La Table ronde : le nouveau fonds canadien soulève une question cruciale : où est le plan de croissance ?

Les contributeurs de Sage estiment qu’Ottawa a commencé à mettre en place un nouveau véhicule d’investissement, mais qu’il lui reste à présenter le plan de croissance qui le sous-tend. 6 mai 2026

Traduction de Canada’s New Fund Raises a Bigger Question: Where’s the Growth Plan?


Don Wright : La semaine dernière a été marquée par deux journées importantes pour le gouvernement fédéral. Lundi, le premier ministre a annoncé la création d’un « fonds souverain ». Mardi, le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a présenté la mise à jour économique du printemps.

En ce qui concerne le fonds souverain, les questions ont été plus nombreuses que les réponses. Quel problème est-il censé résoudre ? S’agit-il du meilleur outil à utiliser à cet effet ?

En ce qui concerne la mise à jour économique, voici un bref résumé : les recettes augmentent, les dépenses augmentent à peu près dans les mêmes proportions, et rien n’indique vraiment que le gouvernement fédéral ait une véritable orientation budgétaire.

Je vais commencer notre table ronde en demandant à Martha Hall Findlay : selon vous, quel problème le gouvernement fédéral tente-t-il de résoudre avec ce fonds souverain ? Cette initiative a-t-elle des chances de réussir, et cette annonce ainsi que la mise à jour économique vous rendent-elles plus ou moins optimiste quant aux plans du gouvernement Carney pour relever les défis économiques et budgétaires du Canada ?

Martha Hall Findlay: Ma première réaction serait de dire que Carney cherche à contourner la fonction publique. Nous savons qu’il y a une frustration importante, dans certains domaines, à l’égard de la fonction publique actuelle. Tout ce que j’entends, c’est qu’un certain nombre de ces efforts visent à la contourner, car elle n’est tout simplement pas très efficace. Je ne suis pas certaine que cela portera ses fruits.

Deuxièmement, écoutez, je viens de l’Alberta. Nous avons un fonds souverain, l’Alberta Heritage Savings Trust Fund, mais nous avons tout gâché. Nous n’aurions pas dû. C’était une occasion en or pour nous de nous constituer cette réserve. Regardez la Norvège. Regardez certains des autres pays qui disposent aujourd’hui d’énormes fonds d’État ou fonds souverains. Ce type de fonds est tout à fait approprié pour un pays riche en ressources, ou une province dans notre cas. Mais ce n’est pas comme si le Canada manquait d’autres fonds.

C’était peut-être une excellente idée il y a 50 ans. C’est peut-être encore une bonne idée, mais on ne voit pas bien pourquoi c’est une meilleure option aujourd’hui. Il n’y avait pas beaucoup de détails sur la façon dont ce fonds serait financé. J’ai publié un article dans The Globe and Mail le 1er mai expliquant pourquoi je pense que même le projet Pathways – visant à rendre les sables bitumineux neutres en carbone – ne devrait pas se poursuivre pour l’instant, car c’est de l’argent qui devrait être dépensé à d’autres fins. C’était d’ailleurs un article difficile à écrire pour moi.

Dans son allocution sur YouTube, le premier ministre a parlé de « guidance prospective ». C’est un homme qui veut gérer un fonds. Donc, honnêtement, ce n’est pas très clair. Je pense qu’une partie du problème vient du fait que cela n’a pas été accompagné de beaucoup de détails.

Avec la mise à jour économique, nous devrions tous nous préoccuper des dépenses. Je connais les arguments concernant le ratio dette totale/PIB et tout ce qui s’y rapporte, mais je m’inquiète de notre niveau d’endettement. Je crains que nous continuions à dépenser énormément d’argent pour des choses auxquelles nous ne devrions pas consacrer de fonds. Quant à la suppression de la taxe d’accise sur l’essence jusqu’à la fête du Travail : ma première réaction a été que cela ressemblait presque à l’une de ces mesures que Chrystia Freeland qualifiait de « gadget ». C’est une décision politique, mais je ne suis pas sûr que ce soit nécessairement la bonne chose à faire.

Écoutez, je pense que Carney est de loin la meilleure personne que nous connaissons pour occuper ce poste en ce moment, certainement au sein de la classe politique. Et je veux donc le soutenir autant que possible. Je viens d’avoir une conversation avec le ministre de l’Énergie, Tim Hodgson, ce matin, et je le trouve formidable. Il y a donc de très bonnes personnes. Je pense qu’ils essaient de faire ce qu’il faut. Je ne suis simplement pas tout à fait sûr qu’ils comprennent l’ampleur de la tâche que représentent la gestion d’un pays et d’une fonction publique gigantesque.

Don Wright : Merci. David ?

