recherche partenariale


André-Anne Parent et Ariane Hamel nous ont présenté une synthèse de la recherche sur le rôle, l’évolution et la perception de l’action des sociétés philanthropiques dans le soutien au développement des communautés.

Je ne tenterai pas de résumer la recherche sur les relations entre les communautés territoriales et les fondations philanthropiques, le chapitre 3 du livre lancé à l’occasion du colloque y est consacré. Pour ceux et celles qui n’étaient pas présents au Centre St-Pierre (une copie du livre était remise aux participants sur place), vous devrez faire comme je l’ai fait : l’acheter. Incidemment, je me demande pourquoi les résultats de ces deux recherches qui ont été subventionnées par le CRSH1Deux projets : Transition socioécologique et lutte aux changements climatiques dans les démarches de développement territorial (CRSH #890-2019-0058) et Nouvelles formes de philanthropie en soutien aux démarches de développement territorial (CRSH #435-2020-0927) et soutenues par des fondations philanthropiques, pourquoi les résultats ne sont pas diffusés plus librement, comme l’ont été les résultats de la recherche Transitions socioécologiques et milieux de vie, par Sophie L. Van Neste et al, publiés aux Presses de l’Université de Montréal ?

Par ailleurs, beaucoup des travaux réalisés au cours de ces deux recherches ont déjà été diffusés : les huit (8) monographies réalisées sur des démarches de développement territorial; un Outil de réflexion pour un développement des communautés territoriales inscrit dans la transition socioécologique; en plus de dizaines de communications et publications : voir la liste des publications (en date du mois de mai). Pour un bon résumé de la démarche et des résultats, l’article (en libre accès) de René Lachapelle et al. dans la Revue canadienne de recherche sur les OSBL et l’économie sociale : Transition socioécologique et économie sociale et solidaire en développement des communautés territoriales.

J’ai trouvé particulièrement intéressant ce compte-rendu d’une « journée inter-sites » tenue en décembre 2024, qui résume les enjeux et pointe (liens hypertextes) vers les présentations : Transition socioécologique et philanthropie dans le développement des communauté territoriales au Québec : enjeux actuels. Compte rendu de la rencontre intersites des recherches partenariales sur la Transition socioécologique et la philanthropie dans le développement des communautés territoriales, par Geneviève Le Dorze-Cloutier. Parmi les présentations du jour : Andrée-Anne Parent sur la Théorie de l’acteur-réseau et celle de Ariane Hamel sur une Analyse transversale de la philanthropie.

Deux ateliers

Du premier atelier (en ligne) auquel j’ai participé (Comment se modulent les métiers et pratiques du développement des territoires à l’heure de la transition socioécologique? avec Philippe Carbasse, de l’UNADEL) je retiens ses références aux outils et processus développés par la Fabrique des transitions. Parmi les guides et manuels qui me semblent d’intérêt pour notre objet : Les 5 dimensions de la mise en récits (M.E.R.) (La Mise en récits comme véritable outil stratégique de conduite du changement, 76 pages); Les 4 Fondamentaux de la conduite de changement systémique (4 principes directeurs fondamentaux repérés dans les territoires pionniers pour engager, coopérer, piloter et révéler la valeur des transitions, 66 pages); Les 4 Fantastiques des territoires en transition (une synthèse des principaux enjeux propres aux élus, aux agents des collectivités, aux acteurs socio-économiques et aux agents de l’État territorial à l’heure des transitions, 58 pages)

La démarche de la Fabrique avec ses alliés de 2020 à 2023

Mon deuxième atelier (en ligne) avait pour titre Comment travaille-t-on avec des « pas pareils »? De l’industrie aux groupes communautaires. Région de biosphère Manicouagan-Uapishka. Probablement à cause de la situation géographique et du nom Uapishka, j’étais sous l’impression que les « pas pareils » référeraient aux nations autochtones ! Mais non, il s’agissait de la grande entreprise (ALCOA), qui est un grand employeur de la région et qui soutient une démarche collective régionale animée par RMBMU, qui a pris la forme de trois entités (MU Conseils, une boite de services-conseils en stratégies participatives, la Station Uapishka, une station de recherche et d’écotourisme et Biosphère, le volet de développement de projets environnementaux, scientifiques et éducatifs) et la Fondation Uapishka, pour financer les projets soumis au volet Biosphère.

Davis Béland, chargé de projet et conseiller au RMBMU, nous a décrit les processus d’engagement des partenaires (entreprise, municipalité, société civile, citoyens…) et la structuration des instances mises en place pour coordonner et diriger les initiatives.

Ma question résiduelle : comment situer l’économie dans les DDT2Démarches de développement territorial ?

Considération préalable

Je ne voudrais pas que ma question soit interprétée comme un rejet ou une sous-estimation de la valeur des démarches décrites par les recherches de Bourque et al. Huit démarches territoriales ont été retenues parmi les 17 qui semblaient d’intérêt au regard des critères de sélection, 17 démarches qui elles-mêmes avaient été identifiées parmi quelques 200 « démarches territoriales ». Les nombreux acquis et expériences relatés dans les monographies et documents issus des recherches sur les DDT et la TSE de même que ceux et celles qui ont été exposées lors des ateliers au colloque (je n’ai pu participer aux ateliers sur place) doivent continuer d’être étudiés et soutenus.

Je comprends qu’on ait interprété la transition socio-écologique en insistant sur la dimension sociale de la transition, les porteurs des projets (démarches retenues et recherches menées) étant pour l’essentiel des travailleuses sociales, organisateurs communautaires et animateurs-accompagnatrices de collectivités et des professeur.e.s et doctorantes en travail social.

extrait du site web du CPDC présentant la recherche

Justice sociale VS transition écologique

J’ai été surpris de voir (dans les textes consultés) l’opposition entre ces tendances (justice sociale VS transition écologique) présentes au sein des démarches étudiées présentées comme des controverses importantes. Je m’attendais à ce que ce soit plutôt l’opposition entre le développement économique et une transition juste… mais l’absence des acteurs économiques explique sans doute ce déplacement de la controverse.

Ça me fait penser aux luttes entre les ML et les trotskistes ! On s’obstine sur les trémas et points de suspension pendant que le Capital s’en met plein les poches. Bon, je charrie un peu mais vous voyez ce que je veux dire.

De plus, il est très difficile de mobiliser des représentants du secteur économique dans les processus de planification et de développement, quels qu’ils soient : les petites et moyennes entreprises ont d’autres chats à fouetter que d’aller palabrer dans des réunions qui n’en finissent plus. D’autant plus si celles-ci sont animées par des gauchistes et des écologistes, qui se pincent le nez aussitôt qu’on parle d’économie.

Une autre façon de parler d’économie : la mésoéconomie

Je ne voulais pas choquer les travailleurs sociaux et les militants écologistes… ou peut-être un peu. Mais on les aime bien quand même : il faudrait les inventer s’ils-elles n’étaient pas là pour nous rappeler ce qu’on oublie trop facilement, quand on roule, la « broue dans l’toupet », sur les routes de nos emplois et carrières : ces populations exclues, ces équilibres bio-écologiques fragilisés…

Mais si l’on veut vraiment « sortir de nos silos » et mobiliser « tous les secteurs » dans nos démarches visant la Transition… il faudra se résoudre à élargir le champ de l’économie au-delà de l’économie sociale et coopérative. Il faudra pour ce faire déployer beaucoup de créativité afin de retenir l’attention de personnes très occupées et peu enclines à la palabre… mais qui ont des moyens et des intérêts qui ne sont peut-être pas si éloignés des nôtres : l’avenir de leurs enfants, de la planète ne les laissent pas indifférents. Heureusement les accompagnateurs des démarches collectives en ont, de la créativité !

