Du moins à certains égards
Traduction de A Sunny Week in New York par Bill McKibben sur The Crucial Years, le 25 septembre 2026.

Ma montre, qui me révèle plein de choses que je ne veux pas forcément savoir (j’ai obtenu un score déprimant de 56 sur 100 pour mon sommeil de la nuit dernière), m’indique que j’ai parcouru 112 000 pas dans les rues de New York ces quatre derniers jours, sans compter un nombre considérable de miles à bord des lignes de métro B, M, 6 et 3. Tout cela a été intéressant, mais le point culminant, au sens propre comme au figuré, a eu lieu hier, sur la 6e rue, entre les avenues C et D. C’est dans ce pâté de maisons qu’en 1982, peu après son départ de la Maison Blanche, Jimmy Carter a entamé sa carrière post-présidentielle en tant que bénévole pour Habitat for Humanity, en rénovant un immeuble de six étages situé de l’autre côté de la rue.
Je connais le nombre d’étages, car j’ai eu l’occasion d’y monter un panneau solaire, dans le cadre du projet visant à rendre l’immeuble encore plus abordable pour ses habitants.

Et le plaisir tiré de ce projet a mis en évidence le meilleur moment de la semaine : l’espoir de solutions concrètes, alors même que nos dirigeants tergiversaient et se disputaient à l’ONU et dans les autres couloirs du pouvoir politique. Je m’étais rendu dans le Lower East Side directement depuis Solar One, cet avant-poste à but non lucratif dédié aux énergies propres situé au bord de l’East River, dans le magnifique nouveau bâtiment duquel nous avions eu une excellente discussion sur l’expansion rapide des panneaux solaires de balcon à travers le pays. Sur la photo ci-dessous, on voit le sénateur de l’État de l’Utah, Ray Ward, qui a fait adopter la première loi nationale sur les panneaux solaires de balcon, désormais suivie ce printemps par une bonne douzaine d’autres assemblées législatives d’États (nous attendons toujours que les gouverneurs Hochul et Newsom signent les lois que leurs assemblées ont approuvées).

Mais bien sûr, ces pousses porteuses d’espoir ne vont pas s’épanouir assez vite, au rythme actuel, pour mettre la planète sur une nouvelle trajectoire. Les cyniques qui dirigent actuellement la politique énergétique américaine étaient en ville, soulignant bien le problème. Chris Wright, le secrétaire à l’Énergie extrêmement coûteuse, s’est rendu au Times et à HeatMap, expliquant que malgré l’engagement de son patron, les États-Unis n’allaient pas interdire les exportations de diesel, mais simplement « ajuster les flux de diesel sortant des raffineries américaines ». Il a également expliqué une nouvelle fois au Times que « chaque jour, en réalité, lorsque le soleil se couche, il ne produit plus aucune énergie ». Que l’homme en charge de la politique énergétique américaine ferme délibérément les yeux sur l’essor des batteries à travers le pays — le développement énergétique le plus important de son mandat — est triste mais pas surprenant ; il est et restera toujours un dirigeant du secteur de la fracturation hydraulique, pas un patriote. Et rien ne l’arrêtera à moins que nous ne l’arrêtions.
Ce qui manque ici à New York, c’est le militantisme. Les marches des années passées ne sont plus au rendez-vous, même si j’ai pu prendre la parole lors d’un rassemblement modeste mais important devant le siège new-yorkais d’Amazon, près de Bryant Park, pour les fustiger d’avoir proposé la plus grande source de pollution du pays près de Pecos, au Texas. (« Oubliez Amazon Prime. C’est Amazon Crime — un crime climatique »). Et sans mouvement pour forcer l’action, il est difficile d’imaginer comment nous parviendrons à accélérer véritablement les changements qui ont commencé mais qui doivent s’opérer plus rapidement. J’ai pu écouter le maire Mamdani s’exprimer ce matin lors d’une conférence à la New School. À quelques pieds de lui, je peux vous assurer qu’il était aussi charismatique qu’on vous l’a dit, et qu’il sait habilement esquiver les questions précises.