David Dodge: Eh bien, Martha, nous savons tous, et Carney le sait, ce que nous devons faire. Nous devons accroître nos investissements dans toutes les formes de capital : les infrastructures, les outils permettant aux travailleurs d’accroître leur productivité, la propriété intellectuelle. Nous savons tous que, collectivement, nous sous-investissons dans ces domaines : le secteur privé sous-investit, le secteur public sous-investit, et nous, en tant que ménages, épargnons moins que ce qu’il faudrait pour financer ces investissements. Nous savons donc quel est le problème, et Mark Carney sait quel est le problème.

La question est de savoir comment y arriver à partir de là où nous en sommes, et c’est ce à quoi le gouvernement est confronté, tout en devant composer avec d’autres changements, en particulier les changements mondiaux et l’évolution technologique liée à l’IA. S’adapter à ces deux changements est une tâche extrêmement, incroyablement difficile, bien plus difficile que celle à laquelle j’ai dû faire face lorsque j’étais sous-ministre des Finances, où nous n’avions essentiellement qu’un défi budgétaire. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un large éventail de défis, et nous savons que nous devons accroître ces investissements.

Comme tout le monde ici, j’en suis sûr, j’ai été un peu déçu que nous n’ayons pas obtenu de plan d’action. Nous avons eu droit à une véritable mise à jour budgétaire, et non au plan d’action que nous attendons. Et malgré les difficultés, plus Mark attendra pour présenter ce plan d’action et pour prendre les décisions difficiles que nous devrons prendre, plus ce sera difficile. C’est parce que le gouvernement commettra inévitablement des erreurs en cours de route, ce qui rendra les choix encore plus difficiles.

Je pense que c’est là où nous en sommes : déçus de ne pas avoir eu de plan. L’énoncé financier était simplement un état des lieux de la situation, et il comportait des mesures qui n’allaient pas dans le sens d’une augmentation de l’investissement. Prendre des mesures qui augmentent la consommation, ce qui est essentiellement ce qu’ils ont fait, n’est pas un moyen de nous amener à augmenter la part du PIB consacrée à l’investissement. Je dirais donc que c’est là où nous en sommes, et le fonds souverain est en quelque sorte un gadget. Ce n’est pas une idée totalement stupide. Tout d’abord, ce n’est pas un fonds souverain. Ce qu’il a proposé, c’est un fonds d’investissement national, pas un fonds souverain, car il n’avait pas de plan global pour atteindre l’objectif d’augmenter l’investissement. On peut espérer que ça viendra, mais ce n’est pas encore le cas.

Don Wright : Marta, vous avez quitté la fonction publique il y a relativement peu de temps. Que pensez-vous du commentaire de Martha, selon lequel il y a une frustration à l’égard de la fonction publique et que toutes ces nouvelles agences sont annoncées ? Considérez-vous cela comme un moyen efficace de traiter ce qu’ils estiment être un problème ? Et pensez-vous qu’il soit juste de dire qu’il y a actuellement un problème au sein de la fonction publique ?

Marta Morgan : Eh bien, ayant moi-même été fonctionnaire très récemment, j’ai vu la fonction publique relever le défi dans de nombreuses situations, tout récemment pendant la COVID, où tout le monde a mis la main à la pâte pour tout. Je pense donc que la fonction publique a la capacité d’en faire beaucoup. Et j’ai certainement l’impression que la fonction publique est saisie par l’urgence du moment. Tout le monde sait que nous traversons actuellement une période économique très difficile, principalement due aux politiques du gouvernement américain. Je pense donc qu’il y a un sentiment d’urgence.

Je pense que le gouvernement voit la création de ces institutions comme un moyen de renforcer les capacités à long terme pour faire avancer ses priorités clés, en créant des organisations qui ont un mandat très précis, qui seront plus efficaces parce qu’elles ne seront pas tiraillées dans toutes les directions, et qui auront plus de flexibilité que les ministères. La difficulté réside dans le fait qu’ils se sont également engagés à agir rapidement dans ces domaines — qu’il s’agisse de grands projets, de logement ou d’approvisionnement en matière de défense — et c’est un défi lorsqu’on met sur pied une toute nouvelle organisation. La mise en place de ces nouvelles agences prend du temps — législation, budget, dotation en personnel, etc. — et cela n’accélère pas nécessairement les résultats au cours des premières années.

En ce qui concerne le fonds souverain, pour rebondir sur le point soulevé par David, l’une des choses que j’ai remarquées, c’est que la description du fonds fait référence non seulement aux projets et aux infrastructures, qui ont vraiment été une priorité de ce gouvernement, mais aussi aux entreprises. Vous avez Michael Sabia comme greffier du Conseil privé et Marc-André Blanchard comme chef de cabinet du premier ministre. Ils viennent tous deux de la Caisse de dépôt, qui, comme nous le savons, a un double mandat. Et dans le cadre de ce mandat, elle a investi massivement dans les entreprises québécoises et dans leur réussite. C’est quelque chose que beaucoup considèrent comme une sorte de lacune de financement sur le marché canadien. Et nous observons cela depuis de nombreuses années.

