Traduction de Imperial State Capitalism: Fusing State Ownership with Frontier Tech Power par Ilias Alami, le 22 septembre 2026
Dans un épisode presque trop étrange pour être une satire, un milliardaire de la Silicon Valley a récemment appelé le gouvernement américain à prendre une participation dans les plus grandes entreprises d’IA, et le Wall Street Journal l’a accusé de « socialisme ».
Ce moment étrange est survenu à peine un an après que l’administration Trump a commencé à constituer un portefeuille de participations du gouvernement américain dans une trentaine d’entreprises — fabricants de puces électroniques, sociétés d’extraction de terres rares, entreprises d’informatique quantique, sous-traitants du secteur de la défense —, tout en nommant des dirigeants de Palantir, Meta et OpenAI comme officiers de la réserve de l’armée américaine et en déployant des outils de surveillance basés sur l’IA contre les migrants, le corps enseignant universitaire et le mouvement de solidarité avec la Palestine. Cette même administration s’est emparée d’un accès privilégié aux richesses pétrolières et minières du Venezuela par le biais d’accords directs soutenus par l’État, tout en intensifiant la pression militaire sur Caracas, et a mis en place un « Fonds d’investissement pour la reconstruction » en Ukraine, exigeant une part des recettes minières, pétrolières et gazières du pays en échange du maintien du soutien militaire américain contre la Russie.
Des instruments géopolitiques similaires sont étendus bien au-delà de ce seul conflit : Washington a conclu des accords de participation au capital et d’achat garanti portant sur des minerais critiques avec la République démocratique du Congo, la Zambie et le Kazakhstan, et négocie actuellement un accès comparable aux terres rares brésiliennes — une carte en pleine expansion des accords sur les ressources, dans laquelle la participation de l’État américain côtoie désormais directement, et entre en concurrence avec, les capitaux chinois et du Golfe dans certaines de ces mêmes mines. D’autres gouvernements, de l’Asie de l’Est à l’Europe occidentale, recourent désormais largement à des participations publiques pour protéger les entreprises et les infrastructures occupant des nœuds clés dans les chaînes d’approvisionnement de l’IA, telles que les plateformes cloud souveraines et les méga-centres de données, et pour financer des technologies militaires dites « souveraines ».
Rien de tout cela ne s’inscrit aisément dans le vocabulaire que nous utilisons habituellement pour décrire la politique et l’économie contemporaines, qu’il s’agisse de « néolibéralisme », de « démondialisation » ou de « populisme ». Cela nécessite un nom différent, et un concept différent. Je l’appelle capitalisme d’État impérial : la fusion d’une dynamique mondiale renaissante en faveur de la propriété d’État avec une reconfiguration tumultueuse de l’empire, chaque processus alimentant et déstabilisant l’autre. Cette fusion explosive est bien réelle et s’intensifie rapidement, alimentant les luttes géopolitiques et impérialistes à l’étranger, tout en aggravant l’illibéralisme sur le plan intérieur — aux États-Unis avant tout, mais aussi dans de nombreux autres pays à travers le monde, avec des implications dangereuses pour la sécurité humaine et la sécurité planétaire.
Le capitalisme d’État impérial est la fusion d’une dynamique mondiale renaissante en faveur de la propriété d’État et d’une reconfiguration tumultueuse de l’empire.
Une vieille arme affûtée
Il est tentant de considérer comme véritablement nouveau le fait que le gouvernement fédéral américain achète des actions d’Intel, ou que les fonds souverains du Golfe injectent des centaines de milliards dans des laboratoires de pointe en intelligence artificielle et des centres de données. Ce n’est pas le cas. Les États utilisent la propriété comme une arme stratégique depuis que le capitalisme a pris une dimension mondiale. Et la concurrence entre puissances impérialistes rivales a maintes fois contraint les États à réinventer leur rôle économique en tant que propriétaires directs des moyens de production, d’extraction et de destruction les plus stratégiques ou les plus capitalistiques — des métaux précieux et des plantations au XVIe siècle, au commerce colonial et aux infrastructures au XIXe siècle, en passant par l’industrie lourde et l’armement au XXe siècle. Les technologies de pointe et les secteurs critiques d’aujourd’hui, des semi-conducteurs aux minéraux critiques, constituent le prochain chapitre de cette longue histoire du capitalisme d’État.
