Traduction de System Fractures, par Wolfgang Streeck sur Sidecar, la lettre de New Left Review. Publié le 11 octobre 2026.
Inutile de s’emballer : il faudra encore attendre quelques années avant que l’AfD n’accède au pouvoir. Lors des cinq élections régionales allemandes qui se sont tenues cette année, bien qu’elle ait été le seul parti à progresser systématiquement, l’AfD n’a réussi à obtenir la majorité absolue nulle part. Sur l’ensemble de ces cinq élections, le parti a obtenu en moyenne 27,3 %. Son meilleur résultat – 43,8 % en Saxe-Anhalt – était plus de deux fois et demie supérieur à son plus faible, 16,3 % à Berlin. C’est en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie occidentale qu’elle a enregistré ses plus fortes progressions – des Länder dont l’électorat est relativement restreint (respectivement 1,7 million et 1,3 million d’électeurs, dans un pays comptant 60,5 millions d’électeurs inscrits), et dans lesquels la CDU du chancelier Merz a obtenu des résultats particulièrement médiocres. Il est difficile de croire qu’autant d’électeurs de la CDU dans ces deux régions de l’Est aient pu se transformer en néonazis au cours des cinq dernières années.
Quoi qu’il en soit, d’autres tendances ont joué un rôle dans ces élections, au-delà de la montée en puissance de l’AfD. Des facteurs régionaux ont pesé – notamment la position relative des ministres-présidents sortants (faibles en Saxe-Anhalt et à Berlin, forts en Mecklembourg-Poméranie occidentale). Les Verts ont stagné, subissant des pertes dans trois des cinq Länder ; la CDU a enregistré des gains – bien que modestes – dans les deux Länder de l’Ouest (dans le Bade-Wurtemberg, avec ses 7,7 millions d’électeurs inscrits, elle est passée à un cheveu de la victoire, et en Rhénanie-Palatinat, avec 2,9 millions d’électeurs inscrits, elle a même remporté le scrutin) ; tandis que Die Linke a augmenté son score dans trois des cinq élections : dans les deux Länder de l’Ouest et, surtout, à Berlin (2,5 millions d’électeurs), où il a terminé avec près de dix points de pourcentage d’avance sur l’AfD.
Pour le SPD, cette année électorale a été un désastre. Sur l’ensemble des cinq élections, il a obtenu en moyenne seulement 17,7 % des voix – soit 13,2 % si l’on exclut la valeur aberrante du Mecklembourg-Poméranie occidentale. La moyenne de la CDU, en revanche, s’est élevée à 20,3 %. Ce n’est donc pas seulement la CDU qui doit se rendre à l’évidence qu’elle n’est plus ce qu’on appelle un « Volkspartei », c’est-à-dire un parti populaire. Merz a au moins abordé la question au lendemain des élections en Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin ; la direction du SPD peine encore à trouver les mots justes.
Élections régionales allemandes 2026

Quant à la « lutte contre l’extrême droite » : toutes ces marches antifascistes, ces enseignants menant leurs élèves, ces journalistes « prenant position », l’Office pour la protection de la Constitution agissant comme une Inquisition sécularisée (l’AfD « confirmée comme étant en partie d’extrême droite ») et les avertissements incessants du président fédéral ainsi que d’autres présidents de je ne sais quoi. Tout cela n’a servi à rien ; au final, l’AfD leur en a sans doute été reconnaissante. Le « soulèvement des gens bien » et de « tous les démocrates » en faveur de « notre démocratie » contre les « non-démocrates » – on ne peut que deviner dans quelle mesure cela a contribué au succès de l’AfD ; et continuera d’y contribuer à l’avenir, si les autres partis poursuivent à leur tour leur combat pour « l’unité sociale » d’une société gérée par l’État selon le principe « il n’y a pas d’alternative », où l’on attend des citoyens qu’ils ne se préoccupent pas de l’inflation, de la crise du logement, de la pauvreté, des inégalités, de l’insécurité, des transports publics défaillants et du déclin de l’école.