Nous n’en savons pas encore grand-chose, car ils sont en train de mettre en place un bureau de consultation avant de finaliser le projet, mais il semble que ce fonds soit destiné à venir s’ajouter aux mécanismes de financement existants comme la BDC, l’EDC, ainsi qu’au Bureau des grands projets et à la Banque de l’infrastructure du Canada. Il sera intéressant de voir comment le mandat évoluera au cours du processus de consultation, et s’il y aura un peu plus de détails à ce sujet et sur la façon dont ils envisagent le rôle de ce fonds pour soutenir concrètement la croissance des entreprises canadiennes au Canada.

Don Wright : Merci. Juste un petit commentaire sur le lien avec la Caisse de dépôt. Ce que cela soulève, à mon sens, c’est la question de la gouvernance. Si c’est leur modèle, la gouvernance va être assez cruciale. Parce que si vous avez une société qui va être en grande partie l’instrument de la politique du moment, je ne pense pas que ça va être très fructueux. Il faut cette relative indépendance dont dispose la Caisse pour prendre ce genre de décisions.

Allan, je vais passer à vous. David a dit qu’il voyait une hausse de la consommation, mais pas des investissements. Il y a probablement de bonnes raisons liées à l’opinion publique à cela. Je me demande simplement quel est votre point de vue sur cet aspect de l’énoncé économique.

Allan Gregg: On dit souvent que la précarité est l’état d’esprit dominant en ce moment. La plupart des Canadiens pensent qu’ils s’en sortent plutôt bien pour l’instant, mais que les choses vont empirer : le marché boursier va se détériorer, l’économie va se détériorer, leur situation personnelle va se détériorer. En conséquence, ils sont très préoccupés par le coût de la vie et les questions d’accessibilité financière, surtout en ce qui concerne l’épicerie et les produits de première nécessité.

D’un autre côté, nous avons, pour la première fois de mémoire récente, une population qui regarde vraiment au-delà des frontières du Canada et y trouve également des sujets de préoccupation. L’idée qu’il faut faire quelque chose est donc assez forte. Ce que ce « quelque chose » doit être est moins certain. Je ne vois donc pas beaucoup de demandes pour des mesures comme un sursis de quatre mois sur les taxes sur l’essence, la correction du crédit pour personnes handicapées ou les autres mesures de consommation qui existaient auparavant. La population, le public, ne comprend pas non plus quel est le rôle de l’investissement. Les gens croient que nous allons diversifier nos actifs. Ils croient que nous devons renforcer notre souveraineté, et ce, bien plus que je ne l’ai jamais vu ces derniers temps.

Donc, à bien des égards, Carney part d’une page blanche en ce moment. Il affiche un taux d’approbation de près de 60 %. Il devance ses adversaires de 30 points en termes de capacité à occuper le poste de premier ministre. Et donc, l’examen minutieux de ses actions dans le détail est assez limité. Je pense donc que la pression viendra du milieu des affaires, ainsi que des médias et des experts, notamment les experts en la matière. À cet égard, je pense qu’il a de nombreuses préoccupations.

Je ne suis pas économiste, mais je suis fasciné par cette incroyable prolifération de financements censés encourager les dépenses des entreprises, la recherche et la création de propriété intellectuelle. Je l’ai déjà dit : une étude de l’Institut C.D. Howe a révélé que la grande majorité des subventions aux entreprises a peu d’impact sur la croissance du PIB. Les rachats d’actions par les entreprises – ce qu’on fait essentiellement quand on ne sait plus quoi faire de ses profits à part enrichir ses actionnaires actuels – dépassent désormais les transferts du gouvernement fédéral pour les soins de santé. Je ne vois vraiment pas comment le Fonds Canada Strong, la Banque canadienne d’infrastructure et le Fonds de croissance du Canada, qui totalisent près de 100 milliards de dollars, sont censés stimuler l’investissement des entreprises. Mais j’aimerais beaucoup entendre davantage les économistes qui croient que cela va soudainement déclencher quelque chose qui est en baisse depuis 15 ans.

Miville Tremblay : Je pense que le mot « gouvernance » est essentiel. Lorsque j’étais à la Banque du Canada, j’ai étudié la gouvernance des fonds de pension du « Maple Eight ». La gouvernance varie considérablement d’une institution à l’autre. La gouvernance est un équilibre délicat, et il faut trouver le bon équilibre. Il y a l’OIRPC, qui se situe à un extrême par conception, car lorsque l’OIRPC a été créé, les gens craignaient la Caisse et disaient : « Eh bien, nous voulons l’exact opposé de ce qui était perçu à l’époque comme un bras armé du gouvernement, quelle que soit sa couleur. » Et je ne suis pas sûr que l’OIRPC réponde au téléphone quand le gouvernement appelle. Ils sont donc totalement indépendants.

