Souveraineté numérique en 9 questions et 19 réponses

Joël Nadeau posait huit questions il y a quelques jours en nous demandant de choisir la ou les plus importantes… J’ai voulu d’abord répondre aux questions pour mieux les décortiquer. Et j’en ai ajouté une neuvième.

  1. Comment assurer la souveraineté et la sécurité de nos données, incluant les données citoyennes collectées par les ministères?
  2. Comment reconnaître et mobiliser l’expertise numérique québécoise au sein des ministères pour éviter les fiascos qu’on connaît?
    • Le fiasco n’est pas plutôt le symptôme de l’absence de cette expertise interne et publique ?
    • L’acquisition de serveurs et le développement de services publics offerts aux acteurs publics canadiens et aux organisations d’intérêt public permettra de construire et consolider cette expertise publique.
  3. Comment développer un écosystème numérique interopérable qui permette des adaptations locales et une interconnexion internationale?
  4. Comment soutenir des modèles de soutenabilité des initiatives numériques en dehors des modèles économiques dominants?
    • La commande publique associée à une utilisation soutenue : nationale, institutionnelle,  communautaire  et philanthropique.
    • Un investissement structurant dans une suite libre internationale indépendante des monopoles américains
  5. Comment soutenir l’adoption de solutions numériques libres, locales et hors des GAFAM dans nos vies personnelles et organisationnelles?
    • Une philosophie de la sobriété et de la culture partagée
    • Commencer par offrir une adresse courriel personnelle permanente (indépendante des fournisseurs d’accès ou des employeurs) et de l’espace de stockage inclue dans les privilèges de citoyenneté, gratuitement. (L’archipel des GAFAM)
  6. Comment agir préventivement pour éviter les enjeux de santé publique liée à la dépendance aux réseaux sociaux, notamment auprès des plus jeunes?
    • Un ancrage des réseaux sociaux numérique dans le réel, associant le réseautage en ligne à des événements, des activités « hors ligne », des régions et localités vivantes… renforçant d’autant le potentiel démocratique des réseaux numériques. 
  7. Comment prioriser les usages visant la sobriété, la connexion humaine et la robustesse de nos communautés?
    • Des ateliers, des sessions de type AA pour les accrocs qui doivent rencontrer du monde qui, comme eux-elles, souhaitent s’abstenir ou réduire leur temps d’écran ? 😉 
    • Inclure dans la suite logicielle libre un compteur toujours visible additionnant le temps d’écran de la journée, de la semaine.
    • Éviter le partage de vidéos, de contenus accrocheur, drôle, amusant ? Et se concentrer sur l’ennuyeux ?? 😉
  8. Comment accroître les compétences numériques dans une perspective d’inclusivité sociale et de prévention de la fraude?
    • Un Protégez-vous numérique ? Pour une assistance immédiate en cas de fraude présumée.
    • Soutenir les activités d’éducation et les stations d’accès à Internet dans les bibliothèques, les tiers-lieux (cafés, bars, centres communautaires, CLSC…) 
  9. Comment offrir une solution numérique qui soit aussi facile d’usage et aussi puissante que les solutions dominantes tout en évitant les pièges commerciaux de l’addiction et de l’intrusion ?
    • En transformant les contraintes en habilitations : respect de la vie privée n’implique pas nécessairement de ne pas connaître son client, seulement de ne pas utiliser cette connaissance à son insu et pour l’inféoder; gratuité = possibilité d’omniprésence; interopérabilité et portabilité = diversité d’applications et de choix… 
    • En développant UNE application porteuse (killing app) qui fonctionne sur le téléphone et donne accès aux réseaux d’amis, de commerce, d’information et de services : le Wechat d’ici. Une application qui invente un numérique différent qui redonne du pouvoir à l’usager grâce à ses capacités fédératives et à la complicité des pouvoirs locaux (surveillance de l’état des rues, des chantiers, de l’honnêteté des commerces, des défaillances administratives…). Une grande opération donnant la parole aux usagers des services publics et des grandes corporations (réels) tout en articulant (grâce à l’IA ?) cette parole aux pouvoirs de correction et de décision. 

Qu'en pensez vous ?