Et maintenant ? Pendant un certain temps, la « lutte contre la droite » a relégué au second plan la lutte contre la crise sociale et économique – au point qu’on ne voyait même pas qu’elle n’avait en réalité pas lieu. Cela peut expliquer en partie la ferveur alarmiste avec laquelle les partis établis se sont mobilisés contre le retour imminent du fascisme. Mais cette période touche peut-être à sa fin, alors que l’AfD continue de croître sans relâche, réussissant à chiper des électeurs sur le terrain des anciens partis. On perçoit désormais une certaine panique parmi les partis qui ont gouverné pendant 24 ans (SPD) et 17 ans (CDU/CSU) sur les 28 années écoulées depuis la fin de l’ère Kohl. À l’heure actuelle, l’idée dominante est qu’il y a eu des « problèmes de communication » entre les partis au pouvoir et les citoyens, et qu’il faut trouver de nouveaux « récits » pour restaurer la confiance dans « notre démocratie ». La tentation est également évidente de recourir à la méthode éprouvée consistant à assimiler l’ennemi intérieur à l’ennemi extérieur – en tirant parti de la situation mondiale pour présenter l’opposition comme la cinquième colonne de l’ennemi, comme des traîtres à la patrie, ou simplement comme des « amis de Poutine ». Il reste à voir ce que ce nouveau « récit » pourra accomplir.
La montée en puissance de l’AfD a entre-temps commencé à enfoncer un coin dans la coalition CDU-SPD et à ébranler les différents remparts érigés ces dernières années (tous contre l’AfD ; la CDU également contre Die Linke). En tant que partis populaires, la CDU et le SPD risquent de sombrer dans l’oubli électoral. Ainsi, le faux consensus sur « les réformes nécessaires » – présenté par la CDU comme une contribution à la « compétitivité économique » et par le SPD comme une contribution à la « justice sociale » – commence à s’évaporer. Lors de leurs prochaines délibérations au Bundestag, il apparaîtra clairement aux partis au pouvoir – dont le jugement a été aiguisé par leurs défaites électorales – que la conception de la justice du SPD et celle de la compétitivité de la CDU s’excluent mutuellement. L’initiative annoncée par Merz à la suite des élections en Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, visant à restaurer la « cohésion sociale » grâce à de nouveaux « récits » optimistes, ne suffira pas à masquer cette réalité très longtemps. Car les directions des partis ne parviendront pas à convaincre les députés d’adopter des lois qui menaceraient leur réélection : au sein de la CDU, parce que les réformes contiennent trop de SPD, et au sein du SPD, parce qu’elles contiennent trop de CDU. Il faut s’attendre à des révoltes.
Cela n’augure rien de bon pour le « pare-feu ». Une partie de la CDU souhaitera collaborer avec l’AfD et pourra tester cette option de diverses manières aux niveaux local et régional. Dans le même temps, certaines franges du SPD chercheront à s’aligner sur Die Linke, par exemple en rejoignant une coalition tripartite « rouge-vert-rouge » dirigée par Die Linke à Berlin. Cela rappellera au chancelier comment, début 2025 – peu avant les élections fédérales –, il s’était appuyé sur l’AfD pour faire adopter au Bundestag une résolution appelant à une politique d’immigration plus stricte. Si le SPD oblige la CDU/CSU à édulcorer ses « réformes » – ce qui, avec le « pare-feu » intact, est loin d’être improbable –, les rebelles agissant en coulisses rêveront de faire adopter leurs propres réformes avec l’AfD. Et ainsi de suite, dans une série interminable d’expériences aux permutations sans cesse changeantes, que les électeurs allemands percevront comme un véritable chaos.
