réseau local de services et responsabilité populationnelle

[L]e CSSS devra constituer et animer un réseau local de services (RLS) travaillant d’une façon de plus en plus intégrée à l’amélioration de l’état de santé et de bien-être de la population ainsi qu’à la prise en charge des usagers, notamment des personnes vulnérables. (…) le CSSS a la responsabilité de créer, avec les partenaires de son territoire, les conditions favorables à l’accès, à la continuité et à la mise en réseaux des services médicaux généraux, notamment les services de prévention, d’évaluation, de diagnostic et de traitement, de réadaptation et de soutien. (…) Outre les services médicaux, des liens sont nécessaires avec les autres secteurs d’activité ayant un impact sur les services de santé et les services sociaux tels les commissions scolaires, les municipalités, le milieu de l’habitation, les pharmacies communautaires, les entreprises d’économie sociale, les ressources non institutionnelles et les organismes communautaires. Par cette collaboration avec ces secteurs d’activité, le CSSS pourra ainsi développer une vision cohérente et coordonner les actions afin d’améliorer la santé et le bien-être de la population. [Les centres de santé et de services sociaux, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal]

Depuis la naissances des CSSS, il y a plus de 5 ans maintenant, comment les réseaux locaux de services se sont-ils concrétisés ? En relisant la planification stratégique 2010-2015 de l’Agence de Montréal, j’ai extrait ces différentes citations portant sur différentes façon de travailler en réseau, du point de vue de l’agence (pdf). Suivant les clientèles et objectifs visés, les acteurs mis à contribution seront différents, les moyens mis en œuvre aussi. Plusieurs orientations sont encore en chantier, sinon en projet : services intégrés de stimulation précoce, programmes d’intervention en négligence pour les enfants de 0 à 12 ans…

Mais qu’est-ce que ça veut dire, au juste, « travailler en réseau » ? Je me suis permis cette petite réflexion, qui commence ainsi :

Il y  a une trentaine d’années, quand on parlait d’intervention de réseau, on référait à Claude Brodeur : L’intervention de réseaux, une pratique nouvelle (1984). Faire des liens entre « l’intervention individuelle », c’est-à-dire auprès d’une personne, et les réseaux sociaux, familiaux et communautaires entourant cette personne. On était en pleine période d’expérimentation et de développement de méthodes et ressources alternatives mettant l’accent sur l’autonomie, la participation des « clientèles », l’émergence des nouveaux mouvements sociaux : centres de femmes, maisons de jeunes, ressources alternatives en santé mentale… Des processus qui questionnaient et critiquaient souvent les pratiques institutionnelles et professionnelles traditionnelles. (voir la suite)

Je n’ai pas de conclusion ferme, ni même de conclusion du tout ! Sinon que ces efforts de travail conjoint, en réseau, de concert… ont peut-être d’autant plus d’avenir qu’ils ne reposent pas sur une structure précise, sur le pouvoir directif d’une instance… Les forces qu’il s’agit de mobiliser doivent l’être volontairement.

cadrer l’analyse

Bien cadrer l’analyse que font les acteurs d’une situation peut faciliter la collaboration vers des solutions. Un court texte (en français) portant sur l’intervention dans les quartiers centraux de Saskatoon. « Issu d’une série de publications liées au projet avec les organisations à but non lucratif, lequel projet s’intéresse notamment aux partenariats entre les organisations à but non lucratif et les acteurs de la santé publique, ce document suggère que la prise en compte des cadres utilisés par les différents acteurs peut contribuer à des partenariats fructueux sur les questions où les cadres sont partagés. » Une publication du Centre de collaboration nationale sur les politiques publiques et la santé.

réseau local et organisation communautaire

Un bon mot pour les organisateurs communautaires de la part du Forum de la population de l’Agence de santé de Montréal :

Les échanges du Forum ont fait ressortir les problèmes de coordination à l’intérieur des réseaux locaux. En fait, les liens entre les différents acteurs des milieux communautaires et de santé sont souvent flous et parfois inexistants. Aussi, le directeur de santé publique de Montréal indique qu’il existe une réelle disparité entre les territoires.
Dans le contexte de la réalisation de la priorité de lutte contre les inégalités de santé, le rôle de l’organisateur communautaire, lorsqu’il bénéficie d’une certaine stabilité, a été fortement souligné. Il est perçu comme un important vecteur de continuité. Il favorise la concertation et permet de faire les liens et les coalitions nécessaires à la bonne coordination des différentes instances requises. [Recommandation au C.A. de l’Agence à propos du plan 2010-2015 de la DSP]

indice du mieux-vivre

Dans le cadre des activités entourant son 50e anniversaire l’OCDE lançait 4 documents sur la croissance verte :

De plus, un site comparant les pays de l’OCDE grâce à un indice Vivre mieux était aussi lancé. On peut comparer les pays en regard de chacun des 11 éléments composant l’indice ou encore pour une pondération à votre choix. Créez VOTRE indice et comparez les pays.

