Trois panels et une conférence « tenus « keynote » qui se sont tenus à Amsterdam en juin dernier autour du thème « Technologie et démocratie ». Le lancement d’une « pile sociale » européenne, avec l’appui des grands de l’Open source (qui sont souvent plus concurrents que collaborateurs) : sera-ce plus qu’une déclaration ? ; une discussion autour des relations entre médias traditionnels et réseaux sociaux : comment les grands médias (et leurs journalistes) peuvent-ils regagner la confiance de leurs publics ? Le projet d’incubateur d’espaces publics voudrait les aider; des leaders d’initiatives (dont le fondateur de Blacksky) basées sur l’Open social web (ATproto et ActivityPub) présentent leurs perspectives de développement.
Ce panel tenu lors du PublicSpaces Conference 2026 : Technology for Democracy, présentait la déclaration signée par les grands de l’Open : The European Social Stack.1[Voir La pile sociale européenne.]

Extrait de la déclaration (La pile sociale européenne) :
Trois couches complémentaires.
Les technologies en réseau forment des structures qui permettent de répondre à différents besoins de gouvernance selon les contextes. La combinaison de ces trois couches couvre un large éventail de domaines :
- La messagerie privée
- Le Fediverse
- L’Atmosphere
Pour la messagerie privée en groupe, les normes ouvertes (comme Matrix ou XMPP) sont idéales pour la communication instantanée ou le partage entre proches. Plusieurs États membres de l’UE ont adopté avec succès ces protocoles, notamment pour des applications liées à la sécurité et à la défense.
Le Fediverse, articulé autour d’ActivityPub, s’est développé à partir de communautés locales soudées qui interagissent entre elles, et relie tous les aspects d’une plateforme sociale ou d’une publication numérique au sein d’un déploiement unique. Mastodon, PeerTube et Mobilizon en sont des exemples.
Atmosphere, qui utilise AT, trouve ses fondements dans les systèmes de médias sociaux publics à grande échelle et offre, en conséquence, le type de gouvernance décentralisée que l’on est en droit d’attendre de grands systèmes démocratiques. On peut l’observer à l’œuvre dans Eurosky, Flashes, Tangled ou le plus récent Web Tiles.

Extraits de La pile sociale européenne : « nous construisons le Web social comme une couche essentielle d’une Europe indépendante. »
« Les réseaux sociaux décentralisés correspondent au modèle européen : diversité et autonomie locale reliées par des normes transparentes et ouvertes pour former un tout robuste et résilient. En tant qu’Européens, nous saisissons l’occasion de passer à des réseaux sociaux et à des protocoles résilients et décentralisés, loin des « jardins clos » détenus par des oligarques. »
Mais les instances Mastodon ou Matrix ne sont-ils pas, par définition, des « jardins clos » ?
Un autre panel lors de cette même conférence de juin Social media, Journalism & Democracy @ PublicSpaces Conference 2026. Avec Catherine Tait notamment pour présenter le projet Public Spaces Incubator dont j’ai parlé ici. Quelques notes prises durant l’écoute :
« Les journalistes doivent réapprendre à sortir et aller à la rencontre de leur public, écouter leur public… Comment ferons-nous pour construire, reconstruire le nouveau média social (European social stack, PSI…) en y apportant les valeurs qui ont été à l’origine des média publics de l’après-guerre : démocratie, responsabilité, justice… Lorsque nous allons vers le public, non pas pour créer un nouveau Twitter mais pour construire AVEC EUX ce dont ils ont besoin.
« À ceux qui disent que c’est impossible de remplacer les médias sociaux actuels, qui sont trop puissants, je dis que nous avons encore une bonne position à partir de laquelle travailler : la puissance des médias traditionnels, la confiance qu’ils inspirent encore…
« Comment aller vers le public, pour construire, renforcer la confiance mutuelle, tout en protégeant les journalistes, en particulier les femmes journalistes, qui font du journalisme d’investigation et sont confronté.e.s à de l’agressivité, de la violence ? Les patrons doivent être formés pour mieux comprendre les dangers d’aujourd’hui… et l’industrie, la profession doit agir à l’échelle collective car beaucoup des journalistes aujourd’hui sont « freelance », sans attache organisationnelle et, donc, sans protection d’une organisation. »
Et ce troisième panel : Growth and Sustainability of the Open Social Web @ PublicSpaces Conference 2026, avec des représentants des grands réseaux ouverts : la COO de Bluesky, Rose Wang, le fondateur de Blacksky, Rudy Fraser, un co-leader de Eurosky, Sebastian Vogelsang et le co-fondateur de Mastodon Inc, l’entité « non-profit » responsable du déploiement de Mastodon aux USA, Felix Hlatky.
C’était intéressant d’entendre ces leaders expérimentés échanger sur les enjeux de soutenabilité, de financement, mais aussi à propos des perspectives de développement qu’ils entrevoient, basées sur les chemins déjà parcourus.
En fouillant dans les compte-rendus des deux événements, je me rends compte que la même personne, Erin Kissane, a livré une présentation « keynote » à la rencontre « Atmosphère » de mars à Vancouver ET à celle du PublicSpaces à Amsterdam de juin.
Je crois que c’est Laurens Hof qui m’a orienté vers Kissane, dans son billet Réflexions sur AtmosphereConf publié le 3 avril dernier. Après ses mots élogieux à son endroit (l’une des penseuses les plus perspicaces qui se penchent sur la question de l’impact réel de notre infrastructure numérique sur nous) j’ai voulu en savoir un peu plus… ce qui m’a amené à son prochain projet : Launching a Cloud Atlas sur son site wreckage/salvage. J’ai vraiment apprécié le style de Kissane, plus qu’un style, c’est un mélange de savoirs scientifiques et d’approche poétique/nature… j’ai traduit cet article du 29 juillet : Lancer un « Atlas du Cloud ». Vous me direz ce que vous en pensez… de son style. Ce projet, par ailleurs, me semble des plus pertinents, considérant la diversité confinant au chaos caractérisant les développements rapides des mondes du fediverse et atmosphere.
C’est alors que j’ai découvert que Kissane était aussi à la conférence d’Amsterdam ! Alors là je l’ai écoutée. Je crois que c’est, en gros, le même sujet que celui abordé en mars. Je vais peut-être traduire la transcription de cette dernière conférence, pour ceux-celles qui préfèrent l’écrit à l’écoute d’une vidéo d’une heure. Mais si vous avez quelques minutes, voici donc la prestation de juin dernier Holdfast.
Conférence qui, incidemment, m’a fait connaître Lisa Herzog auteure de ce livre Citizen Knowledge: Markets, Experts, and the Infrastructure of Democracy disponible en accès-libre. Cec document de plus de 300 pages… je n’ai pu le traduire en bloc, il dépassait les limites de mon forfait auprès de DeepL. Mais en le découpant, j’ai pu en (faire) traduire la première partie que voici. Je pourrai, éventuellement, traduire les deux autres parties.
À NOTER : cette traduction réalisée avec DeepL n’a pas été relue, aussi il est bien possible que les phrases qui commencent à la fin d’une page pour se poursuivre à la page suivante soient « défaillantes » parfois. C’est ce que mon expérience m’a appris du traitement des PDF par ce moteur de traduction. Je la dépose ici pour ma propre gouverne et votre service si, comme moi, vous aviez l’intention de jeter un oeil, ou même de lire au complet ce document.
Notes
- 1[Voir La pile sociale européenne.] ↩︎
