Le portrait d’un homme sûr de lui dont les repères sont complètement à l’envers
Traduction de We Aren’t Stupid – MAGA Speech, par Ross Boulton, le 24 août 2026.

Transcription partielle.
— Merci. Merci. Asseyez-vous, tout le monde, asseyez-vous.
Regardez cette foule.
Demain, les journaux diront que la salle était petite. Ils disent toujours ça. Il n’y a qu’une seule route pour accéder au site, et le parc d’attractions avait programmé une course de tracteurs le même soir sans m’en informer; quelqu’un va en entendre parler. Il y a des autos stationnées jusqu’à l’autoroute. On me dit qu’il y en a encore qui arrivent.
[Applaudissements, environ quatre secondes.]
Bon. Voici ce dont je suis venu vous parler.
Le Canada.
Tout le monde est très inquiet à propos du Canada. Très inquiet. Les journaux, les analystes, tout le monde se tord les mains, et je veux vous dire quelque chose que personne dans ce pays n’a le courage de dire à voix haute.
On n’a pas besoin d’eux.
[Applaudissements, environ deux secondes.]
On n’en a pas besoin. Ils m’ont envoyé un document à ce sujet. Neuf pages, rédigé par un analyste, qui détaille tout ce qu’on achète chez eux et si on pourrait s’en procurer ailleurs. Je l’ai juste ici. Laissez-moi vous l’expliquer.
L’engrais. La potasse, comme on l’appelle. Quatre-vingt pour cent de la nôtre provient de la Saskatchewan et tout le monde s’écrie : « Oh, qu’allons-nous faire? » Mes amis. C’est de la terre. On l’épand sur le sol. On a plus de terre que n’importe qui.
VOIX DANS LA FOULE : [inaudible] — ça a grimpé à 1 100 la tonne —
Je vais m’occuper de vous.
VOIX DANS LA FOULE : — 1 100 la tonne, et j’ai 400 acres, et c’est mon frère qui détient l’hypothèque là-dessus —
Monsieur. Monsieur. Je vous entends. Et vous serez très heureux d’ici environ huit ans.
Et je vais leur en donner un, parce que je suis juste. Leur secteur laitier. Vous ne pouvez pas vendre de lait américain là-bas. Pas vraiment. Ils ont des quotas, ils ont des commissions, ils ont tout cet appareil depuis cinquante ans et ils ne l’abandonneront pas pour nous, ni pour l’Europe, ni pour qui que ce soit. Ça, c’est vrai. Je le répète depuis vingt ans et j’avais raison.
Le pétrole. Quatre millions de barils. Et ils disent que nos raffineries sont conçues pour leur brut lourd et ne peuvent pas traiter le nôtre. Et je réponds : qui a construit les raffineries?
C’est nous. Alors on les reconstruit. C’est comme ça que ça marche.
Le bois d’œuvre : on a des arbres. L’aluminium : ça, ce sont des canettes. Les autos : on va construire l’auto entière ici. Du début à la fin. Dans un seul bâtiment.
L’électricité — et je vais être honnête avec vous, parce que je le suis toujours — c’est le seul domaine où ils croient avoir l’avantage sur nous. En février, en Nouvelle-Angleterre, il parait que le dernier bloc d’électricité vient du Québec.
Alors on va en construire. Des centrales électriques. De magnifiques centrales. Et je vais vous dire exactement quand on va les construire.
Bientôt.
[Bruit de chaises qui s’affalent. Environ neuf secondes. Se poursuit sous ce qui suit.]
Maintenant, l’armée. Elle est incapable de se défendre. C’est un fait. Six sous-marins. Quelqu’un m’a dit que deux d’entre eux fonctionnent.
Deux.
On pourrait s’emparer de tout ce pays en un après-midi. Je ne dis pas qu’on le ferait. Je dis que personne dans cette salle ne devrait se méprendre sur le calcul.
Et ça fait quatre-vingts ans qu’on protège toute cette frontière nord à nos frais, sans recevoir un seul merci. Pas un seul.
VOIX DANS LA FOULE : — mon fils est à Cheyenne Mountain —
C’est une installation formidable.
