lectures d’été

En plus des inévitables romans policiers ou noirs (les derniers Indridasson et Mankell, que j’ai déjà dévorés), j’ai fouillé pour trouver quelques livres dont j’avais amorcé ou reporté la lecture : L’histoire de Pi, de Yann Martel; Premier bilan après l’apocalypse, de Frédéric Beigbeder; et pourquoi pas de cher Harrison White, Identité et contrôle, qui mériterait encore un effort de lecture pour quelques chapitres de plus, les premiers lus l’été dernier ayant été plutôt inspirants, si je me souviens bien. J’ai l’impression que le langage énigmatique (faute d’un meilleur qualificatif) de cet auteur convient bien à la réflexion sur les changements en cours dans le réseau de la santé.

Je dois aussi passer à la librairie chercher deux De Gaujelac commandés il y a quelques semaines : Qui est « je » ? et La société malade de la gestion, ce dernier texte n’est pas jeune, mais la dernière édition comporte une nouvelle introduction qui vaut la peine, semble-t-il.

On m’a aussi suggéré, prêté même, Thinking, Fast and Slow de Daniel Kahneman. Jonah Lehrer en dit quelques mots dans un billet récent (Why smart people are stupid) de son blogue – Frontal Cortex – déménagé depuis peu sous les auspices du site The New Yorker. Tout ce qui peut permettre de restituer à sa juste mesure l’esprit rationnel… est bienvenu.

recherche sur les Réseaux locaux de services

L’équipe du professeur Deena White, sociologue de l’Université de Montréal qui est aussi directrice scientifique du Centre affilié universitaire du CSSS Bordeaux-Cartierville-St-Laurent, a obtenu une subvention (2,5 M$) du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

La subvention s’étale sur une période de sept ans. Vingt-sept chercheurs et dix-neuf partenaires québécois, canadiens et internationaux formeront une équipe interdisciplinaire dont les travaux permettront de développer de nouvelles connaissances sur l’interface entre les services sociaux publics, les interventions communautaires et les soins offerts par les réseaux intimes des personnes. [source : U de M]

grande noirceur – droit devant

Après avoir transformé le questionnaire long du recensement américain en un sondage volontaire, le Congrès américain décide de l’abolir. Est-ce ce qui attend l’Enquête nationale auprès des ménages, instituée par le gouvernement Harper en remplacement du questionnaire long ?

Comme le rappelle le blogueur Razib Khan, si les sources d’information publiques fiables disparaissent, les grandes corporations qui accumulent des données sur la population, les comportements sociaux (Google, Facebook, mais aussi Bell, Videotron…), ne sont pas connues pour être « partageuses »…

(…) government data collection is a public good with positive externalities. If we abolish endeavors such as the American Community Survey than social data will be the domain only of corporations, who are not always keen on sharing that data. [Note : trois hyperliens différents]

Plus de prisons, moins de pensions, plus de pauvres, moins d’information… L’avenir d’est pas rose. Ici une plume plus informée que moi, Alex Himelfarb – ancien greffier du Conseil privé du Canada – fait le point sur l’accumulation des politiques qui à première vue ne semblent pas trop radicales, mais prennent un caractère plutôt drastique avec un peu de recul pour voir le plan d’ensemble qui se dessine: Going, Going, Gone: Dismantling the Progressive State. Une référence de Lawrence Martin : The time has come for a progressive revival.

voisinages, santé et sociologie

Un billet du blogue en santé publique Walkabilly pointe vers cet article produit par des chercheurs montréalais (Martine Shareck, Clément Dassa and Katherine Frohlich) : Improving the measurement of neighbourhood characteristics through systematic observation: Inequalities in smoking as a case study. On y présente des outils pour mieux mesurer les caractéristiques des voisinages grâce à l’observation systématique. Parmi les sources citées par cet article, celle-ci – du regretté Paul Bernard – me semble intéressante, Health inequalities and place: A theoretical conception of neighbourhood. Des articles qui touchent, avec un angle santé, la grande question de l’effet du voisinage qu’un sociologue de Chicago, Robert J. Sampson, vient documenter, après dix ans de recherche, dans un ouvrage récent Great american city : Chicago and the enduring neighborhood effect.

12 300 naissances

J’avais annoncé un document que j’ai mis du temps à finaliser… Le voici, traçant le portrait de plus de 12 000 naissances sur le territoire du CSSS Lucille-Teasdale (soient les quartiers Hochelaga-Maisonneuve, Mercier-Ouest et Rosemont) de 2005 à 2010 (6 ans).

Format PDF, 23 pages – 4,4 Mo.

samedi libre

Libre comme datalibre.ca, où j’ai trouvé cette Soumission au Comité permanent d’accès à l’information du parlement fédéral. Un document qui vaut non seulement pour sa promotion argumentée d’un « gouvernement transparent » mais aussi pour la liste impressionnante des sites et ressources cités. J’y découvre ou redécouvre, notamment…

quartiers pauvres mais riches ?

Bien dans mon quartier, bien dans ma tête ? Un colloque à l’hôpital Douglas sur les liens entre l’environnement et la santé mentale. Les media ont tôt fait de conclure de manière plutôt déterministe : Quand le quartier est parsemé de bâtiments décrépis ou abandonnés, que les espaces verts y sont inexistants et qu’y pullulent la restauration rapide et les commerces vendant de l’alcool, la vie y est plutôt déprimante et surtout stressante, voire anxiogène. (article du Devoir)

Pourtant les choses ne sont pas aussi simples. Le fait d’habiter un quartier défavorisé donne aussi accès à certains services, à des ressources qui sont distribuées en priorité dans ces quartiers; les organisations de ces quartiers ont parfois développé une approche, une offre qui veut tenir compte de cette concentration de pauvreté. Ce qui correspond en partie à ce que Small appelle les liens sociaux organisationnels. Dans son étude Unanticipated Gains il examine les relations sociales que nouent les utilisatrices des garderies à New-York et les conditions mises en place par ces services de garde pour soutenir les parents. Un adage dans les milieux de garde américains dit qu’on ne peut prendre soin d’un enfant sans prendre soin de sa famille.
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