Le monde a franchi un cap, offrant une nouvelle perspective, plus optimiste
Traduction de Now Where ? par Bill McKibben sur The Crucial years, 19 juin 2026.

Le 28 février, quelques heures après que le président Trump eut lancé sa guerre absurde contre l’Iran, j’ai profité de ce bulletin d’information pour souligner qu’il s’agissait là d’un argument de plus en faveur de l’énergie propre, en faveur du « développement d’un approvisionnement en électrons insusceptible d’être soumis à un embargo, provenant, de la manière la plus simple et la moins coûteuse, du soleil et du vent ». Quelques jours plus tard, j’ai tenté d’ancrer ce point dans le débat public en faisant remarquer que, bien que la lumière du soleil doive parcourir 93 millions de milles pour atteindre la Terre, aucun de ces milles ne passe par le détroit d’Ormuz.
Ces arguments font désormais partie du savoir commun — notez, par exemple, l’excellente chronique de Paul Krugman publiée ce matin. Il serait agréable de se complaire un peu dans la disgrâce du président, mais cela ne serait pas productif. Ainsi, alors que la guerre s’achève par à-coups, la seule question qui reste étant de savoir à quel point notre capitulation finira par nous coûter cher, il est temps de porter notre regard un peu plus loin dans l’avenir et d’essayer de déterminer comment ce monde d’après-guerre, bien différent, pourrait saisir cette occasion pour réaliser des progrès rapides.
Je pense que la première chose à retenir est que la guerre a éclaté dans un contexte de transition énergétique déjà en cours. Comme le montre clairement un nouveau rapport passionnant publié aujourd’hui par le groupe de réflexion Ember, la transition vers l’énergie solaire et éolienne était déjà bien engagée, motivée par la crainte des changements climatiques qui a contribué à générer les investissements ayant entraîné une baisse inexorable du coût de l’énergie propre. Les auteurs du rapport nous rappellent où en étaient les chiffres clés au début de la guerre :
Environ 80 % de la population mondiale peut bénéficier d’une alimentation en énergie solaire combinée au stockage, avec un temps de disponibilité de 80 %, pour moins de 100 $/MWh, et la moitié peut l’obtenir pour moins d’environ 80 $/MWh. Ces coûts sont déjà compétitifs par rapport aux coûts moyens actuels de production d’énergie fossile, qui se situent généralement autour de 100 $/MWh.
Et ils poursuivent en nous rappelant, ce qui est encore plus crucial, que ces chiffres continueront de évoluer inexorablement
La carte actuelle de l’accessibilité financière n’est donc pas figée. À mesure que le temps passe et que les coûts des technologies électriques continuent de baisser grâce aux courbes d’apprentissage, les régions déjà peu coûteuses le deviennent encore plus, tandis que celles qui se situaient juste en dehors de la zone de compétitivité franchissent le seuil. La zone mondiale où l’énergie solaire combinée à des batteries peut fournir de l’électricité à haut taux de disponibilité à faible coût s’étend au fil du temps.
D’ici 2030, notre analyse suggère que plus des trois quarts de la population mondiale pourront bénéficier d’une alimentation solaire combinée au stockage avec un temps de disponibilité de 80 % pour moins de 80 $/MWh, et 90 % de la population mondiale pour moins de 100 $/MWh.
Autrement dit, l’industrie des combustibles fossiles était déjà sur la défensive avant même que tout cela ne commence. En effet, on peut comprendre la présidence de Trump, y compris ses « incursions » au Venezuela et en Iran, comme une réaction face à cette nouvelle réalité : la tentative désespérée des géants du pétrole, et d’un aspirant « grand homme », d’affirmer ce que Trump ne cesse d’appeler la « domination énergétique ». Nous essayions, pour ainsi dire, de « faire régner la loi du charbon » sur le reste du monde, par la guerre mais aussi par les autres stratagèmes de Trump, notamment les droits de douane. Son pari était que l’Amérique était si puissante sur le plan militaire, et son marché si attrayant, que nous pourrions contraindre les autres pays à se rallier à sa vision d’un monde des années 1950 où l’Amérique utilisait sa suprématie pétrolière pour rester au sommet de la hiérarchie.