Mais c’est un organisateur dans l’âme, et il a remarqué à quel point la rébellion contre les centres de données offre de réelles opportunités. La plupart des personnes présentes à ces réunions de zonage, a-t-il dit, découvraient les mouvements politiques ; c’est « une occasion d’amener quelqu’un à rejoindre un mouvement en lui expliquant que la raison pour laquelle vous vous opposez à cela — les choses qui vous inquiètent dans votre vie —, c’est exactement ce que ressentent les autres. Vous faites en réalité partie de quelque chose de plus grand que vous-même. »
Ce qui nous amène à la fresque illustrée ci-dessous, nichée sous la High Line, à la lisière de Chelsea. Il s’agit d’un des premiers projets de l’association Brightside, récemment créée, qui a également été à l’origine de la publication hier d’une lettre signée par certains des leaders mondiaux de la lutte contre le changement climatique, allant de Bernie à Jane Fonda en passant par Muhammad Mustafa Amjad, de Renewables First, qui a contribué à mener la remarquable révolution solaire au Pakistan. Il s’agit d’un appel audacieux à accélérer considérablement le rythme de déploiement de l’énergie solaire à travers le monde.
Tout d’abord, nous devons mettre en place une énergie propre pour tous. Pour la toute première fois, nous sommes en mesure d’alimenter de manière fiable en électricité la personne sur dix qui, sur Terre, vit sans accès régulier à l’électricité.
Nous demandons à tous ceux qui en ont les moyens de faire un don afin que d’autres puissent allumer la lumière pour étudier, cuisiner et se soigner – et ne plus jamais avoir à se soucier d’un gallon de diesel ou d’essence. Il suffit de 15 dollars pour offrir l’accès à l’électricité propre à une personne pendant toute une génération.
Deuxièmement, nous devons développer une énergie propre partout, et pour y parvenir, nous devons créer un mouvement suffisamment puissant et inspirant pour contraindre les gouvernements à prendre des mesures à grande échelle.
Les initiatives individuelles ne suffisent pas : trop de nos dirigeants résisteront à l’action, jusqu’à ce que nous démontrions ensemble à quel point nous voulons qu’ils agissent. Nous devons exiger que les gouvernements cessent de construire des projets liés au charbon, au pétrole et au gaz dont nous n’avons plus besoin, et commencent à mettre en place des systèmes d’énergie propre qui fonctionnent – sans pollution ni guerres.
Le 20 juin marquera une étape importante sur cette voie, à l’approche du solstice d’été dans l’hémisphère nord, qui générera plus d’énergie solaire que n’importe quel autre jour sur Terre à ce jour. Nous célébrerons cette journée comme le « Sun Day », en nous rassemblant pour fêter et accélérer cette grande transition.
J’ai eu l’occasion d’écrire hier dans le Guardian au sujet de cette nouvelle initiative.
Il existe une lueur d’espoir solitaire (et très littérale) au milieu de cette morosité : l’essor constant de l’énergie solaire, éolienne et des batteries. Cette trinité de l’énergie propre s’est affranchie de son ancrage chinois et s’est rapidement étendue à travers la planète ces dernières années – de Karachi à la Californie en passant par Cuba, les panneaux solaires se multiplient plus rapidement que n’importe quelle autre source d’énergie ne l’a jamais fait. Elle commence même à prouver qu’elle peut réduire les émissions : la Chine semble avoir entamé sa trajectoire descendante des années avant ce que la plupart pensaient possible, et la Californie a réduit de moitié l’utilisation du gaz pour produire de l’électricité au sein de la quatrième économie mondiale.
Mais rien de tout cela ne se passe assez vite pour rattraper la dynamique du réchauffement climatique – et c’est précisément pour cette raison que la société civile va désormais tenter de miser encore plus fort sur ce seul point positif et de faire pression pour une accélération rapide des énergies propres ; cette transition avance vite, mais elle doit aller beaucoup plus vite. Et c’est possible : la Chine et l’Inde n’utilisent qu’à peine la moitié de la capacité de leurs usines de panneaux solaires, et trop de pays jouent la carte de la prudence, en utilisant les énergies propres comme source d’énergie d’appoint plutôt que pour remplacer les combustibles fossiles.
D’ici à ce que les défenseurs de l’environnement se réunissent pour la Semaine du climat de New York l’année prochaine, le paysage pourrait être très différent. Le paysage physique (il ne fait, je le crains, aucun doute qu’El Niño va littéralement redessiner la carte du monde), et le paysage politique. Si un mouvement renaissant exige des actions, nous disposons enfin des outils pour donner du poids à cette exigence : une planète viable fonctionnant principalement grâce au soleil et au vent est à portée de main. Au dernier moment, dos au mur, nous continuons à faire face au soleil.