Les technologies de pointe et les secteurs critiques d’aujourd’hui, des semi-conducteurs aux minéraux critiques, constituent le prochain chapitre de cette longue histoire du capitalisme d’État. Il est important de noter que cette histoire est indissociable de celle de l’empire, de la guerre et du colonialisme de peuplement.
Il est important de noter que cette histoire est indissociable de celle de l’empire, de la guerre et du colonialisme de peuplement. En 1875, par exemple, face à l’effondrement budgétaire de l’Égypte, le gouvernement britannique saisit l’occasion d’acheter la participation de 44 % du khédive en faillite dans la Compagnie du canal de Suez — une importante participation minoritaire qu’il utilisa, sept ans plus tard, pour justifier en partie l’occupation militaire de l’Égypte. En 1914, la Grande-Bretagne a pris une participation majoritaire de 51 % dans ce qui allait devenir BP, dans le but précis de garantir l’approvisionnement en carburant de la Royal Navy avant la Première Guerre mondiale. L’économie coloniale de peuplement d’Israël a été en grande partie mise en place, avant même que l’État lui-même n’existe en Palestine, par une holding syndicale qui fonctionnait comme une classe capitaliste de substitution, tandis que son entreprise de construction bâtissait des routes, des aéroports et des infrastructures de contre-insurrection pour l’administration coloniale britannique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont construit et détenu en pleine propriété une usine de traitement du nickel à Cuba afin de s’assurer un métal stratégique, et ils ont mis en place des usines de guerre détenues par l’État et exploitées par des sous-traitants pour produire des avions, des chars, des munitions et des armes. Dans l’après-guerre, la propriété d’État s’est étendue aux technologies et industries de pointe et à double usage, notamment l’énergie nucléaire, les télécommunications, l’aérospatiale, l’informatique et l’industrie pharmaceutique (EDF et Airbus en sont des exemples emblématiques).
Ce qui est véritablement nouveau, c’est la rapidité, l’ampleur et la concentration avec lesquelles cette vieille arme qu’est le capitalisme d’État est aujourd’hui redéployée.
Contrairement à ce qu’Lénine et Boukharine ont un jour soutenu, le capitalisme d’État n’est pas un stade terminal et dégénéré du capitalisme monopolistique, voué à produire une dernière guerre interimpériale. Le capitalisme d’État impérial s’apparente davantage à un phénomène historique durable qui a été activé à plusieurs reprises lors de périodes de tensions intenses au sein de la structure impériale mondiale, entraînant à chaque fois des conséquences durables. Il a ouvert toute une série de trajectoires technologiques et de domaines de spécialisation, notamment liés à la base industrielle de défense, qui ont alimenté la violence impériale, le militarisme mondial et la répression de la dissidence interne. Et il a servi à maintes reprises de creuset dans lequel se sont formées de nouvelles classes dirigeantes au sein et autour de l’État. C’est précisément ce qui se passe aujourd’hui, alors que le monde entre dans une période de désordre interimpérialiste chaotique. Ce qui est véritablement nouveau, c’est la rapidité, l’ampleur et la concentration avec lesquelles cette vieille arme qu’est le capitalisme d’État est désormais redéployée, ainsi que la forme politique qu’elle prend alors qu’elle revient hanter ses auteurs.