Et c’est extrêmement rigide. Personnellement, je pense qu’on est allé trop loin. Le nouveau fonds doit donc être indépendant, mais il doit avoir un mandat clair, évidemment, qui s’inscrira très probablement dans la grande orientation évoquée jusqu’à présent. Mais bien sûr, nous avons besoin de beaucoup plus d’informations à ce sujet. Et il est important que l’institution ait la capacité d’embaucher les experts adéquats pour les investissements.

Il faut considérer cette nouvelle institution comme faisant partie d’un écosystème de financement public au sens large et elle doit s’intégrer aux autres organisations.

Il peut y avoir des chevauchements, et ce n’est pas grave, car différentes équipes auront des opinions variées sur la pertinence d’un investissement. Les gens peuvent être en désaccord. Et donc, s’il y a des chevauchements, cela aide le système à mieux fonctionner. Nous verrons exactement quel sera son mandat, mais je pense que cette institution pourrait avoir un rôle à jouer.

Si l’on compare avec l’écosystème de financement du Québec, public au sens large, il y a la Caisse de dépôt, qui est très visible. Mais Desjardins dispose également de véhicules d’investissement, qui appartiennent au grand public, même s’ils ne sont pas détenus par l’État. Il en va de même pour le Fonds de solidarité de la FTQ. Investissement Québec est le bras du gouvernement, avec beaucoup de flexibilité en matière d’ingénierie financière. On a donc un écosystème qui fonctionne avec le secteur privé. Lorsqu’une entreprise a besoin de lever une somme d’argent importante, bon nombre de ces institutions et certaines entités privées prendront une part, car aucune d’entre elles n’est capable ou disposée, en termes de risque, d’assurer seule l’intégralité du financement. Nous devrions donc raisonner en termes d’écosystème et veiller à ce qu’il y ait suffisamment de diversité, un peu de chevauchement, et la capacité de travailler en coopération au sein de ce système et, bien sûr, avec les investisseurs privés.

Don Wright : Peter, je vais m’adresser à vous ensuite, mais je vais d’abord vous présenter un argument un peu fallacieux pour voir ce que vous en pensez. La plupart du temps, ce que dit ce gouvernement, c’est qu’il faut augmenter l’offre de fonds d’investissement, alors que je pense que le vrai problème, c’est qu’il n’y a pas de demande pour ces fonds, parce que les conditions d’accueil dans le pays ne sont pas propices à l’investissement en ce moment, et que nous sommes sur-réglementés. Nous avons des réglementations malavisées, et tant que le gouvernement ne sera pas prêt à faire quelque chose à ce sujet, nous n’allons vraiment pas résoudre notre problème d’investissement. Peter, qu’en pensez-vous ?

Peter Wallace : Je considère parfois ces fonds d’investissement gouvernementaux comme une tentative de pousser sur une corde, alors qu’il faut s’assurer qu’il y a quelque chose qui tire à l’autre bout de la corde.

Nous devons examiner de près quelles sont les conditions d’investissement. Je ne pense pas que ce soit simplement une question de discours sur la réglementation. Il ne fait aucun doute qu’il est toujours possible de réduire la réglementation. Mais nous avons vu, en Ontario, des gouvernements arriver avec des mandats explicites visant à réduire la réglementation et à se concentrer exclusivement sur celle-ci, avec une règle « deux pour un » et tout le reste. Franchement, ces efforts n’ont pas nécessairement été corrélés à une quelconque expansion économique au-delà de ce qui s’est produit de manière plus générale, du moins par rapport aux conditions macroéconomiques globales. Je pense donc que la réglementation – je ne veux pas la sous-estimer, ni défendre une réglementation inefficace – mais je pense qu’il y a bien plus que cela.

Nous devons absolument poursuivre sur la voie de la réglementation. Il faut l’affiner, s’assurer de bien la comprendre, s’assurer de bien comprendre tous ces aspects. Mais il vaut la peine de se pencher sur le monde des affaires canadien et d’essayer de comprendre ce qui se passe dans la structure de l’économie et pourquoi la demande n’est pas aussi forte, ce qui se passe sur le marché extérieur, et le gouvernement s’efforce vraiment de le faire. Mais quelles sont certaines des autres conditions internes ? Nous devons nous concentrer là-dessus également. Et il faut faire attention à ne pas voir une multitude de fonds gouvernementaux se disputer des niveaux d’investissement relativement modestes.

Il convient de noter que l’obtention de fonds de marketing devrait être facile, mais c’est souvent plus difficile qu’il n’y paraît. Les entreprises publiques offrant des fonds à des conditions préférentielles ont souvent du mal à susciter l’intérêt, à concrétiser les bons investissements souhaités dans leur sphère d’action. Ces initiatives ont tendance à être sous-utilisées plutôt que surutilisées, ce qui en dit long sur le côté de la demande de l’équation. Et elles ont toutes des exigences de co-investissement, donc nous pourrions examiner cela. Je le répète, la réglementation fera partie de cela, peut-être même une grande partie.