Chaque avancée que nous avons réalisée dans la lutte contre le changement climatique est le fruit d’une combinaison d’ingénierie et d’activisme. Sans la pression de la société civile, nous n’aurions pas obtenu les accords de Paris (400 000 personnes étaient descendues dans les rues de New York en septembre 2014) ni les promesses, aujourd’hui pour la plupart abrogées, des banques et des entreprises (Greta Thunberg s’est adressée à 250 000 personnes dans le sud de Manhattan en septembre 2019). Nous avons besoin de plus de pression. Je vous parlerai du Sun Day dans les mois à venir : une fois les élections de mi-mandat passées, il sera temps de relancer cette pression, ici et partout dans le monde.
Pour l’instant, il est temps de reprendre la campagne électorale. Je suis arrivé à New York en provenance de l’Iowa, et je pars ce soir pour la Pennsylvanie, prêt à frapper aux portes et à aider Third Act à mobiliser les électeurs. Si vous vous trouvez dans la région, venez nous rejoindre, mais n’hésitez surtout pas à trouver un autre endroit où apporter votre aide. D’ici au 3 novembre, notre principal levier d’action est électoral ; après cela, retour dans la rue
Dans l’actualité de l’énergie et du climat :
+En parlant du maire Mamdani, Ayana Johnson, avec un peu d’aide de ma part, a eu une excellente discussion avec Luise Yeung, la responsable en chef du climat de la mairie. La ville — même sans les fonds fédéraux qui faciliteraient grandement son déploiement à grande échelle — mène une multitude d’initiatives passionnantes. Des chariots de restauration alimentés par batterie ! Et j’ai aussi révélé mon nom de rappeur.
+Un appel de Katherine Hayhoe et Dana Fisher en faveur d’un dialogue bipartisan sur le climat
Nous savons que les chocs climatiques, comme ceux que nous avons connus cet été, ouvrent des perspectives : les personnes qui vivent au quotidien des événements extrêmes exacerbés par le changement climatique sont plus favorables à la science du climat et à l’action climatique, et s’engagent davantage sur le plan civique et politique. Sur cette planète qui se réchauffe, nous devons tous tirer les leçons de ce que font déjà les rares personnes qui osent parler du changement climatique. Des études ont montré que les amis et la famille sont des messagers de confiance capables d’initier une chaîne de conversations en faveur du climat. Nous devons tous devenir des communicateurs sur le climat et cesser de laisser ceux qui veulent retarder l’action climatique aussi longtemps que possible polariser le débat et nous réduire au silence.
+Grande victoire au sein de l’UE, puisque Bruxelles a confirmé — malgré la pression norvégienne — son interdiction des forages pétroliers dans l’Arctique. Comme le rapporte Marta Pacheco
La Norvège a présenté l’exploration gazière dans l’Arctique comme une assurance pour l’UE, alors que le bloc est aux prises avec la hausse des prix de l’énergie. Dans le même temps, le président français Emmanuel Macron convoque une réunion du G7 sur l’énergie, au cours de laquelle une deuxième libération des stocks pétroliers d’urgence pourrait être discutée.
Faisant pression sur l’UE pour qu’elle reconsidère sa position, le ministre Aasland a récemment déclaré que « la poursuite des activités dans la mer de Barents sert à la fois les intérêts norvégiens et européens », invoquant les perturbations des marchés énergétiques mondiaux suite à la guerre au Moyen-Orient. Il a également affirmé que la Norvège continuerait à forer dans l’Arctique quelle que soit la position de l’UE.
La question est particulièrement sensible pour Bruxelles, car la Norvège est profondément ancrée dans l’architecture de sécurité énergétique de l’UE. Les chocs récents, notamment un gazoduc endommagé en Arabie saoudite, ont mis en évidence à quelle vitesse l’Europe peut se retrouver exposée lorsque les approvisionnements en provenance d’autres régions productrices sont perturbés.
Le gaz russe acheminé par gazoduc ayant été largement évincé du marché européen, la Norvège est devenue le premier fournisseur de GNL de l’UE, représentant 54,4 % des importations totales de l’UE entre janvier et juin, contre 52,1 % en 2025, selon les données de l’UE.