Pendant un instant, cela a presque semblé fonctionner. Confrontés à des droits de douane absurdes, plusieurs pays ont promis d’acheter de grandes quantités de gaz naturel liquéfié américain afin d’apaiser l’administration et de voir leur facture diminuer. Mais la Chine, la cible principale, n’a pas cédé à l’intimidation, ripostant en s’appuyant sur son contrôle des minéraux essentiels et sur le fait qu’elle ne craignait plus de perturbations sur les marchés énergétiques mondiaux. En effet, comme David Fickling l’a souligné l’autre jour, la Chine avait restructuré son approvisionnement énergétique au cours des trois dernières années, s’engageant de fait dans une « désintoxication pétrolière ». La guerre, et son impact sur les prix, n’a fait que renforcer cette tendance, comme en témoignent les données statistiques facilement accessibles sur des aspects tels que la proportion de personnes rechargeant leur voiture à l’électricité plutôt que de faire le plein d’essence.
En avril, les recharges publiques en Chine ont augmenté de 17 % par rapport au mois précédent, pour atteindre 10,38 térawattheures, ou TWh, soit un niveau comparable à la consommation d’électricité des Pays-Bas. Si l’on ajoute la majorité des recharges effectuées à domicile, l’augmentation par rapport à l’année dernière s’élève probablement à environ 8 TWh — ce qui équivaut à environ 800 000 barils de pétrole par jour. D’autres données viennent étayer ces chiffres : la baisse de la production d’essence et de diesel en avril, par rapport à la moyenne des trois années précédentes, était presque identique, à 790 000 barils par jour.
Mais comme l’a également souligné Fickling, la véritable menace pour les géants pétroliers réside dans le fait que les voisins asiatiques de la Chine, qui constituent le dernier marché de croissance potentiel pour le GNL, observent la situation de près et en prennent conscience. Ce sont ces pays qui étaient censés être intimidés par la puissance américaine, puis approvisionnés par la nouvelle vague de gaz provenant de la ceinture de fracturation hydraulique
Le problème, c’est que ces puissances moyennes en plein essor disposent bel et bien d’alternatives pour répondre à leurs besoins énergétiques, grâce à la croissance des énergies renouvelables. Le marché asiatique de la production d’électricité à partir du GNL subissait déjà une forte concurrence sur les prix de la part de l’énergie solaire, des batteries et de l’éolien. La guerre en Iran a démontré que l’énergie propre est également plus fiable.
En effet, il suffit de faire les calculs pour obtenir des résultats assez frappants :
Une nouvelle centrale au gaz en Asie doit vendre l’électricité à plus de 100 $ le mégawatt-heure pour atteindre le seuil de rentabilité. Même les centrales existantes, dont les coûts de construction ont été amortis depuis longtemps, ont besoin d’un prix de 70 $/MWh ou plus si elles fonctionnent au GNL. L’énergie solaire photovoltaïque, ou PV, peut être obtenue pour la moitié du prix d’une nouvelle installation, soit environ 50 $/MWh ou moins. On peut même ajouter une batterie et des éoliennes et disposer d’électricité propre 24 heures sur 24 pour moins cher que ce que les centrales au gaz existantes paient rien que pour leur carburant et leur entretien.
C’est pourquoi la guerre ratée de Trump revêt une telle importance. Ces dirigeants asiatiques — qui, rappelons-le, représentent la majeure partie de l’augmentation prévue de la demande en énergie — se seraient lentement orientés vers une énergie propre et abordable. Mais désormais, ils n’ont plus besoin d’y aller à petits pas, en regardant par-dessus leur épaule pour s’assurer qu’une Amérique courroucée ne les punisse pas. Ils vont désormais se moquer de Trump tout en s’enrichissant.