Don Wright : Quel est donc, selon vous, l’ingrédient manquant ?

Peter Wallace : C’est une question vraiment délicate, et je n’ai pas la réponse. Mon expertise porte en fait sur la gestion budgétaire, et non sur la macroéconomie, mais je m’intéresse à la structure et à la propriété des industries, et nous voulons stimuler les investissements, par exemple dans l’automobile.

Je veux dire par là que je pense que nous devons mieux comprendre la nature mondiale des flux de capitaux et le fait que les entreprises que nous avons tendance à considérer comme les nôtres opèrent en réalité dans un environnement mondial où elles comparent les opportunités d’investissement sur le marché national avec celles d’ailleurs et se montrent très sélectives quant à la rentabilité de leurs investissements.

Puisque vous m’avez poussé à le dire, voilà mon raisonnement sous-jacent. Et honnêtement, je ne pense pas que certains décideurs politiques comprennent vraiment que notre concurrence pour les investissements est véritablement mondiale. Il ne s’agit pas seulement de savoir si un investissement est potentiellement rentable ou s’il atteint un taux de rendement interne minimal – il s’agit de savoir s’il est le meilleur disponible au sein d’un portefeuille mondial.

David Dodge : Je pense que Mark Carney comprend cela.

Peter Wallace : Vous avez tout à fait raison sur ce point, absolument. Oui, désolé, pour être très clair, ce n’était pas une remarque à l’égard du premier ministre ou de Tim Hodgson. Cela reflète plutôt mon sentiment qu’au moins certains décideurs politiques de niveau intermédiaire ne se concentrent pas vraiment sur l’intensité de la concurrence internationale pour les investissements

Don Wright : David, vouliez-vous développer un peu ce point ?

David Dodge : Je pense que Mark le comprend, il le comprend parfaitement. Nous sommes en concurrence sur la scène mondiale, ce qui signifie que les investissements ne viendront que s’il y a une chance raisonnable que la rentabilité ici soit aussi élevée qu’elle pourrait l’être ailleurs. Je pense donc que nous comprenons cela. Cela dit, la question est de savoir quelles sont les politiques susceptibles d’améliorer cette situation ? Et ce n’est pas, comme on l’a dit, simplement une question d’offre de fonds.

Pour revenir au commentaire de Miville sur la Caisse, ce qui est formidable avec la Caisse, c’est qu’elle gère un flux de fonds qui arrive, l’épargne des gens. Donc, en gros, la Caisse a fonctionné pour gérer ces fonds que les gens ont versés et qu’ils ont été contraints d’épargner eux-mêmes, parce que nous imposons que des pensions soient fournies.

Il y a donc eu une collecte d’épargne qui s’est accompagnée de la question de l’investissement. Et ils ont toujours eu à cœur d’investir dans des projets offrant une chance raisonnable de rendement sur les fonds versés par les gens, mais en évaluant le risque d’une manière peut-être un peu différente qui, je pense, s’est avérée utile.

Mais il y a un aspect d’épargne qui est venu de la génération de ces fonds d’investissement. Il n’était pas du tout clair dans l’idée du Fonds canadien qu’il y aurait un aspect d’épargne. Il pourrait y avoir un aspect d’épargne. Le gouvernement du Canada détient donc certains actifs qui, s’ils étaient privatisés et placés dans un fonds, pourraient générer des rendements. C’est possible, mais oui, il doit s’agir d’investissements qui répondent à une norme mondiale de rentabilité. Et ce sont les conditions macroéconomiques qui déterminent cela, tout comme nos dispositions fiscales.

Ce n’est donc pas une question très simple, même si le gouvernement reconnaît clairement, je pense, que nous devons investir davantage, épargner davantage et investir davantage si nous voulons croître, ce qui signifie probablement que nous devrons consommer moins à court terme.

Martha Hall Findlay : La compétitivité mondiale tient aussi compte du fait que personne ne va payer de prime verte, surtout pour les ressources. Une fois qu’elles sont sur le marché mondial, elles sont fongibles. Je pense qu’on a trop longtemps cru ici au Canada que si on faisait ce qu’il fallait, qu’on faisait notre part et qu’on s’assurait que ce qu’on produisait était vraiment de bonne qualité, cela nous donnerait d’une manière ou d’une autre un avantage concurrentiel.

Il y a peut-être eu une époque où, toutes choses étant égales par ailleurs, cela aurait pu être vrai. Je dis cela, mais je n’y crois pas vraiment. Cependant, certaines personnes y ont certainement cru pendant un certain temps.

Mais vu ce qui se passe actuellement, regardez le prix du carburant d’aviation. Regardez le prix du GNL. Franchement, nous commençons à peine à ressentir les répercussions de tout ça sur le pétrole et le gaz. J’étais à Séoul juste au moment où ça se passait ces derniers jours. L’air était incroyablement pollué, parce qu’ils sont tout de suite passés au charbon, inquiets pour leurs stocks.