J’ai déjà parlé ici et du National Account of Well Being, qui compare aussi les pays (Europe seulement, dans ce cas) mais à partir des réponses à une enquête sociale et de santé. Dans le cas de l’indice de l’OCDE, les indicateurs sont plus « objectifs » : taux de chômage, taux de particules dans l’air…

azalées et tulipes

Quelques photos prises, entre autres, au jardin d’azalées Leslie-Hancock du jardin botanique de Montréal… avec Mathis qui renifle une ou deux fleurs.


Oui, je sais. Je lui ai bien dit que si tous les visiteurs du jardin cueillaient ne serait-ce qu’une fleur chacun, il n’y en aurait plus… mais il était trop tard. Autant l’examiner sous toutes les coutures !

raison, biais de confirmation et délibération

Hugo Mercier fait parler de lui (ici, ou ) et de sa thèse sur la raison argumentative, à la suite de la parution d’un article dans la revue Behavioral and Brain Sciences. Un chercheur que j’ai eu l’occasion d’entendre à Montréal, dans une conférence organisée par l’Institut es sciences cognitives de Montréal en 2009.

Si l’article de la revue BBS n’est pas disponible, on peut retrouver sur le Social Science Research Network (SSRN) deux articles reprenant l’essentiel de l’argumentation (!) sans avoir l’étendue de la thèse de 376 page de M. Mercier :

Jonah Lehrer résume assez bien l’intérêt de ces textes, dans son billet The reason we reason, alors que Chris Mooney, qui publiait récemment un texte sur un sujet similaire dans la revue Mother Jones, The science of why we don’t believe science, s’entretient avec Mercier dans un billet sur Discover Magazine.

La raison n’est plus ce qu’elle était ! Continuer la lecture de « raison, biais de confirmation et délibération »

électoréalisme

Il y a plusieurs façons de « voter stratégique ». Circonscription par circonscription ou encore province par province !

Comme d’autres, j’ai été déçu de voir des députés qui faisaient « une bonne job » être balayés de la carte par des poteaux… Mais la majorité des électeurs ne suivent pas assez la politique de leur localité pour pouvoir dire si oui ou non leur député fait une bonne job. De fait, le type de revirement par vague comme nous venons de connaître au Québec me semble lié au système de représentation non proportionnelle que nous avons. Si nous avions un système proportionnel, où l’électeur peut être assuré que « chaque vote compte », il y aurait certainement un plus grand attachement, un plus grand engagement des électeurs à l’endroit du parti pour lequel il vote. Alors que dans la situation actuelle, où c’est celui qui remporte le plus de vote qui est élu même si cela veut dire neuf fois sur dix que plus de gens ont voté contre lui que pour lui, cela ne peut que nourrir le scepticisme et une forme de cynisme envers la classe politique.  Ainsi devient-il plus facile de voir l’électorat envoyer d’une saute d’humeur, par un déplacement de 30 % des voix (résultats 2011, résultats 2008), tout un parti dans la brousse, et une classe de néophytes au parlement !

Je n’aimerais pas être dans les souliers de Layton. Si son ambition est de gagner un jour une majorité au parlement, il lui faudra s’adresser aux «autres canadiens» sans pour autant s’aliéner la majorité québécoise qu’il vient de gagner. Incidemment, j’ai été frappé par la multiplicité des drapeaux canadiens dans la salle lors du discours de Layton, le soir de l’élection, alors que je n’en ai vu aucun dans la salle des conservateurs… ou s’il y en avait, c’était beaucoup moins visible que dans la salle du NPD. Je me disais : Ça aurait été une bonne occasion de faire flotter les deux drapeaux, canadien et québécois !

voter stratégique

Pour avoir une idée, comté par comté, des enjeux… Projet démocratie (www.projetdemocratie.org), pour ceux qui songent à « voter stratégiquement » ou qui souhaiteraient évaluer les possibles conséquences d’un vote enthousiaste…