Ce n’est pas pour autant que les défenseurs du « pare-feu » ont déjà baissé les bras. Tout porte à croire qu’une tentative sera bientôt lancée pour le consolider sous une forme renouvelée – avec l’aide de la Cour constitutionnelle fédérale. À première vue, l’aile « Merkel » de la CDU, dirigée par le rival de Merz, Hendrik Wüst, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, prépare une requête visant à interdire l’AfD, contre la volonté de la chancelière, mais avec le soutien assuré du SPD et des Verts. Wüst gouverne au sein d’une coalition harmonieuse avec les Verts, tandis que Merz est pris dans une coalition de plus en plus conflictuelle avec le SPD, avec un programme économique qui serait bien plus facile à mettre en œuvre avec l’AfD.
Une requête visant à interdire un parti politique peut être déposée devant la Cour soit par le gouvernement fédéral, soit par le Bundestag, soit par le Bundesrat. Si elle était présentée par le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie au Bundesrat et soutenue par les députés du Bundestag originaires de ce Land, elle pourrait facilement parvenir devant la Cour, même sans Merz. Peu avant les élections en Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, Wüst a indiqué qu’il avait l’intention de mettre en place une commission chargée d’examiner les perspectives d’une telle démarche. Des déclarations publiques assez inhabituelles de la part d’un ancien président de la Cour constitutionnelle et de son président actuel – tous deux membres de la CDU – laissaient entendre que la Cour serait tout sauf enthousiaste à l’égard d’une telle requête. Cependant, les partisans d’une interdiction n’ont pas nécessairement à se soucier de l’avis de la Cour, ni même de sa décision finale.
Ce qui importe, ce sont les répercussions politiques de cette requête, qui seront considérables. La procédure judiciaire durerait au moins deux ans. Pendant ce temps, les médias tiendraient le public constamment informé des rapports présentés par les services de renseignement et d’autres instances, exposant en détail les dangers que représente l’AfD. Pendant que la Cour délibérerait, les membres de l’AfD seraient confrontés à la perspective de perdre leurs moyens de subsistance si l’interdiction était adoptée – par exemple, en étant démis de leurs fonctions dans la fonction publique ou, en tant qu’hommes d’affaires, en se voyant refuser des marchés publics. D’ores et déjà, les partisans de l’AfD ont tendance à être des parias sociaux, à tel point que le parti peine parfois à trouver des candidats aux élections locales, ce qui l’empêche de pourvoir les sièges qu’il a remportés. Ce phénomène deviendrait certainement encore plus courant pendant la procédure judiciaire. Parallèlement, les membres et responsables de la CDU qui se sentent moins à l’aise au sein d’une CDU liée au SPD que dans une version modérée de l’AfD devraient y réfléchir à deux fois avant de changer de camp. Et toute tentative de faire adopter des décisions politiques en alliance avec l’AfD au niveau fédéral ou régional – au mépris du « pare-feu » – reviendrait à un suicide politique tant que la procédure judiciaire serait en cours, quelle qu’en soit l’issue finale.
Wüst serait le premier à en bénéficier, alors qu’il brigue un nouveau mandat en mai 2027. Dans son Land, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie – le plus grand de la République fédérale, avec 13 millions d’électeurs inscrits –, l’AfD est irrémédiablement divisée entre une faction modérée et une autre plus radicale, tandis que le milieu libéral-catholique de la CDU reste relativement intact. Les sondages donnent à la CDU une avance raisonnablement confortable sur l’AfD, même si celle-ci se réduit progressivement. Tout effet négatif sur le vote en faveur de l’AfD résultant de la couverture médiatique des procédures devant la Cour constitutionnelle serait donc des plus bienvenus et contribuerait à renouveler la coalition entre la CDU et les Verts.