Si nous devons imaginer un autre futur pour nos sociétés, il faudra que nos frères, nos soeurs, nos cousins, cousines, nos voisins, voisines s’y retrouvent, s’y sentent aussi chez eux. Nous devrons comprendre, saisir et exprimer la valeur des contributions qu’ils-elles ont, actuellement et auront potentiellement dans une société en transition. Les régions, localités ou collectivités d’appartenance des entreprises qui oeuvrent dans nos milieux se situent parfois à des échelles différentes de celles qui fondent les démarches territoriales. C’est ce qu’un commentaire de Béatrice Alain, DG du Chantier de l’économie sociale laissait entendre : certaines entreprises doivent se brancher sur un bassin plus large pour assurer la rentabilité d’un produit (des habitations).

Pour intégrer correctement la dimension économique dans les DDT, il faut un langage commun, une manière d’appréhender les enjeux, les frontières, les identités et réseaux mobilisés par les entreprises. La mésoéconomie propose des outils théoriques et méthodologiques pour une telle appréhension. Les auteurs Thomas Lamarche et Jérémie Bastien l’identifient comme l’économie politique des milieux, ou encore une économie des territoires.3Présentation par l’éditeur : Les économistes d’aujourd’hui sont souvent limités dans leurs travaux par les approches microéconomiques et macroéconomiques qui peinent à rendre compte de certaines réalités trop plurielles, par exemple dans les secteurs du numérique ou de la santé.
La mésoéconomie fait le lien entre les niveaux macro et micro, et donne les outils pour faire face aux problématiques actuelles touchant à l’économie politique, industrielle et territoriale.

la méso-analyse naissante va articuler études empiriques (analyse statistique, enquêtes, etc.) et construction théorique (concept de sous-système par exemple, cf. infra) dans le but de produire un mode d’explication endogène de variations considérées alors comme exogènes par la majorité des théories économiques.

Lamarche, Thomas; Bastien, Jérémie. Mésoéconomie : Penser une économie politique, industrielle et territoriale (Éco Sup) (p. 27).

Se distinguant des modèles standards de l’économie (micro et macro) la mésoéconomie veut « rend[re] compte ici des dynamiques territoriales qui structurent la mésoéconomie, en insistant sur la variété des liens aux milieux. » Les territoires ne sont pas abordés comme uniquement des ressources et sous l’angle des « avantages comparatifs » mais plutôt celui des « avantages différenciatifs » (Bernard Pecqueur). La mésoéconomie s’inscrit, ajoute aux travaux sur l’économie territoriale et l’économie de proximités.

Il s’agit notamment de faire discuter économie industrielle (institutionnaliste) et économie régionale. Le positionnement est résolument critique par rapport à certaines évolutions de l’économie industrielle, refusant une vision allocative des ressources pour privilégier une démarche centrée sur la production en s’intéressant plus à la création de ressources qu’à une approche par la dotation. (p. 51)

la mésoéconomie s’attache à la pluralité des modes d’organisation économique, même s’ils sont dominés, peu visibles. Il y a une implicite dimension polanyienne de cette réflexion : l’encastrement dans la sphère culturelle, sociale, communautaire reste essentiel pour une grande partie de l’activité économique, mêlant redistribution et réciprocité, mais ce ne sont pas ces activités qui font l’objet d’une politique publique en faveur de la croissance, de l’emploi ou de la compétitivité des nations. (p. 58)

À l’instar des enjeux environnementaux qui sont invisibles durant la période fordiste du fait notamment de la quasi-gratuité de la nature considérée et exploitée comme une ressource (Rousseau, 2003), le territoire a pu être invisibilisé, écrasé par la construction d’une vision macroéconomique nationale, et d’une politique économique qui s’est façonnée sur le cadre national – et qui a pris la forme du keynésianisme favorisant la croissance pendant un long après-guerre. (p. 58)

Idem

Je n’irai pas plus loin, ici, à propos de cette mésoéconomie. Je compte y revenir prochainement plus en détails car cette approche, qui est à la fois une théorie et une méthodologie, me semble une avenue prometteuse pour mieux saisir et inclure les processus et dynamiques économiques dans les démarches de développement territorial.


Je le redis : je ne veux pas diminuer d’aucune manière la richesse et la réussite de la démarche ambitieuse réalisée par l’équipe nombreuse réunie autour de Denis Bourque. Je crois simplement qu’il nous faudra aller plus loin dans l’ouverture des silos et la compréhension de la dimension économique de nos territoires pour faire qu’advienne une véritable transition qui soit à la fois sociale, écologique et économique.

Notes

  • 1
    Deux projets : Transition socioécologique et lutte aux changements climatiques dans les démarches de développement territorial (CRSH #890-2019-0058) et Nouvelles formes de philanthropie en soutien aux démarches de développement territorial (CRSH #435-2020-0927) ↩︎
  • 2
    Démarches de développement territorial ↩︎
  • 3
    Présentation par l’éditeur : Les économistes d’aujourd’hui sont souvent limités dans leurs travaux par les approches microéconomiques et macroéconomiques qui peinent à rendre compte de certaines réalités trop plurielles, par exemple dans les secteurs du numérique ou de la santé.
    La mésoéconomie fait le lien entre les niveaux macro et micro, et donne les outils pour faire face aux problématiques actuelles touchant à l’économie politique, industrielle et territoriale. ↩︎

vendredi vrac (13)

Médecins utilisant l’IA = millions de minutes d’économie

Le Journal de Montréal: «Ç’a révolutionné ma pratique!»: l’intelligence artificielle s’impose dans les bureaux de médecins québécois
« Après avoir obtenu le consentement du patient, l’urgentologue utilise le logiciel sur son cellulaire pour enregistrer la consultation. Une retranscription est ensuite complétée en quelques secondes avec l’aide de l’intelligence artificielle (IA). »

Faudrait qu'avec le consentement du patient, ce dernier ait aussi un droit de révision... le médecin, conseillé par l'IA, n'aura peut-être pas remarqué1lui qui n'habite pas dans le même quartier, ou n'est peut-être pas de même origine culturelle ou ethnique l'interprétation erronée d'une expression vernaculaire utilisée par le patient. 

1987 – Le CLSC s’informatise, enfin…

Les enjeux et l’engouement actuels autour de l’IA m’ont rappelé les circonstances entourant la décision d’informatiser le CLSC où je travaillais, depuis 1976. On était en 1987 et j’avais moi-même un ordinateur depuis fin 1983, avec lequel je m’étais familiarisé avec le traitement de texte, la gestion de listes et bases de données. Les organisations avec lesquelles nous, organisateurs communautaires, travaillions possédaient presque toutes un ou des ordinateurs. Les services de courriel et messagerie numérique privés (CompuServe2le premier des grands fournisseurs de services en ligne aux États-Unis. Il domine le marché pendant les années 1980-Wikipedia) ou publics (universités, Minitel) devenaient courants.

Le CLSC a fait appel à un consultant de la firme Mallette-Major pour assister le comité de gestion dans sa décision. On s’est retrouvé avec des imprimantes à marguerite connectées à un écran jaune… des systèmes conçus pour des bureaux d’avocats ou de notaires, ou peut-être des cliniques médicales, mais pas pour des services sociaux et communautaires devant produire des documents attrayants pour l’éducation et l’information de la clientèle, ou des portraits statistiques et cartographiques de la situation. J’avais l’impression que le consultant n’avait aucune idée de ce qu’était un CLSC. En fait on s’équipait en fonction de ce qu’on avait été3Ce que le consultant imaginait qu’on avait été plutôt que de ce qu’on pouvait devenir.

