revenus de riches et leçon d’économie

Dans son article le plus récent, le même Krugman y va d’une leçon sur les fondamentaux de l’économie, comparant l’analyse de la situation économique actuelle entre les économistes « classiques » et les keynésiens (dont il est) : How The Other Half Thinks.

Plusieurs liens dans cet article pointent vers des chapitres d’un écrit de Keynes (The General Theory of Employment, Interest, and Money) disponible en ligne (the classical theory of the interest rate, the “classical theory” of employment). J’ai trouvé le même bouquin, en traduction française, disponible en ligne Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) dans cette mine d’or Les classiques des sciences sociales, animée depuis dix ans par Jean-Marie Tremblay.

dites-le avec des fleurs

Un petit vidéo trouvé sur le site canadien The Mark, où j’allais lire un texte de Paul Saurette, professeur de science politique à l’Université d’Ottawa : When Smart Parties Make Stupid Decisions. À propos du recensement (encore) mais où l’auteur nous montre à quel point la décision, apparemment butée des conservateur, peut être lue comme un geste conséquent, basé sur un « populisme épistémologique » (epistemological populism)  et orientée vers un travail de sape à long terme de la crédibilité des institutions sociales et politiques de ce pays.

Le vidéo, quant à lui, défend avec brio la libéralisation des lois sur la marijuana.

En provenance du même site The Mark, en date de ce matin, une entrevue de Jack Layton, sur la bataille du recensement. Un autre extrait est visible sur cette page.

si les faits vous dérangent… oubliez-les !

C’est un peu – beaucoup – la logique à l’œuvre derrière la décision harperiste (ou serait-ce harperiote) de réduire le prochain recensement à sa portion congrue : les faits sont souvent inutiles et même parfois gênants pour un gouvernement conservateur : il faut expliquer les raisons de ses actions, alors qu’on a seulement des convictions profondes (que plus de prisons réduira le nombre de criminels… qu’une réduction de la TPS sera juste…). Comme le dit bien Jeffrey Simpson dans le Globe and Mail d’aujourd’hui : From consumption tax to foreign policy, from “tough on crime” to social policy, the Conservatives almost delight in ignoring what people experienced in the field have to say. Ce n’est pas tous les jours que j’abonde dans le sens de Simpson… mais il nous donne ici un beau petit papier… qui fait jaser, à en juger par les nombreux et intéressants commentaires.

En fait, je crois que Simpson s’est inspiré, sans le reconnaître – mais c’est là le privilège du journaliste d’opinion, d’un billet récent du blogue The Frontal Cortex : Political Dissonance. Jonah Lehrer y cite plusieurs recherches récentes qui montrent à quel point l’esprit humain a peu de respect pour la logique ou encore qu’il préférera de beaucoup trier les faits qui viennent confirmer une idée préconçue plutôt que de faire la part des choses…

Alors pourquoi faire un recensement quand on n’a que faire des données qu’il nous fournira ! Malheureusement l’étroitesse d’esprit partisane n’est pas une exclusivité des conservateurs… mais ceux-ci ont moins de scrupules à en utiliser sans vergogne les ressorts. Si je me souviens bien, c’est un peu ce que disait George Lakoff, dans son The political mind : a cognitive scientist’s guide to your brain and its politics. Je viens de retrouver ce petit bouquin délaissé pour d’autres lectures… il serait temps que je le finisse, peut-être !

plus d’arbitraire

Moins d’information publique = plus de décisions arbitraires, ou encore basées sur des données non publiées. C’est à cela que conduira la décision de rendre volontaire le questionnaire détaillé du prochain recensement.

Les questions relatives au revenu des ménages, à l’éducation, au logement… feront dorénavant partie de l’Enquête nationale auprès des ménages. Une enquête que Statistique Canada fera, certainement, avec tout le sérieux et le professionnalisme qu’on lui connait… mais sans l’incitatif de l’obligation de répondre que comportait le questionnaire détaillé du recensement. Quelles seront les populations sous-représentées ? Les populations pauvres et ayant des difficultés à lire… et, sur les questions de revenus, les populations à revenus plus élevés.

Et d’ailleurs, à quoi sert d’accumuler des données, si on ne compte pas s’en servir pour agir… si on a une vision minimaliste de la responsabilité publique !

Barack stand up


Le souper annuel de la Maison blanche pour les correspondants parlementaires de la presse, où le président Obama se moque de lui et de quelques autres politiciens, ne ratant pas l’occasion de lancer quelques flèches aux gens de la presse. C’est malheureux que la réplique de Jay Leno ne soit pas accompagnée des clips vidéos qui sont cités…

lancement réussi

Hier soir avait lieu le lancement officiel du Chantier pour une social-démocratie renouvelée. Près d’une centaine de personnes, dont plusieurs têtes blanches ou grisonnantes (ce qui n’est pas dépréciatif !), ont répondu à l’appel lancé (pdf) en mai-juin dernier par 4 personnes bien connues dans les réseaux de l’action sociale, coopérative et syndicale : Benoît Lévesque, Michel Doré, Marilyse Lapierre et Yves Vaillancourt. Ce court texte à caractère historique et analytique avait l’heur de poser de bonnes questions, d’ouvrir un horizon de réflexion.

