maîtres d’hier et d’aujourd’hui

Alan Greenspan, l’ancien grand patron de la Réserve fédérale américaine de 1987 à 2006, publie un assez long article (18 pages) intitulé Activism (pdf). Paul Krugman ne semble pas d’accord.

If he wants to redeem himself through hard and serious reflection about how he got it so wrong, fine — and I’d be interested in listening. If he thinks he can still lecture us from his pedestal of wisdom, he’s wasting our time.

bonheur, économie

Un article du G&M (que je ne réussis pas à retrouver sur leur site !) de la fin de semaine m’apprend que le gouvernement Cameron de Grande-Bretagne vient de financer une commission pour étudier des alternatives à la mesure « brute » du PIB. Des mesures alternatives de la prospérité, qui ont déjà fait l’objet de travaux par une commission française dirigée par MM Sen et Stiglitz qui remettait son rapport l’an dernier et dont je parlais ici en début d’année. L’article du Guardian commentant la nouvelle, il y a 3 semaines, pointe vers son Data Blog, qui lui même introduit les National Accounts of Well-being (Comptes nationaux du bien-être), où l’on peut comparer les pays (Europe) sur différents indicateurs, mais aussi répondre soi-même au questionnaire qui a servi à construire cet indicateur de bien-être… On peut télécharger le rapport d’analyse ainsi que les tableaux de données à cette adresse.

Suivant le statisticien canadien John Helliwell, « The UK plans are putting into action the two most important elements of the Stiglitz/Sen report: systematically measuring subjective wellbeing as part of a broader national accounting system, and using these data to inform policy choices.» Lorsqu’on cite à plusieurs reprises le Canada comme étant un pays qui sonde ses résidents sur l’appréciation de leur bien-être, je présume qu’on fait référence aux Enquêtes sur la santé des collectivités canadiennes. Continuer la lecture de « bonheur, économie »

retraites, immigration et travail

Plus d’un million de Québécois prendront leur retraite d’ici 2017. La moitié d’entre eux auront quitté leur emploi dans moins de trois ans. En 2009 seulement, le gouvernement prévoit environ 100 000 départs. La plupart des travailleurs partiront à 58 ans dans le secteur public, et à 61 ans dans le secteur privé. [lesaffaires.com – oct. 2009]

Avec 49 489 immigrants au total en 2009, (statistiques récentes) les jeunes qui arrivent sur le marché du travail pourront-ils combler la différence ? Certaines études affirment que non.

L’arrivée des jeunes sera insuffisante pour remplacer cette génération. D’après les projections de Statistique Canada, la population âgée de 15 à 64 ans amorcera une baisse { au Québec} dès 2013, tandis qu’elle continuera de croître au Canada et en Ontario. [Point de vue économique, Desjardins – 13 août 2008 – pdf]

Avec des taux de chômage à la baisse (p. 4 du document cité), il y aura un effet de rétention sur les travailleurs plus âgés et d’attraction pour les plus jeunes… Continuer la lecture de « retraites, immigration et travail »

revenus de riches et leçon d’économie

Dans son article le plus récent, le même Krugman y va d’une leçon sur les fondamentaux de l’économie, comparant l’analyse de la situation économique actuelle entre les économistes « classiques » et les keynésiens (dont il est) : How The Other Half Thinks.

Plusieurs liens dans cet article pointent vers des chapitres d’un écrit de Keynes (The General Theory of Employment, Interest, and Money) disponible en ligne (the classical theory of the interest rate, the “classical theory” of employment). J’ai trouvé le même bouquin, en traduction française, disponible en ligne Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) dans cette mine d’or Les classiques des sciences sociales, animée depuis dix ans par Jean-Marie Tremblay.

déprimants horizons

So I don’t think this is really about Greece, or indeed about any realistic appreciation of the tradeoffs between deficits and jobs. It is, instead, the victory of an orthodoxy that has little to do with rational analysis, whose main tenet is that imposing suffering on other people is how you show leadership in tough times.