Et tout cela coïncide exactement au même moment avec un événement encore plus important : le phénomène El Niño sur le point de se déchaîner sur la planète. Les dirigeants politiques, ici et à l’étranger, pensaient avoir en quelque sorte mis de côté la question des changements climatiques, qu’ils pouvaient commodément ignorer. La physique, comme d’habitude, en a décidé autrement, et il semble que ces intentions s’exprimeront avec… vigueur. Essentiellement, un phénomène El Niño permet à l’océan de libérer la chaleur qui s’est accumulée dans ses eaux, et comme le note Tom Harris, cette chaleur est considérable.
L’absorption de chaleur par les océans à l’échelle mondiale a bondi de 23 zettajoules (ZJ) rien qu’en 2025. Pour mettre les choses en perspective, 23 ZJ correspondent à environ 200 fois la production annuelle totale d’électricité de l’humanité tout entière. L’absorption de chaleur par les océans en 2025 représente une multiplication par huit par rapport à la moyenne annuelle de référence de la période 1958–1985
On ne saurait trop insister sur l’ampleur du réchauffement climatique que nous avons stocké dans les océans, et aujourd’hui, la porte de ce sauna s’ouvre en grand. Vous vous souvenez peut-être du choc provoqué il y a quelques années lorsque les températures mondiales ont commencé à dépasser occasionnellement la barre des 1,5 °C; Harris cite des prévisions selon lesquelles nous pourrions connaître, en 2027, des mois où nous dépasserons la barre des deux degrés. Jim Hansen et son équipe viennent de publier un nouvel article prédisant que le phénomène El Niño s’approche si rapidement que l’année 2026 établira probablement un nouveau record de température mondiale
Afin de prévoir la température pour le reste de l’année 2026, nous observons à la figure 8 que la température de surface de la mer (TSM) mondiale en 2026 a pratiquement « rattrapé » celle de mai 2024 (figure du haut) et que 2026 continue d’être au moins 0,1 °C plus chaude qu’en 2023 (dernière année où El Niño a fait son apparition). Nous nous attendons à ce que cet écart se maintienne, car le prochain El Niño sera au moins aussi intense que celui de 2023. Nous notons également que le déséquilibre énergétique de la Terre pour les 15 derniers mois de données (de janvier 2025 à mars 2026) est de 1,58 W/m², un chiffre encore plus élevé que celui de la décennie précédente (fig. 4). L’année 2026 devrait déjà dépasser le record de 2024, et des températures encore plus élevées sont à prévoir en 2027.
(Et comme le souligne Hansen, si ses prévisions s’avèrent exactes, cela contribuera dans une certaine mesure à remettre en question les hypothèses scientifiques concernant la sensibilité exacte du climat à nos émissions — c’est-à-dire que les récentes célébrations, dans certains milieux, selon lesquelles les pires scénarios climatiques étaient écartés, auraient bien pu être prématurées. Par ailleurs, il vaut également la peine de lire les prévisions très détaillées de Daniel Swain sur la façon dont tout cela pourrait affecter la Côte-Ouest)
Nous ne connaissons pas à l’avance toutes les façons dont El Niño se manifestera, mais j’avoue avoir peur; nous avons à peine réussi à faire face aux pressions que la hausse des températures a déjà infligées, et la flambée du mercure surviendra alors que les agriculteurs sont déjà confrontés à la pénurie d’engrais provoquée par la guerre de Trump. Le mieux que nous puissions espérer à ce stade, je pense, c’est une année qui ne soit pas tout à fait cataclysmique; quoi qu’il en soit, je crois que cela suffira à marquer un retour à la politique de, disons, 2020, lorsque le monde était davantage concentré sur la crise climatique.