Les militants écologistes font toutefois valoir que le gaz norvégien de l’Arctique ne représente que 1,4 % des importations de gaz de l’UE et qu’il est peu probable qu’il ait un impact significatif sur la sécurité énergétique à court terme. Le gaz provenant de la nouvelle mer de Barents ne serait pas disponible avant 2045, trop tard pour répondre aux besoins immédiats de l’UE, selon une nouvelle analyse du WWF-Norvège.
+Photographes : postulez pour le premier James Balog Vision Award — le premier prix s’élève à 40 000 dollars. Balog est, bien sûr, le grand chroniqueur du changement climatique, notamment de la disparition des glaces, et il souhaite que ce travail se poursuive.
Ces prix visent à récompenser l’engagement direct des artistes lauréats envers le monde qui nous entoure. Les images peuvent être littérales et documentaires, ou symboliques et interprétatives. Elles peuvent illustrer des impacts positifs et inspirants, ou négatifs et angoissants, voire les deux.
+Sous la direction de Keir Starmer, le gouvernement travailliste britannique a refusé de publier un rapport des services de renseignement du pays détaillant les dangers du changement climatique, en particulier pour la sécurité alimentaire. Maintenant qu’Ed Miliband est ministre des Affaires étrangères au sein du nouveau gouvernement, le voile a été levé, et nous constatons le genre de transparence dont nous aurons besoin dans un monde qui se réchauffe rapidement
Le Royaume-Uni a averti les pays du monde entier que les crises climatiques et écologiques, ainsi que le phénomène El Niño à venir, menacent leur sécurité nationale et leur défense, en présentant aux ministères des Affaires étrangères les conclusions d’un rapport qui avait été censuré sous Keir Starmer.
Ed Miliband, ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, a fait mercredi soir une présentation devant les ministres des Affaires étrangères de l’UE, ainsi que du Kenya et d’autres pays, lors d’une réunion privée dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, en s’appuyant sur le rapport des chefs des services de renseignement britanniques qui a conclu que l’effondrement des systèmes naturels à travers le monde entraînerait des conflits, des migrations et des pénuries alimentaires.
+Toujours aussi actif, Charles Komanoff propose un essai expliquant pourquoi il espère voir s’implanter des centaines de centrales nucléaires aux États-Unis. Défenseur de longue date des taxes carbone, Komanoff insiste sur le fait que les prix des réacteurs vont baisser. Il en profite pour lancer une petite pique aux énergies renouvelables, qu’il qualifie de « médiocres ». Sa thèse bénéficiera de tout le soutien qu’elle pourrait espérer de la part de l’administration Trump, qui a interdit le solaire et l’éolien tout en finançant d’énormes subventions pour le nucléaire. Hier, le directeur de TerraPower a déclaré devant un public de la Climate Week que leur première centrale, soutenue par Bill Gates et ses amis milliardaires, pourrait entrer en service d’ici 2031
+Une juge fédérale a rétabli un financement de 7 milliards de dollars destiné au programme « Solar for All » que l’administration Trump avait confisqué. Comme le rapporte Ethan Howland
« Lorsqu’une agence agit en dehors des limites de son autorité légale, elle enfreint la [loi sur la procédure administrative] », a écrit la juge Mary McElroy, nommée par Trump à la Cour fédérale de district du Rhode Island, dans son jugement.
Elle a déclaré que, contrairement à l’argument du gouvernement, la loi « One Big Beautiful Bill Act », promulguée par le président Donald Trump le 4 juillet 2025, ne transformait pas le financement de « Solar for All » en « une somme forfaitaire soumise à la discrétion de l’EPA »…
« Depuis plus d’un an, les familles et les communautés voient leurs factures d’énergie augmenter alors que des milliards de dollars destinés à réduire les coûts de l’électricité restaient hors de portée. La décision d’aujourd’hui établit clairement que l’EPA a illégalement mis fin au programme « Solar for All » », a déclaré dans un communiqué Jillian Blanchard, vice-présidente en charge du changement climatique et de la justice environnementale chez Lawyers for Good Government.