Ce qu’il y a de semblable entre la période actuelle et celle des années ’90, en plus de l’effervescence entourant les capacités « mirifiques » d’un nouvel outil techno, c’est que nos décideurs n’y connaissent rien et doivent s’appuyer sur les conseils de consultants plus près des intérêts des producteurs de machinerie que des services publics. Des décideurs aux prises avec des contraintes économiques grandissantes (déficits, manque de main-d’oeuvre) qui orientent l’utilisation des technologies vers l’automatisation de ce qu’on faisait hier plutôt que l’invention de ce qu’on devrait faire aujourd’hui pour demain. Pour imaginer cela (ce qu’on devra faire demain), il faut travailler avec ceux-celles qui sont en contact avec la population, le terrain qui, eux ne changeront pas parce qu’on aura utilisé l’IA plutôt que des entrevues pour établir le plan de soin…


Réinventer, réclamer, résister, refuser : quatre stratégies devant l’IA

J’ai tiré le graphique suivant (que j’ai ensuite traduit) du texte Resisting, Refusing, Reclaiming, Reimagining: Charting Challenges to Narratives of AI Inevitability, une suggestion de Laura Burney Nissen qui publie quelques fois l’an des Notes en provenance du futur, un futur examiné, imaginé à partir de la lunette du travail social (intervention, gestion, conditions de pratique et problématiques nouvelles ou anciennes confrontées au changement…). Voir son dernier Notes from the Future (November 2025 Edition) que j’ai traduit (Notes en provenance du futur du travail social) pour plus de facilité d’examen. Attention : les libellés des nombreux liens dans le texte ont été traduits, mais pas les textes auxquels ils réfèrent, qui sont tous en anglais.

Le phénomène de l’IA se présente sous plusieurs couverts et incitations. Il impose déjà des changements et ajustements dans plusieurs milieux (dont celui de l’enseignement, auquel réfèrent plusieurs des documents cités par Laura B. Nissen). Certains en font déjà leur pain et leur beurre dans la foulée des expérimentations et développements (réels ou potentiels) qui se multiplient. Mais il faut résister au discours emphatique clamant l’inévitable ubiquité de l’IA.

Quelques perles parmi les dizaines qui sont enfilées dans ce Notes en provenance du futur de novembre, organisées sous les thèmes Signaux et tendances générales, L’avenir des questions sociales, L’avenir du changement social, L’avenir de la protection sociale, L’avenir des professions, Informations, outils et/ou informations prospectifs :


Autres critiques et avertissements concernant l’IA : [articles traduits] L’IA se propage comme une traînée de poudre. Cela va être très douloureux, mais incroyablement salutaire, par Dion Lim. La bulle de l’IA est plus importante que vous ne le pensez, par David Dayen. L’ère sociologique de l’IA, par Jenny L. Davis et Mona Sloane. L’humanité a besoin d’un contrôle démocratique de l’IA, par Giorgos Galanis.

Dion Lim n’est pas le premier à prévoir un feux de broussaille dans les forêts de data-centers, ce qui devrait , à terme, offrir ces ressources à bon marché… une fois la valeur spéculative dégonflée. Ce qui serait une aubaine pour les ministères, gouvernements, villes et universités qui souhaiteraient devenir plus souverains et en contrôle de leurs données. Il ne s’agit pas seulement de l’IA, mais bien de tout l’environnement numérique, constitué d’un « stack », d’un empilement de hardwares et de softwares qui, pour l’instant, sont entre les mains des Big Tech. Comme le souligne François William Croteau dans Le Devoir d’aujourd’hui, en citant plusieurs pays (Italie, Danemark, France…) ayant posé des gestes clairs. « La souveraineté numérique n’est plus un caprice technologique, c’est une question de sécurité, de résilience et de démocratie. L’Europe l’a compris. Il serait temps que le Québec engage la même réflexion.« 

Dans son billet du 26 novembre, intitulé O(N^2) nationalism, Cory Doctorow dit la difficulté, l’immense tâche que représente cette souveraineté :

Une véritable souveraineté numérique nécessite plus que la construction de centres de données Eurostack et des logiciels qui les font fonctionner. Elle nécessite plus que l’abrogation des lois sur la propriété intellectuelle qui empêchent les clients du cloud de migrer leurs données vers ces serveurs Eurostack. Elle nécessite le remplacement des logiciels cloud et du code intégré qui alimentent notre infrastructure et nos outils administratifs.

Il s’agit d’une tâche gigantesque. Supprimer tout le code propriétaire qui alimente nos logiciels et appareils cloud et le remplacer par des logiciels libres/open source robustes, vérifiables et modifiables par l’utilisateur est un projet colossal. (…)

Car si le code Eurostack est ouvert et libre, il peut également être le code canadien, mexicain, ghanéen et vietnamien. Il peut être un bien commun, un ensemble de technologies de base que tout le monde étudie pour en détecter les vulnérabilités et les améliorer, auquel tout le monde ajoute des fonctionnalités, que tout le monde localise et administre et dont tout le monde supporte les coûts.

Extrait de ma traduction de l’article O(N^2) nationalism

Parmi les critiques francophones du numérique, Olivier Ertzscheid (et son Affordance) vient en haut de ma liste. Récemment il s’entretenait (video sur Youtube) à propos de son dernier article sur le web pourrissant et l’IA florissante. Aussi, en haut de ma liste : Dans les algorithmes, de Hubert Guillaud.

Voir aussi Une vision pour le data space de la démocratie.


Prochaines traductions de PDF

Mon abonnement au service de traduction en ligne DeepL me permet de traduire autant de texte que je veux mais un nombre limité de fichiers (PDF, Word…). Voir la page TRADUCTIONS. Mais je n’ai droit de traduire que cinq (5) fichiers par mois. Aussi, après avoir traduit 4 documents, je me demande lequel des titres suivants je devrait traduire :

SVP : répondre sur ce formulaire


Varia – action collective


P.S. Je serai au colloque du Collectif des partenaires en développement des communautés: Résister et réinventer – Le développement des communautés comme pilier de la transition socioécologique, les deux prochains jours. Aussi je me permets de publier ce treizième Vendredi vrac un… mercredi !

Notes

végétal-isme

Cet article de Elise Desaulniers, Aimer les animaux et les gens qui les mangent, m’append que se tient présentement le Festival végane de Montréal. Son long billet est riche d’exemples des frictions et tensions culturelles et sociales qui accompagnent les changements alimentaires. Et Lloyd Alter qui rediffusait récemment son billet de janvier : Fight Trump Tariffs with a Patriotic Canadian Diet dans lequel il se remémore une expérience de régime canadien XIXe siècle… Des constats surprenants : la facture énergétique (et en carbone) des tomates de serre cultivées ici (au Canada) en hiver est plus élevée que celle de tomates importées par camion depuis le Mexique !

Bon, celles cultivées au Québec avec de l’hydroélectricité, sont sans doute moins carbo-intensives. Et si les serres sont chauffées avec de la chaleur récupérée des toits (comme Lufa le fait), alors ce sont des tomates vertueuses ! Mais je ne suis pas sûr qu’il faille toujours accepter l’argument de l’électricité « propre » du Québec : remplacer le gaz ou l’essence par l’électricité sans changer les modes (de transport, de nourriture, d’habitation) nous empêche d’investir l’électricité que nous avons dans les bonnes filières…

L’article de Lloyd me rappelle les données (de Our World in Data) connues mais oubliées trop facilement, qu’il vaut de répéter : l’alimentation carnée produit des émissions de GES ET mobilise de l’espace qui autrement pourrait servir à la séquestration de carbone en laissant les forêts reprendre leur place.