La Grande Accélération
Au cours de l’année écoulée, le gouvernement fédéral américain a pris des participations dans une trentaine d’entreprises, notamment une participation de 100 millions de dollars dans la société d’informatique quantique Rigetti, 15 % de la société minière spécialisée dans les terres rares MP Materials, et une participation d’un milliard de dollars dans une partie du sous-traitant de défense L3Harris. La France s’est discrètement constitué un portefeuille comparable par l’intermédiaire de son agence de participation publique, détenant des participations dans quelque 88 entreprises — dont des participations importantes dans les groupes de défense et d’aérospatiale Thales, Safran et Airbus — tandis qu’un véhicule dédié, Lac1, acquiert des positions stables et à long terme dans des multinationales françaises cotées en bourse, spécifiquement pour les protéger contre les OPA hostiles. La Corée du Sud, qui dispose de recettes fiscales abondantes grâce à l’essor des puces électroniques liées à l’IA, a réalisé des investissements directs en capital dans des entreprises nationales spécialisées dans l’IA, notamment 166 millions de dollars dans le concepteur de puces Rebellions et 93 millions de dollars dans la start-up spécialisée dans les modèles linguistiques Upstage. Le fonds souverain d’Abu Dhabi, MGX, a clôturé un fonds d’investissement dédié à l’IA de 49 milliards de dollars à la mi-2026, détenant simultanément des participations dans OpenAI, Anthropic et xAI. Le PIF saoudien a engagé environ 100 milliards de dollars dans HUMAIN, son fleuron public de l’IA. Les fonds de capital-risque dirigés par l’État chinois ont injecté environ 912 milliards de dollars dans des entreprises technologiques en phase de démarrage au cours de la dernière décennie. Les fonds souverains du monde entier soutiennent désormais environ deux sur trois des plus grandes « méga-licornes » mondiales, dont la valorisation dépasse les 5 milliards de dollars. Il s’agit là d’un niveau d’intervention publique qui, à d’autres époques, aurait pris des décennies à se mettre en place.
Point crucial : ces capitaux ne sont pas dispersés au hasard. Les capitaux publics ciblent un ensemble technologique unique et étroitement interconnecté : les laboratoires d’IA, les centres de données et les puces qui les alimentent, les minerais critiques qui composent ce matériel, l’énergie qui les fait fonctionner, ainsi que les technologies militaires qui s’appuient de plus en plus sur cet ensemble. Ces secteurs sont stratégiques car il s’agit de technologies générales et à double usage. Ils sont ciblés ensemble précisément parce qu’ils sont déjà interconnectés — par le biais de la propriété des entreprises, des chaînes d’approvisionnement et des circuits de financement — et parce qu’ils représentent pratiquement le seul secteur véritablement dynamique d’une économie mondiale par ailleurs en stagnation. Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, les infrastructures d’IA, les semi-conducteurs, les minéraux critiques et les technologies de transition énergétique représentaient ensemble 44 % de la valeur totale des investissements mondiaux dans de nouveaux projets en 2025, contre seulement 16 % en 2020.
Les capitaux d’État ciblent un ensemble technologique unique et étroitement interconnecté.
Pourquoi la prise de participation minoritaire est-elle devenue l’instrument de prédilection ? Parce qu’elle résout simultanément plusieurs problèmes que les anciens outils ne peuvent pas résoudre. Elle est bien plus rapide que la création d’un organisme public de R&D à partir de zéro. L’injection de capitaux dans des entreprises privées permet d’exercer un contrôle sur les chaînes d’approvisionnement, de s’emparer de nœuds clés, de réduire les vulnérabilités aux goulots d’étranglement et d’exclure les concurrents. Une participation minoritaire attire, plutôt qu’elle n’évince, les capitaux privés, car le soutien souverain peut être un gage de crédibilité. Il est politiquement plus facile de la présenter comme « une participation pour les contribuables » que comme une nationalisation. Et elle s’inscrit entièrement dans le cadre – plutôt qu’en opposition à – l’architecture d’après-guerre des traités d’investissement et des tribunaux d’arbitrage, qui a été spécialement conçue pour rendre coûteuse toute expropriation pure et simple après la vague de nationalisations du Tiers-Monde au XXe siècle. En bref : la prise de participation est l’instrument parfaitement adapté à un monde où la frontière technologique évolue plus rapidement, est davantage financiarisée à l’échelle mondiale, étroitement structurée autour de réseaux économiques et soumise à davantage de contraintes juridiques qu’elle ne l’était pour les capitalistes d’État des années 1930 ou 1970.