+Le réseau des banques vertes à travers le pays bénéficie de moins d’attention qu’il ne le mériterait, mais un nouveau rapport met en évidence leur importance croissante
Alors que les prix de l’électricité flambent et que les réseaux électriques sont soumis à une pression sans précédent, le secteur bancaire vert joue un rôle essentiel pour combler les lacunes dans le financement des énergies propres. Les banques vertes sont des prêteurs animés par une mission et des partenaires communautaires qui fournissent des capitaux et une assistance technique afin de rendre possibles des projets d’énergie propre que les prêteurs et investisseurs traditionnels ignorent souvent parce qu’ils sont trop modestes ou non conventionnels.
Les banques vertes comblent le déficit de financement et permettent aux communautés mal desservies d’accéder rapidement à l’énergie propre — ce qui réduit les factures d’énergie des ménages, répond à la croissance rapide de la charge des centres de données et des entreprises, et stimule un développement économique équitable et ancré localement dans les communautés à faibles revenus et défavorisées. Le nouveau rapport d’impact du GB 50 montre que les banques vertes ont un impact significatif à travers tout le pays. Depuis leur création, les banques vertes membres du GB 50 ont soutenu près de 30 milliards de dollars d’investissements totaux dans des projets à l’échelle nationale, en déployant plus de 5,16 milliards de dollars de leurs propres fonds et en mobilisant près de 25 milliards de dollars de capitaux privés pour plus de 180 000 projets dans des dizaines d’États.
Il inclut également cette statistique assez choquante, qui devrait vous aider à comprendre la politique américaine vers 2026 :
Au cours des trois dernières années, les prix de l’électricité résidentielle aux États-Unis ont augmenté d’environ 14 %, laissant un foyer sur quatre en retard dans le paiement de ses factures d’électricité.
+Extrait de Jan Rosenow, un très beau récit sur la vague solaire dans les pays en développement, et les tensions qui apparaissent à mesure que de plus en plus de personnes trouvent le moyen de se détacher du réseau
Le Pakistan est sans doute l’exemple le plus spectaculaire et le plus connu d’une révolution solaire venue de la base, mais il n’est pas unique, et des versions de cette même histoire se déroulent actuellement partout dans le monde : les pays au climat chaud, à l’économie en forte croissance, à l’énergie coûteuse et aux réseaux électriques fragiles se tournent de plus en plus vers le solaire. Non pas en raison de politiques publiques, mais parce que les particuliers votent avec leur portefeuille. Dans six pays en développement — le Pakistan, le Nigeria, le Liban, le Sri Lanka, la Zambie et le Yémen —, la production solaire enregistrée a été multipliée par plus de six depuis 2019. La part du solaire dans le mix électrique a fortement augmenté dans chacun d’entre eux, parfois d’un ordre de grandeur.
Mais si la transition solaire rapide et ascendante du Pakistan offre un modèle porteur d’espoir pour le développement des énergies propres, elle constitue également un avertissement. La prolifération de l’énergie solaire domestique au Pakistan a entraîné un exode hors du réseau national, ébranlant celui-ci tout en imposant des factures plus élevées aux consommateurs les plus pauvres — qui n’ont pas les moyens de s’équiper de panneaux solaires. Des dynamiques similaires sont désormais à l’œuvre au Nigeria et en Zambie. Ces pays sont confrontés à la fois à un essor et à une crise.
Comme le souligne Rosenow, la solution ne consiste pas à freiner l’essor du solaire. Au contraire :
Une tâche importante pour les gouvernements et les agences internationales consiste à intégrer le solaire distribué dans les statistiques énergétiques officielles, en s’appuyant sur les données d’importation, les enregistrements et, si nécessaire, la surveillance par satellite. Des groupes de réflexion tels qu’Ember au Royaume-Uni et Renewables First au Pakistan sont déjà en train de reconstituer ce tableau à partir des données douanières. Les gouvernements doivent utiliser ces données pour leur planification. Avec une vision plus claire de ce qui se passe sur le terrain, les responsables peuvent commencer à intégrer la capacité solaire en forte croissance dans le réseau électrique, et ce, d’une manière qui renforce le réseau plutôt que de l’affaiblir. Cela implique d’installer des batteries capables de stocker l’électricité solaire bon marché produite pendant la journée pour l’utiliser le soir. Cela implique également de construire des réseaux de transport plus flexibles, capables d’acheminer l’électricité excédentaire produite sur les toits là où elle est nécessaire, au lieu de la gaspiller. Et cela implique d’offrir un soutien ciblé aux ménages à faibles revenus afin de rendre l’énergie solaire accessible à un plus grand nombre de personnes.