Devenir végétalien permettrait de réduire considérablement les émissions de carbone, mais même une simple réduction de la consommation de viande et de produits laitiers, sans les éliminer complètement, peut également avoir un impact considérable. En fait, un régime alimentaire qui remplace le bœuf par du poulet et supprime les produits laitiers permettrait d’obtenir des résultats presque équivalents à ceux d’un régime entièrement végétalien.

What are the carbon opportunity costs of our food?

Ce que ce graphe ajoute aux effets immédiats de la diète végé sur la réduction des émissions de GES, c’est l’utilisation des sols ainsi libérés (pâturage et agriculture pour nourrir les animaux) comme vecteurs de séquestration de carbone.

Même si les changements de régime alimentaire peuvent avoir un impact appréciable sur nos objectifs climatiques, ils ne peuvent nous exempter de sortir des énergies fossiles : Dietary changes could double our carbon budget for 1.5°C – but it’s no substitute for getting off fossil fuels.


Nous pourrions réduire des trois-quarts la surface mobilisée par l’agriculture humaine, en passant à l’alimentation non-carnée.

If the world adopted a plant-based diet, we would reduce global agricultural land use from 4 to 1 billion hectares

Voir aussi sur ce carnet : empreinte et désirs (2021)

démocratie algorithmique ?

« Pour Jacobin, l’économiste britannique Giorgos Galanis convoque le récent livre de l’économiste Maximilian KasyThe Means of Prediction: How AI Really Works (and Who Benefits) (Les moyens de prédictions : comment l’IA fonctionne vraiment (et qui en bénéficie), University of Chicago Press, 2025, non traduit), pour rappeler l’importance du contrôle démocratique de la technologie. Lorsqu’un algorithme prédictif a refusé des milliers de prêts hypothécaires à des demandeurs noirs en 2019, il ne s’agissait pas d’un dysfonctionnement, mais d’un choix délibéré, reflétant les priorités des géants de la tech, guidés par le profit. »

Du contrôle des moyens de prédiction, Hubert Guillaud

Voir ma traduction de l’article de Galanis, L’humanité a besoin d’un contrôle démocratique de l’IA.

Des fiducies (trusts) de gestion démocratique des données, « des institutions collectives qui gèrent les données au nom des communautés à des fins publiques telles que la recherche en matière de santé ». C’est ce que propose Galanis, comme moyen de reprendre du pouvoir sur nos données, et affaiblir celui qu’exercent les Big Techs sur nos vies… et sur la survie de tous.

Il appartient à ceux qui se sont enrichis de la course à la domination technologique (et financière) de réparer les pots cassés (Move Fast and Break Things, l’ancien motto de FaceBook et de la Silicon Valley en général).

Pourquoi serait-ce si important de contrôler nos centres de données alors que l’eau monte, les forêts brûlent, les métiers se perdent, les communautés se dissolvent ?

En quoi une gestion démocratique et dans l’intérêt collectif des données sera-t-elle bénéfique ? Quelles données ? Recueillies à quelles fins ? Avec quelle participation, quelle qualité en termes de validité, de disponibilité fine, réticulaire ?

Tellement habitués à laisser ces préoccupations à d’autres, comme rétribution pour l’accès à des outils, logiciels, plateformes à peu ou pas de frais… qu’il est difficile d’entrevoir d’autres usages pour ces données.

Peut-être faut-il imaginer un autre usage pour ces données, en relation avec un autre usage des biens et services, ceux de demain, en fonction des besoins d’aujourd’hui et de demain. Par exemple, les données liées à la gestion d’une flotte de véhicules disponibles en remplacement des autos de propriété individuelle. Une appropriation collective, avec compensation honorable aux anciens propriétaires, dans une démarche transitionnelle visant à réduire la quantité d’automobiles dans nos cités pour investir dans des modes plus économiques (bus, trams, trains) ou plus légers (vélos assistés, trottinettes électriques) de transport.

Un système qui intégrerait Taxis, Uber, Communauto, Bixi… pour une ville avec trois (5, 8 ?) fois moins d’autos, plus de parcs, plus de vélos, de meilleurs transports interurbains, et entre les banlieues et la ville centre et entre elles. Des trams à usage mixtes : des conteneurs et des personnes… selon les heures, les parcours = moins de camions sur les routes = moins de routes à réparer.

Et si on intégrait les commerces locaux, autour d’un système de transport et de locaux d’entreposage partagés ? Chaque marchand local avait un service de livraison quand j’étais enfant. Et puis les ménages ont eu des autos, et les centres d’achat sont arrivés. Bien avant Amazon, cela avait été dur pour les commerces. Et Amazon avait tellement d’argent qu’il pouvait subventionner une flotte de livreurs, pas payés chers il est vrai, pour faire qu’il soit plus facile (et moins coûteux) de commander en ligne et faire livrer que d’aller à la quincaillerie. Plus facile pour celles et ceux qui n’ont pas d’auto, en tout cas. Et si les commerces locaux pouvaient compter sur un système de livraison partagé ?

Données de circulation, de consommation, de production, d’impacts, de viabilité, de santé, de productions culturelles, de mémoires, de fictions… données de consultation, de recherche, de conscience et d’alertes… données publicitaires, publications et appels… ce sont des matériaux qui, actuellement, sont accumulés, analysés, triturés par les serveurs et data centres des GAFAM, auxquels nous avons très peu accès et sur lesquels nous avons encore moins de pouvoir.


Sur la question d’un numérique plus démocratique : L’archipel des GAFAM – Manifeste pour un numérique responsable, par Vincent Courboulay; Comment bifurquer – Les principes de la planification écologique, par Cédric Durand et Razmig Keucheyan; Le capital algorithmique, par Durand Folco et Martineau.

Et sur ce blogue (parmi d’autres) : Un numérique souverain parce que public (2025.09); Le pouvoir numérique (2025.02); Le pouvoir numérique (2) (2025.02); Infrastructure numérique démocratique (2025.07); Communication numérique (2023.12); Information et démocratie (2023.12); Écosocialisme numérique (2022). Sur la planification démocratique (qui suppose une dose de numérique démocratique) : Brève présentation de quatre modèles de planification économique démocratique; La finance et la planification.

des leçons à tirer de nos défaites

Je n’avais pas l’intention d’écrire un billet suite aux résultats des dernières élections municipales mais la lecture d’un billet par Henry Farrell à propos de deux articles parus dans le New York Times, l’un par Ezra Klein et l’autre par Ross Douthat, m’amène à vouloir tirer des leçons de cette discussion à propos de l’avenir du Parti démocrate américain pour les appliquer à plus petite échelle à nos enjeux électoraux locaux.

Trois articles que j’ai traduits pour plus de facilité de lecture. Le premier, paru le 1er novembre sous la plume de Ross Douthat (La raison pour laquelle Harris a perdu en 2024 est évidente. Mais les démocrates peuvent-ils l’accepter ?) souhaite que le parti Démocrate se déplace vers le centre pour rejoindre l’électeur moyen, ou médian. Il se demande, cependant, si les militants et actuels membres de ce parti sont prêts à cela.

L’article de Klein paru le lendemain (Voici comment battre Trump — et le trumpisme) peut sembler, à première vue, aller dans le même sens : les démocrates se sont éloignés de leur base traditionnelle.

