John Naughton, un prof de Cambridge dont je lis la lettre Memex 1.1 sur Substack, suggérait cette semaine une lecture en soulignant à quel point il est difficile en ce moment d’aborder le sujet.
En ce moment, je consacre beaucoup de temps et d’énergie à chercher des moyens de parler de l’IA à des personnes et à des groupes qui sont perplexes, enthousiastes ou inquiets à ce sujet. Le débat public sur cette technologie étant particulièrement confus, ce n’est pas une tâche facile.
Il semblait lui-même surpris de l’origine de cette référence : un discours prononcé devant la conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles. Intitulée The reality of AI and the crisis of meaning que j’ai traduit : La réalité de l’IA et la crise du sens (7 300 mots, 40 minutes de lecture).
L’auteur, Matthew Harvey Sanders, souligne d’entrée de jeu que les gens, en particulier les jeunes hommes, sont en quête de sens et sont (re)venus en grand nombre à l’église lors des récentes célébrations pascales.
Je ne sais pas si le phénomène se présente ici aussi, et je ne partage nécessairement pas la croyance, professée par Sanders, en la « friction sanctifiante du Christ. » Je ne crois pas non plus que tout le travail pénible sera de sitôt réalisé par des machines… Mais je crois en l’importance de construire des alternatives humaines et vivantes qui puissent répondre à la quête de sens qui traverse notre temps, particulièrement pour les jeunes… que ces alternatives s’enracinent dans nos réseaux communautaires, paroissiaux, régionaux ou syndicaux. L’appel à utiliser autrement l’IA, comme un outil plutôt qu’à être utilisé par lui peut inspirer…
Un discours qui vaut son trois-quart d’heure de lecture ! Et lundi prochain (25 mai), le pape Léon XIV livrera son encyclique Magnifica Humanitas qui devrait renchérir sur cette question de l’IA vue par l’institution catholique.