Le monde a changé. Et je pense simplement que parfois, le Canada a besoin d’un petit coup de pouce pour se réveiller : on ne peut tout simplement pas se permettre d’être des boy-scouts, parce qu’on ne l’est pas. Si on peut assurer la sécurité de l’approvisionnement, oui, c’est une opportunité, mais cette sécurité de l’approvisionnement doit aussi répondre à ces critères mondiaux de compétitivité et d’accessibilité financière. Ça ne me fait pas plaisir de dire ça, d’ailleurs, mais je pense simplement qu’on doit être réalistes.

Don Wright : Chris, donnez-nous vos impressions générales sur le fonds souverain et l’énoncé économique.

Christopher Ragan : Je pense que ce que dit David au sujet de l’investissement et de l’épargne est vraiment important. Et je suppose que je suis sceptique à ce sujet, car je ne vois pas en quoi cela permettrait de générer de nouvelles épargnes. Je ne vois pas en quoi cela permettrait de générer de nouveaux investissements. Je vois plutôt cela comme la création d’un mécanisme qui permettra peut-être de canaliser de nouveaux fonds du secteur privé vers des investissements. Peut-être. Je trouve intéressant, et probablement positif, que ce fonds soit indépendant du gouvernement pour toutes les raisons habituelles pour lesquelles nous estimons que les organisations gérées de manière professionnelle, éloignées de la politique quotidienne, sont une bonne chose. Je trouve intéressant, novateur, voire positif, que les Canadiens puissent adhérer à ce projet.

Mais je pense que ce qui me rend le plus sceptique, c’est de savoir si nous avons réellement besoin d’une nouvelle entité. Dans le document d’information du gouvernement sur le nouveau fonds, on parle des sociétés d’État existantes, et on souligne que ces sociétés d’État accomplissent des tâches très importantes, comme la Banque de l’infrastructure du Canada, EDC, la BDC ou la Société de crédit aux Autochtones. Je suis sûr que certaines fonctionnent mieux que d’autres, mais si elles font un travail formidable, alors à mon avis, on n’a pas encore démontré pourquoi nous avons besoin d’une nouvelle organisation. Peut-être que c’est le cas. Peut-être y a-t-il une très bonne raison, mais c’est vraiment ce que je me demande.

De plus, l’idée de comparer cela à la Norvège est, à mon avis, assez trompeuse, précisément pour la raison que David évoquait à propos de la Caisse. La Caisse bénéficie d’un afflux de fonds. Tout comme l’OIRPC. Tout comme le fonds souverain norvégien. Ils reçoivent des fonds chaque année, et il faut ensuite décider de ce qu’on en fait. De plus, d’après ce que je comprends, le fonds souverain norvégien a réalisé la plupart de ces investissements à l’étranger pour éviter le syndrome hollandais.

Mais ici, on ne parle pas d’utiliser un flux de fonds existant. Nous capitalisons le nouveau fonds, vraisemblablement avec de l’argent emprunté, et nous espérons mobiliser des capitaux privés. Mais il n’y a pas de nouveaux flux de fonds provenant de l’épargne, alors je me demande vraiment s’il y a des arguments solides pour créer une nouvelle entité, et c’est vraiment très différent du fonds norvégien.

Martha Hall Findlay : C’est très différent de la Norvège, parce qu’ils ont déjà énormément d’argent, et pas nous.

Je voudrais aussi revenir sur ce que tu disais, Chris, à savoir que c’est une bonne chose que ce nouveau fonds soit indépendant. Quand on travaillait sur la Pathways Alliance, on essayait d’expliquer la nécessité des contrats pour différence. Si on opte pour des crédits d’impôt, on court le risque d’un changement politique, et il faut donc que ce soit en quelque sorte commercial. Ce qui était choquant, c’est qu’on a dû expliquer aux gens du ministère des Finances ce qu’était réellement un contrat pour différence, mais on se heurtait régulièrement à des résistances du genre : « Eh bien, on a transféré ça au fonds de croissance. » Et le fonds de croissance ne peut pas faire ça parce qu’il a pour mandat de générer un rendement. L’indépendance du fonds de croissance a donc en fait paralysé certaines des possibilités de ce type de partenariat public-privé.

Christopher Ragan : Bien sûr, dans le document d’information, vous verrez qu’ils insistent beaucoup sur le fait qu’il s’agit de rendements du marché. Ce problème particulier ne devrait donc pas se poser ici.

Miville Tremblay : Martha, vous parliez de votre article dans The Globe and Mail. Je viens de publier un article dans La Presse où, curieusement, j’ai utilisé le titre d’un livre de science-fiction pour expliquer que nous sommes confrontés à trois crises majeures qui s’influencent mutuellement. Le titre de La Presse se traduit par « Le problème à trois corps du Canada ». Nous avons la géopolitique, nous avons l’IA et nous avons le changement climatique, et avec tous ces éléments réunis, on ne sait pas quels seront les résultats finaux. En physique, il est mathématiquement impossible de résoudre le problème à trois corps, et celui-ci dépasse mes propres capacités, du moins pour faire des prévisions.