Un stratège démocrate qui a mené d’innombrables groupes de discussion m’a dit que lorsqu’il demande aux gens de décrire les deux partis, ils décrivent souvent les républicains comme « fous » et les démocrates comme « moralisateurs ». Une femme lui a dit : « Je préfère les fous aux moralisateurs. Au moins, les fous ne me regardent pas de haut. »

Cela fait écho à ce que j’ai entendu de la part des électeurs que les démocrates déplorent avoir perdus. J’ai l’impression d’avoir sans cesse la même conversation : parfois, les gens me parlent des questions sur lesquelles le Parti démocrate s’est éloigné d’eux. Mais ils décrivent d’abord un sentiment plus fondamental d’aliénation : ils en sont venus à croire que le Parti démocrate ne les aime pas.

Voici comment battre Trump — et le trumpisme

Dans Le libéralisme transforme la pluralité d’une faiblesse en une force Farrell commence avec cette invitation :

Voici une astuce pour lire l’article d’Ezra Klein publié hier dans le New York Times. Tout d’abord, lisez l’article de Ross Douthat qui donne des conseils aux démocrates sur ce qu’ils devraient faire. Ensuite, pendant que vous lisez l’article d’Ezra, posez-vous la question suivante : y a-t-il des différences importantes entre ce que disent les deux auteurs ?

(…) La différence entre l’argument selon lequel « le Parti démocrate devrait devenir un parti modéré » et l’argument selon lequel « le Parti démocrate devrait être plus accueillant envers les modérés et les autres personnes qui ne sont pas d’accord avec toutes ses positions » peut sembler subtile à première vue, mais elle a des conséquences pratiques importantes.

L’élection, toute récente, du nouveau maire de New York (Zohran Mamdani) pourrait sembler donner raison à ceux qui disent que le Parti démocrate n’était pas assez à gauche ! Pas assez pur dans ses positions. J’ai tendance à penser comme Farrell, qui appuie Klein dans sa vision d’un Parti démocrate qui doit apprendre à élargir sa coalition plutôt que de simplement la déplacer vers le centre et ainsi se délester des membres les plus à gauche.

Naturellement les enjeux qui se posent pour le parti américain sont d’une autre ampleur que ceux que doivent affronter des partis municipaux ! Mais pour une ville, une métropole comme Montréal, n’y a-t-il pas aussi l’évidence d’une diversité des points de vue et des intérêts ? Quand on regarde la carte des résultats, ça me semble clair.

Source : Le Devoir

Et puis on pourrait appliquer la même réflexion à Québec Solidaire. Vaut-il mieux rester « pur » et dans l’opposition éternellement, en comptant sur d’éventuels gouvernements minoritaires ou encore plus hypothétiquement la représentation proportionnelle, pour avoir quelque pouvoir sur le déroulement des affaires ?

Élargir sa base sans perdre son âme… ce n’est pas chose facile. Comme le dit Klein :

Aujourd’hui, la tolérance politique est plus difficile pour beaucoup d’entre nous que la tolérance religieuse. Trouver des moyens de transformer nos désaccords en échanges, en quelque chose de fructueux plutôt que de destructeur, semble presque fantaisiste. Mais il existe une réelle opportunité politique — oserais-je dire, une réelle majorité politique — pour la coalition qui pourra y parvenir.

Et Farrell de conclure :

La leçon à en tirer n’est pas que la gestion du pluralisme est facile. Au contraire, c’est tout sauf facile. Mais cela montre que développer la tolérance et trouver des moyens de surmonter les inévitables désordres et conflits peut non seulement créer un objectif commun en interne, mais aussi attirer d’autres personnes vers votre cause. Le pari des libéraux avec un petit « l » est que la pluralité n’est pas simplement un problème inévitable, mais une énorme source de force politique. Il s’agit de réaliser que la force consiste à surmonter les différences plutôt qu’à chercher à les éliminer.

Au niveau de la gestion d’une métropole comme Montréal, l’intégration des différences pourrait être facilitée par la reconnaissance de plus de pouvoir donné aux arrondissements. À l’échelle provinciale, cela pourrait se traduire par des régions plus autonomes et soutenues ? Une telle approche permettrait peut-être de développer un programme qui perce mieux dans les régions et sorte des grands centres urbains. Une approche permettant de mobiliser des alliés autour de la définition d’enjeux locaux et régionaux qui n’ont pas à se calquer sur ceux des villes-centres…

À moins qu’on préfère l’alternance, escomptant l’effet de balancier et de rejet des politiques après 4 ou 8 ans au pouvoir, parce que les difficultés qu’impose la gestion du réel génèrent des frictions et des insatisfactions… qui amèneront l’électorat à souhaiter un changement. Au risque de faire du surplace et voir le parti nouvellement élu défaire ce que le précédent a fait, et vice-versa.

Mais plus d’autonomie aux régions et aux arrondissements n’est-ce pas abandonner la prise en compte des enjeux globaux, des changements profonds qui doivent être réalisés pour faire face aux crises qui s’accumulent ? On s’occupe de ses petites affaires, on protège son confort et on laisse aux autres les grandes questions ? N’est-ce pas ce qui s’est passé pendant les décennies où l’on a négligé l’entretien des infrastructures (eau, métro…) lourdes pour maintenir au plus bas les taxes et minimiser l’inconfort (les cônes oranges) pour les citoyens-électeurs ? Reportant à plus tard, pelletant par en avant les problèmes ?

Plus d’autonomie aux régions, arrondissements ne devrait pas signifier le droit de se délester des problèmes communs. Cela ne fait sens que si c’est pour mieux ancrer dans les configurations locales les enjeux globaux.

classement thématique des derniers articles traduits

Depuis le 22 août dernier, alors que je faisais une courte synthèse et classais les derniers articles traduits sur mon carnet Praxis, j’ai traduit une trentaine d’articles glanés au cours de mes lectures de newletters, d’abonnements Substacks et de flux RSS. Des traductions que je fais, le plus souvent pour mieux les lire moi-même sur le moment, ou parfois pour les lire plus tard. J’ai commencé en février dernier cette liste évolutive de mes traductions, en les ajoutant de façon antéchronologique (le dernier arrivé en premier). Il y en a plus de 130.

Éventuellement je ferai un classement thématique de l’ensemble, pour l’instant je me contenterai des derniers articles. À l’intérieur des sections j’ai laissé l’ordre antéchronologique. C’est dire qu’ils ne sont pas classés par ordre d’importance stratégique ou ontologique.

La technologie, les GAFAM, le numérique et l’IA

On y discute beaucoup de l’intelligence artificielle (IA), des grands modèles de langage (LLM) et des GAFAM. J’ai inclu un article sur la présence du Canada dans l’espace, par son côté technologie satellitaire. J’aurais pu le placer sous le thème Politique. De même, l’article sur l’apocalypse de l’IA aurait pu être placé sous la rubrique Économie. Les enjeux soulevés par Doctorow dans La capture réglementaire sont d’abord politiques même s’ils s’appliquent au secteur technologique.

