raisonnement et fonction sociale

Conférence de Hugo Mercier, vendredi le 13 novembre, dans le cadre de l’Institut des sciences cognitives de l’UQAM. Hugo Mercier, auteur de la thèse sur un sujet proche : La théorie argumentative du raisonnement (résumé) – document complet.

Habituellement, le raisonnement est conçu comme un mécanisme permettant d’améliorer la qualité de nos connaissances, d’en acquérir de nouvelles, ou de prendre de meilleures décisions. L’objet de cette thèse est de défendre une autre théorie du raisonnement selon laquelle il a pour fonction d’évaluer des raisons afin de déterminer si elles feront de bons arguments, ou pour juger de la qualité d’un argument qui nous est présenté.

Oui ça me plait cette définition… Je crois que j’irai faire un tour à cette conférence, participant une première fois à un événement de l’ISC. Pour peu que mes deux journées au stade olympique (clinique de vaccination où je suis mobilisé) me laissent un peu d’énergie !

Extrait de la présentation de la conférence : trouver des arguments pour défendre nos idées durant des discussions, et examiner les arguments offerts par nos interlocuteurs.

Il n’y a de sens que dialectique.

ordinateur et cerveau humain

Kurzweil prédit que l’on pourra téléverser (uploader)  le contenu de son cerveau dans un ordinateur en 2040. C’est un rêve caressé par les écrivains et informaticiens depuis des décennies.

Mais c’est une vision bien étroite (ou plate) de ce qu’est le cerveau animal (et humain) que de le réduire à 100 milliards de connexions… qui pourraient, éventuellement, être reproduites dans une mémoire artificielle. Il y a sous le cerveau, connectés à ses neurones, des mécanismes biophysiques et biochimiques résultant de milliards d’années d’évolution de la vie… qui donnent un sens, une direction aux impulsions et aux réactions des êtres vivants qui sont ancrées, mémorisées biologiquement et reproduites, transmises par les torsades de l’ADN. Pour pouvoir transférer à un ordinateur le contenu d’un cerveau humain, il faudrait doter l’ordinateur d’une réactivité biologique, d’une historicité basée sur l’expérience… il faudrait que l’ordinateur n’en soit plus un. Continuer la lecture de « ordinateur et cerveau humain »

la mer, la limite

Un court texte de Thierry Hentsch : la mer, la limite. Quatre-vingt trois petites pages, que j’ai transformé en un document audio de 2 heures, que je rend disponible ici en deux fichiers MP3. Première partie (1h11 – 65 Mo), seconde partie (49 minutes – 45 Mo). Il y parle de notre monde, de la vie, de la mort.

Ce texte est sans doute le dernier de cet auteur riche, érudit mais combien accessible. Mieux connu pour ses deux « sommes »: Raconter et mourir; Aux sources narratives de l’imaginaire occidental et Le temps aboli : l’Occident et ses grands récits (sous le lien précédent des extraits publiés par Google Books). J’ai voulu faire profiter de ce texte à une personne qui avait temporairement de la difficulté à lire. Puis je me suis dit que d’autres pourraient en profiter ! Attention : ce n’est pas un rendu « professionnel » car j’ai parfois laissé des bafouillements…

oralité et culture

A few years ago I was in Brasilia and gave a seminar (about community cohesion as I recall) at the Education Ministry. Afterwards I was invited to meet a senior official who proudly told me about a new adult literacy campaign they were about to launch, bringing the alphabet and all its benefits to indian people across Amazonia. I was an honoured guest in the country of Freire, but I didn’t feel I should desist from saying hesitantly, I hope you know what you’re doing. I made direct reference to Walter Ong’s remarkable Orality and literacy which explains how, once you bring literacy to an oral culture, that’s it, you can’t restore orality, not ever. Ong certainly convinced me, not that I needed convincing, that the most powerful technology humans have ever invented remains the alphabet, but we may not be very good at understanding quite how powerful it is. (Via Neighbourhoods.)

Il y a plus d’un an, je me souviens c’était mon anniversaire… j’ai enregistré un « podcast » où j’abordais la question de l’impact de la culture de l’écrit, relativement récente du point de vue de l’évolution, par rapport aux structures neurophysiologiques et au rapport au monde façonnés par la culture orale.

L’existence révélée récemment de ces tribus amazoniennes ramenait cette question à l’avant scène.