Dans ce pays, nous nous sommes éloignés de cette priorité, principalement parce que les politiciens démocrates ont commencé à perdre leur sang-froid face aux attaques incessantes de l’industrie des combustibles fossiles. Mais le moment est venu de retrouver cette priorité. Il s’avère que de nouvelles recherches montrent clairement que les Américains sont en fait au moins aussi préoccupés par les changements climatiques qu’ils l’ont toujours été. Voici un résumé de David Gelles :
Prenons, par exemple, une étude de Gallup publiée en avril, qui a révélé que 44 % des adultes américains « s’inquiètent beaucoup du réchauffement planétaire ou des changements climatiques ». Il s’agit de l’un des pourcentages les plus élevés depuis 1989, et ce chiffre est tout près du sommet historique de 46 % enregistré en 2020.
De plus, 22 % des Américains s’inquiètent « assez » du changement climatique, ce qui signifie que cette question figure clairement parmi les priorités de deux tiers des adultes américains.
Une enquête menée l’an dernier par l’Université George Mason a également révélé qu’environ 65 % des Américains étaient « très inquiets » ou « assez inquiets » au sujet du réchauffement planétaire.
Et contrairement à certaines études antérieures, où le changement climatique se classait souvent parmi les dernières préoccupations des électeurs, ce sondage a révélé que les menaces posées par le réchauffement climatique se situaient en plein milieu du classement, au-dessus de questions comme la criminalité et la santé.
Les candidats démocrates aux primaires — qui approchent à grands pas — n’auront d’autre choix que de composer avec le fait que
Pas moins de 72 % des démocrates affirment être très préoccupés par cette question, ce qui représente le deuxième pourcentage le plus élevé jamais enregistré, selon Gallup
Mais en réalité, cela devrait être un atout, et non un problème. Comme le montre clairement une nouvelle étude sur la communication climatique menée dans six pays
« Dans une proportion de plus de 4 contre 1, nous avons constaté que les gens estiment que miser davantage sur les énergies propres est un meilleur moyen d’assurer l’accessibilité financière que de miser davantage sur les combustibles fossiles. »
À l’heure actuelle, alors que la débâcle iranienne s’estompe et qu’El Niño se profile, nous pouvons affirmer certaines choses avec certitude :
- L’énergie la moins chère au monde provient du soleil et du vent, et tout le monde, sauf nous, semble s’en être rendu compte
- Cette énergie propre nous donne un peu d’espoir pour faire face à la crise climatique qui menace notre avenir, sans parler de nos primes d’assurance
- Cette énergie propre ne nous entraîne pas dans des guerres à l’étranger
- Et la seule personnalité importante au monde qui n’est pas d’accord avec les points 1, 2 et 3 est Donald Trump, dont on prouve chaque jour qu’il a tort sur absolument tout. Je veux dire, cet homme est incapable de réparer le bassin réfléchissant. Les opposants devraient donc constamment associer Trump au déni climatique et au déni de l’énergie solaire; faire de lui le visage de notre politique rétrograde. Est-ce si difficile que ça?Partager
Dans d’autres nouvelles sur l’énergie et le climat :
+ L’infatigable organisateur Pete Sikora nous offre une leçon vraiment exhaustive sur la mobilisation efficace (et inefficace), en comparant les progrès réalisés par la ville de New York grâce à sa loi exigeant la rénovation énergétique des grands immeubles à l’absence de progrès de l’État de New York en matière de lois sur le climat. Son diagnostic :
Nous avons très peu de chances de gagner avec seulement un petit nombre de progressistes blancs, tout en agissant comme si nous bénéficions également d’un soutien profond, mais invisible, au sein des communautés de couleur. Au contraire, nous devons organiser et mobiliser un soutien solide dans suffisamment d’endroits à travers l’État pour mettre sur pied un effort véritablement multiracial mobilisant les travailleurs.