L’idéologie texane – La Silicon Valley cherche son « espace vital » dans la Bible Belt, par Fred Turner, octobre 2025
« Aujourd’hui, l’espoir que des ordinateurs interconnectés créent une utopie semble extrêmement naïf. Malgré tous les discours de Mark Zuckerberg sur sa volonté de connecter le monde, Facebook reste un moteur de conflits politiques, aux États-Unis et à l’étranger. La manière dont Facebook gagne de l’argent marque également un changement important par rapport aux années 1990. À l’époque, personne ne savait vraiment comment tirer profit des nouveaux réseaux numériques ; on savait simplement qu’il y avait de l’argent à gagner quelque part. »
Ce que les machines ignorent, par Eryk Salvaggio, 12 Oct 2025
« Pour la même raison qu’un chien peut aller à l’église mais ne peut pas être catholique, un LLM peut avoir une conversation mais ne peut pas participer à la conversation. »
L’histoire complexe et étroitement liée du militantisme pour le climat et les droits numériques, Cory Doctorow, 11 octobre 2025
« j’ai souvent été frappé par les parallèles entre le militantisme climatique et le militantisme technologique. Dans les deux cas, le défi fondamental consiste à sensibiliser les gens aux effets catastrophiques imminents de mauvaises politiques. Dans les deux cas, ces politiques et leurs effets sont très abstraits et techniques, et découlent d’un ensemble énorme, complexe et transversal de contingences et de circonstances, ce qui rend difficile pour quiconque d’en mesurer véritablement l’ampleur. Il ne suffit pas de maîtriser les questions techniques, il faut également comprendre les enjeux économiques, sociaux et politiques. »
Réclamer l’espace, par Alexander Macdonald et Chris Hadfield, G&M, 27 septembre
« Il y a quatre raisons principales pour lesquelles le Canada devrait accorder une priorité importante aux systèmes spatiaux dans le cadre de sa stratégie de défense nationale et d’industrialisation à double usage : l’importance croissante des systèmes spatiaux pour la défense nationale dans son ensemble ; la situation géopolitique et de défense nationale spécifique du Canada ; la valeur économique mondiale croissante des systèmes spatiaux ; et la force actuelle de la base industrielle spatiale canadienne. »
Beaucoup d’espace au bas (de la pile technologique), 29 septembre 2025, Cory Doctorow
« Je pense que c’est une conclusion facile. Il est vrai qu’il faut plus d’étapes pour s’inscrire sur Mastodon que pour rejoindre Instagram, et qu’Instagram dispose d’un système de recommandation qui peut vous aider à démarrer votre réseau et à commencer à remplir votre flux. Mais il est également vrai qu’Instagram compte des milliers d’ingénieurs et de spécialistes UX/UI qui travaillent dessus, tandis que Mastodon fonctionne avec une équipe réduite.
L’idée selon laquelle les imperfections de Mastodon sont dues au fait qu’il est ouvert et fédéré – et non parce qu’il fonctionne avec une fraction infime des ressources d’Instagram – me semble peu plausible. »
La véritable apocalypse (économique) de l’IA est proche, Cory Doctorow, 27 septembre 2025
« La construction de centres de données repose sur des finances véritablement absurdes : certaines entreprises de centres de données garantissent leurs prêts en mettant en gage leurs gigantesques processeurs graphiques Nvidia. C’est fou : il n’y a pratiquement rien (à part le poisson fraîchement pêché) qui perde sa valeur plus rapidement que les puces en silicium. Cela vaut trois fois plus pour les GPU utilisés dans les centres de données IA, où il est normal que des dizaines de milliers de puces brûlent au cours d’une seule session de formation de 54 jours »
Et si la Poste disposait de son propre modèle d’intelligence artificielle ?, par Max Read, 25 septembre 2025
À propos d’une IA publique.
« Et il existe d’autres possibilités ! Ici, à New York, sept universités publiques et privées se sont associées au gouvernement de l’État sous la bannière « Empire AI » afin de mettre en place une infrastructure informatique pouvant être utilisée pour des recherches responsables. Comme l’expliquent Ganesh Sitaraman et Karun Parek, l’approche publique présente des avantages indirects : »
Manger l’avenir : la logique métabolique de la bouillie de l’IA, par Kate Crawford, septembre 2025
Le consensus de la Silicon Valley et les limites d’une « économie de l’IA », par Edward Ongweso Jr, 8 septembre 2025
Comprendre l’IA en tant que technologie sociale, par Henry Farrell, 12 septembre 2025
Un guide pour comprendre l’IA comme technologie normale, par Arvind Narayanan et Sayash Kapoor, 9 septembre 2025. Il s’agit d’un texte en complément du texte suivant L’IA, une technologie normale
L’IA, une technologie normale, par Narayanan et Kapoor, avril 2025 (pdf)
Se passer des technologies américaines : un guide, par Paris Marx, 2025.07.18
La capture réglementaire, par Cory Doctorow, juin 2022
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Un conseil municipal efficace et démocratique

Le moment de l’élection est crucial, déterminant mais les moyens permettant aux élus de rester en contact avec la population sont essentiels pour une véritable démocratie locale.
Les pouvoirs dont disposent les municipalités pour faire face à leurs responsabilités de « gouvernement de proximité » sont très limités au regard des grands enjeux actuels : logement, itinérance, écologie… aussi la capacité à mobiliser les citoyens par le biais de structures diverses peut faire la différence dans les rapports avec les autres niveaux de gouvernement.

Parmi les engagements qui me parlent dans la Plateforme de Projet Montréal et qui relèvent plus directement des compétences municipales (que le projet de tramway dans l’Est, avec lequel je suis, par ailleurs, d’accord) : la piétonnisation du Vieux-Montréal (enfin !); un fonds de 100M$ qui devrait permettre de lever 1 milliard $ (la page Wikipedia sur les élections 2025 parle de 500K$) pour faciliter le financement les projets de logement hors-marché; et dans mon quartier, l’agrandissement du Cap St-Barnabé, et la préservation du boisé Steinberg; et cette idée d’avoir une personne responsable de la coordination des chantiers… ne manque qu’un Tableau de bord, où l’on pourrait suivre l’avancée (ou les retards) des multiples travaux en cours !

Ces engagements (et beaucoup d’autres) ont souvent fait l’objet de discussions et propositions lors des travaux préparatoires à la dernière assemblée générale annuelle de Projet Montréal.

Pour ce qui est de Ensemble Montréal, la promesse de Couper au moins 1 000 postes à la Ville de Montréal donne le ton ! Ça va motiver les troupes, ça :-/

À propos des chefs

Madame Ferrada a quitté le bateau en détresse du parti libéral de Justin Trudeau juste avant que Marc Carney annonce ses intentions… je me suis souvent demandé à quel point elle regrettait son geste. Député du quartier Hochelaga pendant quelques années, elle était ministre du Tourisme et responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec depuis moins de deux ans au moment de quitter la scène fédérale pour briguer (sans opposition) la direction du parti Ensemble Montréal, l’ancien parti de Denis Coderre.

Lors du mandat 2021-2025, les 23 élus d’Ensemble Montréal forment l’opposition officielle et proviennent de plusieurs arrondissements de Montréal, notamment ceux de Montréal-Nord, Outremont, Saint-Léonard, Saint-Laurent, Pierrefonds-Roxboro et L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève, où le parti obtient les postes de maires d’arrondissement.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensemble_Montréal

J’ai connu Luc Rabouin alors qu’il était organisateur communautaire en CLSC et revenait du premier Forum social mondial qui s’était tenu au Brésil. Au moment de son élection au poste de maire de l’arrondissement Plateau-Mont-Royal, en 2019, La Presse écrivait :

L’homme de 51 ans est directeur du développement stratégique à la Caisse d’économie solidaire Desjardins depuis trois ans et il a passé les dernières années de sa carrière à se spécialiser en développement économique local, notamment au sein du Centre d’écologie urbaine de Montréal, de Communauto France et de la Corporation de développement économique communautaire (CDEC). 

https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2019-10-06/plateau-mont-royal-luc-rabouin-succede-a-luc-ferrandez

Je ne savais pas qu’il avait été responsable du développement stratégique à la Caisse d’économie solidaire de Desjardins. Je l’avais vu à l’oeuvre pour promouvoir les budgets participatifs (une idée ramenée du Brésil) en tant que directeur du Centre d’écologie urbaine.