C’était il y a quelques mois… mais je n’ai retrouvé que ce matin ce vieux billet non publié.

un grand récit de Taylor

A Secular Age (Une ère laïque ). Malheureusement non encore traduit… mais une petite conférence de l’auteur lui-même présente courtement (30 minutes) et de manière élégante, comme sait toujours le faire Charles Taylor, le sujet, et en français sur le site La vie des idées. Si vous n’avez pas l’intention de lire les 848 pages.

Le débat me permet de découvrir un ensemble de carnets (blogues) animés par le Social Science Research Council, dont un porte spécifiquement sur cette parution.

En français, il y a aussi la présentation d’Antoine Robitaille, dans Le Devoir, datant de l’an dernier, moment de parution de l’ouvrage de Taylor qui était, à cette époque en pleine commission sur les « accomodements raisonnables ».

J’en suis pour le moment à la page 51… je ne sais pas si je me rendrai à la fin dans cette édition, ou si je ferai comme avec son Les Sources du moi, commencé dans la langue originale et poursuivi en français lorsque la traduction fut disponible, puis terminé lors d’un court séjour à l’abbaye de St-Benoît-du-Lac (ici le site vous reçoit avec du chant grégorien)? Je n’ai pas regretté l’effort… et si on en croit certains critiques, ce dernier ouvrage du philosophe montréalais est de la même envergure : « It is a book that no one interested in religion, philosophy, ethics, politics, and art in Western society and culture can afford to neglect. »

Addendum (08.09.19) : un autre article sur l’ouvrage de Taylor, tiré du New York Times. Une source citée par Raikhel, du blog collectif Somatosphere qui souligne aussi le court (relativement) billet de Taylor lui-même, intitulé The Porous and Buffered Selves, sur le blog du SSRC (Immanent Frame) dont je parlais.

appartenance et "départenance"

Ça fait longtemps que je n’étais pas allé du côté du blog de Dave Pollard, How to save the world. Un billet de Stephen Downes, cet autre infatiguable blogueur canadien, m’a amené là: Love, Conversation, Community Vs Nobody But Yourself. Sa vision (mais c’est secondaire dans le propos de Pollard) d’une nature primitive qui se moque de ce que pensent les autres :

In a natural world, perhaps, no one would or should care what other people thought about their wild ideas, eccentricities, authentic and unique characteristics.

m’a rappelé qu’au contraire, du point de vue de l’évolution neurophysiologique, la capacité d’interpréter et de comprendre ce que voient et pensent les autres a été une étape importante dans la construction de Sapiens sapiens (voir Comment Homo est devenu sapiens).

Ce qui n’enlève rien à la pertinence de la question : comment appartenir, converser, aimer une communauté (une personne) tout en restant libre, authentique… Comment promouvoir le changement sans s’éloigner, se mettre à dos les autres… De l’amour inconditionnel ? La promotion du changement n’est-ce pas poser des conditions ?? Mais si le changement promu l’est par un renforcement positif il peut y avoir coincidence: acceptation inconditionnelle et respect de la liberté de l’autre… tout en suggérant, proposant, soutenant des avenues qui ne sont pas des conditions.

Dans la vraie vie, cependant, il y a une réalité qui n’est pas toujours « amour » mais bien parfois (souvent) contrainte, mort, douleur.

à écouter avec ses yeux.

the future?: « watch this rather spirited delivery by Stanford’s Larry Lessig (watch minutes 2-4 in the presentation, you’ll enjoy the cadence). »(Via orgtheory.net.)

Larry Lessig, un prof de droit à Stanford donne ici une conférence (20 minutes) sur la créativité qui est étouffée par la loi… et avance des pistes, appuyées sur l’histoire, pour forcer une adaptation du contexte légal aux nouvelles possibilités et à la nouvelle culture, celle de nos fils et filles (our kids).

Brillant, lumineux.

Ce n’est pas la première fois que j’apprécie une présentation sur ce site (TED). Je devrais y retourner plus souvent !

le bonheur vu par Cyrulnik

Boris de son prénom, une entrevue de 15 minutes sur « la recette du bonheur ». Sur le site de Radio-Canada. C’est sur le blog de Mario que j’ai trouvé ça, référé par Affordance. Boris Cyrulnik est un auteur que je viens de découvrir, il y a quelques mois, après tout le monde semble-t-il ! Psychiatre, neurologue… et écrivain des mal-aimés, de la résilience et… du bonheur dans son dernier bouquin « De chair et d’âme« .