Il est clair que la géopolitique recadre le débat sur le changement climatique en termes de sécurité et de diversification des ressources énergétiques. Mais de nombreuses discussions que j’ai eues dans les cercles de la finance durable montrent que les grandes institutions restent très engagées à investir dans cette direction. La Caisse est sans doute le premier investisseur durable au pays. Teachers aussi, ainsi que d’autres institutions.

Mais même aux États-Unis, j’ai discuté avec de grands investisseurs, et ils m’ont dit qu’ils modifiaient leur offre parce que, politiquement, ils ne peuvent pas se permettre d’étiqueter quoi que ce soit comme « vert » ou « DEI », mais leurs clients continuent de demander la même chose. Ils disent donc : « Bon, donnez-moi un investissement standard sans étiquette, mais nous aurons une lettre d’accompagnement qui précisera que nous ne voulons pas de ceci, de cela ou de plus de ceci. »

Et c’est donc ce qui se passe aux États-Unis, en coulisses. Au Canada, pour les grands projets d’investissement que nous souhaitons mener à bien, il y a des gens qui ne voudront pas toucher aux pipelines et au pétrole, mais d’autres le feront, sans doute. Je pense que le test décisif sera de savoir s’il y a des capitaux privés prêts à s’engager. Je suis un peu sceptique, mais nous verrons bien. D’autres préféreront investir dans des projets de transition. Le nouveau Conseil canadien de la taxonomie et de la planification de la transition1Voir cette page de l’Institut climatique du Canada devrait aider à canaliser les capitaux vers ces investissements.

Don Wright : Je vais aborder cela sous un angle un peu différent. Je pense qu’un fonds d’investissement pourrait se justifier. Je ne l’appellerais pas un fonds souverain pour toutes les raisons dont nous avons parlé, mais le Canada a un problème récurrent lorsqu’il s’agit d’essayer de soutenir et de pérenniser des entreprises à forte valeur immatérielle.

Notre secteur postsecondaire effectue une grande partie de notre recherche. Nous sommes bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE en matière de recherche dans l’enseignement supérieur en pourcentage du PIB, mais quand on en vient aux investissements des entreprises dans la recherche et le développement, nous sommes parmi les derniers du peloton. Je pense qu’une des principales raisons à cela est que les actifs incorporels sont effectivement incorporels, et qu’il est difficile de les ancrer dans notre économie. Et comme nous sommes situés au nord de la plus grande et de la plus dynamique des économies du monde, il y a cette force de gravité naturelle qui aspire nos actifs incorporels au sud de la frontière. Il existe une formidable culture des startups à travers le pays, mais la plupart de ces startups prometteuses, lorsqu’elles atteignent un certain stade, sont soit rachetées par quelqu’un au sud de la frontière, soit elles ne parviennent pas à franchir la « vallée de la mort ».

Donc, si nous avions un fonds qui prenait des participations dans ces entreprises en démarrage, ce serait peut-être un moyen de les garder au Canada. Ce n’est pas ce que j’ai entendu le gouvernement dire, mais je serais simplement intéressée par les réponses des gens à ce sujet.

Marta Morgan : Merci, Don. C’est exactement ce à quoi je faisais allusion tout à l’heure. La référence aux entreprises dans la description de ce fonds m’a beaucoup intéressée, car nous avons un problème de longue date avec ce type de financement des entreprises de taille moyenne au Canada, qu’il s’agisse d’entreprises de biotechnologie ou de TI, et l’attraction gravitationnelle des États-Unis est énorme en raison de l’importance des marchés financiers, de l’expertise et du leadership des dirigeants. Nous l’avons constaté dans de nombreux secteurs, et nous en avons probablement tous des exemples.

Je ne pense donc pas qu’il existe de solution miracle à ce problème, mais je pense que c’est certainement un défi qui a été relevé par le passé. Il a certainement été relevé par certaines de ces industries, et c’est quelque chose que la Caisse a fait, je dirais, davantage que d’autres caisses de retraite au Canada, pour de nombreuses raisons dont Miville a parlé. Je pense donc qu’il sera intéressant de voir, lorsqu’ils mèneront cette consultation, ce qu’ils en retireront dans ce domaine. Et c’est un domaine où des organisations comme la BDC et l’EDC n’ont tout simplement pas le mandat de le faire. Cela ne fait pas partie de leur mandat législatif. Donc, si l’on réfléchit aux lacunes de l’écosystème, c’est peut-être une lacune qu’ils ont prise en compte lorsqu’ils ont mis cela en place. Nous verrons bien.