Quant à la Cour constitutionnelle elle-même, une requête visant à interdire l’AfD la soumettrait à une pression politique qu’elle trouverait sans doute profondément inconfortable. Si elle rejetait la requête, cette décision serait saluée par l’AfD comme un certificat de bonne santé – et serait largement perçue ainsi par l’électorat. Si, en revanche, la Cour venait à interdire l’AfD, des milliers d’élus aux trois niveaux de gouvernement, ainsi que plusieurs milliers de membres du personnel selon les estimations, perdraient immédiatement leurs fonctions et leurs emplois d’un seul coup. Par la suite, l’État devrait déterminer, par le biais d’une surveillance continue, si toute activité politique menée par d’anciens députés de l’AfD pourrait être considérée comme un soutien à une « organisation de substitution », ce qui est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. Cela pourrait donner lieu à des centaines de procès pénaux, qui seraient suivis de près par les médias – sinon en Allemagne, du moins à l’échelle internationale. Les seuls partis interdits à ce jour en République fédérale – le Parti socialiste du Reich (1952) et le Parti communiste allemand (1956) – n’avaient plus de représentants élus au moment où ils ont été mis hors la loi.
Du point de vue de Die Linke, le raisonnement juridique de la décision finale de la Cour susciterait des inquiétudes, car il pourrait encourager la CDU/CSU et les Verts à tenter de faire interdire Die Linke également. On peut imaginer que la faction Merz de la CDU – en échange de son soutien à une interdiction de l’AfD – insiste pour qu’une motion visant à interdire l’AfD inclue également Die Linke, peut-être au motif d’un « antisémitisme » anticonstitutionnel. On peut déjà discerner des signes allant dans ce sens dans les polémiques actuelles autour de la formation du nouveau gouvernement du Land de Berlin, qui pourrait pour la première fois être dirigé par Die Linke. Une campagne contre un prétendu antisémitisme au sein de Die Linke est actuellement en cours, soutenue par les médias traditionnels, et qui est la copie conforme de celle menée contre Jeremy Corbyn.
Si l’AfD n’est pas interdite, on peut s’attendre à ce que le système politique allemand se rapproche davantage de celui d’autres pays européens, comme les Pays-Bas. Les deux grands partis centristes de l’après-guerre – l’un chrétien-démocrate et bourgeois-conservateur, l’autre social-démocrate et progressiste – sont en déclin depuis longtemps et pourraient, à un moment donné, se fragmenter en plusieurs petits partis qui leur succéderont. (En Rhénanie-Palatinat, en Saxe-Anhalt, en Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin, le total combiné des voix de la CDU et du SPD a reculé respectivement de 6,5 %, 19,0 %, 12,5 % et 15,8 % par rapport aux élections d’il y a cinq ans.) À l’opposé de l’AfD, un parti de gauche pourrait s’imposer durablement, ce qui signifierait que la progression de Die Linke lors de ces cinq élections n’était pas une aberration et pourrait se poursuivre (comme indiqué, cela exposerait le parti aux mêmes tentatives d’interdiction que celles visant l’AfD). Dans l’ensemble, on pourrait s’attendre à un système à sept ou huit partis au lieu de trois ou quatre, avec des formations et des dissolutions fréquentes en marge. Les coalitions – même au-delà de clivages politiques importants – seraient nécessaires et de plus en plus possibles ; toutefois, elles nécessiteraient de longues négociations, avec de longues périodes de transition sous des gouvernements d’intérim. En raison de la nature fragmentée d’un tel système, les coalitions auraient tendance à se composer d’au moins trois partis plutôt que de deux.
De plus, non seulement les anciens partis centristes, mais aussi les nouveaux partis de la périphérie seraient exposés à des divisions internes et à la fragmentation en raison des opportunités qui s’ouvriraient à eux pour participer au gouvernement. À la droite d’une AfD mieux établie, un NPD revitalisé pourrait prendre racine, tout comme des partis ont émergé à la droite de la Nouvelle Droite dans de nombreux pays européens – en France, en Italie, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Suède et ailleurs. Alors qu’une AfD moins extrémiste pourrait devenir un partenaire potentiel d’une CDU de Merz, une CDU de Wüst plus libérale pourrait gouverner avec les Verts et ce qui restera du SPD, et peut-être aussi, à un moment donné, avec une Die Linke modérée, dont les éléments les plus radicaux pourraient se scinder pour former leur propre parti. Au sein du système fédéral allemand, de nouveaux partis et de nouvelles coalitions pourraient être testés au niveau des Länder afin d’évaluer leur viabilité à l’échelle nationale.