And who will pay the price for this triumph of orthodoxy? The answer is, tens of millions of unemployed workers, many of whom will go jobless for years, and some of whom will never work again. [Krugman, NYT, The Third Depression]

Krugman, dans cet éditorial du New York Times mais aussi J-F Lisée, sur son blogue de l’Actualité, soulignent le danger et le caractère idéologique des « solutions » mises de l’avant par les leaders orthodoxes et conservateurs, Harper le premier.

la place des hommes

Many men no longer want to be identified just by their jobs,” dit un jeune Suédois, suivant cet article (The Female Factor) du New-York Times. C’est une bonne chose car ils occupent de moins en moins de place sur le marché du travail…

Et c’est une tendance qui ne semble pas devoir décélérer : « Earlier this year, women became the majority of the workforce for the first time in U.S. history. Most managers are now women too. And for every two men who get a college degree this year, three women will do the same.» [The End of Men, dans le numéro juillet/août de The Atlantic]

nouvelle économie ?

Mise en place en 1986, pour opposer au discours dominant lors des Sommets économiques, les leaders de cette fondation voulaient proposer un « new model of wealth creation, based on equality, diversity and economic stability ». Des idées et des outils, des faits et des études… cette new economics foundation a produit de nombreux rapports sur le vrai coût des prisons (Punishing Costs – pdf), la véritable valeur du travail (A Bit Richpdf), proposant un meilleur système bancaire (Better Bankingpdf) ou encore une nouvelle politique sociale (Transforming Welfarepdf). Ces rapports sont accessibles en format PDF.

Un index pour une planète heureuse  (Happy Planet Index) – ou Comment une bonne vie n’a pas à coûter la terre (Why good lives don’t have to cost the Earth) a aussi été développé avec son rapport (4,8 Mo en PDF) et même un fichier Excel des données utilisées dans son rapport. [référence de Oikos Blogue]

virage à droite sur feu rouge

Pour un premier ministre, qui a les « deux mains sur le volant », le budget du Québec 2010-2011 est apparu comme le moment idéal pour réaliser un grand virage à droite même si le feu était encore au rouge.

C’est ainsi que débute l’article Le budget Bachand en rupture avec la social-démocratie… Auteurs d’un appel au renouvellement de la social-démocratie, lancé en mai dernier, les cosignataires éclairent les enjeux soulevés par le dernier budget du gouvernement Charest qui dépassent largement les seules questions économiques.  Une série de décisions rétrogrades, qui sous couvert d’économie visent à museler l’expression démocratique : fusions de commissions – dont certaines n’étaient pas au goût libéral-conservateur du jour – mais création d’autres (sur la participation au marché du travail) en excluant la partie syndicale !

On cherche vraiment dans ce budget d’après-crise, alors que le Québec s’en est sorti passablement moins amoché que les autres, quelles leçons ont été tirées, comment on entend éviter les errances et les erreurs qui ont conduit à la crise de 2008 ? La réduction de l’économie à sa seule dimension monétaire et financière… au détriment des conditions d’un vivre ensemble qui ont caractérisé le « modèle québécois » jusqu’ici il me semble que cela fait plutôt penser à la pente qui a nourri le crash de 2008 qu’à une solution pour éviter qu’il ne se reproduise ! Continuer la lecture de « virage à droite sur feu rouge »

un appui surprenant

Un court article sur le site The Economist (Copyright and wrong) dénonce la tendance à l’allongement sans fin des droits d’auteurs. On y plaide pour un retour à une durée des droits d’auteurs qui soit de l’ordre de celle (14 ou 28 ans) qu’il y avait à l’origine de la loi anglaise (qui célébrait hier son 300e anniversaire). Parmi les commentaires on suggère une formule qui n’est pas sans attrait : permettre un renouvellement de la période de protection, sur demande détenteurs des droits, et contre paiement de frais croissant avec le temps. Ce qui aurait le grand avantage de ne pas protéger inutilement et automatiquement des productions qui ne se vendent plus tout en laissant les propriétaires de « gros succès » conserver leurs droits, tout en payant un tribut à la société qui a nourri ces créations et rendu possible leur commercialisation. Les commentaires de l’article sont aussi intéressants. [référence de CultureLibre.ca]