Une campagne forte et diversifiée devrait inclure les Blancs à faible revenu, au moins dans certaines régions rurales. Cela ne peut se faire sans un nombre suffisant d’organisateurs rémunérés, compétents et responsables, travaillant à bâtir un soutien dans des lieux et des groupes démographiques variés, en particulier au sein des communautés noires, latino-américaines et asiatiques à faible revenu. Nous devons trouver les fonds et mettre sur pied l’organisation ou les organisations nécessaires pour y parvenir.
Entre-temps, des indices émergent montrant qu’une bonne organisation commence à porter au moins un certain coup à la croisade de Trump contre la planète et la science qui nous aide à la comprendre. Comme le rapporte Justin Gerdes, les tribunaux commencent à démanteler les mesures anti-éoliennes de Trump :
Le 6 juin, un juge fédéral a annulé les directives émises par le ministère du Trésor en août 2025 qui avaient privé les promoteurs de projets d’énergie renouvelable de la possibilité de prouver leur admissibilité aux crédits d’impôt fédéraux en démontrant qu’ils avaient déjà dépensé au moins 5 % du coût total du projet.
La semaine dernière, le ministère de la Justice a renoncé à défendre le moratoire du président Trump sur les permis éoliens.
« La voie vers l’obtention de permis fédéraux est à nouveau ouverte et chaque promoteur pourra présenter ses arguments en faveur de l’octroi d’un permis pour son projet en se fondant sur les faits et la loi », a déclaré Kit Kennedy, directeur général chargé de l’électricité, du climat et de l’énergie au Natural Resources Defense Council, à Emily Pontecorvo de Heatmap.
Cette décision fait suite à l’annulation, cet hiver, par des juges fédéraux des cinq ordonnances de suspension des travaux émises par le ministère de l’Intérieur en décembre 2025 afin de bloquer la construction de parcs éoliens en mer sur la Côte-Est.
Pour les entreprises du secteur de l’énergie propre, ainsi que pour leurs alliés présumés au sein des bureaux des procureurs généraux démocrates des États, le message est clair : rester à l’offensive.
Et après un tollé redoutable de la part des détracteurs, on a appris hier que la Maison-Blanche allait renoncer aux tentatives que j’avais décrites la semaine dernière visant à supprimer le réseau de bouées surveillant le flux des courants océaniques. Maxine Joselow:
La Fondation nationale des sciences (NSF) avait annoncé en mai qu’elle commencerait ce mois-ci à retirer des centaines d’instruments sous-marins qui recueillent des données sur les inondations côtières, les vagues de chaleur marines et d’autres phénomènes climatiques et météorologiques.
Mais l’agence a annoncé jeudi qu’elle suspendrait les efforts visant à démanteler le système, connu sous le nom d’« Ocean Observatories Initiative », tout en convoquant un groupe d’experts pour déterminer son avenir.
« À compter de maintenant, la NSF ne procédera plus au retrait ni à la réduction de la portée des équipements », a déclaré l’agence dans un communiqué.
+Une série d’étés chauds et secs a finalement eu raison de l’un des arbres les plus emblématiques d’Angleterre, un chêne géant de la forêt de Sherwood qui, comme le dit Patrick Barkham,
aurait servi de refuge au hors-la-loi et à sa bande lorsqu’ils fuyaient le shérif tyrannique
Ailleurs au Royaume-Uni, plus de 80 % des tourbières ont été dégradées — et, à l’échelle mondiale, ces écosystèmes endommagés sont responsables de près de 5 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète. C’est donc une bonne nouvelle que des chercheurs et des agriculteurs trouvent des moyens de « réhumidifier » ou d’inonder ces écosystèmes, puis de les utiliser pour installer des panneaux solaires. Comme l’écrit Stephanie Baum, des chercheurs ont découvert que
les panneaux solaires installés sur des tourbières réhumidifiées offrent un habitat unique à certaines espèces d’oiseaux, tout en produisant de l’énergie verte et en contribuant potentiellement au piégeage du carbone…
Hanna Rae Martens, écologiste spécialiste des tourbières à l’Université de Greifswald et auteure principale de l’étude, a déclaré : « La présence d’espèces des milieux humides comme le bruant des roseaux et le pipit des prés, une espèce menacée, montre que le parc solaire est véritablement réhumidifié et que les espèces des tourbières y reviennent.