Enfin, l’avenir du BSW reste à déterminer. Lors des cinq élections régionales, il a recueilli environ 5 % des voix, mais ce n’est qu’en Saxe-Anhalt que ce score a suffi pour remporter des sièges au parlement régional. Avant les autres partis, le BSW a tenté de briser le rempart autour de l’AfD, dans le but de chasser ce parti de son refuge d’irresponsabilité garantie. Ce faisant, il est toutefois devenu une cible supplémentaire de la « lutte contre l’extrême droite ». Le recomptage des voix de la dernière élection fédérale, exigé par le BSW, est toujours en suspens un an et demi plus tard, ce qui constitue un scandale en soi. Tout porte à croire que, si la Cour constitutionnelle ordonnait enfin au Bundestag de remplir son devoir, le BSW se verrait attribuer les 5 % de voix requis. Cela signifierait que le Bundestag, dans sa composition actuelle, aurait été constitué de manière irrégulière. Comme le BSW se verrait attribuer une trentaine de sièges au détriment des autres partis, la « grande coalition » de Merz avec le SPD, qui n’a plus rien de grand, perdrait sa majorité. Bien sûr, plus le Bundestag tardera à procéder au recomptage, moins cela aura d’importance. La Cour pourrait choisir d’annoncer une éventuelle interdiction de l’AfD à peu près au moment où le Bundestag devra attribuer ses sièges au BSW – à peine quelques mois avant les élections de 2029.
En Mecklembourg-Poméranie occidentale, trois des principaux partis – la CDU, le FDP et le BSW – n’ont pas franchi le seuil des 5 %, totalisant 10,7 % des voix ; par ailleurs, divers petits partis, classés dans la catégorie « autres », ont recueilli 3,3 % des suffrages. En conséquence, 14 % au total des électeurs qui ont voté ne seront pas représentés au parlement au cours des cinq prochaines années. Ce chiffre s’élève à 12,9 % à Berlin, à 6,9 % en Saxe-Anhalt ; dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, il est respectivement de 15,8 % et 15,9 %. À cela s’ajoutent les 21,1 % d’électeurs inscrits en Mecklembourg-Poméranie occidentale, les 25 % à Berlin et les 22,2 % en Saxe-Anhalt qui n’ont pas voté ; dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, ces chiffres s’élevaient respectivement à 30,4 % et 31,6 %. Ce chiffre n’est pas sans importance si l’on considère que les abstentions peuvent être interprétées, au moins en partie, comme des votes pour « NOTA » (None Of The Above, « Aucun des candidats ci-dessus »). Cela signifierait que la proportion d’électeurs non représentés dans ces cinq Länder varie entre 30 et 48 %. De plus, on estime qu’environ 10 % de la population résidente à l’échelle nationale ne possède pas de passeport allemand et n’est donc pas habilitée à voter, ce qui creuse encore davantage le fossé de la représentation.
Face à la fragmentation du système des partis, il pourrait être justifié d’abaisser le seuil de représentation parlementaire à deux ou trois pour cent ; cela pourrait même s’avérer nécessaire au regard du droit constitutionnel. L’argument traditionnel en faveur d’un seuil de cinq pour cent – selon lequel il compense la perte de représentativité en facilitant la formation d’un gouvernement – ne tient plus dans un système des partis fragmenté, où la nécessité de former des coalitions tripartites rend de toute façon improbable la formation rapide d’un gouvernement.
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Fiches avec les premières phrases (et non seulement les titres)
Les caractères gras dans le texte sont de Gilles.