+Zoe Wood présente une nouvelle découverte intéressante et importante — bien qu’elle provienne de Grande-Bretagne, je suis prêt à parier qu’elle est universelle :
Selon une étude, les automobilistes qui achètent une voiture d’occasion ayant beaucoup de miles au compteur ont de fortes chances de trouver qu’un véhicule électrique (VE) est finalement plus fiable qu’un véhicule à essence.
Une analyse de 47,4 millions de contrôles techniques a révélé qu’après avoir parcouru entre 90 000 et 120 000 miles, les VE présentaient environ 25 % moins de risques de panne que les modèles à essence du même âge (sur la base d’un taux de panne de 16,5 % contre 22,1 %).
Au-delà de 120 000 miles, 16 % des VE ont connu une panne, contre 23,5 % des voitures à essence.
+Par Mark Hertsgaard et Covering Climate Now, une interview du gouverneur de Californie Gavin Newsom, qui laisse entrevoir que l’ère du « silence climatique » chez les démocrates touche à sa fin. Newsom n’est que le dernier démocrate en date à tenir des propos de ce genre :
« Les gens disent : “Pourquoi parlez-vous du changement climatique ? Vous devriez parler des [problèmes] de la vie quotidienne”, a déclaré Newsom. « Je réponds : “C’est ce que je fais. N’avez-vous pas fait le lien entre les sécheresses et le prix du bœuf, ou celui du café ? Il faut relier les risques climatiques aux risques financiers, ainsi qu’à notre politique commerciale. Ce sont bel et bien des problèmes de la vie quotidienne.” »
Contenu bonus :
Newsom a « totalement rejeté » les critiques de Bill McKibben et d’autres militants pour le climat, selon lesquelles son administration aurait ralenti le développement du solaire sur les toits en Californie en réduisant les paiements au titre du comptage net versés aux propriétaires équipés de panneaux solaires. Ces paiements, a fait valoir Newsom, « subventionnaient les fonds spéculatifs de Wall Street » et faisaient grimper les coûts de l’électricité pour les Californiens qui « en ont le moins les moyens ». Le secteur solaire, a-t-il ajouté, est désormais « un secteur arrivé à maturité qui doit commencer à voler de ses propres ailes », sans subventions.
C’est un peu dommage qu’il ait dévoilé mes investissements dans des fonds spéculatifs, mais bon, on ne devient pas milliardaire en rédigeant des lettres d’information gratuites !
+Regardez ça : un avion électrique de 30 places vient d’effectuer un vol d’une demi-heure dans le nord de l’État de New York… avec cinq dollars d’électricité.
L’appareil a atteint 1 100 pieds d’altitude avec un seul pilote à bord et aucun passager. Ce vol marquait la première fois que la société faisait voler le X1.
Cet avion de 30 places mesure 76 pieds de long et possède une envergure de 106 pieds. Il pèse plus de 25 000 livres. Heart affirme qu’il s’agit du plus grand avion entièrement alimenté par batterie à avoir jamais volé. « Avec le premier vol du X1, Heart Aerospace a démontré la faisabilité du vol électrique à l’échelle d’un avion de ligne commercial », a déclaré Anders Forslund, fondateur et PDG de Heart, dans un communiqué.
Parallèlement, l’utilisation commerciale de voiles pour propulser des navires de fret dépasse rapidement le stade de l’essai pilote.
L’une des annonces les plus importantes est venue ce mois-ci de Maersk. La société prévoit d’installer une voile rotative de 35 mètres sur l’un de ses porte-conteneurs de 8 700 EVP, les essais devant débuter en 2027 sur des liaisons régulières transatlantiques.
Ce projet devrait marquer la première installation d’une voile rotative sur un porte-conteneurs.
Les voiles rotatives ressemblent davantage à d’énormes cylindres verticaux qu’à des voiles traditionnelles. Elles tournent lorsque le vent souffle autour d’elles, créant une portance aérodynamique grâce à l’effet Magnus et générant une poussée qui réduit la charge sur les moteurs du navire.
Ce concept existe depuis plus d’un siècle, mais les systèmes de contrôle et les matériaux modernes le rendent désormais applicable sur des navires d’une taille qui aurait autrefois été difficile à imaginer.

Liste évolutive des articles traduits par Gilles en vrac
Les caractères gras dans le texte sont de l’auteur.e