Violence impériale à l’étranger, autoritarisme chez soi
Il ne s’agit pas simplement d’une histoire de politique étrangère agressive et de géopolitique. À l’instar des précédents cas de capitalisme d’État impérial, cette même fusion du pouvoir d’État et du capital qui remodèle l’ordre mondial à l’étranger engendre une formation politique distincte et dangereuse sur le plan intérieur. C’est là que les lecteurs préoccupés par l’illibéralisme devraient porter la plus grande attention.
Cette même fusion du pouvoir d’État et du capital qui remodèle l’ordre mondial à l’étranger engendre une formation politique distincte et dangereuse sur le plan intérieur.
Considérons ce qui se passe réellement aux États-Unis. Les agences de sécurité nationale, les sous-traitants de la défense, les conglomérats énergétiques et miniers, ainsi que les dirigeants de la Silicon Valley ne se contentent plus de faire des affaires entre eux ; ils fusionnent pour former un bloc de pouvoir unique, à peine identifiable. Les dirigeants du secteur technologique siègent au conseil d’administration d’une entreprise une semaine, puis occupent des fonctions de réserve militaire la semaine suivante. Le Pentagone prend des participations directes dans les mêmes entreprises qui lui fournissent des armes autonomes. Palantir, dont l’infrastructure d’analyse de données sous-tend de plus en plus à la fois le ciblage militaire et l’application des lois sur l’immigration au niveau national, est devenu en quelque sorte le tissu conjonctif de cette nouvelle formation. Il ne s’agit pas d’une privatisation fortuite de fonctions publiques, ni simplement de la mainmise des entreprises sur un État affaibli. Il s’agit d’une véritable fusion, dans laquelle la propriété publique, le capital privé et le pouvoir coercitif deviennent un instrument unique manié par un bloc d’élite unique, bien qu’interne à la concurrence.
L’infrastructure de surveillance mise en place pour asseoir la position de ce bloc à l’étranger est réorientée vers l’intérieur à une vitesse fulgurante. Les mêmes systèmes de ciblage basés sur l’IA, perfectionnés lors des opérations d’assassinat assistées par des machines contre les Palestiniens à Gaza — où un système israélien appelé Lavender utilisait l’apprentissage automatique pour attribuer aux habitants un score numérique estimant la probabilité d’une affiliation à des groupes militants, les agents humains se contentant pour l’essentiel d’entériner ses recommandations — font partie du même écosystème technologique et institutionnel actuellement adapté pour être utilisé contre une liste changeante d’« ennemis intérieurs » nationaux : les migrants, le mouvement de solidarité avec la Palestine, la gauche « woke », le corps enseignant universitaire, etc. Le soi-disant « Département de la Guerre » a récemment signé des accords avec OpenAI, Anthropic, Google et xAI afin d’intégrer des outils génératifs dans des réseaux militaires classifiés. Claude, le modèle d’IA développé par Anthropic, aurait été utilisé par l’armée américaine lors de son opération visant à bombarder le Venezuela et à enlever le président Nicolás Maduro.
La participation de l’État officialise la fusion entre le capital des géants de la tech et le pouvoir coercitif de l’État.
L’injection de la propriété d’État n’est qu’une forme parmi d’autres qui sert de médiateur à l’interdépendance structurelle croissante entre les États et les géants de la tech. Elle officialise la fusion entre le capital des géants de la tech et le pouvoir coercitif de l’État, dans un contexte de stagnation économique, d’ennemis intérieurs fabriqués de toutes pièces et de résurgence de l’impérialisme. Alimentée par l’IA et les technologies associées, cette fusion renforce directement le pouvoir d’une nouvelle classe d’oligarques de la tech et de bureaucrates d’État, et approfondit leur emprise sur les secteurs clés de l’économie.