Au final j’ai l’impression que Ferrada nous propose de revenir à l’ère Coderre-Tremblay, où les promoteurs seront les premiers architectes du développement de Montréal, au profit du capital plutôt que des gens . Rabouin n’est pas une « rock-star », comme il le confiait récemment à La Presse, mais je pense qu’il peut s’appuyer sur un parti qui a des antennes et des racines dans les quartiers montréalais. Son expérience à la Caisse solidaire me fait dire que son idée d’un Fonds pour le logement pourrait marcher…

Ce ne sont pas les pistes cyclables qui sont l’enjeu de la prochaine élection montréalaise mais bien le développement de l’Est, la construction de logements pour les gens, l’accès au fleuve et la préservation des quelques espaces verts qui nous restent… Une ville de savoirs, de culture, d’industries qui sache mobiliser ses ressources et ses gens, et non seulement des capitaux au profit des capitaux. Oui nous avons besoin de capital, comme des pouvoirs et investissements provinciaux et fédéraux mais nous avons besoin d’un parti avec des racines et des antennes pour orienter ces investissements.

CLSC et développement des communautés

des pratiques invisibles ?

En lisant le document Orientations ministérielles relatives à la mission des centres locaux de services communautaires (CLSC), qui trace un Portrait et perspectives des services en CLSC au Québec, dans le but de Favoriser des services communautaires locaux ancrés dans une approche de proximité, en phase avec la réalité du territoire et des communautés qui le composent, j’ai cru, un moment, qu’enfin, après tant d’années d’éloignement et de centralisation… on allait enfin reconnaitre l’importance de l’intervention en développement des communautés, en soutien au développement des communautés, en organisation communautaire…

Je suis déçu. Pas une fois on parle de programmes d’organisation communautaire. Dans l’ensemble des programmes listés en annexe 5, et des interventions compilées dans l’annexe suivante (6), onze (11) RLS sur les 95 existants ont indiqué (dans I-CLSC) avoir eu des activités de « Soutien au développement des communautés et à l’action intersectorielle » pour un total de 42 interventions (en 2024).

Il est possible que les services d’OC soient saisis en tant que Autres activités en santé publique (présentes dans 51 RLS) totalisant 6086 interventions… Pendant la même période, il y a eu 23 648 242 interventions « Aide à domicile régulière ».

Cette quasi absence des pratiques de soutien au développement des communautés et à l’action intersectorielle dans les statistiques d’intervention (I-CLSC) ne m’a pas vraiment surpris. Il a toujours été difficile de « mettre dans de petites cases statistiques » l’intervention communautaire. Je me suis demandé jusqu’où les pratiques de développement communautaire étaient intégrées dans les actuelles planification du MSSS.

ChatGPT à la rescousse

C’est la question que j’ai posée à ChatGPT. Qui fut suivie d’autres questions, elles-mêmes suggérées par le logiciel :

  • extraire tous les passages du PNSP 2015-2025 relatifs au «soutien au développement des communautés», avec une analyse par domaine
  • comparaison structurée entre ce que le Programme national de santé publique 2015 2025 (PNSP) promettait et ce que les études et évaluations (notamment de Institut national de santé publique du Québec — INSPQ) montrent comme état de la mise en œuvre en la matière
  • exemples concrets régionaux au Québec de mise en œuvre (et de soutien) du développement des communautés dans le cadre de la politique de santé publique
  • un tableau exhaustif pour toutes les régions administratives du Québec (ex : 17 régions) avec les projets connus, leurs forces/faiblesses, et un petit «profil de terrain» pour un quartier urbain défavorisé dans chaque région

Vous pouvez lire le compte-rendu de cet échange : Quelle place pour le soutien au développement des communautés dans les politiques actuelles du MSSS ?

Comme je le notait en fin de parcours, il aurait fallu étendre le questionnement au-delà du champ d’action de la santé pour avoir un véritable portrait du soutien accordé actuellement par l’État au développement des communautés. Mais ce n’était pas ma préoccupation première : je m’inquiétais du peu de visibilité de cet objectif, pourtant réitéré à plusieurs reprises par les politiques de santé publique, dans les données colligées par le comité souhaitant renouveler, réaffirmer la mission du CLSC.

des interventions complexes, des indicateurs qualitatifs

L’exercice avec ChatGPT pour retrouver des références au soutien au développement communautaire dans les textes officiels, pourrait en rester là, au niveau des textes écrits et diffusés, au niveau du débat d’idées et de mots. Un domaine où les LLM (large language models) excellent. Mais la réalité est plus épaisse, plus complexe, elle est faite de sang, de merde, et de rapport de force, de luttes d’influence et de territoires.

Il faut se demander pourquoi les efforts de concertation intersectorielle sont si difficile à implémenter? Est-ce simplement un manque de formation et de compétences locales comme le suggère les évaluations de l’INSPQ? Comme le disait, la publicité des cornichons, « on ne donne pas ce qu’on n’a pas. » Lorsqu’on a que de la formation à offrir, on regarde où il en manque et on interprète les blocages en terme de formation à développer.

Le non-dit, la (supposée) « résistance au changement » c’est aussi, la résistance au pouvoir réducteur, au bulldozer d’une centralisation simplificatrice, destructrice de différence et d’humanité. Ces aspects du réel qui non seulement sont difficiles à mettre en formulaire, mais aussi s’opposent à une approche unilatérale, consensualiste, qui refuse de reconnaître l’altérité et la différence, le conflit. Une approche totalitaire?

Cette difficulté à mettre en œuvre les orientations de développement des communautés dont témoignent le peu de statistiques dans ce créneau d’intervention, est-ce dû à un manque de compétences locales? Ou n’est-ce pas plutôt un manque de reconnaissance, d’adaptation des outils statistiques à une pratique qualitative, qui se joue autant dans le non-dit que dans les rapports officiels et compte-rendus écrits. On peut être un très bon organisateur communautaire et avoir peu de propension à l’écriture. Les capacités d’écoute, essentielles pour permettre à ceux celles qui ne sont pas écoutés de s’exprimer, peuvent donner du pouvoir. Les capacités de liaison entre acteurs différents peuvent s’exercer dans l’ombre d’autant plus efficacement que les dits acteurs auront confiance et ne craindront pas d’être remplacés, de se faire imposer des solutions qu’ils n’ont pas choisies.

Je me suis demandé si les nouvelles technologies, comme cette capacité des ordinateurs d’aujourd’hui à transcrire un flot verbal en texte, et même à le réorganiser pour qu’il devienne plus lisible, est-ce que ces capacités numériques pourraient être mises à profit pour inclure le « qualitatif », ce qui est difficile à mettre dans des cases statistiques?
Peut-être, mais il y a des dangers à mettre par écrit, à rendre explicites les tensions, les intérêts contradictoires, qui s’entrechoquent dans les relations intersectorielles et interinstitutionnelles. Les intérêts et intentions, parfois inavoués, des acteurs ne peuvent pas être mis au jour sans conséquence : réactions défensives, de déni… alors qu’ils sont parfois inconscients. Rendre explicite notre lecture des intentions des acteurs peu parfois servir à l’atteinte des objectifs poursuivi collectivement, mais cela peut aussi transformer les termes du jeu sans pour autant conduire à une solution. Il faut trouver une, des manières de faire mieux voir le travail de développement communautaire dans les CLSC sans nuire à ses fins.