Et maintenant — et c’est là que tout se joue — maintenant, ils sont là-bas en train de signer des ententes avec la Chine. Au Canada. Ils se serrent la main à Pékin. Et les gens me disent : « Eh bien, c’est à cause des droits de douane », et je réponds : « Non. Non. On ne se retourne pas contre un ami en six mois. C’était en eux depuis le début. Ça a toujours été en eux. »
[Pause. Environ onze secondes.]
Et ils sont devenus méchants. C’est ça qui m’a surpris, et je vais être honnête avec vous, ça m’a vraiment surpris.
Ils étaient polis. C’est la seule chose que tout le monde disait toujours d’eux. On allait là-bas et ils nous tenaient la porte et s’excusaient pour la température. Et maintenant, ce sont les huées aux matchs de hockey, avec des enfants assis juste là, et les affiches dans les vitrines des magasins, et quelqu’un m’a envoyé une photo d’une affiche provenant d’une ville dont je ne sais pas prononcer le nom et je ne vais pas répéter ce qu’elle disait.
Je ne sais pas ce qu’on a fait pour mériter ça.
L’alcool. Ils ont retiré notre bourbon de leurs tablettes. Chaque bouteille. Et j’ai dit : « Qu’ils le fassent. »
Mon père vendait de la peinture à Wheeling. Pendant quarante et un ans. Et il m’a appris que quand un homme cesse d’acheter ta peinture, tu ne le poursuis pas sur le trottoir. Tu le laisses aller acheter l’autre peinture. Et il revient.
Ils reviendront pour le bourbon. Ils reviennent toujours pour le bourbon.
[Bruit de moteur continu provenant du bâtiment adjacent, commençant à ce moment-là et se poursuivant jusqu’à la fin de l’enregistrement. Épreuve de traction de tracteur, prévue à 20 h.]
[Porte arrière. Bruit continu. Ne se ferme pas.]
[Voix correspondant à l’interruption précédente, à l’arrière de la salle. Inaudible.]
Les amis, si vous partez, c’est… ce n’est pas grave. Il fait chaud. Il fait très chaud ici, et comme c’est sur le site de la foire, c’est un problème d’installations; j’en ai parlé avec eux.
Où en étais-je?
[Des papiers.]
Il y en a encore un ici. Le numéro sept. Ça dit — attendez — substitution : sans objet.
Passons.
[Pause. Environ quatorze secondes.]
Bref. Je vais vous dire comment ça se termine, parce que j’ai vu ça cent fois en affaires et j’ai vu ça en politique, et c’est toujours, toujours la même chose.
Ils prennent la grosse tête. Ils font les malins. Ils font leurs déclarations.
Et puis, un jour, la porte s’ouvre et ils reviennent comme si de rien n’était, et on les laisse faire, parce que c’est comme ça qu’on est. C’est le genre de gens qu’on est.
Tout le monde revient.
[Pause. Bruit de moteur uniquement. Environ vingt secondes.]
Tout le monde revient toujours.
[L’enregistrement se poursuit au-delà de ce point. Le reste n’a pas été conservé.]
Note de l’auteur
La semaine dernière, j’ai écrit une lettre au sujet d’un cousin du Nouveau-Brunswick qui avait cessé de venir nous rendre visite. De nombreux Canadiens y ont répondu, et la réponse la plus dure m’est parvenue en passant par le narrateur : « C’est à ton tour de faire le trajet. »
Je n’ai pas de réponse à cela.
J’ai alors écrit ceci. Le narrateur de cette lettre n’a jamais, pas une seule fois, fait le trajet vers le nord et n’y a jamais songé, et il a fallu qu’un lecteur canadien le lui fasse remarquer. L’homme qui tient le micro présente la même lacune, à l’échelle nationale.
Le discours est fictif. La potasse, le brut lourd, l’électricité fournie par le Québec en février et le septième point de sa liste ne le sont pas.
Dans l’épisode de « Dîner du dimanche » de cette semaine, la famille planifie un voyage en auto vers le nord. Ce n’est pas une réponse non plus. C’est tout ce que j’ai à offrir.
Fichier Excel des traductions par Gilles en vrac
Fiches avec les premières phrases (et non seulement les titres)
Les caractères gras dans le texte sont de Gilles.
