Un réseau de librairies en ligne basé au Québec s’étend à l’ensemble du Canada. Cet article du Globe and Mail du 24 mars relate le succès des Librairies indépendantes du Québec avec leur site web et service de livraison « proposant des frais de livraison avantageux qui le placent au même niveau qu’Amazon » Leslibraires.ca. Un développement collaboratif est en cours avec Booksellers.ca et les librairies indépendantes canadiennes.
Il aura fallu la pandémie pour que le site Leslibraires.ca prenne son envol. Aujourd’hui la formule semble suffisamment solide pour s’implanter ailleurs au Canada.
Cela m’a ramené à l’esprit cette vieille idée…

Je me demande pourquoi les entreprises ne se liguent pas, localement ou par secteur, pour offrir un tel service de livraison, associé à une plateforme commune ? Pour sauver les commerces locaux de la concurrence d’Amazon…
Ce serait un beau défi d’interopérabilité : unifier les catalogues de Canadian Tire, Rona, Réno-dépot… Si je ne me trompe, c’est sans doute un terrain propice à l’utilisation de l’IA ? Reste à voir s’il y a une volonté. Le contexte me semble encore favorable : désir de souveraineté numérique; sentiment anti-Amazon…
Deux logiques à articuler : intersectorielle locale (service de livraison partagé par les commerces d’un quartier) ou sectorielle régionale (quincailleries, clos de bois, pépiniéristes partageant les frais de livraison et de catalogage numérique; marchands de meubles; boutiques de vêtements). Mais comment contrer les tensions et la compétition entre des commerces qui se font concurrence pour le même client ? Amazon s’est imposé comme intermédiaire entre les grossistes et détaillants, avant d’ouvrir la porte à la participation de ces derniers sur sa « place du marché ».
Il faudrait évaluer le coût de développement d’un catalogue partagé, à mettre en rapport avec les coûts d’entretien et de mise à jour des catalogues séparés… Qu’une ou deux grandes entreprises y voient leur intérêt… et on peut construire là dessus une interface ouverte à d’autres. À partir de principes de renforcement des localités, des circuits courts, des ressources, compétences et produits locaux et de la disponibilité d’un super-catalogue ! Une telle plateforme n’aurait pas à remplacer les plateformes actuelles, seulement rapporter des achats faciles à traiter par les commerces participants. Elle représenterait, pour les clients, un portail attrayant parce que central.
Il n’y a pas si longtemps, quoi… 50 ans ?, tous les commerces locaux avaient leur service de livraison. Gratuite. Aujourd’hui, si je veux pas louer une auto ou transporter sur mon vélo mon achat à la quincaillerie, je devrai payer 50$ ou plus.
Et puis, n’est-ce pas un moyen d’amorcer une conversation collective sur nos consommations, les canaux d’approvisionnement, les flux de matières et d’énergies qui sont mobilisés par nos achats et comportements. Une conversation qui permettrait de mieux planifier ? de réduire l’incertitude en partageant l’information… mais surtout d’amorcer une conversation avec les possédants, les décideurs et distributeurs.