Rien de tout cela ne se limite aux États-Unis, même si c’est là-bas que le phénomène est actuellement le plus marqué. L’économie de guerre russe fusionne les recettes pétrolières de l’État, les conglomérats de l’industrie de la défense et un ensemble de systèmes de répression alimentés par l’IA (y compris un leader de la reconnaissance faciale lié à l’État) en un seul appareil d’accumulation et de contrôle. Les monarchies du Golfe mettent en place des champions souverains de l’IA dotés de doubles missions civiles et militaires explicites, dirigés par les mêmes élites de la sécurité d’État qui contrôlent leurs fonds souverains. L’UE et les États européens, pris entre des écosystèmes rivaux, déploient des capitaux publics pour soutenir stratégiquement des technologies militaires dites « souveraines », des champions nationaux de l’IA et des infrastructures numériques. Les gouvernements utilisent ces mêmes outils pour la surveillance intérieure, les outils de police prédictive et le suivi des réseaux sociaux sous le prétexte de la sécurité.
En bref, la coloration idéologique spécifique diffère fortement d’un cas à l’autre. Et les outils et instruments spécifiques déployés varieront en fonction de la position d’un pays dans l’ordre impérial et dans la division internationale du travail. Le capitalisme d’État impérial est en effet un phénomène diversifié. Mais la logique institutionnelle sous-jacente — capital, propriété d’État, hybrides public-privé et pouvoir coercitif concentré entre les mains d’un bloc dirigeant unique, de sorte que les liens économiques et la loyauté politique deviennent une seule et même relation — ne change pas. Ce qui est particulier, et plus alarmant, dans le cas américain, c’est la rapidité de cette fusion, le caractère pionnier de la technologie en jeu, et le fait qu’elle se construise au sein d’un État qui conserve encore, pour l’instant, l’architecture militaire et financière la plus puissante au monde.
Remettre en cause la propriété économique et les droits de propriété
Pour autant, cette période ne doit pas être interprétée uniquement comme une catastrophe. La propriété d’État a toujours été un instrument véritablement double : d’une part, un moyen par lequel des États puissants ont étendu le capitalisme mondial, imposé leur domination impériale et mené des guerres ; d’autre part, un moyen par lequel les États du Tiers-Monde ont fait valoir leurs revendications de souveraineté sur les ressources économiques, aussi imparfaitement que cela ait pu être le cas. Cette double nature reste d’actualité aujourd’hui. Si une poignée d’élites peut utiliser le capitalisme d’État comme un outil au service du profit privé et de la consolidation autoritaire, il n’y a aucune raison pour que ces mêmes instruments ne puissent pas être radicalement réorientés et démocratisés, au service d’un projet de transition post-capitaliste. La question fondamentale est la suivante : comment repenser les relations de propriété et de possession afin de démocratiser l’économie, de donner du pouvoir à la majorité et de coordonner une transition écologique.
Si une poignée d’élites peut utiliser le capitalisme d’État comme un outil au service de l’enrichissement privé et de la consolidation autoritaire, il n’y a aucune raison que ces mêmes instruments ne puissent être radicalement réorientés et démocratisés, au service d’un projet de transition post-capitaliste.
Défendre la démocratie aujourd’hui ne peut se limiter à la défense des droits libéraux, des tribunaux et des urnes. Cela doit signifier remettre en cause la question de savoir à qui appartiennent les puces électroniques, les centres de données, les technologies de surveillance, les ressources minérales et énergétiques, ainsi que les entreprises qui estompent désormais de plus en plus la frontière entre le bilan financier de l’État et sa capacité de coercition et de violence, tant sur le plan national qu’à l’étranger. Les instruments du capitalisme d’État impérial ne nous offriront pas cet avenir de leur propre chef. Mais en rendant à nouveau visible la question de savoir à qui appartiennent et qui contrôle le pouvoir économique et les ressources, ils l’ont également rendue à nouveau contestable. Cette contestation doit être au cœur de la lutte pour un avenir juste et vivable sur cette planète.
Fichier Excel des traductions par Gilles en vrac
Fiches avec les premières phrases (et non seulement les titres)
Les caractères gras dans le texte sont de Gilles.