Par ailleurs l’émergence d’instances et d’organisations indépendantes des CLSC visant à soutenir le développement des communautés est importantes : CDC, tables de quartier, municipalités ont toutes un rôle à jouer. Comment articuler l’action d’un partenaire institutionnel (CLSC) avec des acteurs qui souhaitent affirmer, maintenir leur indépendance (organisations communautaires) ou qui sont (plus ou moins) nouveaux dans le champ du DC (municipalités et MRC) ?

Il y a sans doute autant de réponses à cette question qu’il y a de communautés différentes, de configurations différentes des « systèmes d’action locaux », et de capacités distinctes disponibles dans des CLSC qui sont depuis quelques décennies pressés de comptabiliser leurs faits et gestes pour les inscrire dans des plan d’action aux effets mesurables (à court terme si possible).

vendredi vrac (12)


Au-delà du cône orange, on veut une ville de Montréal inclusive et solidaire – Coalition montréalaise des Tables de quartier

À l’occasion des élections municipales du 2 novembre 2025, la CMTQ met de l’avant sa plateforme afin de promouvoir des milieux de vie solidaires, inclusifs et résilients. Nous invitons les candidates et les candidats à prendre position et à s’engager clairement sur 10 enjeux prioritaires qui influencent directement les conditions de vie des Montréalaises et des Montréalais

La plateforme de la Coalition pour l’élection 2025

Reboisement social à la MRC de Lotbinière : une initiative collective

Vendredi dernier, 16 bénévoles de la MRC de Lotbinière et de la Chambre de commerce de Lotbinière ont participé à la plantation de 195 arbres et 175 arbustes sur deux sites stratégiques.

Fonds québécois d’initiatives sociales: appel de projets destiné aux organismes communautaires

Les organismes communautaires œuvrant sur le territoire de la MRC de Deux-Montagnes sont invités à déposer un projet dans le cadre du Fonds québécois d’initiatives sociales (FQIS) 2024-2029 qui a pour objectif de soutenir financièrement des initiatives locales et régionales qui contribuent à améliorer les conditions de vie et à renforcer le tissu social. Ce fonds découle du Plan d’action gouvernemental visant la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (Mobiliser. Accompagner. Participer  ̶ PAGMAP) du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS). Les organismes communautaires sont invités à déposer leurs projets entre le 18 octobre 2025 et le 6 janvier 2026.


Gatineau adopte sa première politique municipale sur l’équité, la diversité et le vivre-ensemble

2 octobre 2025. – La Ville franchit un jalon important dans son engagement envers l’inclusion en adoptant sa toute première politique sur l’équité, la diversité et le vivre-ensemble. Cette politique confirme la volonté de Gatineau de bâtir un environnement de travail où les personnes contribuant à sa mission se sentent respectées, en sécurité et pleinement intégrées, le tout en reflétant la richesse et la diversité de sa population.

Respecter les besoins d’intimité et de sexualité en milieu d’hébergement de longue durée

Ces lignes directrices s’adressent à tous les prestataires de services œuvrant dans les milieux d’hébergement de longue durée et concernent les clientèles adultes hébergées. Elles visent à soutenir les milieux d’hébergement en matière de reconnaissance et de respect des besoins d’intimité et de sexualité.

Pétition à signer : Un Canada fort, sauf pour les femmes ? Refusons les coupures budgétaires

Le Plan ministériel 2025-2026 du ministère des Femmes et de l’Égalité des genres Canada prévoit une réduction de plus de 80 % du financement d’ici 2027-2028. Cette décision menace directement les services essentiels destinés aux femmes francophones et acadiennes vivant en situation minoritaire partout au pays.

La MRC de La Haute-Yamaska appelle les citoyens et organisations à déposer des projets en économie circulaire.

Un tout premier appel de projets en économie circulaire et réduction des matières résiduelles voit le jour en Haute-Yamaska. Son objectif est de mobiliser les citoyens et les organisations à instaurer des projets favorisant de nouvelles initiatives de réduction à la source, de réemploi et d’optimisation des ressources.

Ainsi, entre le 14 octobre et le 8 décembre 2025, les organisations à but non lucratif (OBNL), associations de voisins, coopératives, groupes de citoyens et entreprises privées sont invités à concevoir de nouveaux projets favorisant une consommation plus responsable en Haute-Yamaska.

Pour une information citoyenne : Pivot se joint au projet Documentalistes Canada

Documentalistes Canada, un projet dans le cadre duquel des citoyen·nes sont formé·es pour couvrir des assemblées publiques, a récemment lancé sa branche montréalaise. Les notes issues de cette initiative seront publiées sur le site de Pivot.

Des conseils d’arrondissements aux commissions permanentes, les « documentalistes », spécialement formé·es pour ce faire, porteront un œil attentif à ces réunions où les élu·es décident de l’avenir de Montréal. Ils et elles partageront des comptes rendus contenant des informations pertinentes, digestibles et factuelles, en travaillant main dans la main avec des journalistes professionnel·les qui vérifieront les faits rapportés.

Plaidoyer sur la précarité socio-économique. Cahier de proposition en vue des élections municipales 2025 par le Conseil interculturel de Montréal

L’objectif ici est double : d’abord, inciter les personnes qui seront élues en novembre prochain à prendre des mesures concrètes dans leurs champs de compétence. Ensuite, rappeler l’importance d’évoquer ces enjeux auprès des autres paliers gouvernementaux.

Les municipalités en action contre les changements climatiques, un dossier Agora

Un dossier complet destiné aux acteurs municipaux et aux partenaires du milieu. On y trouve des outils, des statistiques et des informations permettant un passage à l’action pour le mieux-être des communautés. Télécharger gratuitement

Élections municipales 2025, Ça change quoi dans nos vies?

Ce guide du MEPACQ (Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec) s’adresse à tous les organismes qui se consacrent à l’éducation populaire. Il présente un tour d’horizon du pouvoir municipal. C’est quoi une municipalité? Comment ça fonctionne? Ça change quoi dans nos vies? Quels sont les enjeux sociaux importants? Vous y trouverez une proposition d’atelier d’éducation populaire.

Rendez-vous de l’entrepreneuriat collectif 2025 de l’Estrie

Grâce à son intelligence collective et à sa volonté de répondre aux aspirations et aux besoins des communautés, le mouvement de l’économie sociale contribue positivement à la transformation des systèmes économiques.

L’intention du Rendez-vous de l’entrepreneuriat collectif de l’Estrie est de bâtir sur ce message fort du Sommet de l’économie sociale de mai 2025 et d’y donner suite en formulant des stratégies concrètes pour notre région.

Récipiendaires 2025-2026 du Fonds Collectif pour le climat et la transition écologique de la FGM

L’édition 2025-2026 du Fonds Collectif pour le climat et la transition écologique de la Fondation du Grand Montréal (FGM) s’inscrit dans une perspective de justice environnementale et sociale. Le Fonds soutiendra des initiatives visant à renforcer le pouvoir d’agir des communautés mobilisées pour faire face aux effets de la crise climatique et combattre ses causes.

En tout, 144 initiatives ont été déposées dans le cadre de l’appel à projets. Après une analyse rigoureuse menée par le comité consultatif du Fonds, nous sommes fiers de présenter les 16 récipiendaires de cette année

Regard sur les réalisations du Programme national de santé publique 2015-2025

Ce document vise à mettre en valeur des réalisations de la santé publique. Il permet d’illustrer l’étendue et la diversité des actions découlant du Programme national de santé publique 2015-2025, sans être un bilan exhaustif de celles-ci. Il s’adresse à tous les acteurs du réseau de la santé et des services sociaux, leurs partenaires ainsi qu’à toutes les personnes concernées et intéressées par l’action de santé publique.