Faisant preuve d’une ouverture à la critique (certains diront à l’auto-flagellation) on avait demandé à Gilles Gagné, sociologue de l’Université Laval, d’y aller de ses commentaires provocateurs… J’espère que son texte sera bientôt disponible sur le site du Chantier, car il avançait quelques idées intéressantes en plus de critiques touchant au texte de l’appel. Des critiques comme : « N’avons-nous pas déjà connu notre renouvèlement de la social-démocratie, au Québec, avec les dizaines de nouveaux programmes sociaux développés depuis 10-15 ans ? » ou encore « Du gris sur du gris… » En d’autres termes, il manque, selon lui, de perspectives claires, d’un appel fort autour d’idées-forces, comme celles sur lesquelles il terminait son allocution : En finir avec le pétrole ! En finir avec la croissance du capital ! En finir avec la croissance ! Continuer la lecture de « lancement réussi »

dessus et dessous de table

Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale, demande qu’une commission soit instituée pour enquêter sur l’industrie de la construction.

Mais comment resserrer les règles d’attribution des contrats publics sans changer la règle du plus bas soumissionnaire ? Je n’ai pas suivi ce débat dans les détails, mais ce que j’entends porte surtout sur les « dessous de tables » et arrangements qui lient certaines compagnies et des décideurs politiques… ou encore certaines compagnies et la mafia.

Pourtant des règles tout-à-fait légales font, à mon avis, partie du problème : quand les appels publics se doivent de faire affaire avec les plus bas soumissionnaires, on peut penser à première vue que c’est une bonne chose. Mais si ce « plus bas soumissionnaire » est dans les patates, qu’il a oublié quelque chose… ce qui a fait qu’il était le plus bas… Alors ou bien il « mangera ses bas » durant la construction, ou bien il rognera au maximum sur la qualité, pour diminuer ses pertes.

Mais pourquoi « le plus bas » alors que, par définition des appels publics visent à construire pour la collectivité, pour le long terme ? Pourquoi pas le soumissionnaire « moyen », une fois éliminés les cas extrêmes… Je suis certain que cette règle du plus bas soumissionnaire a causé tellement de problèmes que les collusions entre soumissionnaires ont parfois parues un moindre mal.

Mais pour l’instant, signons la pétition ! On discutera du mandat précis de l’éventuelle commission plus tard !

chantier sur la social-démocratie

Un événement de lancement aura lieu le 10 décembre à 19 heures, simultanément en vidéoconférence, aux salles de l’ÉNAP à Montréal (4750 Henri-Julien, amphithéâtre du rez-de-chaussée), à Québec (555 boul. Charest Est, local 5112) et à Gatineau (283, Alexandre-Taché. Aile D, local 20425).

Conférence de Gilles Gagné, présentation des responsables d’axe et débat avec la salle.

J’en ai glissé un mot en juillet dernier, en présentant le texte d’appel à un tel chantier lancé en mai dernier par Benoît Lévesque, Michel Doré, Marilyse Lapierre et Yves Vaillancourt sur le blogue Oikos.  Hé bien on y est ! Le site web du Chantier pour une social-démocratie renouvelée. Le 10 décembre, 19h, à Montréal, Québec et Gatineau en même temps !  La qualité du document pousse à l’action…

collaborer à la chose publique

Ostrom found that individuals will cooperate if, among other things, they are able to participate in governance, monitor the compliance of others, and punish cheaters. « When people have trust that others are going to reciprocate, then there can be cooperation, » she says. « When there is no trust, there is no cooperation unless people are facing the gun. » (extrait de la revue Science, 16 octobre 2009)

Ostrom, récipiendaire du Nobel d’économie de cette année (avec Williamson), dont le sujet de recherche a été la coopération pour  la gestion des ressources communes (the commons). Ses études portant, notamment, sur la gestion collective des pêcheries, où certaines collectivités ont réussi à protéger ou faire renaître des stocks mis en danger par des comportements individuels (ou de marché) de courte vue.

L’importance de « punir les tricheurs », comme un facteur favorisant la participation (et la confiance) dans la gestion de la collectivité. Un sujet de premier plan, par les temps qui courent, tant au niveau municipal que provincial. Aura-t-on droit à une commission d’enquête sur les dessous de l’industrie de la construction ou si les règles habituelles de surveillance seront jugées suffisantes ?? C’est ce dernier point de vue que privilégie gouvernement libéral, mais cela coûtera en confiance de la part du public. Confiance qui est liée à la participation politique. Peut-être certains gouvernements ne souhaitent-ils pas vraiment augmenter la participation politique ?

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