« Mais nous avons également recensé des espèces comme le moineau arbécier et le pipit des arbres, que l’on ne trouve généralement pas dans les tourbières. Elles semblent toutes utiliser la structure des panneaux solaires. Lorsque je suis sur place, je vois beaucoup de pipits des prés perchés sur les panneaux, s’envolant pour attraper des insectes, puis revenant se poser sur leur perchoir. »
+Une nouvelle grande usine de panneaux solaires à Cartersville, en Géorgie, sera bientôt la plus grande du pays. Comme l’écrit Michelle Lewis,
Ce n’est pas simplement une usine de plus; c’est le seul endroit au pays où toutes les pièces principales d’un panneau solaire – du lingot au module fini – sont fabriquées sous un même toit. La chaîne d’assemblage des modules fonctionne déjà à pleine capacité, produisant 16 700 panneaux par jour.
« La production des premières cellules solaires à Cartersville marque une étape importante pour Qcells et pour l’industrie manufacturière américaine », a déclaré Andy Park, chef de la direction mondial de Qcells. « Une chaîne d’approvisionnement nationale fiable ne se contente pas de créer des milliers d’emplois bien rémunérés; elle offre à nos clients une plus grande certitude quant aux prix, à l’approvisionnement et aux tarifs douaniers, ainsi qu’un produit auquel ils peuvent faire confiance du début à la fin. »
Soit dit en passant, Cartersville est représentée par un député d’extrême droite climatosceptique, Barry Loudermilk, qui a expliqué que l’éolien et le solaire n’étaient pas « suffisamment matures » pour être intégrés au réseau. Joe Biden a vraiment fait de son mieux!
+Comme je l’ai écrit il y a plus d’un an, Elon Musk alimente son IA particulièrement raciste à l’aide d’une série de moteurs hautement polluants installés autour de centres de données au Tennessee et au Mississippi. La NAACP, constatant que la plupart des dommages touchent les quartiers noirs, a intenté une poursuite pour obliger l’homme le plus riche du monde à se conformer à la législation environnementale fédérale, mais l’administration Trump a désormais statué que son plus grand donateur pouvait ignorer ces lois. Le Southern Environmental Law Center conteste cette conclusion :
Dans son mémoire, le ministère de la Justice ne conteste jamais le fait que xAI rejette des polluants illégaux et nocifs à Memphis et dans le nord du Mississippi. Au contraire, le ministère soutient que le fait que xAI enfreigne la loi et menace la santé des membres de la communauté n’a aucune importance si l’administration Trump approuve cette illégalité. Alors que le ministère invoque de vagues préoccupations en matière de sécurité nationale pour justifier qu’il laisse xAI continuer à polluer illégalement sans relâche, toutes les entreprises, même celles qui ont des contrats avec le gouvernement fédéral, sont tenues de respecter la loi
La tentative de prise de pouvoir par le ministère de la Justice a des répercussions qui vont bien au-delà de Memphis et du nord du Mississippi. Le ministère tente de saper de manière spectaculaire le droit de longue date consacré par le Congrès dans la loi fédérale, qui permet aux collectivités touchées d’intenter des poursuites — connues sous le nom de « poursuites citoyennes » — contre les pollueurs pour violation de la loi. Les poursuites citoyennes constituent un élément important de la Loi fédérale sur la qualité de l’air, de la Loi fédérale sur la qualité de l’eau et d’autres lois environnementales fondamentales. Elles servent de filet de sécurité essentiel — et souvent de dernier recours — pour les collectivités lorsque les organismes de réglementation gouvernementaux ne parviennent pas à tenir les pollueurs responsables de leurs actes. Cette disposition a été adoptée par le Congrès avec le soutien des deux partis, et les tribunaux ont à maintes reprises confirmé la constitutionnalité des poursuites citoyennes.