Don Wright : Miville, tu as une certaine expérience de la Caisse, et tu l’as étudiée de plus près que nous autres. Penses-tu que la Caisse a démontré que cela pouvait être fait avec succès, et qu’elle pourrait constituer un bon modèle pour ce qu’un fonds d’investissement à l’échelle du Canada pourrait éventuellement accomplir ?

Miville Tremblay : Il y a une leçon à en tirer, car il y a eu des échecs et des réussites. Au début, ils ont essayé de financer les premières levées de fonds des start-ups en interne, mais les montants nécessaires étaient trop faibles pour faire bouger les choses et ils se sont tournés vers des fonds de capital-risque privés. Mais plus tard, lors de tours de financement plus importants, ils sont en mesure d’intervenir, et c’est clairement à ce stade que les jeunes entreprises sont souvent rachetées par des sociétés américaines. Lorsqu’il faut lever plus de 50 ou 100 millions de dollars, cet argent n’est souvent pas disponible dans ce pays. Le nouveau fonds fédéral pourrait contribuer à la diversité de votre écosystème, de sorte qu’un groupe d’institutions partageant les mêmes idées puisse investir et garder l’entreprise dans ce pays.

Don Wright : J’aimerais conclure en posant une question à tout le monde : cette semaine vous rend-elle plus optimiste ou moins optimiste quant à l’avenir économique et budgétaire du Canada ? Ou bien, en réalité, rien n’a changé ? Je vais commencer par Peter Wallace.

Peter Wallace : J’étais optimiste au départ, et après cette semaine, rien n’a changé.

Don Wright : Marta ?

Marta Morgan : Optimiste. Je pense que le gouvernement gère une situation économique difficile et de nombreuses pressions budgétaires concurrentes du mieux qu’il peut dans les circonstances actuelles.

Don Wright : David ?

David Dodge : Je dirais, tout bien considéré, pessimiste, dans le sens où le gouvernement avait l’occasion ce printemps d’avancer sur la question fondamentale de la présentation du plan. Il n’y a toujours pas vraiment de plan qui permettra d’augmenter les investissements et la productivité à l’avenir. C’est tout. Et malheureusement, une partie de ce plan consistera à freiner la consommation actuelle pour faire de la place à ces investissements. Je ne suis donc pas plus pessimiste qu’avant cette semaine, mais nous attendons toujours le plan qui nous permettra d’y arriver.

Don Wright : Chris ?

Christopher Ragan : Je dirais qu’avant cette semaine, j’étais globalement prudemment optimiste, à 7 ou 8 sur 10. Je ne m’attendais pas à ça, mais je n’ai vu aucune mention d’un examen plus large des dépenses. Ça m’attriste. Et je pense que le fonds souverain pourrait n’être qu’un gadget, ce qui renforce un peu mon pessimisme. J’aimerais voir un gouvernement compétent sur le plan économique. Je pense que celui-ci a un énorme potentiel pour être compétent sur le plan économique, mais j’aimerais qu’il mette moins l’accent sur les gadgets. Et je ne peux pas m’empêcher de penser que celui-ci est un gadget.

Don Wright : Miville, à vous.

Miville Tremblay : Rien de nouveau, vu la déclaration, mais quand on pense aux grands défis, on serait naturellement assez pessimiste. Mais je pense qu’être optimiste de nos jours est un devoir. J’essaie donc de me réveiller chaque matin en me disant : « Bon, je dois être optimiste encore aujourd’hui. »

Don Wright : Je pense que ça pourrait être le slogan de toute cette discussion : nous avons l’obligation d’être optimistes. Martha ?

Martha Hall Findlay : J’adore ça. Je suis très inquiète. Nous avons trop de ces organisations, et nous n’en avons encore fait aucune qui soit vraiment couronnée de succès. Je crains donc que nous ayons un gouvernement qui sait ce qu’il doit faire, mais qui, franchement, n’a pas d’expérience politique et qui, d’une certaine manière, écoute peut-être trop les gens qui essaient de lui souffler des idées politiques à l’oreille. Et c’est pourquoi il se retrouve à prendre des mesures comme la suppression de la taxe d’accise jusqu’à la fête du Travail. Je crains un peu que certains politiciens aient trop d’influence sur un gouvernement qui, en réalité, je pense, sait vraiment ce qu’il doit faire. On observe donc une sorte de schizophrénie dans certaines de ces décisions.

Mais Miville, je suis tout à fait d’accord avec vous. J’ai tellement envie d’être optimiste, parce qu’on a eu un quart de siècle d’occasions manquées dans ce pays. On est à un moment où on pourrait faire tant de choses comme il faut. Alors je croise les doigts et je vais continuer à être optimiste.

Don Wright : Eh bien, je pense que c’est une excellente note pour conclure. Merci. Et merci à chacun d’entre vous pour votre contribution.


Fichier Excel des traductions par Gilles en vrac
Fiches avec les premières phrases (et non seulement les titres)
Les caractères gras dans le texte sont de Gilles.

Notes