Toujours dans le cadre de la surveillance des oligarques, Alex Cuadros rapporte que l’administration Trump récompense un autre grand donateur en assouplissant les restrictions sur les émissions de méthane.
Trump a depuis nommé un ancien lobbyiste de Hilcorp à un poste de haut niveau au sein de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), le chargeant de mener une initiative visant à démanteler la réglementation sur le méthane avec l’aide de groupes d’intérêts soutenus par [le grand donateur Jeffrey] Hildebrand, comme l’a révélé une enquête de ProPublica. Cela apportera un répit considérable aux 700 000 puits de récupération résiduelle du pays, augmentant les profits de Hildebrand tout en faisant peser les répercussions climatiques sur la société dans son ensemble.
Les puits de fin de vie ne représentent collectivement que 6 % de la production nationale de pétrole et de gaz naturel. Or, dans des récentes études, les scientifiques les ont identifiés comme la source d’environ la moitié des émissions de méthane du secteur — en partie parce qu’ils sont généralement peu surveillés, délabrés et donc sujets aux fuites. Par conséquent, ces puits à la productivité quasi nulle jouent un rôle démesuré dans les changements climatiques, amplifiant de manière disproportionnée les vagues de chaleur, les sécheresses et les feux de forêt.
+Félicitations à mes collègues de Third Act, au Sierra Club et au Hip Hop Caucus pour avoir maintenu la pression sur la Coupe du monde au sujet de son commandite par Saudia Aramco, la plus grande société pétrolière au monde. Comme le rapporte Dharna Noor,
dimanche prochain, des manifestants se rassembleront à proximité de cinq stades de la Coupe du monde 2026 et de six autres grandes arénas sportifs, scandant des slogans et brandissant des pancartes pour réclamer la fin des commandites liées aux combustibles fossiles.
« Les gens du monde entier regardent la Coupe du monde, ce qui nous rappelle à juste titre que nous sommes tous dans le même bateau, que nous partageons une seule et même planète », a déclaré Brent Suter, lanceur des Angels de Los Angeles de la Ligue majeure de baseball et partisan de la campagne visant à mettre fin au « sportswashing ». « C’est le moment idéal pour faire passer un message fort sur le climat. »
+J’ai passé pas mal de temps dans les pousse-pousse de Dhaka, surtout à l’époque où ils étaient propulsés par la force humaine à l’aide de pédales. Ce mode de propulsion a été largement remplacé par des moteurs à deux temps, puis plus récemment par des batteries, et il existe désormais un projet en cours d’élaboration visant à utiliser ces batteries en soirée comme centrale électrique virtuelle pour la capitale bangladaise. Lorsque les rickshaws rentrent le soir avec un tiers de leurs batteries encore chargées, SolShare cherche à regrouper cette énergie pour la revendre au réseau. Les conducteurs devraient voir leurs revenus augmenter de trente pour cent.
+Enfin, voici votre dose de très bonnes nouvelles pour aujourd’hui. Les Français ont lancé une plateforme flottante unique en son genre, conçue à la fois pour capter l’énergie solaire et pour… cultiver des huîtres.
Fruit de plusieurs années de travail collectif et de concertation entre chercheurs, professionnels de la mer et acteurs locaux, ce prototype apporte une réponse concrète à plusieurs défis actuels : la transition énergétique, la préservation du secteur ostréicole face aux aléas climatiques, et le développement durable des zones lagunaires.
Je vous laisse avec une photo de la plateforme en train d’être remorquée en mer au large de la ville de Sète

Les traductions par Gilles en vrac (.xlsx ou .html)
Les caractères gras dans le texte sont de Gilles.
